Pouvez-vous pour commencer nous parler de vous deux ? Parler de vos parcourt avant la création de Blues Corner ? Racontez-nous votre rencontre Phil Roman et Seb Oroval ?
Phil : J’ai grandi dans un univers musical classique et suivi dix années de formation au conservatoire. À 16 ans, je découvre la guitare et commence à jouer dans des groupes de bal. Après une longue pause consacrée à ma vie familiale, je retrouve la scène en 2005 en fondant No Factory, avec lequel j’enregistre mon premier album live. En 2010, avec mon groupe, nous cherchions un clavier pour compléter la formation. C'est à cette occasion que j'ai rencontré Seb. Cette rencontre a marqué un véritable tournant. Il m'a fait découvrir un univers blues bien plus vaste et inspirant que celui que je connaissais jusque-là. Après avoir passé dix ans en Angleterre pour des raisons professionnelles, je tourne cette page et reviens en France en 2020 avec une ambition claire : me consacrer pleinement à la musique. C'est alors qu'avec Seb, nous donnons naissance à Blues Corner.
Seb : J’ai découvert le blues très jeune grâce à mon grand frère, passionné par les grands standards du genre. J’ai commencé par les claviers avant de me tourner vers l’harmonica. Au fil des années, je me suis forgé une solide expérience sur les scènes parisiennes en interprétant les classiques du blues. En 2010, j’ai rencontré Phil. Très vite, nous avons partagé la même envie : composer nos propres morceaux et apporter notre vision personnelle de cette musique que nous aimons tant. Quels sont les groupes qui vous ont donné envie de faire de la musique a chacun ?
Phil : Dire Straits, Eagles, Stevie Ray Vaughan, ZZ top, Jeff Healey
Seb :PETERSON, Jeff HEALEY, Johnny WINTER, Eric Clapton
Quelle est la signification du nom du groupe Blues Corner ?
Le nom Blues Corner est né de notre envie de partager notre passion du blues dans toute sa diversité. Le blues est une musique riche, composée de multiples courants, couleurs et sensibilités. Cette notion de pluralité est essentielle pour nous : nous aimons explorer ces différents univers tout en restant fidèles aux racines du blues. Blues Corner, c’est avant tout un petit coin chaleureux où l’on se retrouve pour jouer, écouter et parler de blues sans tabou. Un espace ouvert aussi bien aux passionnés qu'à ceux qui découvrent cette musique. À l’origine, lors de la création du groupe, nous avions également lancé une communauté Facebook baptisée Blues Corner. Avec la sortie de notre premier album, nous l’avons rebaptisée Le Coin de Blues afin d’éviter toute confusion avec le groupe. Cette communauté continue aujourd’hui de vivre et d’échanger autour du blues.
Parle nous de ce nouvel album plus qu'un album c'est un concept en double CD ?
Cet album est une véritable invitation au voyage à travers les différents univers du blues. À travers plusieurs courants musicaux, nous racontons ce que nous vivons, ce que nous ressentons et ce qui nous passionne dans cette musique. L'album se compose de deux volets : CD 1 : Chicago Blues, pour son énergie brute, puissante et électrique. CD 2 : Roots Rock / Americana, plus mélodique, aérien et rythmé. À travers ce projet, nous avons souhaité faire découvrir au plus grand nombre le blues que nous aimons, celui qui nous transporte et nous inspire. Un blues respectueux de ses racines mais ouvert à une approche plus contemporaine. Les thèmes abordés sont ceux de la vie quotidienne : La pression financière dans la société actuelle. La perte de connexion avec la réalité à l'ère d'Internet et des réseaux sociaux. L'importance de profiter de chaque instant, même lorsque la vie est difficile. La nécessité de prendre du recul sur ses certitudes : le bien et le mal sont souvent des notions relatives. La quête de liberté dans un monde où les contraintes sont toujours plus nombreuses. L'importance de ne jamais oublier ses racines. Le rêve, l'évasion et les grands espaces américains qui nourrissent depuis toujours l'imaginaire du blues.
Parlez-nous de votre façon de travailler. Comment procédez-vous pour la création des titres ?
Phil : Je compose les mélodies et j’écris les textes de l’ensemble des morceaux. Tout commence généralement par une idée que je développe sous forme de maquette avant de la partager avec Seb. Nous travaillons ensuite ensemble sur les arrangements, les harmonies et les détails qui permettent de faire évoluer le morceau. Enfin, nous testons les titres en répétition puis sur scène. Le contact avec le public nous aide souvent à finaliser certaines orientations avant l’enregistrement définitif. Comment s’est passé l’enregistrement de cet album "All What We Are" ?
Le travail en studio a été particulièrement long et minutieux. Nous avons commencé par enregistrer les sections rythmiques avec plusieurs musiciens venus nous rejoindre pour ce projet, afin de poser les fondations harmoniques et l’ambiance recherchée. Nous avons ensuite consacré de nombreuses sessions aux guitares, à la slide guitar, à la pedal steel, à l’harmonica et aux claviers. Les voix ont été enregistrées dans la dernière phase de production, parallèlement aux interventions de nos invités. Nous avons eu la chance de réunir un casting exceptionnel : Voix : Phil Roman, Marco Cinelli / Guitares : Phil Roman, Fred Chapellier, Bruno Dandrimont Basse : Zizou Sadki / Claviers : Seb Oroval, Gaël Cadoux, Jean-Luc Leonardon Harmonica : Seb Oroval, Christophe Dupeu / Batterie : Olivier Baldissera, Hubert Motteau Slide guitar : Michel-Yves Kochmann, Sonny Landreth / Pedal Steel : Jean-Yves Lozac'h
La présence de vos invites SONNY LANDRETH , FRED CHAPELLIER Et MARCO CINELLI apporte une approche différente parlez-nous en ? Et d'ou et venu l'idee et le choix de ces invites ?
Pour nous accompagner dans ce voyage musical, nous souhaitions nous entourer d'artistes qui représentent une référence dans leur domaine. Au-delà de leur immense talent, ce sont aussi des musiciens reconnus pour leurs qualités humaines et leur générosité. Fred Chapellier apporte toute son expertise du Chicago Blues sur Piggy Bank Blues, Sonny Landreth sa signature unique sur Highway of Love, tandis que Marco Cinelli apporte son jeu de guitare, sa voix et sa sensibilité Americana Blues Rock sur Living My Life et What's Good What's Bad. Le résultat a largement dépassé nos attentes. Chacun a su apporter sa personnalité tout en servant parfaitement les morceaux, avec beaucoup d'élégance et sans jamais en faire trop.
Y a t il eu une nouvelle manière de travailler entre le 1er disque et celui ca ?
Phil : Le premier album était très instinctif. Il réunissait des chansons écrites à différentes périodes de ma vie, dont certaines sont nées dans un contexte personnel particulièrement difficile : Une rupture professionnelle avec l'abandon d'une carrière prestigieuse à Londres. Une rupture sentimentale. Ce nouvel album est le fruit d'une démarche beaucoup plus réfléchie. Nous voulions transmettre les couleurs musicales et les émotions qui nous sont les plus chères. Rester fidèle aux racines du blues tout en apportant une richesse harmonique et une diversité qui rend notre musique abordable à tous. Cette exigence s'est retrouvée à tous les niveaux : le choix des morceaux, des musiciens, des instruments, les arrangements, le mixage et le mastering. Notre objectif était simple : réaliser un album studio qui, à l'écoute, restitue toute l'énergie et la spontanéité d'une prise live. Cela a représenté plusieurs mois de travail intense, mais aujourd'hui nous nous reconnaissons pleinement dans chacun des titres de ce double album. All What We Are est bien plus qu'un simple album : c'est le reflet de notre identité musicale, de notre parcours et de tout ce que nous sommes. Peux tu nous dire quelques mots sur la pochette ?
Nous souhaitions une pochette qui reflète à la fois notre attachement aux racines du blues et notre volonté d'inscrire cette musique dans son époque. Nous avons travaillé avec Arnaud Léger, qui a su parfaitement comprendre notre vision. Dès ses premières propositions, l'une d'elles nous a immédiatement séduits. Nous l'avons ensuite développée ensemble jusqu'à obtenir un visuel qui, selon nous, représente parfaitement l'esprit de l'album. Qu’est-ce que vous écoutez en ce moment ?
Matt Schofield – Many Moons, Vol. 1 / Albert Cummings – Believe / Christone 'Kingfish' Ingram – Hard Road / Joe Bonamassa – Breakthrough / Eric Gales – A Tribute To LJK / Eric Bibb – One Mississippi
Quels sont vos projets pour les mois à venir ?
Plusieurs concerts sont déjà programmés dans des festivals et des salles de spectacle avant une courte pause estivale. Nous sommes particulièrement heureux de participer au festival SEM le Blues à Perpignan le samedi 4 octobre. Cette édition sera la dernière avant l'arrêt définitif du festival, et nous avons l'honneur d'avoir été choisis pour en assurer la clôture. C'est une belle marque de confiance et nous espérons vivre une grande soirée avec le public. L'année 2027 s'annonce déjà très dynamique. L'album reçoit un excellent accueil et de nombreuses dates sont actuellement en discussion.sont en discussion actuellement.
