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dimanche 10 novembre 2024

KLOGR (Gabriele "Rusty" Rustichelli) // INTERVIEW // Fractured Realities - Octobre 2024.

 

Si tout semblait aller pour le mieux pour KLOGR après la sortie de l’excellent Keystone (2017), nos Italiens ne s’arrêtant pas une seule seconde enchaînant les dates à travers toute l'Europe n'hésitant pas à jouer dans des lieux parfois cocasses en distillant la bonne parole à la moindre occasion, la voie sacré semblait alors toute tracée. Une volonté et une détermination d'acier qui leur a aussi permis de sévir aussi sur des scènes prestigieuse. Pourtant la machine infernale lancée à pleine vitesse se grippa à la suite de la pandémie de 2020 et les conséquences de la crise sanitaire qui mit la formation à mal laissant Gabriele "Rusty" Rustichelli. seul à la barre d’un vaisseau fantôme qui semblait perdu et balloté par les vagues de la vie. Plusieurs années seront nécessaires pour que le combo revienne enfin sur le devant de la scène et nous propose un nouvel album très ambitieux Fractured Realities accompagné d’un un projet vidéo conceptuel comprenant 10 clips interconnectés innovant et totalement captivant. Un périple émotionnel à travers un personnage central, nommé Lila, qui se trouve dans un état de confusion et de chaos émotionnel qui va l’amener à voyager à travers ses peurs, ses angoisses et ses batailles intérieures. Pas de doute nous sommes là face à une histoire original développé à travers 10 chansons, 10 vidéos, 10 états émotionnels différents. La bande à Gabriele "Rusty" Rustichelli. a frappé très fort. Même si Fractured Realities n'est pas un pur album concept, KLOGR par ses textes ambitieux tente de nous faire partager ses convictions et veut nous amener à réfléchir sur nos propres angoisses. Une odyssée apportant des réponses à des questions jamais posées et alimentant des questions auxquelles il est difficile de répondre pour trouver moyen de s’accepter, de se connaître et d’éviter que des émotions non traitées ne la rendent esclave de mécanismes mentaux insidieux alimentés par une société plus encline au profit qu’à la santé mentale et émotionnelle des individus. Vous l’avez compris on ne sort pas indemne d’une telle traversée émotionnelle. Profitant de son passage dans la capitale, un rendez-vous est pris avec Gabriele "Rusty" Rustichelli. le maestro de KLOGR pour en savoir un peu plus sur cet hallucinant opus qui devrait les propulser dans une autre sphère au vu de sa qualité. Un entretien placé sous le signe de la convivialité avec un Gabriele alias Rusty très loquace et très motivé pour nous présenter cet opus qui devrait faire date dans l’histoire de KLOGR. Magnéto Rusty, c'est à toi !



Cela fait sept ans que tu n’as plus sorti d'album, tu es de retour à Paris pour assurer la promotion de Fractured Realities qui est un opus à part dans votre discographie comment vas-tu ?


Gabriele "Rusty" Rustichelli. Tout va bien, nous sommes très excités pour la prochaine tournée. Pour l’album nous avons passé beaucoup de temps à comprendre comment donner à la musique un air nouveau et frais. Finalement nous l’avons fait et nous en sommes content.

Pourquoi avoir attendu sept ans après Keystone pour revenir dans un studio d’enregistrement et réaliser Fractured Realities un disque très ambitieux ?

