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mardi 18 juin 2024

WINGS OF STEEL (Parker HALUB et Leo UNNERMARK) // INTERVIEW // L’envol de l’aigle - 13 Mai 2024


Au détours de la découverte d'un album il y a parfois des moments magiques, une évidence, une belle surprise qui vous colle les neurones au plafond sans jamais vous laisser redescendre Wings Of Steel en fait définitivement parti. Le combo issus de Los Angeles et totalement inconnu sur nos terres avant la sortie de ce premier opus est née de la rencontre de deux musiciens au talent indéniable, le chanteur Leo Unnermark originaire de Suède et le guitariste Californiens Parker Halub. Après un Ep sorti en 2019 qui leur a permis de se faire remarquer sur la côte ouest des Etats Unis, ils sont de retour avec leur premier album Gates Of Babylon qui s'avère être une véritable pépite sans conteste la révélation de l'année. Fortement influencé par des gans issus des eighties voire seventies comme Whitesnake, Judas Priest, Queensrÿche, Crimson Glory ou encore Fates Warning, ce premiers méfait est une véritable révélation et met en valeur la voix exceptionnelle de Leo Unnermark et d’un virtuose de la six cordes Parker Halub. Il suffit d’écouter le superbe “Into The Sun“ pour comprendre immédiatement a qui nous avons affaire, pas de doute nous tenons là un des futurs grand de la scène Metal Internationale. Pour en savoir un peu plus sur ce nouvel ovni sorti de nulle part nous avons soumis à la question les sympathiques fondateurs de Wings Of Steel Leo Unnermark et Parker Halub. Un entretien jovial et décontracté pour une épopée au cœur des années 80. Magnéto les gars c'est à vous !


Vous êtes actuellement en tournée Européenne vous venez de jouer en Allemagne le 10 mai au Bavarian Metalheadz Festival, le 11 mai à Bad Friedrichshall, et le 12 vous étiez en Belgique à Bilzen. Comment se sont déroulés ces trois shows qui marque vos premiers pas sur les terres Européennes ?

Leo. C’est plutôt formidable. Nous avons joué une poignée de concerts en tant que Wings Of Steel. Nous avons vu tellement de personnes du milieu et nous avons eu la chance de rencontrer chacun d’entre eux. C’était incroyable et nous sommes impatients de donner d’autres shows.

Quels sont les différences notables entre le public Européen et celui des Etats Unis selon toi ?


Leo. C’est un peu différent, même aux USA nous avons donné quelques shows, les sponsors qui organisent nos concerts ici sont très chaleureux, il y a beaucoup de fans et d’énergies.

Vous allez jouer pour la première fois à Paris au club Les Etoiles le 16 mai est-ce la première fois que vous venez à Paris ?

Leo. Oui c’est la première fois pour nous deux.

Ce doit être important pour vous je suppose de jouer dans la capitale !

Leo.
Hier nous étions en Belgique pour la première fois et demain nous serons à Paris aussi pour la première fois. Pour nous c’est super de voyager. C’est une expérience de découvrir tous ces endroits.

Parker.
Je crois que c’est magique car j’ai toujours voulu aller à Paris mais je n’ai pas eu la possibilité d’y aller, d’expérimenter et maintenant de jouer dans la capitale, c’est au-delà de mes rêves.

Pour le moment au sein de Wings Of Steel vous êtes tous les deux les fondateurs de ce combo, sur les routes vous êtes accompagné de différents musiciens comme Marcel Binder à la batterie qui est Allemand Mathieu Trobec à la basse venant de Belgique pensez-vous à l’avenir recruter des membres qui feront partie intégrante de la formation ?

Leo.
Nous y pensons. C’est dur d’être indépendant car on s’occupe de tout, venant des USA pour venir jouer en Europe c’est fun d’avoir ces choses-là, mais assurer les premières parties coutent très cher. Nous travaillons toujours avec des musiciens formidables qui ont un but à atteindre avec Wings of Steel. Maintenant avec Wings of Steel nous travaillons avec Stefan John-Bailet à la guitare, Marcel Binder à la batterie ainsi que Mathieu Trobec à la basse. Ce sont tous des musiciens fantastiques. Nous avons hâte de vous les présenter au public pour faire découvrir le son du groupe.

Quelles sont les qualités essentielles qu’il faut avoir pour faire partie du groupe ?

Leo. C’est une bonne question. Je crois que tu dois passer beaucoup de temps pour développer les rapports humain.