Quelque chose à rajouter ?
Nous aimerions simplement remercier toutes les personnes qui nous soutiennent depuis le début de cette aventure : le public, les organisateurs, les médias spécialisés et tous les musiciens qui ont contribué à cet album. Le blues est une musique de partage et d'émotion. Si All What We Are parvient à transmettre une partie de cette passion, alors nous aurons atteint notre objectif.
Cinq ans après son album "Honey Birds", Joseph Martone est de retour avec son nouvel album "Endeayours" Encore une belle réussite enregistrée en Italie, à l'Auditorium Novecento de Naples et au studio Al Mare de Ravenne, avec la participation de prestigieux collaborateurs (Fabio Rondanini de Calibro 35 à la batterie et Francesco Giampaoli à la basse, déjà actif au sein des groupes Hugo Race Fatalists et Sacri Cuori), et au Studio Cimetière de Québec, au Canada, cet album marque la consolidation du partenariat d'écriture de Joseph Martone avec son ami et collaborateur de longue date, Ned Crowther (The Fernweh, Smokey Angle Shades), et bénéficie de la production remarquable de Mike Dubue et Taylor Kirk, du groupe folk-blues canadien Timber Timbre. L'album comprend également les contributions suggestives de deux voix féminines, celles de Rebecca Noelley et Marianna d'Ama.
L'occasion rêvée avec cette interview d'en savoir plus surJoseph Martone ....
Pouvez-vous nous parler de votre parcours ?
Joseph Martone : Je suis né dans le sud de l'Italie, mais mes parents ont émigré aux États-Unis, où j'ai passé la majeure partie de mon adolescence. Plus tard, ils sont retournés en Campanie. Je suis profondément attaché aux deux cultures, de part et d'autre de l'Atlantique.
Quelles ont été vos premières influences musicales ?
Joseph Martone : À leur retour, mes parents ont repris une salle d'arcade et l'ont transformée en bar. Mes amis et moi, on s'y installait pour jouer. Un de mes premiers souvenirs, c'est d'avoir essayé de trouver "Whipping Post" des Allman Brothers. Pas facile !
Quels groupes vous ont inspiré à faire de la musique ?
Joseph Martone : Par où commencer ? Je trouve l'inspiration partout. J'organise des concerts dans mon bar, et je suis souvent inspiré par ces groupes de musiciens qui tournent, qui ne sont peut-être pas célèbres, mais qui se construisent une carrière et un mode de vie, et qui me prouvent que c'est toujours possible, même à petite échelle. Ce sont eux qui me poussent à persévérer.
Vous souvenez-vous du premier concert auquel vous avez assisté ?
Joseph Martone : J'ai vu Radiohead à Rome assez tôt. Ils étaient époustouflants.
Avec ce deuxième album, pouvons-nous parler d'évolution ?
Joseph Martone : On évolue toujours, non ? Je suis plus âgé et un peu plus marqué par la vie après un divorce et toutes sortes de hauts et de bas, alors ce serait malhonnête de ma part si la musique ne reflétait pas cela. Parlez-nous de votre processus de création. Comment composez-vous vos chansons ?
Joseph Martone : Je travaille souvent sur des idées avec Ned. Ce processus est toujours passionnant car nous avons des approches très différentes, et pourtant nous nous respectons et nous nous faisons une confiance absolue.
Comment s'est déroulé l'enregistrement de cet album, "Endeavours"?
Joseph Martone : C'était un vrai bonheur. Nous nous sommes installés dans un magnifique studio ancien au centre de Naples. Il y règne une ambiance Rat Pack. Du coup, chaque matin, j'entrais en studio avec l'impression d'être Dean Martin sur le point d'enregistrer quelque chose d'exceptionnel. Votre processus créatif a-t-il évolué entre votre premier album et celui-ci, "Endeavours" ?
Joseph Martone : Le sujet est peut-être différent, mais le processus reste similaire. Je partage des idées avec Ned pendant l'écriture, puis j'essaie d'enregistrer les chansons le plus spontanément et authentiquement possible.
Peux-tu nous parler un peu de la pochette de l'album ?
Joseph Martone : Beaucoup de mes amis sont très doués artistiquement. Nous voulions une image qui suscite plus de questions que de réponses. "Endeavours" parle de se retrousser les manches et d'affronter la tempête de front. Il faut continuer d'avancer dans la vie, quoi qu'il arrive.
En quelques mots, pouvez-vous décrire l'atmosphère de chacun des neuf morceaux ?
Joseph Martone : Overboard – On plante le décor, on lève le rideau. Saint Marie – Une ballade de meurtre à l'italienne. Time Is A Healer – Traverser l'obscurité pour trouver la lumière. Bright Morning Doubt – Se séparer, mais sans s'effondrer. Endeavours – Le morceau titre. C'est le fil conducteur de l'album. Lying Low – Il s'agit d'un personnage qui vient de sortir de prison. C'est un homme brut qui doit se débrouiller pour survivre. True Times – Une chanson qui mûrissait en moi depuis longtemps. Elle me tient particulièrement à cœur. On The Mend – Une sorte de flux de conscience. Wounded Love – Le genre d'amour dont il est difficile de se détacher, même quand on sait qu'il est néfaste.
Si vous ne deviez garder qu'une seule chanson ou un seul album, lequel choisiriez-vous ?
Joseph Martone :Kratfwerk : "Man Machine"
Qu'écoutez-vous en ce moment ?
Joseph Martone : J'adore le dernier album de The Smile.
Quels sont vos projets pour les prochains mois ?
Joseph Martone : Retrouver mon vieil ampli et repartir en concert !
Depuis la sortie de l’excellent Wolf Attack en 2021, Existance le combo parisien de Heavy Metal n’a pas cessé de tourner à travers toute l’Europe et d’assoir sa réputation scénique de haut vol. En septembre et novembre 2022 ils s’offrent même le luxe d’ouvrir pour Udo sur toutes les dates Européenne du gang Allemand et de jouer au Hellfest, un moment intense pour toute la formation de toute évidence ! Ils enchainent par la suite avec une série de concerts à travers tout l’hexagone et joue par deux fois à l’Olympia en 2022 aux cotés de Helloween et en 2023 en étant special guest de Megadeth un must pour le combo. Pas de doute Existance s’avère être devenu au fil des années une valeur sûre du metal français. Il aura fallu attendre cinq longue années pour enfin accueillir Wildfire le digne successeur de Wolf Attack qui sort chez un label de prestige Verycords ce qui devrait leur permettre de franchir un cap supérieur ! Wildfire s’avère être un véritable manifeste du heavy metal Français taillé pour la scène et d’une redoutable efficacité ! L’expériences de ces cinq dernière années leur a permis d’affûter les guitares et le chant allié à un duo basse batterie impeccable. Il nous fallait en savoir un peu plus sur la gestation de cette quatrième galette ! C’est avec Julian Izard le sympathique Chanteur/Guitariste d’Existance que nous avons pu tailler le bout de gras afin qu’il nous présente cette nouvelle bombe heavy et nous éclaire un peu plus sur ces cinq dernières années riche en activités et en surprises en tout genre ! 18 ans après ses débuts le loup à toujours les crocs et ça s’entend. Magnéto Julian c’est à toi !
Julian tu es le chanteur du groupe et guitariste d’Existance, pourrais-tu te présenter en quelques mots ?
Julian Izard. D’abord c’est un plaisir partagé de faire cette interview avec toi Pascal. Cinq ans déjà ça passe vite ! J’ai trente-cinq ans aujourd’hui, je commence à vieillir. Je fais de la musique, j’ai commencé la guitare assez tard à seize ans quand je suis venu vivre chez mon père. Il m’a montré quelques accords et montré la gratte. J’ai commencé à faire de la guitare avec lui dans un petit groupe de reprise, on faisait du Thin Lizzy, Saxon. Tout ce à quoi j’ai été bercé qui fait encore mes influences principales. J’ai monté le groupe Existance fin 2008. La moitié de ma vie, on est passé par plusieurs line up différents. On a réalisé plusieurs démos, on a le line up qui est aujourd’hui composé de Julien à la basse et Jerry à la batterie et d’Antoine à la guitare. Depuis 2017 on est tous les quatre ensemble.
Depuis la sortie de Wolf Attack en 2021 vous n’avez pas cessé de tourner et ouvert notamment pour Udo en 2022 puis assuré les premières parties de Helloween et Megadeth à l’Olympia j’imagine que cela a été des moments incroyables dans la vie du groupe ?
Julian Izard. Ce sont des rêves qui se sont réalisés déjà avec Udo, le mec on n’a plus besoin de le présenter. Il fait partie des légendes encore sur cette terre. Partir deux mois en tournée avec lui, on a fait tout le mois de septembre. En octobre on est rentré chez nous. On a fait tout le mois de novembre, on est allé jouer partout en Europe, en Estonie, en Lituanie dans des pays où je pense que je ne serais jamais allé. Je ne pensai pas qu’il y avait un public pour le heavy présent à ce point-là. On a fait des salles où il y avait beaucoup de monde, des bonnes salles tous les soirs, c’était un rêve. En deux mois tu étais une rock star car tu jouais tous les soirs dans une ville voire un pays différent. Heureusement que tu avais le papier pour savoir où tu étais. Vous avez pris le van et mis tout le matériel et vous êtes parti comme lorsque vous avez ouvert pour Primal Fear ?