Gabriele "Rusty" Rustichelli.  David Bottrill est un grand producteur (Tool, Stone Sour, Muse, Rush), gagnant des Grammy Awards avec notamment Placebo. C’est un mentor pour moi. Nous avons passé trois ans en tournées en 2017 et 2019 avec défendre Infected Rain puis le confinement lié à la pandémie est arrivé. Nous ne pouvions plus aller en studio, mais nous avons continué à écrire ensemble. En 2021 il y avait à la fois un go et un stop du projet car nous avions perdu l’énergie et l’enthousiasme autour de la musique. Au niveau du line up les musiciens avaient des problèmes avec leurs jobs perso et devaient faire face à cette situation et y remédier. Ensuite un ami à moi m’a contacté Alex Barbuno qui s’occupe des chevalets, des guitares d’Evergrey. Il m’a dit que nous devions retourner sur la route immédiatement et finir l’album. Il y a cette chance de faire une tournée avec Evergrey alors s’il te plait, finis l’album. Cela nous a donné l’énergie pour revenir en studio et de se dire aussi que l’on pouvait jouer notre dernière carte. Nous n’avions rien à perdre et nous avons trouvé la bonne énergie pour retourner en studio et finir l’opus. Nous sommes désormais prêts à le faire écouter dans toute l’Europe. C’était un moment étrange, nous sommes sortis des trucs de la pandémie et peut être pas de la bonne façon mais à la fin nous sommes encore vivants. Nous sommes prêts à promouvoir le nouvel album. Je peux te le dire de mon point de vue c’est le meilleur disque de Klogr parce que nous avons appris beaucoup de choses avec le précédent producteur. David Bottrel est un mentor et nous sommes si reconnaissant, pour tous ceux qui ont travaillé sur la production de Klogr. Cette fois j’ai eu la chance de produire moi-même le disque et je suis très content. Merci à l’équipe qui a travaillé sur le précèdent. Nous avons trouvé l’énergie et la bonne direction. Nous avions l’idée créatrice de ce que nous voulions et nous l’avons fait.

On trouve sur Fractured Realities 10 chansons, 10 vidéos, 10 états émotionnels, un voyage à travers les peurs et les angoisses de Lila le personnage central de l’histoire c’est selon toi un disque concept ou plutôt 10 morceaux lié entre eux par une histoire ?


Gabriele "Rusty" Rustichelli. Ce n’est pas vraiment un concept album comme on pourrait penser en le rapportant à ceux développé dans la musique progressive. Il y a une lien entre toutes les chansons parce que tout l’album parle d’un combat émotionnel, de problèmes émotionnels, d’un désordre mental et combien la société moderne nous enferme dans une cage, tous ces clichés et stéréotypes qui grandissent en nous et finalement crée cette sorte de peur. Pour les vidéos ce sont des concepts car il y a une histoire développés dans chaque clip, car Lila vidéo après vidéo trouve des objets qui la transporte dans des états émotionnels distinct à chaque fois et à la fin dans le dernier clip tu trouveras une interprétation sur ce qui est notre point de vue sur les thèmes développé tout au long des morceaux. Sur l’album tu ne trouves pas une vraie histoire, ce sont juste des photographies d’un moment tentant d’expliquer les différents états émotionnels, les problèmes et les combats intimes, et il y a une connexion à travers la véritable histoire.

Tu es en quelque sorte le psychologue du metal.

Gabriele "Rusty" Rustichelli.  Désolé nous ne sommes pas des médecins, ni des psychologues, nous n’essayons pas d’apprendre des choses à quiconque veut l’entendre, c’est juste que nous vivons cette espèce de tristesse, dans notre vie nous essayons de transmettre ce que nous ressentons et notre point de vue. C’est une ligne très mince, c’est un problème profond et vraiment nous souhaitons ne rien enseigner à quiconque. Nous essayons de décrire nos points de vue personnels sur ces genres de problèmes parce que nous ressentons ces problèmes dans nos veines et notre âme.

Est-ce que tu écris beaucoup de chansons avant d’arriver arriver en studio pour enregistrer cet opus ?

Gabriele "Rusty" Rustichelli.  Klogr est un groupe qui pense comme une formation solo parce que je suis le leader et que je pousse toujours le projet à chaque fois. Mais quand nous jouons et écrivons la musique nous écrivons en tant que groupe. A chaque fois que l’on écrit même si nous changeons de line up nous jouons ensemble et nous arrivons en studio avec une idée soit de moi, ou des autres nous jammons sur cette idée pendant trente minutes et nous enregistrons le tout. Ensuite j’étudie tout ça à la maison en essayant de couper et de créer la structure du titre. Puis j’envoie tout ça aux autres membres du combo et nous retournons en studio pour l’interpréter tous ensemble. Pour Klogr le process est toujours le même. C’est pourquoi, les disque de Klogr sonnent toujours un peu différent, ce n’est pas un projet solo que j’écris seul. Tout le monde peut mettre ses idées sur la table et nous partageons tous ensemble. Bien sûr je suis le chanteur et dans ce cas, je suis aussi le producteur. Tu trouveras mon empreinte et ma marque de fabrique sur le disque et les morceaux mais tu vois évidemment aussi l’influence de tous les autres musiciens.

