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samedi 26 février 2022

EXCEPT ONE (Crypp Mor bassiste) // Interview // Le monde brisé ... 11 Février 2022.

 
De l’eau a coulé sous les ponts depuis la sortie de leur premier EP Haunted Humanity en 2015. Sept années qui leur ont permis de sortir un premier méfait en 2018 Fallen un manifeste de Metal extrême baignant dans univers sombre et torturé qui les a installés de manière durable sur le devant de la scène hexagonale. Se définissant comme un Omni : objet musical non identifié le gang est de retour avec Broken quatre ans après leur premier opus. Il semble que l’arrivée de Tim aux guitares peu de temps après la conception de Fallen ait été très bénéfique tant Broken a gagné en maturité et créativité le bougre ayant écrit une bonne partie des nouveaux morceaux. Le résultat est là EXCEPT ONE nous propose un mixe de Black/Death Hardcore de haute qualité magnifié par les voix exceptionnelles et d’une puissance rare d’Estelle qui semble s’être épanouie sur ce nouvel album et réussi une prestance de haute volée. Il suffit d’écouter “In Nomine” leur tout premier single pour être projeter dans un déluge de Metal Brutal efficace et sans concession accompagné par un clip magnifique qui vous entraine dans un monde noir au confins de la folie et de la décadence ! Avec Broken  EXCEPT ONE fait une entrée fracassante dans la cour des grands et est promis à un avenir radieux. Entretien avec Crypp Mor le sympathique bassiste de la formation qui nous dit tout sur leur parcours et sur cette nouvelle offrande qui va en surprendre plus d’un ! Magnéto Crypp c’est à toi !



L’album « Broken » est sorti le 15 mars, vous avez eu la chance de pouvoir donner plusieurs concerts dernièrement notamment du 6 au 9 février 2022, quels souvenirs en gardes-tu ?

Crypp Mor.
C’étaient des très belles dates, on était en têtes d’affiches et on a fait quatre dates d’affilées. Une petite tournée et deux mois avant on avait fait une tournée européenne avec Elixir et Diabolical. Du coup, ça nous a fait énormément plaisir de reprendre la route. Je noterais un énorme concert au Brin de Zinc à Chambéry le 8 Février où on a eu droit à un seul Pogo. Mais le Pogo a duré cinquante minutes. Rires. On a été vraiment super bien accueilli, une très bonne organisation et surtout plein de moments au sein du groupe qui nous ont rapprochés. Déjà au niveau de la tournée mais là c’était vraiment génial. En plus c’était entre nous ce qui était vraiment cool. J’en garde un très bon souvenir.

Qu’est ce qui t’a le plus marqué sur cette tournée avec HateSphere et Diabolical qui s’est déroulé en Octobre 2021 ?

Crypp Mor. Je dénote la première tournée avec Except One et Diabolical pour une dizaine de dates. La première fois on était dans un tour bus avec les artistes c’était juste une consécration des musiciens, de voyager d’avoir fait cette liste, cet engouement artistique était génial. Les aventures il y en a eu tous les jours. Que des bons moments de partager la scène avec nos paires qui nous ont beaucoup conseillé. Les échanges étaient extrêmement intéressants. On l’a très bien vécu, on était vraiment dans une journée où tout s’est très bien passé.

Qu’essayez de vous de transmettre lorsque vous êtes sur scène ?


Crypp Mor. Nous avons beaucoup d’énergie, on est vraiment un groupe de scène, on aime vraiment ce moment et être là. Faire souvent partager pour que les gens grandissent. Le choix d’Except One est de partager avec des musiciens la musique. C’est beaucoup de travail et quand on arrive au moment de jouer on déchaine la bête. Et en plus quand tu fais une tournée avec les membres du groupe tous les jours il y a une communication et une envergure qui se fait. On a plus besoin de se regarder pour Headbanger ensemble. Il y a une synergie de tout le groupe à ce moment-là qui est juste impressionnante en tant que personne qui vit et pour les autres qui le voient. C’est échange entre les musiciens et le public est juste génial et Except One est souvent défini comme un groupe avec beaucoup d’énergie sur scène. Je peux t’assurer que nous aussi on est sur scène et on aime carrément la réponse qui est en phase.