Julian Izard. Oui c’est ça, c’est le même trip et le même camion mais on avait mieux aménagé le coffre. On avait réussi à mettre des couchettes au-dessus, le matos en dessous. On ne partait plus avec les grosses têtes EVH 100 watt et Kemper Antoine et moi. On essayait de s’alléger au max et du coup il y en a deux qui dormaient sur un matelas à quatre-vingt-dix chacun cul à cul. Moi, je dormais parterre à l’arrière, un mec dormait sur les banquettes, et l’autre qui dormait devant.
C’est rock n roll de faire ça pendant deux mois. Julian Izard. Tu as intérêt à bien t’entendre.
C’est un grand souvenir finalement cette tournée avec Udo.
Julian Izard. Oui bien sûr. On a eu de la chance parce que faire cela aujourd’hui c’est un peu compliqué à trouver. Il n’y avait que nous avant UDO lorsqu’on jouait. Quarante-cinq minutes tous les soirs devant beaucoup de personnes. Franchement cela a été un succès dans le sens où on a vendu beaucoup de cd, de merch. Il y a des gens qui venaient à notre stand de merch pendant qu’on jouait. A la base le mec vient voir Udo et il passe du temps avec nous sur le merch pendant qu’Udo est en train de faire Princess of the Dawn ou autre. Franchement des super souvenirs. Pour te dire je l’ai même tatoué ici. J’ai tatoué les griffes en souvenir de cette année-là.
En Aout 2022 vous ouvrez aussi pour Helloween à l’Olympia, une des salles parisiennes les plus mythiques. Vous jouez deux fois dans cet endroit d’ailleurs. Un an plus tard en aôut 2023 vous ouvrez aussi pour Megadeth. J’image que cela a été deux moments très fort en émotion pour tout le groupe.
Julian Izard. La première fois comme tu dis c’est une salle mythique, c’est ouf quand tu arrives à Paris et tu vois ton nom sur la fameuse devanture de l’Olympia. Tu vois Existance écrit en petit mais tu vois quand même ton nom. Je n’aurais jamais cru qu’on ferait cela un jour en faisant de la musique. C’était vraiment un super souvenir aussi et un an après pile poil, on nous demande de jouer avec Megadeth. Je m’en rappelle. On était tous en vacances, les pieds dans l’eau, limite le cul à l’air en train de bronzer. Il y a ton agent qui t’appelle pour te demander si on peut être là dans trois semaines pour jouer avec Megadeth à l’Olympia fin aout. Ben ouais, c’est-à-dire qu’on est en vacances mais on s’en fout. Excuse-moi chérie il va falloir que l’on rentre plus tôt, on doit répéter (rires).
Dans ces cas-là dans quel état d’esprit est -on lorsque on ouvre pour une légende du Thrash comme Megadeth ?
Julian Izard. Déjà tu as de la fierté, tu es content, tu te dis que j’ai bien fait de faire de la musique depuis tout ce temps, de continuer à croire en mes rêves et d’enfin en réaliser quelques-uns. Ensuite ça te motive de fou. Comme si on te mettait une carotte devant en gros. Ça te motive de fou pour avancer tu as envie de tout donner et de tout arracher. En plus ça s’est super bien passé les deux fois où les gens ont été vraiment réceptifs. Notre agent nous avait même dit à l’époque, franchement les gars j’ai vu des premières parties à l’Olympia mais c’est l’une des rares fois où j’ai vu les gens au balcon se lever pour vous applaudir à la fin. Franchement cela fait vraiment plaisir. Finalement vous revenez cinq ans après la sortie de Wolf Attack avec ce nouvel album Wild Fire avec une très belle pochette et neuf titres. Comment avez-vous travaillé cette fois ci quel a été l’impact de toutes ces dates de concerts et de la tournée Udo sur le process ?
Julian Izard. Comme tu le dis il y a neuf morceaux sur l’album. On en avait écrit plus, une bonne quinzaine, et après on a dû faire des choix avec le label Verycords, qu’on a aujourd’hui. On a vu avec eux, ils en voulaient neuf parce qu’ils préfèrent que cela soit plus court, que les gens restent sur leurs faims, que d’en avoir trop et de gaver. Je trouve que c’est vrai et que c’est une bonne idée. Pour revenir au processus de création et de composition, les riffs sont venus lorsqu’on était en tournée avec UDO quand tu es toute la journée dans la musique. En tournée tu joues principalement le soir mais en fait tu as toute la journée où pendant le voyage tu peux bosser des trucs. Cet album c’est l’expérience qu’on a eu et engendré. Après les morceaux sont venus automatiquement, ça toujours été comme cela dans le groupe. Sur celui-là on doit faire des morceaux plus trash plus dur, plus FM. On a toujours fait ce qu’on aime et ce que l’on ressent sur le moment. Tu as des morceaux qui sont écrits depuis l’époque de Wolf Attack et d’autres qui sont plus récents. Mais sinon oui cela fait quelques temps que les trois quarts des morceaux sont écrits.
Vous avez donc en réserves de nouveaux morceaux prêts pour le prochain album. Cinq ans c’est long. Est-ce que c’est dû au fait que vous étiez très occupé et qu’il a fallu aussi trouver un nouveau label ?
Julian Izard. Oui c’est un peu tout ça. A la base ce n’était pas de notre volonté d’attendre cinq ans. Après la tournée en 2022 lorsqu’on a fait la tournée, l’album aurait dû sortir pour moi en 2024 au printemps. Ça a été long dans le sens où nous avons tout enregistré depuis quelques temps mais après il y a eu des soucis avec notre producteur, la personne qui est notre ingé son qui a enregistré aussi la batterie. Au niveau des disponibilités de chacun cela a retardé les séances, pour le mixage aussi cela a pris pas mal de temps. Une fois quand tout était en boite on s’est dit, est ce que l’on le fait en auto-prod ou on essaie de chercher un label. Au bout d’un moment c’est quand même bien qu’il y est des gens qui puissent nous aider que de faire tout par soi-même. Ça peut être compliqué, cela demande beaucoup de temps et à la base je suis musicien et non business man. Je ne suis pas influenceur comme il faut l’être maintenant. Cela a mis du temps dans la démarche pour trouver un label. Depuis quelque mois on a réussi à rentrer en contact avec Verycords.
Il y a de grands groupes français comme Sortilège, Adx, Mass Hysteria mais aussi international comme Alice Cooper ou Deep Purple, Chickenfoot. A chaque fois j’ai l’impression que vous passez une étape. Il y a cinq ans vous étiez chez Black Viper Record une filiale de Nuclear Blast. Est-ce que cela veut dire que vous ferez moins de chose par vous-même, car à l’époque vous faisiez tout de A à Z y compris l’envoi de Cds.
Julian Izard. Surtout Julien qui passait ces journées à La Poste (rires). On a Sortilège mais aussi nos potes d’ADX, Manigance et c’est grâce à notre producteur Francois Merle, le guitariste de Manigance qui m’a fait rencontrer Mehdi (Mehdi El Jaï) , le boss de chez Verycords. C’est comme cela qu’on a pu en discuter. Oui je pense qu’aujourd’hui on va être allégé de ce qui est promo album, d’envoyer les Cds etc… Ce n’est plus nous qui allons-nous en occupé. On en vendra sur notre site, donc des merch. Ça va nous alléger. Ce qui est compliqué aujourd’hui, c’est de trouver des plans de tournées, des dates. Aujourd’hui on n’a toujours pas de booker pour nous aider et on est obligé de le faire par nous-mêmes. C’est chronophage, cela prend vachement de temps.
Vous avez toujours trouvé les dates et les tournées par vous-mêmes. Et vous avez été invité à jouer au Hellfest le 25 Juin 2022 très tôt le matin !
Julian Izard. On est arrivé le jeudi, et nous on jouait le samedi matin à dix heures trente. Le jeudi et le vendredi on était en mode festivalier. Tu vois passer les groupes sur les main stage et tu te dis samedi, c’est à notre tour d’être là. Ça te motive et en même temps tu te dis que c’est chaud. Chanter à dix heures trente du mat, faire du rock ‘n’roll pour nous, normalement on dort (rires). On s’est dit on fait nuit blanche comme ça on est chaud ou on se lève à 6 heures ?. Du coup on s’est levé hyper tôt, afin d’avoir le temps de se réveiller. Comme tu dois tout installer au début, tu arrives sur la scène, la grandeur tu ne te rends même pas compte c’est impressionnant. Et après on a joué et c’était cool.
A la fin on voit sur la vidéo qu’on trouve sur You tube, tout le monde est content. On sent que vous êtes heureux aussi parce qu’on vous voit beaucoup sourire sur scène et aussi dans le public. Pensez-vous que le fait d’avoir un gros label comme Verycords va vous aidez a trouver plus facilement des dates ?