Zeta Factory est ton propre studio tu as produit Fractured Realities avec l’aide de Jarno Bellasio qui s’est également occupé de l’enregistrement, il a été mixé et masterisé par Federico Ascari. Comment s’est déroulé l’enregistrement pour toi en tant que producteur mais aussi chanteur et guitariste, tu es presqu’un homme-orchestre ou du moins polyvalent ?

Gabriele "Rusty" Rustichelli.  En tant que producteur le défi était que l’album précèdent avait été produit par le plus grand producteur du monde dans le rock metal et pas seulement ce style, David Bottrill qu’on ne présente plus. La seule chose que j’ai essayé de faire est de mettre en avant toute l’expérience que j’ai acquise avec lui et tous les autres producteurs qui ont travaillé avec Klogr et toute la reconnaissance que je leur dois durant les autres process d’enregistrements que nous avons vécu ensemble. J’ai produit le premier opus du groupe en 2011 ce fut un grand challenge à l’époque. Quand tu produis des autres formations, tu en dehors et tu as un regard extérieur. Là j’étais moi-même participant au combo en tant que musicien chanteur et ce n’est pas facile. J’essaie toujours d’être le leader mais pas le patron. Ma théorie des leaders est la suivante : j’essaie d’obtenir le meilleur de chacun c’est la voie du groupe, si tu m’aimes suis moi, si tu ne peux pas donner quelque chose de bien au projet s’il te plait fais-le car il doit progresser au maximum. Tout a été fait naturellement. Le défi est que je devais faire du mieux que je pouvais pour être reconnaissant envers l’ensemble des producteurs qui ont travaillé par le passé avec moi.

Quelle a été la chanson la plus difficile à enregistrer ou à écrire au niveau de l’enregistrement et en tant que producteur ?

Gabriele "Rusty" Rustichelli.  La chose la plus difficile à gérer a été les musiciens parce que quand j’ai produit les autres personnes en tant que guitariste, c’est plus facile car tu disposes de tes propres instruments et tu maitrises parfaitement. Mais quand tu enregistres les voix, tu es nu et c’est difficile de poser ta griffe, transmettre tes émotions. C’est pour cette raison que j’ai demandé de l’aide aux frères Crivez, Crivez est guitariste et son frère s’appelle Albertino et nous avons produit toutes les voix ensemble. Dans certains cas je lui ai demandé de faire des chœurs car c’est un grand chanteur. Il l’a fait sur “The Twisted Art“, la voix est absolument incroyable.



C’est un disque très ambitieux qui développe un projet vidéo conceptuel comprenant 10 clips interconnectés. Lila est le nom du personnage principal, magistralement interprété par Martina Sachetti, une actrice italienne incroyablement talentueuse. Le concept est complexe voir thérapeutique : Lila se trouve dans un état confus, perdue dans un chaos émotionnel, et décide d’entreprendre un voyage à travers ses propres peurs !

Gabriele "Rusty" Rustichelli. 
J’ai travaillé avec deux précédents membres du groupe Gio and Jampi (Giovanni « Joba » Vignali et Giampaolo « Giampi » Viesti) ils sont musiciens mais aussi vidéastes, ils m’ont accompagné en 2012.Je leur ai dit que la musique est la chose la plus importante. Nous avons un bon graphique et des illustrations pour compléter le tout. Maintenant ce que je veux apporter sur scène avec moi c’est un visuel. Nous avons commencé à parler de ce concept et je les avais avec moi pour créer une vidéo pour chaque chanson afin de la décrire, c’est-à-dire faire apparaitre l’émotion du morceau à travers l’image. Nous avons donc fait appel à Martina Sarchetti et on lui a donné le nom Lila pour le personnage principal qui joue dans la vidéo. Nous avons tourné dix clips différents où elle a joué en essayant de décrire les multiples émotions de chaque morceaux. Après nous avons loué un décor et nous avons joué avec le groupe en s’intégrant avec les visuels et ensuite nous avons réalisé les vidéos clips avec toute l’histoire développé du début à la fin. Lila pour chaque chanson trouve quelque chose dans la valise comme dans la première vidéo, elle trouve un masque de clown et met le masque et commence à vivre à travers ce masque et ses émotions. Ce genre de voyage est émotionnel qu’elle peut vivre et à la fin de la vidéo elle met le masque dans une malle. Pour la prochaine vidéo elle trouvera autre chose dans une autre valise. Ce qui la fera voyager dans un autre monde émotionnel. Vidéo après vidéo elle arrivera à la fin à la dixième chanson. A la fin de chaque voyage, Lila place dans une malle l’objet qui l’a transporté dans les profondeurs de son esprit, comme pour recueillir toutes les informations permettant de tracer un profil de sa personnalité. Valise après valise, voyage après voyage, elle arrive à la dernière, où elle trouve un objet qui lui donne une vision inattendue de son profil. Et à la fin tu comprendras notre point de vue sur le concept. Tu dois attendre la fin de la dixième vidéo pour trouver la clé du secret de la conception de tous ces visuels. Ce qui est bien c’est qu’en même temps nous pouvons apporter le concept sur scène Tout le jeu d’actrice qu’elle interprète vidéo après vidéo est présent sur scène.