Est-ce que le fait d’avoir pu faire des tournées a-t-il eu un impact sur le nouvel album ? Est-ce que vous avez remarqué que des choses fonctionnaient mieux sur scène et on eut des conséquences sur la manière dont vous avez composé ?

Crypp Mor. C’est une très bonne question. La première réponse que je pourrai te fournir est que cette tournée nous a encore plus fait aimer les concerts. C’est un rêve qu’on vivait et qui nous a donné encore plus de motivation pour continuer et offrir encore plus de qualité, d’énergie, plus de soi-même, de donner aux autres. Donc on se sent plus légitime et ça devient une drogue. On a besoin de doses de plus en plus importantes. On devient addict à cette sensation et dans ce sens cela a beaucoup impacté le nouvel album car on était plus exigeant. On avait encore plus envie de partager ce que l’on avait au fond de nous. On a compris que c’était la manière la plus honnête de s’exprimer et qu’on ne prenait pas réellement de risques parce que les gens étaient demandeur et le fait que tout le monde adhère à cela nous a poussés dans la composition de l’album à être plus intimiste et de ne pas avoir peur d’aborder nos émotions.

Comment s’est passée l’intégration avec Tim lors de ces différentes dates ?

Crypp Mor. Très bien, il faut savoir que Tim est arrivé à la sortie de « Fallen ». Son premier concert avec nous c’est celui avec Lovebites au Nouveau Casino, et après Lacuna Coil à l'Empreinte. C’étaient des gros concerts pour nous comme pour lui et au niveau de son entrée dans le groupe. C’était très naturel on sentait quelque chose entre lui et nous et finalement ça s’est confirmé dans le temps puisque les liens sont devenus de plus en plus fort et du coup Tim qui est un excellent guitariste et choriste à apporter énormément à la composition du nouvel album Broken.

Est-ce que cela vous a apporté une meilleure stabilité au niveau de la formation ?  

Crypp Mor. Indéniablement. C’est encore mieux puisqu’on a fait pendant deux ans des dates avec Tim. Il a vu les bons côtés et les mauvais côtés du groupe. Les obligations mais aussi les moments fraternels entre nous. Ce qui fait que tout le monde a apporté pour la contribution de l’opus, que le meilleur se connaissant et connaissant les autres. Cette synergie a été plus importante et on se comprend.

Tim a écrit énormément et a participé à tous les morceaux ! Je suppose que le processus de composition cette fois ci était très différent comparé à l’époque Fallen !

Crypp Mor. En fait il y avait un feeling diffèrent parce que c’était une époque différente. L’album a vraiment marqué dans le marbre une époque, une émotion. Au moment où on l’a composé c’étaient les premières vagues de confinement. C’est quelque chose qui nous a tous éprouvés et qui nous a poussés à nous exprimer. L’album est né à cause de ces frustrations et de cette colère que nous avions à ce moment-là. Du coup on ne peut pas comparer Fallen à Broken. Pour Fallen on n’a pas vécu cela. On était ensemble pour composer. Sur Broken on était tous chez soi à travailler les compositions. Tim avait beaucoup d’idées et il sait comment chacun fonctionne. On a tous des styles différents dans le groupe et on se rejoint sur beaucoup d’entre eux. Tim a composé du coup une grande partie des morceaux. Il a partagé son travail et on a travaillé ensemble face au Covid. On a fait des répétitions et aussi à notre nouvelle méthode de travail de travailler à distance. On avait du recul, on commençait à écouter les musiques avec des enregistrements de chacun. On a commencé à composer à distance et dès qu’il y a eu le répit on a su les confirmer ensemble lors des répétitions.

Est-ce que ces confinements successifs vous ont inspiré au niveau des textes, je pense au morceau « Chaos » qui est raccord avec ce que nous vivons actuellement depuis presque deux ans maintenant !