Julian Izard. Je pense que ça va nous aider pour la promotion, on va réussir à se faire connaitre un peu plus des gens des médias, de ce qu’on pouvait nous connaitre. Après je ne m’attends pas non plus à des miracles d’un label. Un label c’est une maison de disques qui sont là pour vendre tes albums, mais ce ne sont pas eux qui vont te manager, te trouver des concerts. Malgré tout je sais que cela reste très compliqué pour la suite et pour continuer d’avancer.
Est-ce que c’est difficile de trouver finalement un booker, quelqu’un qui vous trouve des dates de concerts ou vous souhaitez rester autonomes et gérer tout par vous-mêmes ?
Julian Izard. Des agences de booking que ce soient des agences françaises ou étrangères c’est compliqué parce que tu fais des demandes mais en général ils te disent qu’ils n’ont plus de places dans leur roadster, ils n’ont pas besoin de toi. Ils savent que tu es un petit groupe et ce n’est pas toi qui vas remplir un Zenith. Ils ne sont pas forcément intéressés par toi. Tu es obligé d’évoluer par toi-même au maximum. Après ce serait bien de trouver un mec, c’est surtout pour avoir les contacts parce que bien que tu aies un beau CV cela reste compliqué. “Wild Fire“ est le titre de l’opus et aussi le morceau qui ouvre le disque, il bénéficie d’une vidéo quel est l’idée derrière ce morceau et à travers le textes ?
Julian Izard. “Wild Fire“ résume les problèmes que l’on peut rencontrer tous, dans le monde actuel. Je crois que le monde part un peu en cacahouète que ce soit le monde où aujourd’hui on respecte la planète, enfin on essaie. Certains, que tu vois que cela ne touche pas tout le monde que tu en a plein qui s’en foute de tout ça. En gros c’est ce qu’on dit sur la pochette. Il y a un mec en bas qui essaie de s’enfuir de ce monde à moto et qui essaie de se barrer parce qu’il en a marre de tout ça. Alors on essaie de montrer un message positif en disant que c’est possible. On peut s’en sortir si chacun y met un peu du sien. Il n’y a pas de raison que le monde n’aille pas mieux mais aujourd’hui ça reste compliqué à beaucoup de niveaux.
“Angel of Darkness “ est un excellent titre aussi qui me semble plus travaillé, moins accessible à la première écoute, plus ambitieux. Comment est née cette chanson et en avez-vous d’autres déjà composé qui serait dans le même esprit ?
Julian Izard. C’est vrai que sur l’album on essaie de faire des morceaux plus courts et efficaces comme “Eternal Flame“, un refrain qui se retient mieux plus accrocheur sauf pour le dernier “Angel of Darkness“ où là on a laissé libre court à notre imagination. Dans notre tête on s’est dit ce sera un morceau long mais on a envie d’explorer plusieurs trucs, un petit passage acoustique au milieu. Tout ce qui est mélodique nous on adore. Sur celui-là c’est le morceau qui s’y prête bien par son thème et par ce qu’il dégage. Comment sont nées ces sessions acoustiques très réussie qui ont été clippé et que l’on voit un peu partout sur le web et aussi sur votre site ?
Julian Izard. En fait on fait du heavy, on aime jouer avec du gros son saturé A côté on peut écouter du blues. On est musicien, on peut faire de l’acoustique on adore ça. Souvent quand on répète il y a toujours une guitare acoustique qui traine. Quand on est autour d’un barbecue on prend la guitare et on fait des morceaux entre nous, on chante. C’est en mode un peu soirée. 2025 on ne pouvait rien donner car on attendait les nouvelles de l’album. On s’est dit que ça serait cool de proposer cela au gens pendant l’été. Ça fait un petit bout d’été. Nous ça nous fait un petit défi, ça nous donne des trucs à bosser et que ça pourrait être sympa d’adapter plusieurs morceaux en acoustique comme ça.
Et ça passe super bien.
Julian Izard. C’est cool. Merci.
Votre nouveau single “Eternal Flame“ qui a été clippé est un de mes titres préféré comment as t’il été composé ?
Julian Izard. A la base je l’ai écrit à l’acoustique, genre je gratte ma guitare un soir d’été. J’aime bien me poser sur la terrasse tranquille. Il fait beau tu es bien avec ta guitare. J’ai trouvé la ligne de chant et le refrain avec la guitare et la voix. Je trouve que c’est une bonne manière de composer des bons refrains qui se retiennent. C’est parti comme ça après j’ai montré l’idée aux autres. On a développé le morceau tous ensemble. C’est comme cela que le morceau a été créé.
J’ai pensé aux Who, avec ce côté “Won’t Get Fooled Again“ au niveau du gimmick au milieu du morceau. Est-ce que c’est une influence pour vous aussi ? Julian Izard. Oui bien sûr c’est un morceau qui reste dans le style heavy metal, mais qui va plus pencher sur du hard rock un peu plus FM parce que cela fait partie de nos influences. Survivor est un groupe que j’adore, ils ont des morceaux dans ce style-là. C’est tout ce que l’on écoute en fait. On se sent légitime dans le style qu’on fait même si on ne fait pas du heavy pur du début à la fin avec des morceaux en double grosse caisse, attaqué tout le temps. C’est vrai que c’est comme Wolf Attack, on a des morceaux qui diffèrent mais restent dans le même style. Je trouve que c’est cela qui est bien dans ce que l’on fait que l’on propose. On l’a déjà tenté en live et cela marche bien avec les gens. Ils sont bien réceptifs et chantent avec nous.
Je suppose que lors du concert du 24/01/2026 au Heavy Metal Breizh 2026 à Pluméliau-Bieuzy, Espace Droséra vous avez joué des nouveaux morceaux, notamment les singles ?
Julian Izard. Oui c’est ça. Même avant que les singles sortent, on avait déjà proposé quelques nouveaux titres aux gens en fonction d’où on se trouvait parce que c’est toujours bien de les tester en live. Parfois cela peut super bien sonner en studio mais quand tu arrives en live, toi-même tu ne le sens pas. Il y a un truc que tu ne sens pas comme sur l’album. Ceux-là oui, il y a beaucoup de morceaux sur l’album que l’on pourrait faire en live. C’est ce qu’on se disait en répète parce que là on bosse sur la nouvelle setlist que l’on va proposer. En fait c’était dur de choisir car on s’est dit que pratiquement tous les morceaux du nouvel album, on pourrait les faire en live. Ça passe très bien. Ça c’est cool aussi.
On a l’impression que cet album est taillé pour la scène. Vous pensez ouvrir les prochains concerts avec “Wild Fire“ qui débute l’album avec cette petite intro très réussi ?
Julian Izard. Exactement. Comme tu dis c’est réfléchi pour le concert et tu arrives en courant et bing à l’ancienne. De l’impact !
Au niveau des textes, est ce qu’il y a un texte important, plus personnel sur cet opus ?
Julian Izard. Oui il y en a plusieurs. Par exemple “Eternal Flame“ c’est plus un morceau perso de ma vie et de ma rencontre avec ma chérie aujourd’hui. C’était un peu comment on s’est rencontré grâce à la musique. C’est un morceau que j’ai écrit un peu pour elle du coup elle en est contente. Là elle ne le sait pas elle n’entend pas (rires). Il ne faut pas qu’elle ait le melon mais elle le sait en vrai. Rires ! “Ocean’s Cry“, j’aime l’univers marin tout ce qui est la faune aquatique. Sea Sheperd je soutiens beaucoup cette asso comme beaucoup d’artistes, c’est bien et c’est une bonne chose. Ce morceau parle du respect qui n’est pas là, en fait tout le monde s’en fout. Pas tout le monde heureusement mais je pense que ce serait bien si aujourd’hui il y avait plus de gens qui se sentent plus mobilisé.
Quel sera le prochain single ?
Julian Izard. Oui ce sera “Eternal Flame“
Le 16 mai 2026 vous allez jouer au Heavy Sound festival et proposer un spécial H-Bomb en hommage à H-Bomb et à ton père Didier Izard qui avait joué dans ce festival le 10 juin 1984 aux cotés de Metallica, Motörhead, Twisted Sister, Mercyful Fate et bien d’autres, il y a 42 ans. Je suppose que là encore ça va être très fort en émotion !
Julian Izard. Quarante-deux ans. C’est un immense plaisir de pouvoir jouer là-bas, d’avoir notre nom sur l’affiche. Je ne sais pas si tu as vu le design de l’affiche, le même design d’il y a quarante ans en arrière. Le fond rouge écrit en blanc je trouve ça cool, c’est vraiment une bonne chose. A la base on n’était pas demandeur d’un spécial H-Bomb mais forcément les organisateurs nous ont demandé si on pouvait rallonger le temps de jeu pour faire des titres de H-Bomb spécialement pour ce show. On va faire quelques morceaux pour fêter ça. On est là pour fêter ce moment. C’est une bonne chose, on a du taff pour bosser les morceaux d’H-Bomb, chanter des morceaux du padré. C’est toujours émouvant. On verra bien les gens sont avec nous. Je pense que ce sera un bon moment.
As-tu déjà une idée des morceaux ? “Gwendoline“ c’est un titre que vous avez beaucoup joué aussi !