Pourquoi avoir choisi de présenter ces deux titres “Unspoken Words“ et “One of Eight “ au public en avant-première quel rôle ont t’ils dans cette histoire ?

Gabriele "Rusty" Rustichelli.  La première vidéo à sortir fut “One of Eight “. Mais nous avions deux singles “The Twisted Art“ et “Unspoken Words“ sorti le mois précédent. Tu trouveras les vidéos de ces deux chansons à la fin. “The Twisted Art“ est un spoiler “The Twisted Art“ sera la dernière vidéo fourni. Nous avons deux différentes playlist. Une pour l’opus qui est une séquence de playlist et l’autre pour la vidéo. “One of Eight“ qui était la première vidéo. Maintenant on sortira les neufs prochaines vidéos dans les semaines à venir La prochaine sortira le 17 octobre, la suivante le 31 octobre et le cd sortira après. Pour le moment nous sortons une vidéo par semaine.

Au niveau des paroles ne serait-ce pas une quête spirituelle que tu présentes à travers cette histoire développé sur 10 titres en quelque sorte ?

Gabriele "Rusty" Rustichelli. 
J’ai écrit les paroles avec Todd Allen qui était notre premier bassiste et venait de San Diego et il m’a aidé à traduire en anglais ce texte. Quand tu ne parles pas la langue natale c’est difficile à décrire quelque chose en anglais. Il y a un fil rouge à suivre. Chaque chanson essaie de décrire des combats émotionnels et en même temps essaie de donner une clé et notre point de vue sur le thème abordé. Comme je te l’ai dit tous ces combats existent dans notre peau, au cœur de notre être. Bien sûr il y a quelque chose de spirituel, au niveau de la société, combien cette société nous donne, les clichés pour penser que certaines émotions ne sont pas correctes. Ce n’est pas sur ce qui est correct et ce qui est faux. C’est à propos de ce que nous ressentons. Nous devons donner un nom à ces sortes d’émotions et nous devons en parler à nos amis ou les gens qui sont proches de nous. Autrement si ce genre d’émotions ne sont pas évacuées elles grossissent en créant de la peur, de l’anxiété et nourrissent la société qui essaie de guérir ces maux afin de se créer un revenu, c’est un commerce, pour gagner de l’argent et n’essaye pas de s’occuper en réalité de la santé des gens.

Depuis que le groupe existe, tu gères tout de A à Z. Tu as ton propre label, ton studio d’enregistrement. Est-ce que cela selon toi c’est un avantage de travailler de cette manière, d’être en quelque sorte auto-entrepreneur et que penses-tu que t’apporterai le soutient d’un gros label ?

Gabriele "Rusty" Rustichelli.  Peut-être si tu as quelque chose à vendre sur le marché de la musique, trouver un label peut t’aider à gagner de l’argent pour toi. Quand tu essaies de faire quelque chose de différent c’est difficile de trouver quelqu’un qui investit de la monnaie sur toi. Tu es l’investisseur de toi-même et si tu peux apporter ton propre argent sur le projet c’est sûr tu es le meilleur qui prendra soin de ton futur et de ton investissement. Nous n’avions pas trouvé de label par le passé, nous avions des offres mais pas assez intéressantes. Peut-être une si j’avais trouvé quelqu’un avec qui collaboré je l’aurais fait mais avec l’idée de jouer et de s’entraider avec une équipe solidaire, on aurait pu le faire avec un label certainement. C’est mon égo qui parle parce que je sais très bien combien de temps et de ressources sont nécessaires pour le projet. Nous n’avons rien à perdre, nous voulons jouer notre musique. C’est notre concept. Nous avons beaucoup d’amis qui nous aident et travaillent à nos côtés sur les vidéos. Penses-tu que tu peux trouver un label qui peut payer pour dix vidéos (rires). Tu perds au début tout tu payes mais pour nous c’est une image. Je peux investir sur dix vidéos mais en même temps j’ai le visuel pour mon show pour les prochaines années. Et un visuel de haute qualité. Ces gars ont effectué un travail incroyable et le visuel est le meilleur de ce que j’ai pu voir auparavant. Je peux comparer nos visuels à des grands groupes comme Tool.  C’est une grosse production mais ce n’était pas trop cher parce que nous avons travaillé avec une partie de notre famille. Les précédents membres du groupe, tout le monde a participé au projet. Nous sommes si reconnaissants envers toutes ces personnes.