Parker. Le souci c’est que nous sommes basés aux USA. C’est difficile de rassembler tout le monde ensemble en même temps. Même si cela coute cher c’est difficile d’avoir tout ça en même temps. Difficile.

Si tu devais décrire un show de Wings Of Steel que dirais tu ?

Leo.
Le meilleur show n’est pas nécessairement en rapport avec le nombre de personnes présentes au spectacle, c’est l’expérience acquise auprès de ton public. On distingue et on veut séparer deux choses, l’interprète et le public. Et l’expérience c’est le mix des deux. Nous obtenons cela si l’énergie est très bonne dans le lieu et si les gens reçoivent leur musique. C’est à propos de la qualité de l’interprétation que se fait aussi la différence.  

Parker.
Ce que je peux rajouter, c’est qu‘il faut s’amuser. C’est très marrant de jouer avec le public. Tant que c’est le cas, ce sera un bon show.

Comment avez-vous travaillé sur ce premier album ? Est-ce que cela a été facile d’écrire les chansons ? Ecrivez-vous beaucoup et par la suite vous faites votre sélection ?

Parker. En fait pour Gates of Twilight pour cette version nous l’avons écrit ensemble. Leo est venu aux Usa pour trois mois, quatre-vingt-dix jours. On a presque enregistré tout l’album pendant cette période. Ecrire et enregistrer. Nous avions beaucoup d’idées, on a tout donné sur l’album. C’est standard et organique.

Est-ce que vous avez commencé à écrire de nouveaux morceaux pour le prochain album ?

Leo.
Je pense que l’album parle de lui-même.

Parker. On l’a fait et nous sommes content de l’avoir fait (rires).

Leo.
Nous ne sommes pas encore prêts pour réaliser des vidéos, mais on espère que cela viendra cette année. Il y a plein de choses à chaque fois, on apporte quelque chose de nouveau en permanence. Il y a plein de transition, prendre une douche ou peu importe ça dépend de ce que tu fais mais à la fin de cette année tu auras un nouvel album. Oh oui (rires).

A l’écoute de ce nouvel opus on ressent une énorme influence de Judas Priest c’est un groupe important à vos yeux ?

Leo. A mon sens c’est une immense inspiration. Une parmi plusieurs. Des influences des années 70s 80s, 90s. Tu as raison.

Vous êtes jeune et fan du hard rock des années 80 vous portez un tee shirt de Whitesnake et Dokken comment expliqué vous cette passion pour un style qui existait alors que vous n’étiez pas née ?

Leo. Premièrement le Heavy Metal n’a pas d’âges. Nous essayons de le prouver (rires). Nous avons commencé avec plein de choses. Pour faire vite je viens de la musique blues et le blues est ce qui a inspiré et fait progresser la musique pour nous amener vers le rock des années 70s et ensuite plus heavy metal au début des années 80.

Parker. Pour ma part je les ai découvert quand j’avais dix ans en Allemagne. C’est juste la musique que l’on aime écouter, il n’y en a pas d’autres.

Parker comment en est tu venu à jouer de la guitare ?


Parker. Aussi loin que je me souvienne il y avait une guitare qui trainait à la maison, je frappais sur les cordes, je ne savais pas en jouer mais j’aimais vraiment le son de l’instrument. Ensuite quand j’ai eu dix ans j’ai eu ma première guitare électrique.

Et toi Leo comment as-tu découvert que tu avais cette voix incroyable ?

Leo.
Je ne suis pas vraiment sur, les gens faisaient des commentaires sur ma voix quand j’avais vingt et un ou vingt-deux ans. C’est à ce moment-là que j’ai entendu dire que j’avais une voix magnifique. C’est comme ça que j’ai toujours sonné depuis le début. Même aujourd’hui depuis que je suis dans ce combo. C’est tout ce que j’ai pour moi (rires).

Comment a débuté toute cette histoire alors que l'un est Suédois et l'autre californiens ?

Parker.
Nous nous sommes rencontrés car on fréquentait les mêmes endroits. J’avais seize ans. Il n’y avait pas tellement de lieu où on pouvait se rencontrer pour jouer de la musique. Nos chemins se sont croisés et Leo m’a envoyé un texte simple me disant qu’il voulait faire de la musique avec moi. Et c’était fait.

Tu as su immédiatement que c’était lui pour t’accompagner au sein de Wings of Steel ?