Julian Izard. Oui, pendant un temps avec Wolf Attack mais après on a arrêté de le jouer parce que c’est toujours compliqué pour moi sentimentalement. Je sais que mon père voulait qu’on évolue par nous-mêmes, il ne voulait pas trop qu’il y est H-Bomb derrière nous. Tu ne peux rien y faire, il y a souvent des gens qui nous parlent d’H-Bomb et ça continuera. C’est bien en fait il faut être content de cela. Je suis fier de ce que mon père a réalisé à l’époque.
C’est incroyable de penser que quarante-deux ans plus tard on parle encore d’H-Bomb, de l’album et de l’EP. Il y a encore des gens qui écoute et d’autres qui découvrent.
Julian Izard. Même quand on partait avec mon père à l’époque on arrivait dans une salle, il n’avait même pas commencé à jouer ou à installer le matos qu’il signait des dédicaces de ces albums qu’il avait vendu. C’était lui la rock star (rires). Et après il cuisinait.
Julian Izard. C’est ça.
Est-ce que tu sais déjà les titres de H-Bomb que vous allez interpréter sur scène ce jour-là ?
Julian Izard. Normalement on va en jouer trois. Après faut qu’on les essaie avant, je ne peux pas te dire lesquels parce qu’il faut qu’on essaie tous ensemble voire si ça le fait parce qu’on est toujours pareil. Nous si on ne sent pas un truc, que ça ne sonne pas, on ne va pas le faire. Même si là ça reste quelque chose de festif, le but c’est de faire plaisir aux gens. Ce n’est pas comme nos morceaux à nous, on a vraiment quelque chose à dire et on est vraiment moustachu, on peut dire dans la rigueur. Les morceaux d’H-Bomb c’est plus un hommage. Même si ce n’est pas hyper carré, ce n’est pas le but, ce n’est pas ce qui est recherché. On va essayer de faire au mieux. Vous avez enregistré avec Francois Merle (Guitariste /producteur de Manigance).
Julian Izard. Oui sauf la batterie qui a été enregistré par notre ingé son qui s’appelle Olivier et qui est près de Lyon. C’est lui qui a enregistré la batterie et a fait le mixage de l’album. Lorsqu’on enregistre deux fois avec le même producteur, est-ce que cela change quelque chose ? Est-ce que vous étiez plus à l’aise ? Cela a-t-il apporté quelque chose de plus par rapport à la première fois ?
Julian Izard. Oui carrément parce que l’on se connait plus et lui nous connait mieux aussi, donc il sait ce qu’on veut, ce qu’on aime, et à quel point on peut être casse couille aussi, c’est normal. Vous êtes perfectionniste.
Julian Izard. Oui parce que parfois il dit que c’est bien, mais nous on n’est pas convaincu. C’est compliqué. Il est toujours à l’écoute et là pour nous prodiguer des conseils mais il ne nous impose rien, c’est ça qui est cool. C’est l’ancien qui nous prodigue des conseils. En gros faites comme vous voulez moi je vous propose ça et vous n’êtes pas obligé de dire oui. Si ça vous correspond faites-le. En fait il nous aide a rendre le morceau encore plus beau. Il est là pour bonifier un morceau. Nous on arrive avec un morceau brut et lui va nous donner des idées, des conseils. Il m’a beaucoup prodigué de conseil dans les doublages de voix. Ce sont des trucs que je n’ai jamais appris. Il m’a montré comment trouvé les tierces, les quintes, qu’est-ce que tu peux changer comme note pour rendre ta voix encore meilleure, des doublures par moment. En fait c’est compliqué.
Pour conclure qu’as-tu envie de rajouter qui te parait important par rapport à l’album.
Julian Izard. Celui-ci a mis du temps à sortir, on a eu trop de recul dessus mais fier de cet album, du retour des médias. On voit que l’album plait, nous on est content et on espère venir jouer partout parce que c’est frustrant car il y a des gens qui nous demandent quand on va jouer en Normandie, à Bordeaux en Belgique où tu veux et nous ont aimerait jouer partout. Le problème c’est qu’il faut que les organisateurs soient là pour nous aider.
Originaire du Sud Ouest de la France, The Deweys est un trio à géométrie variable, qui fonctionne au gré des rencontres et des invitations. Au début de The Deweys, il y a l'envie commune de retravailler à deux guitares (et autant de voix) et un harmonica des standards rock, folk, pop en les revisitant à la lumière minimale d'une formation serrée. Le résultat est un déshabillage radical de titres taillés pour bien autre chose mais qui prennent une couleur inattendue. Il y a aussi un univers sonore particulier qui ramène instantanément l'auditeur dans un terrain familier et fantasmé à la fois, évoquant la persistance d'un juke joint perdu quelque part entre le Mississipi pour son côté bayou, et les grands espaces du Colorado pour ses chevauchés fantastiques. Les trois musiciens ont lâché une maxime en forme d'étiquette : western gothique, ou comment en deux mots évoquer la musique que jouerait Robert Mitchum dans la nuit du chasseur, s'il avait joué d'autre chose que ses flingues.
En ce mois d'octobre 2025, The Deweys sortent leur nouvel opus "Windwalker" et c'est à cette occasion que nous avons décidé d'aller à la rencontre de deux de ces membres pour en savoir un peu plus sur eux. Bienvenue dans le monde de The Deweys.
Pouvez vous nous parler de vos parcours respectifs ?
Stéphane : j’ai joué dans quelques groupes dans les années 90, une période bien bruyante, notamment avec Trashcan Juice (2 albums chez Nova Express) avec qui on a fait pas mal de concerts entre 96 et 99, et quelques belles premières parties de groupes de l’époque. Après, j’ai débranché la guitare et joué des choses plus tranquilles, pour le plaisir et sans aucun projet musical jusqu’à The Deweys. finalement, la musique, ça ne te quitte jamais vraiment…
Hervé: Premiers groupes de 17 ans à 30 ans à Paris (punk, noise etc..) puis pause pendant 10 ans (redécouverte du chant choral) puis arrivée à Pau, rencontre de musiciens pour un projet rock Bunk! et ensuite The Deweys !
Quelles sont vos premières influences musicales ?
Stéphane : Nos influences communes se sont resserrées autour d’un son rock / folk / country / blues, soit les bases de la musique américaine. On peut citer Nick Cave, Johnny Cash, Madrugada et Calexico comme gros piliers…
Comment vous êtes vous rencontrés ?
Stéphane : Au boulot! Où l’on découvre que les collègues sont aussi musiciens… Nous avons fait un concert pour la fête de la musique et puis, on a réduit la formation à 3 musiciens (Stéphane - guitare; chant- , William -harmonica- et Hervé - guitare; choeurs-), avant d’inviter plus tard Gaël (violon)
Quels sont les groupes qui vous ont donné envie de faire de la musique ?
Stéphane : The Doors, Iggy Pop, Nick Cave Hervé: Les groupes des 80's : U2, Police Et très jeune (10 ans) les influences des frangins: un frère écoutait The Ramones et AC/DC et l'autre Pink Floyd, Neil Young...
Quelle est la signification du nom du groupe The DEWEYS ?
Stéphane : Nous sommes bibliothécaires et Melvil Dewey est l’inventeur du système de classification décimale des documents en bibliothèque. Il s’agit donc d’un clin d’oeil appuyé et sympathique à notre “Saint patron”. Et en plus, ça sonne…
Te souviens-tu de votre premier concert ?
Stéphane : C’était dans une galerie d’art pour le vernissage d’une exposition, ça nous a fait penser au velvet…Pas de compos, que des reprises, mais il y avait déjà un univers et un son très personnel (va reprendre Billie Jean en version folk) Hervé: Il y avait bcp de bruit et pas de place pour jouer lol !
Aujourd'hui avec ce deuxième album peut on parler d'évolution ?
Stéphane : Oui, clairement. D’abord nous avons intégré Gaël (violon) dans le groupe et son arrivée a ouvert le son des Deweys à de nouvelles couleurs. Windwalker est différent du premier album, moins brut, plus produit, mais on y retrouve le même choix de créer des atmosphères et un univers, encore plus cinématique avec les cordes et les percussions. Parlez-nous de votre façon de travailler. Comment procédez-vous pour la création des titres ?
Stéphane :En général, j’arrive avec le gros d’un morceau ou le morceau fini et les copains creusent l’atmosphère et enrichissent la composition. Mais c’est quelque chose qui va probablement changer à l’avenir, ne serait-ce que pour éviter de se répéter dans la structure des morceaux.
Comment s’est passé l’enregistrement de cet album "WindWalker" ?
Stéphane : C’est un enregistrement qui a pris beaucoup de temps entre les premières et les dernières prises (un an environ). Le premier album a été enregistré en 2 sessions bien distinctes, où notre projet artistique s’est défini. Pour faire bref, on est passé de l’idée de démo à l’idée d’album. Pour Windwalker, nous avions tous les titres en entrant en studio avec l’ordre des morceaux et la composition de l’album dans sa version vinyle. Chaque face comporte 4 titres, 1 reprise par face et chaque face se termine par un duo avec une voix féminine (Leelou). Ensuite, nous avons bénéficié d’un projet d’écriture entre le conservatoire de Pau et la salle de musiques actuelles (Ampli) pour faire écrire les arrangements pour quatuor à cordes. Ensuite, nous avons ajouté des percussions, une contrebasse et des textures sonores, ce qui a ajouté quelques sessions… Puis le mix et le mastering et ouf, on y est!