Crypp Mor. Bien sûr. Le confinement a été très révélateur de ce monde. Le monde était déjà fragile mais lors du confinement il est devenu encore plus fragile. Les comportements sont sortis. Des choses ont été montrées au grand jour. Cela nous a pas mal affecté notre émotion et c’est vrai que les textes écrit par Estelle et Tim répondent à une émotion. Il y a aussi autre chose qui a été fait dans Broken pour tout l’album que ce soit musicalement, au niveau des textes, des visuels. La pochette a été réalisé par notre chanteuse, c’est une magnifique peinture à l’huile qui a été reproduite sur l’album. Il y a un jeu avec la planète recomposé, le sens de lecture est libre à chacun. Du coup même l’artwork montre ce côté détruit. Il s’appelle Broken parce qu’il y a aussi ces fissures au fond de nous qui existe et dont on a voulu parler. D’ailleurs dans ce nouvel opus on a fait le choix de mettre un livret à l’intérieur avec toutes les paroles pour qu’elles soient comprises et qu’on puisse les retrouver facilement. Sur scène ou sur Cd il y a beaucoup d’énergie et de guitares saturés ça ne permet pas forcément une bonne compréhension des textes. Là on a fait le choix de transmettre les textes, tous nos méandres, nos inquiétudes se retrouvent dans l’émotion de nos lyrics et également dans la représentation visuelle.

Pour l’enregistrement vous avez choisi de travailler avec Jelly Carderelli et Sympheris comment as-tu vécu cette nouvelle expérience de studio ?

Crypp Mor. C’était un choix de notre part, on avait l’idée d’aller encore plus loin et de proposer une expérience de meilleure qualité et donc on a choisi de travailler avec Jelly. Il a fait toutes les sessions d’enregistrement mais a aussi travaillé en tant que directeur artistique. Il nous a aidé à arranger les morceaux au niveau des samples, de la dimension des riffs. On voulait travailler avec une personne qui nous apporterait beaucoup et Jerry a réussi dans cet optique-là, on a eu un grand plaisir de travailler avec lui. C’est quelqu’un d’heureusement très exigeant, il nous a poussé dans nos retranchements pour nous améliorer techniquement, musicalement, on est vraiment reconnaissant du travail qu’il a fait avec nous.

Est-ce que justement il vous a mis face à des défis lors de ces sessions studio ?

Crypp Mor. Bien sûr, il fallait être beaucoup plus précis que l’on ne l’avait jamais été. On avait vraiment envie de se dépasser techniquement aussi bien dans l’exécution des riffs mais aussi dans la précision de ces derniers. Il fallait vraiment proposer un opus et des musiques les plus accomplis possible.

Avez-vous composé beaucoup de titres puis fait une sélection après ?

Crypp Mor. Oui il y en avait plein d’autres mais on a fait une sélection pour cet album et choisi ceux qui nous plaisait vraiment.

Vous avez choisi de mettre en avant « In Nomine » un titre qui a aussi fait l’objet d’un magnifique clip avec notamment une très belle mise en scène c’était une évidence pour vous de sortir cette chanson en single ?

Crypp Mor.
Merci beaucoup pour le compliment ça nous booste, on est content que cela soit aussi bien reçu. Pour le clip on a choisi cette musique parce qu’on trouvait que c’était le texte qui représentait le mieux l’album. Ce titre cible le contenu de cet opus, ça prépare les gens à la deuxième galette d’Except One. Les riffs sont différents, les ambiances aussi et ça résume très bien la formation. On a décidé de mettre cette chanson en avant car ça allait montrer à tout le monde la direction dans laquelle on était parti.

Il y a beaucoup de symboles, la crucifixion, l’alcool, le serpent !