Vous allez partir en tournée en special guest de Evergey du 03/11 au 22/12 à travers toute l’Europe je suppose que c’est une étape importante pour toi ?

Gabriele "Rusty" Rustichelli. C’est un rêve qui est devenu réalité parce que nous ne sommes pas un groupe de streaming, nous ne sommes ni sur Instagram ou Spotify ou tout cela. Merci. Nous sommes un groupe live fait pour jouer partout où il le peut. Nous avons besoin de rester sur la route nous avons besoin de rencontrer notre public et de donner un vrai show. Nous sommes très excités de partir avec Evergrey en tournée, par le passé au maximum nous sommes restés sur les routes pendant trente jours et avons pu donner vingt-six concerts. C’est la plus grande tournée que nous allons faire cette fois ci. En même temps nous sommes persuadés que ce sera le meilleur show proposé par Klogr et le meilleur public que l’on va rencontrer. Je me répète encore c’est mon égo qui parle. En tant que producteur quand je vois le show que l’on a préparé parce qu’on enregistre tout et je regarde ces vidéos que nous filmons et tout l’environnement de la production c’est impressionnant. Nous tournons avec nos propres lumières et nous jouerons les dix chansons de ce nouvel opus. Toute la production de l’album est parfaite et prête. J’ai vraiment cette pensé que le public sera stupéfait par ce show. A la fin du show je serai d’ailleurs très curieux de rencontrer le public pour avoir leur avis. Je veux savoir de leur part si j’ai eu raison ou tort de créer ce show unique pour eux.

J’imagine qu’il y a un long travail de préparation quand on part sur les routes pendant près de deux mois ?

Gabriele "Rusty" Rustichelli.  Oui nous avons passé six mois (rires) de notre vie à la préparer, car nous avons travaillé sur le son du show, le visuel. Absolument, nous avons passé les six derniers mois, huit heures par jour à préparer cette tournée. C’est pourquoi je suis certain que le show touchera les gens. Quelque chose de grandiose se prépare pour le public.

 

 

Interview 14 Octobre 2024
Pascal Beaumont / Photo DR 
Laurent Machabanski et 
Pascal Beaumont (Traduction / Retranscription)

 

 

vendredi 4 octobre 2024

ARMELLINO (Yann Armellino / Vincent Martinez) // INTERVIEW // Un projet "Heritage Blend" la classe du Rock en quelques notes - Octobre 2024.

Un album pour cette rentrée de septembre, ce projet ARMELLINO rassemble Yann Armellino et Vincent Martinez  entourés par quelques bons musiciens pour notre plaisir et qui ravira tous les fans de bonne musique, les fans de guitares, les fans de Rock enfin bref ... Il y a des jours comme ça où parfois un album arrive sur votre platine et, à la première note une émotion vous envahit et cela devient évident.. Ce disque que je suis en train d’écouter est une vrai bombe dans ce monde musical qui hélas se perd dans des méandres du tout et du rien... et au milieu de tout cela, un disque de toute beauté brut et pur a la fois, ici place à tout ce que l'on aime, le pur, le vrai, la bonne musique qui nous prend les tripes.
Nous avons eu envie d'en savoir plus, alors voici quelques questions à ces deux protagonistes Yan et Vincent.