Est ce que le processus créatif a évolué entre le 1er ep de 2020 et cet album ?
Stéphane: A part l’écriture des arrangements, le processus est resté à peu près le même. La différence notoire est sans doute sur le titre Windwalker qui a fini de s'élaborer en studio avec des éléments que nous n’avions pas envisagés au départ (le carillon, les percussions sur la fin et l’envolée des cordes). Peux tu nous dire quelques mots sur la pochette ?
Stéphane : C’est DZO un artiste palois dont nous connaissions le travail, qui a accepté de travailler sur cette pochette et on le remercie pour cette belle identité visuelle. Nous avons fait quelques sessions de travail avec lui pour définir ce que nous voulions, et le texte de Bring me the night l’a particulièrement inspiré pour le corbeau… Tout est dessiné, il y a énormément de détails et de petits éléments à découvrir, des choses cachées, des significations ésotériques, on peut se perdre dans cette pochette.
Qu’est-ce que vous écoutez en ce moment ?
Hervé: Du jazz et du classique...pas bcp de rock
Stéphane : Gabriel Sullivan, le Live God de Nick Cave et je me replonge dans Bowie…
Quels sont vos projets pour les mois à venir ?
Stéphane : Nous finissons la promo de l’album (showcases, radios)et prospectons pour trouver des dates; on aimerait bien faire un clip sur un des singles (peut-être The gaslamp memories), et on commence à penser au troisième album. La période est donc plutôt créative!
Quelque chose à rajouter ?
Stéphane : Non, je crois que tout est là, merci pour tes questions, et au plaisir de se croiser en vrai !
Janvier 2026 Interview Thierry Cattier Photos Patrice Martins De Barros
Aujourd’hui, nous avons le plaisir d’accueillir les quatre membres du groupe originaire de Montbéliard Fallen Lillies. À la croisée de l’émotion et de l’énergie, elles construisent un univers musical singulier, porté par des voix complémentaires et une identité forte. Dans cette interview, elles reviennent sur leur parcours, leurs inspirations et ce qui fait l’âme de Fallen Lillies.
Pouvez vous nous parler de du parcours de chacune d’entre vous ?
Marine Grandjon, On a toutes commencé la musique assez jeune, et pas forcément par l'instrument que l'on joue actuellement dans le groupe. Hélène a débuté avec le piano, elle a ensuite appris la guitare à l'adolescence et elle a monté un premier groupe de rock au collège. De mon côté j'ai commencé les percussions via une école de musique classique, et je me suis ensuite spécialisée avec la batterie quand j'ai croisé la route d'Hélène au Lycée. Laura quant à elle a débuté avec la guitare, et elle a eu quelques groupes plus métal par le passé avant de nous rencontrer, elle a également fait une licence en musicologie. Pour finir, Laëtitia (bassiste) a commencé avec la guitare acoustique à l'âge de 8/9 ans avec son papa. Pour la petite histoire, il y avait sous leur sapin quand ils étaient enfants une petite guitare et un mini djembé emballés sans prénom. Elle a choisi la guitare, son frère le djembé, elle a fini bassiste, il a fini batteur. Laëtitia s'est en effet mise à la basse à 13 ans et elle a également eu quelques formations avant de nous rejoindre (et joue toujours dans le groupe Phonolithics).
Racontez nous votre rencontre ?
Marine Grandjon, Comme expliqué précédemment, Hélène et moi nous sommes rencontrées au lycée, et on a joué ensemble dans une formation pop rock qui était déjà à l'époque exclusivement féminine. Vers l'âge de 20 ans, avec Ludivine (notre ancienne bassiste), on souhaitait monter un projet rock un peu plus "énervé", et c'est là qu'on a croisé la route de Laura lors d'un concert à l'Atelier des Môles, notre QG depuis toujours! C'était il y a 12 ans. Le groupe a bien grandi depuis. Plus récemment, Laëtitia a remplacé Ludivine à la basse sur deux concerts fin 2024. Après le départ de Lulu, c'était tout naturel pour nous de nous tourner vers Laëtitia à qui on a proposé d'intégrer officiellement les Fallen Lillies, et à notre grand bonheur, elle a dit oui! Te souviens-tu de votre premier concert ?
Marine Grandjon, Oui, c'était à l'Atelier des Môles à Montbéliard en avril 2014, on devait faire la première partie d'un autre groupe exclusivement féminin, les Tiger Bell. C'était un gros challenge pour nous, car Fallen Lillies est né en novembre 2013, donc nous avons eu à peine 6 mois pour monter un set de compositions et assurer cette première partie. Même si on avait déjà un peu d'expérience scénique via nos précédents projets, je me souviens encore de tout le travail qu'on a accompli durant cette période. On était très jeunes... et inconscientes 😅 Quels sont les groupes qui vous ont donné envie de faire de la musique ?
Marine Grandjon, Notre référence commune reste les Crucified Barbara, qui nous ont notamment permis la première approche avec Laura. Pour la petite histoire, lors de cette fameuse soirée à l'Atelier des Môles où nous l'avons rencontré, nous l'avons toutes les 3 abordée en lui demandant si elle connaissait les Crucified Barbara. Elle nous a répondu un grand oui avec le sourire, et c'est là qu'est né Fallen Lillies. Les 4 suédoises ont toujours été une grande source d'inspiration pour nous. Pour le reste ça dépend de chacune, Laura vous répondra sûrement qu'elle a été biberonnée à Metallica!
Quelle est la signification du nom du groupe FALLEN LILLIES ?
Marine Grandjon, Une Lilly dans la littérature anglaise signifie "l'ange de la maison", une femme qui attend sagement que son mari rentre du travail, qui s'occupe parfaitement de son petit foyer. "Fallen" pour déchu, donc nous sommes aux antipodes de tout ça :)
Apres deux EP avec « Within Wolves’Den » (2014) et « Out There » (2018) et un 1er album No Master For Lilly (2021), aujourd'hui avec ce deuxième album peut on parler d'évolution ?
Marine Grandjon, En effet, c'était le but et c'est toujours le challenge avec un nouvel album : faire mieux, tout en gardant notre identité, mais sans faire exactement la même chose non plus. Une grosse équation pas toujours facile à résoudre. Mais l'évolution la plus notable pour nous, c'est le changement de langue, car nous avions toujours chanté en anglais jusqu'à présent. Mais nous avons décidé de défendre ce deuxième album en français. Un choix difficile à faire, mais on ne le regrette absolument pas quand on est sur scène en communion avec le public et quand on entend les retours des gens par la suite.
Parlez-nous de votre façon de travailler. Comment procédez-vous pour la création des titres ?
Marine Grandjon, On compose toujours toutes ensemble, ça part d'une mélodie dans la tête d'Hélène, ou d'un rythme de batterie ou encore d'un riff de Laura à la guitare. Ce qu'on recherche c'est l'effet "waouh" que ça nous fait en l'écoutant, et tant qu'on a pas cette effervescence de début de morceau, on continue de chercher. Pour cet album, on s'est fait accompagner sur les arrangements par le très bon Pierre-Emmanuel Fischer (qui avait déjà mis sa patte dans l'album précédent). Il est venu "sublimer" et rendre plus efficaces certaines transitions ou parties.
Comment s’est passé l’enregistrement de cet album "Cran" ?
Marine Grandjon, Nous avons décidé de travailler avec Fred Duquesne, et nous sommes très heureuses qu'il ait accepté de collaborer avec nous. C'est un artiste qu'on aime beaucoup, et dont on reconnaît la qualité indéniable du travail de production qu'il a fait avec d'autres groupes. Nous étions curieuses d'avoir ses conseils et son expertise sur ce nouvel album. Pour des raisons de planning, nous sommes passées chacune notre tour en studio environ 1 semaine chacune. Marine a commencé la batterie, ensuite les guitares, puis la basse et pour finir le chant. Mais l'album avec lequel nous sommes arrivées en studio n'est pas tout à fait celui qui en est ressorti, car il avait été écrit en anglais... Nous avons décidé, en studio, de le basculer en français. Nous nous sommes lancées le défi de réadapter toutes les paroles en français, en un temps record, motivées par les premiers tests qui sont sortis à la voix et qui ont pour nous changé la donne. On a donc un peu adapté le planning en fonction et tout mis dans la boîte en l'espace de 2 semaines si je ne me trompe pas.
Peux tu nous dire quelques mots sur la pochette ?
Marine Grandjon, C'est une poule posée sur un crâne qui porte un bonnet en forme de crête, et c'est une vraie poule (Raymonde pour les intimes!). On souhaitait représenter ce changement de cap littéraire, et le coq était la figure française qui nous parlait le plus. Mais nous sommes un groupe exclusivement féminin, et la figure masculine sur notre album... ça nous embêtait car ne nous représentait pas! Donc on a gardé ce symbole de la crête du coq qu'on a collé sur notre Raymonde! Le résultat est au delà de nos espérances car, quand vous contactez un photographe (qui a peur des volatiles) en lui disant : "Ok, alors on veut faire poser sur un crâne une (vraie) poule qui porte un bonnet tricoté en forme de crête", ça partait de loin! Mais on est bien contentes d'être allées au bout de l'idée!