Crypp Mor. « In Nomine » parle de la consommation en général, du fait que l’on mette la consommation presqu’au même niveau que la religion. Consommer devient un besoin, une raison de vivre pour certains. Du coup on a utilisé les codes du Christianisme qui sont connu d’une grande partie des gens pour parler de ça, pour leur dire que ce qu’ils font peut s’apparenter à une religion. Même le titre « In Nomine » qui est en latin, c’est parce qu’on reprend la aussi les codes du christianisme, on parle de la crucifixion, de la scène, de l’impact que ça a sur nous avec l’alcool sur les jeune ou même la luxure qui est omniprésente dans notre monde, est-ce que c’est une bonne chose ? C’est comme ça que l’on voit ça aujourd’hui.

Vous avez des textes très pertinents qui traite de sujets sociétaux mais aussi qui vous touche directement comme « Still Alive » vous avez déclaré ce morceau est un exutoire destine à couper définitivement les liens avec les personnes ou les évènements qui ont été toxiques à notre développement !

Crypp Mor. Bien sûr, on a eu des épisodes durs. On a côtoyé des gens qui nous ont utilisé, on a vécu des circonstances ou on a été traité de façon malhonnête et ça on remarque que c’est présent même dans nos vies personnelles, professionnelles, dans la société. Il faut essayer de se sortir de ça pour aller mieux, il faut en être conscient. Ce titre représente ça, il montre clairement qu’il y a des mauvaises choses et c’est très important d’en prendre conscience et de s’en éloigner au maximum pour être soi-même.

Vous appelé tous vos albums des Omni : Objet Musical Non identifié c’est une façon de vous définir ?

Crypp Mor. C’est un peu ça, c’est surtout que l’on a au sein du groupe chacun des styles préférés que l’on consomme plus que d’autres. De ce fait cela a toujours été très dur de nous définir en termes de style. On va dire que l’on fait du Metal Moderne ou du Death Metal, du Deathcore mais au final dans « In Nomine » tu as du Black, d’autres titres sont plus Matcore. Lorsque l’on compose on ne cherche pas à faire un style particulier, on sait ce que l’on aime. Comme on est cinq avec chacun nos préférences on se rejoint et ça donne un mélange que je trouve intéressant, on n’arrive pas à s’identifier, Omni ce n’est pas volontaire on a toujours fait ça.

Est-ce qu’il y a un texte d’Estelle qui émotionnellement parlant te touche plus que d’autres ?


Crypp Mor. Pour être honnête Broken arrive au bon moment parce que c’est clairement ce que l’on vit dans le groupe et aussi les gens dans notre entourage. On est impacté par cela. Je te dirais que tous les morceaux m'impactent parce que je me reconnais dans pas mal d'entre eux. En ce moment c’est surtout « Seeds of Revolts » je l’avais signalé via la page Facebook de la formation. Ce n’est pas un appel à la brutalité mais plutôt au surpassement parce qu’on est souvent soumis à de nombreuses pressions à différents niveaux et il faut se battre, il faut se dépasser. En ce moment ça fait un mois que « Seeds of Revolts » résonne de façon très familière

Este ce que vous prévoyez la sortie d’un nouveau single ?

Crypp Mor. Oui mais je ne peux pas t’en dire plus. On avait prévu des concerts pour la sortie de l’opus le 15 Janvier et ça ne s’est pas fait malheureusement, c’est quelque chose qu’on ne maitrise pas, on ne sait pas quand on va rejouer, on fait tous les efforts possibles pour ça. On a déjà des organisations qui sont en train de se mettre en place. Mais comme on ne sait pas quand on va rejouer, on va transformer cette attente en diffusant des clips, des vidéos propres au combo. Je t’affirme aujourd’hui que prochainement du contenu sera mis à jour sur nos différents réseaux sociaux et je vous invite à suivre ça va être aussi lourd et puissant que « In Nomine ». On est présent sur tous les réseaux sociaux et on sait ce qui va se passer et on est impatient de partager ça.

Est-ce que justement vous continuer aussi à composer de nouveaux morceaux ?