 
A quel âge avez vous commencer à jouer de la guitare ?
Yan : Vers 14 / 15 ans, j’écoutais déjà beaucoup de musique durant mes années collège…Mon frère Alban avait commencé la batterie environ deux ans avant moi, à l’époque, il jouait dans un groupe de Rock un peu « garage » et je passais mes samedis à aller les voir répéter. J’étais fasciné par le guitariste rythmique qui jouait essentiellement des « power chords » (NDR pour les « non guitaristes » : ce sont des accords de puissance, assez « basiques » mais rudement efficaces, la base du « son » rock, des Sex Pistols à Scorpions…). Ça a été le déclencheur, je voulais en être ! Dans mes souvenirs, ce guitariste jouait sur une Ibanez Roadstar, proche d’une Stratocaster de Fender. C’est l’autre guitariste du groupe qui m’a vendu ma première guitare, une Tokai copie Stratocaster. Je suis autodidacte et, même si ça semble fou aujourd’hui, il n’y avait pas YouTube et toutes les vidéos pédagogiques que l’on peut trouver en un clic, j’ai donc beaucoup travaillé en déchiffrant mes albums favoris à l’oreille et, même si c’était souvent approximatif, cela m’a permis de développer mon oreille musicale, j’en ai usé des vinyles (rire).
Vincent : A 5 6 ans, j’ai débuté avec des accords simples de chansons que j’aimais bien comme Herman’s Hermit No Milk Today

Quelles sont vos premières influences musicales ?
Yan : Au début, j’ai été influencé par de nombreux groupes de Hard Rock, à commencer par Kiss. Ensuite, tu découvres plein de choses différentes, tes influences sont en constante évolution. Difficile d’énumérer tous les artistes qui ont comptés. Après Kiss, j’ai découvert tout un tas d’albums de groupes Hard Rock comme Kick Axe « Welcome to the Club », RATT, Pretty Maids, Saxon, Iron Maiden, Metallica, Van Halen qui a été un choc. Chez moi, on écoutait aussi Led Zeppelin, Crosby Still Nash, Deep Purple
Vincent : De la musique classique Bach, Beethoven, Vivaldi. Ensuite est venu Stevie Wonder etc.
J’écoutais ce qui passait à la radio.

Quels sont les groupes qui vous ont donné envie de faire de la musique ?

Yan : Il y en a un qui a plus compté que les autres : KISS. J’ai eu un choc tant musical que visuel quand j’ai découvert le groupe. Les deux premiers albums que j’ai écoutés sont « Unmasked » et « Destroyer », deux facettes du groupe avec le côté rock hard pop et l’aspect plus hard rock. Ils avaient un sens du riff et de la mélodie incroyable, sans oublier une attitude et le sens du rock’n roll circus. En France, ils sont malheureusement réduit à leur tube « I Was Made for Lovin’ You » mais les cinq premiers albums sont très rock – hard rock, la blue note n’est pas bien loin…

Vincent :
J’adorais la musique en général, j’apprenais la guitare classique, et après avoir découvert les Beatles et AC/DC, je me suis mis à la basse et à la guitare électrique.  

Apres plusieurs albums a votre actif est ce que votre manière de travailler à changé?


Yan :
Me concernant, je n’ai pas l’impression d’avoir trop changé ma façon de travailler, il a fallut que je m’adapte aux nouvelles technologies d’enregistrement avec l’arrivée du « tout numérique », j’y ai mis un certain temps mais à l’arrivée, je reconnais que c’est un outil qui te facilite la vie quand tu travailles avec plusieurs musiciens et que tu dois envoyer et/ou recevoir des fichiers. C’est grâce à Vincent que je m’y suis mis donc sur le tard…



D'ou est venu l'idée de ce projet Yann Armellino et Vincent Martinez ?


Yan :
L’idée de nous réunir est venu assez naturellement, nous nous connaissons depuis longtemps et avons suivis respectivement nos différents projets. Quand Vincent a quitté Carousel Vertigo, on s’est dit que c’était le moment idéal pour envisager une collaboration. Avec le recul, je pense qu’on aurait pu s’y mettre bien avant car humainement et artistiquement, ça se passe très bien.

Vincent :
J’adore la musique de Yann, on s entend bien !


Vous avez convié à se joindre à vous Alban Armellino à la batterie et Jacques Mehard-Baudot à la basse raconte comment cela s'est fait ?

Yan :
Avoir Alban à nos côté était une évidence car il était déjà avec moi lors de mes deux précédents albums. En plus de notre complicité naturelle, il apporte une solidité rythmique qui colle parfaitement au style. Quand nous avons cherché un bassiste, il se trouve que Jacques, que vous avez plus l’habitude de voir guitare en main, jouait déjà de la basse. On se connait également depuis des années. On souhaitait, en plus d’une belle histoire musicale, vivre un truc un peu familiale, qui marche à la confiance, sans problème d’égo etc.  