Qu’est-ce que vous écoutez en ce moment ?
Marine Grandjon, Nous avons toutes des goûts assez variés, mais Laëtitia dirait Leprous, Novelists..., Hélène plutôt The Ghost Inside, Scowl..., Laura tourne sur le dernier album de Jack White et moi, le dernier album d'Alea Jacta Est depuis que je les ai vu récemment à l'Atelier des Môles (toujours cette fameuse salle!).
Quels sont vos projets pour les mois à venir ?
Marine Grandjon, Partir en tournée et promouvoir ce nouvel album pour lequel on a travaillé tellement dur durant ces deux dernières années. On a pas mal de concerts prévus en 2026 au quatre coins de la France, et on a vraiment hâte de reprendre la route pour aller au contact du public.
Quelque chose à rajouter ?
Marine Grandjon, Si vous n'avez pas encore eu l'occasion d'écouter notre nouvel album CRAN, allez-y ou venez nous voir en concert, on est plutôt sympa ahah
13 Décembre 2025 Interview Thierry Cattier Photos Vincent FACCHINI
Aujourd’hui, nous partons à la rencontre de Freaky BUDS, un groupe de blues français qui fait vibrer la scène avec une énergie brute et une passion sincère pour les racines du genre.
Entre grooves envoûtants, riffs habités et influences venues du blues traditionnel comme des sonorités plus modernes, Freaky BUDS impose une identité authentique et sans détour.
Dans cette interview, le groupe revient sur son parcours, ses inspirations afin d'en savoir plus sur eux bonne lecture a vous.
Pouvez vous nous parler de vos parcours respectifs ?
Maxime Genouel: Nous venons tous les quatre de la musique Afro Américaine, on est autodidactes dans l’apprentissage de cette musique, Thomas est originaire de Caen, Lonj de Bordeaux et Hugo de Gourdon dans le Lot, je suis originaire de Rennes, c’est grace au réseau Blues qu’on s’est retrouvés, et on reste passionnés et habités par cette musique.
Comment vous vous êtes vous rencontrés ?
Maxime Genouel: Pour Thomas, Hugo et moi (Max), nous nous sommes rencontrés à Nantes. Nantes étant une des villes françaises avec une scène blues très vivante, une connexion avec beaucoup d’artistes américains, nous avions tous les 3 décidé de s’y installer. Thomas jouait déjà avec Lon. Quels sont les groupes qui vous ont donné envie de faire de la musique ?
Maxime Genouel: Je vais plutôt répondre avec les groupes ou artistes qui sont liés au groupe car nous avons chacun des parcours différents avant d’arriver au Blues, mais en tout cas les artistes qui nous ont motivés à créer The Freaky Buds sont pour les plus anciens Howlin’ Wolf, Little Walter, R.L. Burnside, Junior Kimbrough (en gros déjà le label Fat Possum, mais aussi les plus anciens comme Chess, Vanguard..). Et pour les artistes plus modernes il y a bien sûr les Black Keys, The Red Devils ou des gars comme Robert Finley..
Quelle est la signification du nom du groupe The Freaky Buds ?
Maxime Genouel: Ca veut dire plusieurs choses mais pour nous Buds c’est pour le fait qu’on soit hyper potes, et Freaky c’est notre côté plus excentrique qu’on retrouve surtout en live !!
Te souviens-tu de votre premier concert ?
Maxime Genouel: Oui c’était à Nantes, au Café Rouge mécanique en Janvier 2018, nous étions en trio à ce moment-là et c’était le feu, on était assez stressé de présenter ce nouveau projet à jouer sans basse mais ça a été une soirée mythique, le bar était en feu !! Aujourd'hui avec ce deuxième album peut on parler d'évolution ?
Maxime Genouel: Je parlerai plutôt d’un retour aux sources, notre premier album « Hard Days, Fuzzy Nights » était produit de manière plus moderne, mais ce qu’on a voulu faire la c’est retranscrire au mieux ce qui se passe sur scène, la ou le groupe à le plus de cohésion c’est pour cela qu’on a écrit des chansons plus roots tout en gardant une touche de modernité dans l’écriture.
Parlez-nous de votre façon de travailler. Comment procédez-vous pour la création des titres ?
Maxime Genouel: Alors il n’y a pas véritablement de recette, souvent on a des moments d’improvisation en live et de la en sort des riffs ou rythmiques, de la on écrit des textes, on jam lors de répétitions, on enregistre tout, il y a un côté très fluide dans cette manière de faire, mais parfois ca peut aussi partir d’un texte qui est écrit et en fonction du sens on recherche une ambiance pour mettre les mots en valeur.
Comment s’est passé l’enregistrement de cet album "Western Smoke" ?
Maxime Genouel: C’est pour nous tous un des meilleurs voire le meilleur ! Les conditions étaient idéales, Kid Andersen est un vrai moteur !! Il nous a beaucoup guidés, les morceaux n’étaient pas totalement figés ce qui lui a permis de mettre sa patte dans les arrangements mais il a une telle conscience du son et une telle culture que pour jouer ce style c’est très évident, je suis très heureux d’avoir emmené le groupe la bas.
Est ce que le processus créatif a évolue entre le 1er et 2 eme album ?
Maxime Genouel: Oui complètement, le premier album était très écrit, c’est une superbe manière de fonctionner mais finalement quand on se dit qu’on est un groupe de blues, que le style soit ancien ou plus actuel, l’important c’est de jouer ensemble et de trouver le bon feeling, donc l’évolution a été par le fait de plus se voir, discuter des chansons, jouer ensemble, écouter beaucoup de musique pour trouver les directions et ca a été très efficace.
Peux tu nous dire quelques mots sur la pochette ?
Maxime Genouel: Nous avons fait travailler une amie illustratrice qui connaît bien la Californie, j’aimais bien l’idée du dessin, l’illustration parait simple mais elle résume parfaitement notre road trip, de par la sobriété et la simplicité des choses. Et je pense qu’on identifie tout de suite que la musique va être américaine, une musique de route, inspirée des grands espaces de la Californie, le voyage précédent notre album à beaucoup nourri notre musique lors de l’enregistrement.
Qu’est-ce que vous écoutez en ce moment ?
Maxime Genouel: On écoute toujours pleins de choses, on ne pourra jamais quitter nos albums à l’ancienne de Blues, c’est toujours bon d’écouter Muddy, John Lee Hooker et bien d’autres, mais j’aime beaucoup écouter les productions du label Easy Eye Sound, ou des artistes aussi plus de la scène actuelles genre McKinley James, on adore nos potes Cinelli Brothers.. Quels sont vos projets pour les mois à venir ?
Maxime Genouel: Les projets pour les mois à venir, c’est d'abord une belle tournée pour défendre « Western Smoke » en live avec pour le moment une trentaine de dates et d’autres en plus à venir puis on va continuer à écrire et peut-être autoproduire quelques enregistrements.. Quelque chose à rajouter ?
Maxime Genouel: On espère bien retrouver pleins de monde à nos concerts, nous faisons une double release party avec le groupe Charb-On, une à Bordeaux le 13/01 (Sortie 13 à Pessac) et une à Nantes le 24/01 (Black Shelter à Carquefou), et autrement j’ai envie de dire longue vie au blues et à la musique roots !!
3 Decembre 2025 Interview Thierry Cattier Photos jean Marie JAGU
Toujours très rock'n'roll, une rencontre avec Alicia F.
Aujourd'hui, afin d'en savoir plus sur Alicia F., nous l'avons rencontrée et elle nous retrace sa carrière, son parcours, sa vie et son nouvel album "Sans détour".
Venez rentrer dans son univers très très rock n'roll.
Peux tu te présenter ?
ALICIA F: Je suis née le 2 novembre 1988 à Mont-Saint-Martin en Lorraine. Le virus du rock m'a happée à l'âge de 12 ans, en 2001, quand j'ai vu Aerosmith sur MTV, c'était le clip "Jaded". Si mes souvenirs sont exacts, c'était lors de la promotion de l'album "Just Push Play". Cet événement a vraiment été un déclencheur intersidéral en moi. Quand j'ai vu Steven Tyler, cette grande bouche et ce son qui en émanait, ça a été un cataclysme pour moi. De là, j'ai commencé à m'intéresser au rock. Un ami à mon père, Sam, que je remercie vivement, m'a conseillé d'écouter la radio Classique 21 (qui s'appelait Radio 21 à l'époque). Il m'a dit d'écouter les classiques du dimanche matin qui étaient présentés par Marc Ysaye. Là, j'allais découvrir plein d'autres groupes tels que Led Zeppelin, Motörhead, The Rolling Stones, et Jethro Tull. Les Beatles, je connaissais déjà. Avec cette émission, j'ai vraiment découvert un grand panel du classic rock international. J'ai quand même fait un petit cursus musical : j'ai fait du violon entre 7 et 10 ans. Comme ce n'était pas très rock and roll, je n'ai pas poursuivi cette activité très longtemps. Quand j'ai eu 14 ans, je me suis mise à la guitare électrique pendant quelques années. J'ai aussi fait pas mal de radio dans ma vingtaine, car je voulais partager avec le plus grand nombre ma passion pour le rock and roll, tout en sachant que je ne viens pas d'une famille de musiciens ou du milieu culturel. J'étais un peu spéciale au collège et au lycée parce que, quand j'écoute Aerosmith à 12 ans et que les autres écoutent les groupes contemporains de leur époque, je suis considérée comme la bizarre. Mais ça ne m'a pas empêché de poursuivre cette destinée du rock. J'ai fait quelques chœurs pour un groupe local de reprises, les Kingstones. J'ai également pris des cours de chant de blues à la Blue School de Differdange, au Luxembourg (ville limitrophe de Mont-Saint-Martin). C'est grâce à cette école que j'ai pu faire mes premières armes sur scène en tant que chanteuse principale (lead vocal) lors du festival Blues Express de Differdange. J'ai chanté "Before You Accuse Me," "Im Tore Down," et "RoadHouse Blues".