Crypp Mor. Oui, on a toujours des idées, la musique c’est l’émotion à l’instant T que l’on peut retrouver à un autre moment. Du coup dès que l’on a des idées on les conserve, que ce soit du texte ou autre. On a besoin à certains moments de les écrire, de composer, de les exprimer et on les garde précieusement. On a aussi un stock d’idées qu’on avait eu pour les précédents opus qu’on garde pour plus tard. On a des titres qui date de Fallen et de Broken et même certains qui ne sont jamais paru pour les deux. Il y en a qui sont actuellement en train de germer dans nos têtes et nos cœurs.

Vous avez débuté en 2015 avec Haunted Humanity votre premier Ep quel regard portes tu sur votre parcours ?

Crypp Mor. Beaucoup de fierté. Je suis content d’être dans une formation que je considère comme ma famille, de partager autant de bons moments, autant d’aventures avec eux. Des moments heureux d’autres moins, le fait qu’on se surpasse à chaque fois et qu’on est toujours les uns sur les autres, qu’on partage cette aventure avec beaucoup de gens qui nous soutiennent de façon impressionnante, c’est toujours une surprise pour nous. Depuis je suis dans le groupe en 2015 /2016 avec Naty les liens entre nous sont au-delà même de la musique, Except One c’est l’énergie sur scène, je suis très fier.

Quel est le plus beau compliment que tu aies reçu ?

Crypp Mor.J’ai commencé la musique parce lorsque j’étais jeune on cherche toujours, on a des moments de plus et de moins, la musique m’a beaucoup aidé. L’un des plus beaux compliment que j’ai reçu c’est un jour quelqu’un est venu me parler sur Messenger et m’a dit qu’en ce moment ce n’était pas top pour lui, que ce n’était pas toujours cool et que lorsque il écoutait notre album ça allait mieux. Il m’a dit qu’il reprenait de l’énergie et qu’il savait qu’il allait affronter les choses et que ça allait aller mieux, c’est pour cela aussi que l’on fait de la musique. C’est pour nous sauver mais on le fait aussi pour sauver des gens comme nous. C’est une immense thérapie et ça fait du bien quand quelqu’un te dit ta musique l’aide aussi bien que toi.

Qu’as-tu envie de rajouter pour conclure ?

Crypp Mor. Je crois que c’était toi que j’avais eu il y a quatre ans pour la promo de l’opus précédent, j’avais vraiment eu du plaisir à échanger avec toi, tu as toujours des questions très pertinentes, tu t’es renseigné sur le groupe et ça fait du bien d’échanger de façon cordiale avec des questions toujours aussi cool moi j’adore !

11 Février 2022.
Pascal Beaumont  
Laurent Machabanski (Traduction / Retranscription)

 

samedi 12 février 2022

NASH ALBERT // Interview // "Yet" 11 Février 2022.

 



Avec la sortie de cet album "Yet", nous aimerions d'abord parler de vos premières années. comment ça s'est passé tes premières années à Tbilissi, l'adolescence, le lycée ?

Nash Albert. Je suis né à Tbilissi, en Géorgie, mais j'ai passé la plus grande partie de ma vie à Moscou parce que mon père Albert Tavkhelidze, physicien de renommée mondiale, travaillait à Moscou. J'ai terminé l'école spécialisée dans la langue anglaise, puis à l'âge de 16 ans, j'ai rejoint l'Université d'État de Moscou pour étudier la physique, c'est là que j'ai créé mon premier vrai groupe SALAMANDRA.
 
Quelles ont été vos premières découvertes musicales et vos idoles ?

Nash Albert. Depuis mon enfance, j'ai été entouré de musique folklorique géorgienne, elle était toujours chantée et jouée dans notre maison. Puis, quand j'avais cinq ans, vivant en Union soviétique, mon père m'a apporté une cassette de l'étranger des Beatles et de l'opéra rock "Jesus Christ Superstar". Je les écoutais constamment, j'aimais surtout le son des guitares et j'ai tout de suite su que je devais jouer de la guitare. Même si je n'étais pas un musicien professionnel, j’avais besoin de jouer de la guitare tous les jours.
 
Quels groupes vous ont donné envie de faire de la musique ?