Comment s'est passé l'enregistrement de "Heritage Blend » ?

Yan :
C’est de loin l’enregistrement qui m’aura pris le plus de temps niveau création, pré productions…comme nous n’avions pas de deadline, nous avons vraiment pris le temps nécessaire pour aboutir à ce que nous avions en tête. Il y a eu aussi la pandémie de Covid qui nous a stoppée net pendant quelques mois…Un fois les compositions validées, nous avons commencé par enregistrer des prés productions dans mon home studio et avons ensuite tout transféré chez Didier Théry qui a mixé et réalisé l’album. Didier, en plus d’être très patient et à l’écoute de nos souhaits, s’est vraiment impliqué dans le projet en y ajoutant ses idées de chœurs, de percussions (les claps sur « I’m Only Me »), de batterie (le groove tout en finesse sur la cover de Thin Lizzy). Une chouette rencontre.

Un album hommage aux classic rock des années 70 et 80, pouvez vous nous parler de vos influences ?

Yan :
Nos influences sont multiples, effectivement très 70’s et 80’s. C’est assez vaste mais je peux te citer dans le désordre : Fleetwood Mac, Cream, Creedence, Free, Humble Pie, les Small Faces, Bad Company, Deep Purple, Whitesnake (période anglaise), Kiss (période 70’s), Thin Lizzy, Van Halen sans oublier le répertoire de la Motown qui est une vraie mine d’or.

Vincent :
Très influencé j’imagine par Little Richard, la Deep Purple family, Johnny et Edgar Winter, Bad Company.

2 reprises sur l'album "Fire" de Etta James avec Jessie Lee Houllier (Jessie Lee & The Alchemists) et "Dancing In The Moonlight" de Thin Lizzy en acoustic comment avez-vous fait ce choix de reprises ?

Yan :
Concernant « Fire », Vincent et moi-même sommes des fondus du répertoire de la Motown. Dans mes albums précédents, j’avais l’habitude de faire un clin d’œil à ce style qui est une source d’inspiration, quand tu écoutes des artistes comme Sly Stone, Ike & Tina, Stevie Wonder, quelle groove, quelle énergie !! Même si « Fire » est du répertoire Chess, on n’est pas trop éloigné…Pour interpréter ce titre, on a tout de suite pensé à Jessie Lee qui a accepté notre invitation, elle a vraiment mis le Feu ! C’est super de l’avoir avec nous sur cette cover que l’on a légèrement « électrifiée ». Thin Lizzy est aussi une de nos influences et faire un hommage à ce monument du Rock nous semblait être une bonne idée. Le choix n’a pas été facile mais reprendre un de leurs morceaux rock aurait été plus attendu, on a donc essayé « Dancing In The Moonlight », bonne pioche ;p) J’aime beaucoup l’interprétation de Vincent sur ce dernier, il a su s’approprier la mélodie en l’interprétant à sa sauce, il a une fragilité qui me touche.

Vincent :
Yann a commencé à jouer « Dancing in the Moonlight » à l’acoustique, c’était très cool. C’est parti de là.

En avez vous essayé d'autres ? Si oui lesquelles ?

Yan :
Nous avons été vite fixés sur ces deux choix à faire figurer sur l’album. On a enregistré une troisième reprise d’un groupe d’un genre très différent…titre que l’on jouera en concert et qui figurera dans un deuxième opus. Petit indice, c’est un groupe mid 60’s et le titre date de 1971…Réponse prochainement en Live (Rire).

Vincent :
Oui, peut être qu’on va les enregistrer et/ou les jouer sur scène.

La pochette de "Heritage Blend" est un clin d’œil au 1er album du Fleetwood Mac de Peter Green, pouvez vous nous dire quelques mots à ce sujet ?

Yan :
Dès le départ, nous n’avions pas envie de figurer sur la cover de l’album, nous souhaitions une illustration originale. C’est Laurent Bodson, artiste peintre très talentueux, qui l’a réalisée, il a fait un super boulot, en plus d’être inspirée par le Fleetwood Mac de Peter Green, elle fait référence à un magasin de musique emblématique qui peut rappeler celui d’un film culte, si je vous dis costumes sombres, Borsalino et lunettes noires ? Elle a ensuite été finalisée par l’agence 311mph, ils ont fait un travail remarquable. On envisage sérieusement la parution d’un vinyle.