Comment tes venu l'envie de faire partie de ce monde musical ? ALICIA F: J'ai voulu entrer dans le milieu musical parce que je voyais bien que le schéma classique ne me correspondrait pas. Le côté "métro, boulot, dodo," je crois que ce n'était pas trop mon truc. J'ai voulu vraiment me dépatouiller de ce carcan qu'on impose de manière sociétale, pour faire quelque chose qui me plaisait : une vie menée par le rock and roll, même si elle n'est pas spécialement très cadrée.
Te souviens-tu du premier concert que tu a vu ?
ALICIA F: Le premier grand concert que j'ai vu a été David Bowie durant sa tournée Reality, à Amnéville. Je remercie vivement mon oncle, qui n'est plus là, qui m'avait offert cette place. J'ai pleuré sept jours avant le concert parce que j'étais tellement émue. J'ai pleuré à la fin du concert et cinq jours après, car je savais que je ne le reverrais plus.
À 17 ans, est-ce que tu prévois de partir à Metz pour étudier l'anglais à la fac? ALICIA F: L'anglais m'a tout de suite attirée. Je suis quelqu'un qui va un peu plus loin que la mélodie, cherchant à comprendre le sens des paroles. J'ai toujours aimé cette langue, j'adore l'Angleterre, et tout ce qui est anglo-saxon me parle beaucoup. J'ai donc fait une faculté d'anglais à Metz.
De 20 à 27 ans, tu fais partie de l'équipe d'animatrices de la radio Aria à Longwy.
ALICIA F: J'ai commencé la radio sur Radio Aria avec l'émission Rock Story. Je disséquais l'histoire d'un album de rock. L'émission durait une demi-heure, avec dix minutes de parlotte intense et vingt minutes d'extraits musicaux. Cette parlotte devait être très cadrée et structurée pour captiver l'auditeur. Ce fut très formateur pour moi et enrichissant. Ensuite, je suis partie sur la radio en ligne Radio XMOVE (à Mont-Saint-Martin) pour l'émission Damnation Rock. C'était une émission généraliste d'une heure que j'avais morcelée : "le rock d'hier aujourd'hui", "les filles dans le rock", "la scène française" (que je voulais mettre en avant), et le "live report" (où j'interviewais un groupe en promotion).
Peux-tu nous raconter comment tu as rencontré Marc Zermati?
ALICIA F: C'est la radio qui m'a permis de rencontrer Marc Zermati. J'ai pris mon courage à deux mains pour le contacter et lui demander une interview. À ma grande surprise, il a accepté. J'ai pris le train et je suis montée chez lui. C'est grâce à lui que j'ai rencontré Tony Marlow (guitariste et compositeur). Nous nous sommes rencontrés chez Marc Zermati.
Peux-tu nous raconter comment tu as rencontré Tony Marlow en 2017 ?
ALICIA F: Peu après, j'ai interviewé Tony pour l'émission Damnation Rock. Nous nous sommes mis ensemble et nous avions décidé de créer un concept basé sur mes influences : Ramones, Joan Jett, Aerosmith, Sex Pistols, The Godfathers, Outcast, en plus de pionniers comme Cochran et Johnny Cash. Mes chevaux de bataille incluent Guns N' Roses, Motörhead, The Who, et The Kinks. C'est ainsi qu'est né Alicia F.
Comment procédez vous pour l’écriture des morceaux ?
ALICIA F: J'écris d'abord le texte, et celui-ci donne des indications d'ambiance à Tony Marlow, qui compose ensuite la musique. Nous trouvons que ça fonctionne plutôt bien.
Comment s'est déroulé l'enregistrement de ce deuxième album?
ALICIA F: Sur le deuxième album, Sans Détour (sorti en avril 2025), nous avons recentré le travail sur ma tessiture vocale. La moitié de l'album est en français. Je me suis rendu compte que la plupart des gens en France ne comprenaient pas toujours très bien l'anglais, et j'avais envie d'être un peu plus et mieux comprise par le public. J'ai écrit cinq chansons en français, y compris la reprise d'Édith Piaf, "Non, je ne regrette rien," que j'ai voulu reprendre parce qu'elle était en français.
Est-ce qu'il y a une distinction entre écrire en anglais et en français?
ALICIA F: Entre l'écriture en anglais et en français, je reste dans la même ligne directrice : un discours très direct. L'album s'appelle Sans Détour et ce n'est pas pour rien. Je dis ce que j'ai envie, que ça plaise ou non, car nous avons besoin de discours direct dans ce monde aseptisé. Je dirais même qu'en anglais, c'est beaucoup plus wild, incisif et vulgérose qu'en français. L'anglais permet une attitude et une expression plus larges. Par exemple, dire "Life's a bitch" en anglais "passe crème", alors que l'expression "la vie est une pute" (que j'ai utilisée dans une chanson pour décrire mon ressenti sociétal) passe moins bien.
D'où est venu le choix de la reprise? "Non, je ne regrette rien."
ALICIA F: J'ai choisi "Non, je ne regrette rien" parce que j'adore le parcours d'Édith Piaf. J'ai un point similaire avec elle : j'ai eu un de mes compagnons qui est aussi décédé. C'est ainsi que, sur l'album Sans Détour, j'ai écrit la chanson "Teenager in Grief" sur ce drame que j'ai vécu à 17 ans.
Est-ce qu'il y a eu une différence de méthode de travail entre ton premier album et le deuxième?
ALICIA F: J'ai senti une évolution de ma tessiture vocale et de mes capacités entre le premier album (2021) et le second (2025). J'ai pris plus confiance en moi et en ma voix. Les pistes "Votre calvaire" et "Non, je ne regrette rien" ont d'ailleurs été faites en une seule prise.
Parle-nous de l'équipe "Alicia F".
ALICIA F: Le line-up actuel est composé de Tony Marlow (guitare/composition), Amine Leroy (basse) et Gérald Coulondre (batterie).
Etes-vous une passionnée de cinéma?
ALICIA F: Je suis très cinéphile. Le logo Alicia F, pour la police d'écriture, s'inspire du film Dracula de Francis Ford Coppola. J'ai écrit la chanson "Votre calvaire" en quelques heures après avoir vu le film Magdalen Sisters (sur les couvents irlandais), qui m'a profondément bouleversée.
Y a-t-il un artiste ou un groupe avec lequel tu aurais aimé jouer ?
ALICIA F: Sans hésitation IGGY POP... J'aimerais bien faire une version de I Wanna Be Your Dog de manière très érotique avec lui...
Peux-tu nous parler un peu de la tournée anglaise que tu viens de faire?
ALICIA F: J'ai effectué une tournée de quatre dates en Angleterre en février dernier (Preston, York, Stockport, Londres), ou on a partager la scene avec le groupe The Healthy Junkies ... C'etait vraiment une belle experience... Tout cela grâce à Steve Iles qui nous a monté cette tournée. Nous y retournons en octobre 2026. Le public français et le public anglo-saxon sont assez différents en matière de rock. J'ai ressenti beaucoup plus d'unité, d'intergénérationnalité et de solidarité entre les groupes en Angleterre. Le public anglais, patrie du rock, est beaucoup plus demandeur de sons électriques qu'en France. J'ai ressenti de super vibrations, et le retour en France a été assez dur émotionnellement parlant.
Si tu devais garder une seule chanson ou un seul album, quelle serait ton choix?
ALICIA F: Je pense que si je devais en choisir une, ce serait "Jaded" d'Aerosmith, car c'est par elle que tout a commencé et elle me restera toute ma vie collée à la peau.
Quels sont tes projets à venir ?
ALICIA F: Les projets à venir sont de défendre Sans Détour sur scène et hors scène. Je veux défendre l'album bec et ongles, car nous avons besoin de rock en français. J'ai commencé à écrire d'autres chansons pour un troisième album, qui paraîtra dans un ou deux ans. Il y a déjà quatre chansons en français écrites. Nous allons continuer sur cette lancée du discours direct. J'invite tout le monde à découvrir mon univers, ne vous inquiétez pas je ne mords pas, je peux juste griffer.
Voir La Vidéo De L'interview dans son INTEGRALITE... ICI