Nash Albert. Je voudrais commencer la liste des 'artistes qui m'ont inspiré, et m'inspirent encore, avec le bluesman afro-américain, le fantastique Floyd Lee Aussi Jim Morrison, David Bowie, John Lennon et Leonard Cohen.
Pour moi en particulier, ces musiciens n'écrivaient pas seulement les chansons ; ils ont révélé un tout nouveau monde de couleurs au public - c'est pourquoi leur musique sera toujours intemporelle.
 
Votre premier groupe Salamandra créé à l'Université entre la perestroïka et votre départ pour les USA, racontez-nous tout ça ainsi votre rencontre avec Ahmet Ertegun d'Atlantic Records, comment ça s'est passé ?

Nash Albert. J'ai monté mon premier groupe quand j'avais 16 ans et, après le début de la Perestroïka de Gorbatchev en 1986, mon groupe universitaire "SALAMANDRA" est devenu très populaire sur la scène universitaire de Moscou et en 1991, un promoteur américain en visite à Moscou nous a entendus et nous a invités aux États-Unis pour faire une tournée. J'ai joué partout aux États-Unis dans de nombreux groupes différents pendant six ans et j'ai expérimenté la vie du rock and roll. Rien d'extraordinaire, juste une histoire ordinaire d'un jeune musicien qui lutte pour devenir grand, sauf que tout le monde nous prenait pour, et nous appelait parfois, des punks coco-pinko. (C'est un super nom pour un groupe).
Je dois vous raconter une histoire intéressante ! En 1994, lorsque j'étais aux États-Unis avec SALAMANDRA, Ahmet Ertegun d'Atlantic Records nous a soutenus pour enregistrer notre premier single et nous a proposé une audition. Cependant, cela ne s'est pas passé comme prévu. Avant le concert, nous avions une bouteille de cognac et quelques autres trucs pour nous aider à nous détendre mais nous sommes allés trop loin. Quand nous sommes montés sur scène, nous étions hors de nos têtes. La morale de l'histoire est "ne jamais se lâcher avant la bataille", mais cela fait partie de ma vie et je l'accepte.
Mais M. Ertegun, malgré l'échec de notre show-case, a aidé SALAMANDRA à enregistrer deux de mes chansons "One-Man War" et "Rain" (toutes deux sur "YouTube").
Ils ont été produits par Alan Shacklock, un musicien, compositeur, arrangeur et producteur d'enregistrements anglais, qui a travaillé avec Roger Daltrey, Mick Taylor et Jeff Beck.
La musique d'Albert a été diffusée avec succès sur les stations de radio alternatives américaines.
 
A quel âge as-tu appris à jouer de la guitare et commencé à écrire tes premières chansons ?

Nash Albert. Quand j'avais cinq ans, j'ai pris des cours de piano et j'ai surtout chanté mes chansons rock préférées en jouant du piano, puis à l'âge de 13 ans, j'ai commencé à apprendre à jouer de la guitare.
 
Comment procédez-vous pour écrire vos chansons ?

Nash Albert. C'est dur de dire parfois tu écris une mélodie puis tu mets les mots ou vice versa.
Mon écriture de chansons s'inspire inconsciemment de mes expériences de vie. Je suis né et j'ai grandi dans un pays communiste où le rock and roll était interdit, puis j'ai créé mon premier groupe à l'époque où la perestroïka a commencé, une période incroyable d'événements à «effet domino», culminant avec l'implosion de l'URSS en 1991. Ensuite, j'ai vécu aux États-Unis avec mon groupe pendant six ans, où j'ai appris le mode de vie capitaliste. Puis, en 1996, je suis retourné dans un Moscou complètement différent, avec une économie de gangsters libres et sauvages. Maintenant, je vis effectivement dans une troisième version de Moscou, une société capitaliste dirigée par le gouvernement
Je ne peux pas vous dire en détail comment mon écriture de chansons a changé au fil des ans car c'est un processus organique, naturel pour moi et je ne l'analyse pas moi-même. Je dirais qu'il a grandi et s'est approfondi au fil des ans, comme moi en tant que personne, et les deux sont inextricablement liés.
 