Vincent :
J’adore Peter Green, quand j’ai débuté à la guitare, j’ai entendu sa version de « the stumble » et « my time after a while » avec John Mayall, après à 13 ans, j’ai acheté « mr wonderful », j’adore aussi des chansons comme « sandymary », « man of the world ». L’influence de sa musique est énorme de Santana à Aerosmith en passant par Judas Priest entre autres. Sa voix est incroyable également.



La guitare est pour notre plaisir la clef de voute de l'album "Heritage Blend" parlez-nous un peu de celles que vous utilisez

Yan :
Je suis endorsé par Ibanez et utilise donc plusieurs modèles de la marque. Ma principale étant la Roadcore Prestige japonaise qui est un parfait compromis entre vintage et moderne, elle a deux micros Seymour Duncan, corps acajou, manche érable et touche palissandre avec des mécaniques Gotoh à blocages. Je joue aussi les modèles Darkstone, plus proche d’une Lespaul ou encore les SZ « première génération ». En complément à ta question j’utilise des cordes de la marque Elixir, modèle « Nano Web » tirant 09/42, le tout branché dans un ampli DV Mark Triple 6.

Vincent :
J’ai utilisé ma Gibson SG , une Melody maker et ma guitare du luthier Alexandre Bouyssou.

Vous souvenez vous de votre premier concert ?

Yan :
En tant que guitariste, malheureusement je ne m’en souviens pas…ça ne devait pas être fameux, il faudrait que je demande à mon frère qui devait sûrement être avec moi. Désolé. En tant que spectateur, c’était un concert de Bernard Lavilliers à l’Olympia, j’ai été éblouit par les chorus de Marco Papazian, ça jouait très rock sur certain passage ! Peu de temps après, j’ai vu Kiss au Zenith en 1984 avec Bon Jovi en première partie. Ce n’était pas visiblement un de leur meilleur concert mais comme je les voyais pour la première fois, j’ai adoré. Encore une fois, il faut se remettre dans le contexte de ces années là, il n’y avait pas Internet et les téléphones portables, on découvrait nos artistes favoris en Live, ça avait un côté magique.

Vincent :
Deep Purple lors de leur tournée « the battle rages on », fantastique. Si c est le premier concert en tant que performer, J’étais en 5eme, on a joué à la fête du collège des titres comme « Don’t cry » de Guns n Roses, « Smoke on the Water » et « Johnny b good ».

Y a-t-il un artiste ou un groupe avec lequel vous rêvez de jouer ?


Yan :
Oui bien sur, il y en a même plusieurs. Voici ma petite liste… Noël n’est pas si loin !! Paul Stanley (chanteur – guitariste de KISS) à la grande époque. J’aimerai bien jouer avec Michael Monroe (Hanoi Rocks). Ronnie Atkins (Pretty Maids) qui, je pense, pourrait déchirer sur un album tendance Heavy Blues. Le guitariste Blues Saraceno. Stevie Wonder, Tina Dico dans un genre très différent, Tears For Fears, Ted Nugent, Stage Dolls, Billy Gibbons…Plus récemment les Blackberry Smoke que je trouve incroyable.
Vincent : Toutes les occasions de jouer sont géniales.

Quels sont vos projets à venir ?

Yan :
Réponse pas très originale mais nos projets sont de trouver un maximum de dates pour défendre l’album. Essayer de faire des premières parties etc. Nous avons quelques pistes sérieuses pour des festivals l’année prochaine…à suivre.

Vincent :
Défendre l’album sur scène, enregistrer des nouveaux morceaux, retourner sur scène (rire)
Merci shooting idols! Merci pour votre soutien!


Avez vous envie de rajouter quelque chose, faire passer un message ?

Yan :
Deuxième réponse pas très originale mais néanmoins utile pour défendre notre profession, je voudrais juste rappeler qu’écouter les artistes sur les plateformes de streaming c’est bien et très pratique mais acheter nos productions et aller nous voir en concert c’est encore mieux. Notre métier traverse une crise depuis l’arrivée du tout numérique et les recettes des plateformes sont quasi inexistantes (pour rappel, c’est 0,004 cents par écoute). Merci beaucoup pour votre soutien et à bientôt.

Voir le clip ICI "It's Only me"




Interview Septembre 2024
Thierry CATTIER
Photos DR