Vous souvenez-vous de votre premier concert ? Où et comment ça s'est passé ?

Nash Albert. Oui, je me souviens clairement de mon premier vrai concert, c'était en 1986, le premier grand festival de musique à l'Université d'État de Moscou, la perestroïka venait de commencer et nous étions autorisés à jouer du rock'n'roll, donc le concert était absolument époustouflant et du jour au lendemain nous étions des stars parmi le public étudiant !!!
 
De retour chez vous, vous avez fondé le groupe BLAST qui deviendra un incontournable de la scène indie rock russe. Quelques souvenirs ?
 
Nash Albert. En 1996, je suis retourné à Moscou. À l'époque, la Russie était un foyer de crime et Moscou était folle, la vie nocturne était comme Chicago dans les années 1930 ou Las Vegas dans les années 50 avec des gangsters et des fusillades dans les rues. Je ne reconnaissais même pas la ville que j'avais quittée quelques années auparavant, mais au moins, j'avais une scène musicale en plein essor, à la fois nouvelle et fraîche. Utilisant toute mon expérience musicale américaine, j'ai formé le groupe BLAST qui est devenu très rapidement extrêmement populaire sur la scène musicale moscovite.
Toutes sortes de gens nous aimaient – ​​des gangsters, des étudiants, des riches. En 1997, nous avons été signés par un promoteur de musique anglais Mark Gee en visite à Moscou sur le label de Manchester "APOLLO.G" records et avons sorti notre premier album "PIGS CAN FLY". L'album a très bien marché au Royaume-Uni et en Russie. Nous avons commencé à faire de nombreuses tournées au Royaume-Uni et en Russie.
Depuis que nous avons sorti notre premier album sous le nom de BLAST 'PIGS CAN FLY', comme mentionné ci-dessus, nous avons tourné constamment au Royaume-Uni, en Europe et en Russie et joué dans de nombreux festivals internationaux. Nous étions sur la même affiche avec des groupes comme Blur, Razorlight, Franz Ferdinand, Supergrass, Suede, Beady Eye etc. Mais les souvenirs les plus délicieux sont de deux énormes concerts que nous avons joués ; d'abord le festival Oppikoppi en Afrique du Sud soutenant l'acte principal Badly Drawn Boy devant 100 000 personnes en 2001. Deuxièmement, soutenant Deep Purple dans le stade olympique bondé de Moscou en 2010. Le magazine britannique NME a écrit un énorme article sur BLAST en 2013 et nous décrivaient comme « les parrains de la scène alternative russe ». J'ai enregistré mon dernier album avec BLAST en 2013, produit par le célèbre Martin "Youth" Glover" et il a été très bien accueilli par les médias britanniques.
 
2014 début de votre carrière solo avec 1er album "Rude Beggar" puis en 2019 des retrouvailles avec d'anciens membres de SALAMANDRA pour le 2e album Ressentez-vous une évolution dans votre façon de travailler en studio ?

Nash Albert. Oui, bien sûr, j'ai eu la chance de travailler pendant toute ma carrière musicale avec les meilleurs producteurs tels que Chris Bond et Alan Shacklock aux États-Unis, puis au Royaume-Uni, j'ai travaillé avec Geordie Walker (guitariste de Killing Joke). Il a produit l'album de mon groupe BLAST en 2010. et Martin YOUTH Glover, il a fait le dernier album de BLAST 'Krizis Of Genre' en 2013. C'était aussi une super expérience de travailler avec le fantastique Tim Palmer sur mon dernier disque "YET". J'ai donc beaucoup appris d'eux sur la façon de créer de la musique en studio !!!
 
Quelques mots sur l'enregistrement de « YET » ?

Nash Albert. Tout d'abord, c'était génial de l'enregistrer en Géorgie dans les studios SVAS appartenant à mon meilleur ami et collaborateur Ric Berie, qui surplombe les gorges du Caucase. Je ressens une telle inspiration musicale quand j'y vais. Et retrouver mes grands copains musiciens avec qui j'ai joué aux États-Unis dans les années 1990 signifiait beaucoup pour moi. Faire l'album "YET" a été une expérience tellement naturelle et organique que le processus s'est déroulé de manière naturelle. L'album résume toute ma vie et mes expériences musicales. En tant que musicien, je pense que c'est une grande œuvre d'art et bien sûr je veux la partager avec le monde.
L'écriture s'est poursuivie tout au long des sessions d'enregistrement, les chansons évoluant en studio au gré de l'inspiration. Les frontières stylistiques ont été ignorées: l'art rock et le rock progressif des années 1970 ont été combinés avec les vibrations de Dylan, Bowie et le psychédélique "Magical Mystery Tour" des Beatles. L'interpréter avec toute la puissance du rock alternatif des années 1990 a donné un résultat frais et inattendu.
Une fois l'album terminé, il a été masterisé par Bob Ludwig, vétéran des collaborations avec des artistes tels que Jimi Hendrix, Bruce Springsteen, Nirvana et Queen. "YET" impliquait des expériences inhabituelles avec le son ; un traitement analogique de pointe a été utilisé pour mixer les chansons, tandis que des expériences avec des bandes magnétiques pendant le processus d'enregistrement ont permis de s'assurer que chaque chanson a sa propre sensation de « signature ». L'album a un air de « 2001 : l'Odyssée de l'espace », garantissant que le public saisit presque le sens, mais il reste légèrement au-delà de l'horizon, hors de portée.
 
Y a-t-il un artiste ou un groupe avec lequel vous vénérez jouer ?


Nash Albert. Il est difficile d'en choisir un seul car tout au long de ma carrière, j'ai partagé la scène avec des musiciens de classe mondiale, célèbres et inconnus.
 
Si vous deviez vous définir, quelle serait votre phrase ou devise ?


Nash Albert. L'AMOUR de A à Z !

Enfin, si tu ne devais garder que 3 choses : un disque, un film et un troisième choix, que choisirais-tu et pourquoi ?

Nash Albert. Je choisirais une guitare, car elle fait partie intégrante de qui je suis.

Question bonus voulez-vous nous dire quelques choses pour envoyer un message


Nash Albert. Répandez l'amour et la paix, la vie est trop courte et précieuse pour être gaspillée sur autre chose.

11 Février 2022
Thierry Cattier
Photos : DR

 

vendredi 11 février 2022

SLASH FT. MYLES KENNEDY & THE CONSPIRATORS // LiveStream // Live at Studios 60 ce soir 11 Février 2022.


Aujourd'hui, vendredi 11 février à 20h écoutez en direct le concert mondial de SLASH FT. MYLES KENNEDY & THE CONSPIRATORS

"Live at Studios 60"
SLASH et le groupe interpréteront le nouvel album 4 en direct
et gratuitement dans son intégralité sur leur chaîne Youtube
 


Après dix ans de carrière et quatre albums, SLASH FT. MYLES KENNEDY & THE CONSPIRATORS ne se laissent pas intimider par les obstacles qui se dressent parfois sur leur passage, comme une pandémie mondiale par exemple. SLASH FT. MYLES KENNEDY & THE CONSPIRATORS dévoile leur nouvel album intitulé "4" via Gibson Records, en partenariat avec BMG. 4 est le cinquième album solo de SLASH et le quatrième avec son groupe composé de MYLES KENNEDY (chant), BRENT FITZ (batterie), TODD KERNS (basse et chant) et FRANK SIDORIS (guitare et chant). Ce nouvel album a été enregistré à Nashville avec le producteur Dave Cobb, lauréat d'un Grammy Award (Chris Stapleton, Jason Isbell, etc.).

"4" disponible sous une multitude de formats :
Digital / CD / Vinyles de différentes couleurs / Coffret deluxe / Super coffret deluxe / Deluxe CD Boxset / Vinyl Boxset
 
The River Is Rising

NOUVEL ALBUM 4