Leo. Je crois aussi que nous avions une vision similaire de ce que nous voulions. Musicalement on s’entendait parfaitement bien. On dirait que ça a fonctionné. Rires.

Finalement vous travaillez comme la nouvelle génération vous êtes totalement indépendant, vous produisez tout, vous vendez vos disques sur les réseaux sociaux, sur vos concerts. Est-ce que c’est important d’être indépendant, c’est une chose que vous aimez ou aimeriez finalement signer avec une grande maison de disque ?


Leo. C’est important pour nous de maitriser le matériel qu’on utilise et que l’on crée. Nous ne sommes pas fixés à être indépendant. Nous sommes indépendants parce que c’est de loin ce qui à le plus de sens pour nous et ça marche.

Parker. Nous voulons être sûr d’avoir toutes les ressources possible pour le faire, faire la meilleure musique possible et de la vie aussi. Nous pouvons le faire et attirer l’attention. Pour les musiciens une chose est importante c’est d’écrire la musique, donner de bons shows mais il ya quelque chose d’autre pour nous, de faire tout cela en plus du business. Deux personnes pour gérer tout à grande échelle c’est difficile de trouver des managers ou un label. Nous sommes là où nous nous trouvons aujourd’hui. C’est être indépendant a été la meilleure décision pour nous.

Le son est énorme sur ce premier opus. Comment avez-vous enregistré ce disque, est-ce que vous avez travaillé dans un vrai studio ou bien un home studio ?

Leo. Nous avons enregistré dans un studio en dehors de Los Angeles dans l’arrière-cours c’est là que nous l’avons enregistré. Ensuite Damien Rainaud (DragonForce, Baby Metal, Fear Factory, Angra) qui est un gars super a fait le mastering et le mixing pour que le tout sonne professionnel. C’est un gars formidable avec qui on aime travailler. C’est une relation professionnelle et un ami aussi.
Dans les années 80s il y avait beaucoup de producteurs très réputés comme Martin Birch, Ted Templeman qui ont donné un son aux formations comme Iron Maiden ou encore Van Halen. Est-ce que vous aimeriez travailler avec des producteurs qui pourrait vous apporter un plus ?

Parker. Honnêtement je m’en fous si c’est un grand nom au niveau de la production ou pas. Ce qui est intéressant c’est d’être stupéfait et d’avoir une vision.

Leo. La chose qui est cool à travailler avec Damien aussi c’est que c’est une bonne relation de travail dans le sens où on a commencé ensemble sur le premier Ep. Nous étions fiers du résultat et nous l’avons vendu sur les tweets et que l’on a fait cela pour l’album suivant. Je crois que l’on va continuer à le faire et faire évoluer le process. Je crois que c’est bon. Un de nos fameux producteur favoris c’est Martin Birch qui a longtemps travaillé avec Whitesnake. Ce sont les producteurs parfaits avec qui se serait super de le faire. Pour la production de Whitesnake 1987 c’est la même colère qui jaillit ce cet opus, il a été produit par Mike Stone et Keith Olsen. Mais ce n’est pas parce que tu as les meilleurs producteurs que tu es heureux. On ne mentionne pas l’argent. Mais on y viendra (rires).

Au sujet de la pochette qui est superbe j’ai pensé à Led Zeppelin en voyant ces ailes !

Leo. Ce n’est pas quelque chose que l’on a mis en exergue par rapport aux titres de l’album. Nous sommes venus avec un nom, Wings of Steel en écrivant des chansons. Nous avons trouvé le nom du groupe et nous sommes mis à écrire les titres de l’album. En ce qui concerne le design de la pochette, nous l’avons dessiné nous-mêmes, nous aimons les couleurs, les contrastes. Tu as les ailes, l’acier. Nous faisons des contrastes. Nous aimons jouer avec ce qu’il y a entre les lignes, tu en as une, donne-moi l’autre ligne. Nous nous reflétons chacun l’un dans l’autre

Il y a dix morceaux sur l’opus dont “Into The Sun“ » qui est long épique avec de nombreuses parties de guitares solos !


Leo. C’est drôle ce titre a commencé quand j’ai commencé à jouer du clavier j’ai trouvé la mélodie principale d’une manière loufoque. J’ai écrit les paroles qui étaient complètement différentes et je l’ai montré à Parker qui a accroché à la mélodie aussi qui est très bonne. Je suis rentré en Suède, il s’est assis pour jouer le titre, il a commencé à travailler sur le projet et il m’a adressé sa version Je lui ai dit que ça me rendait malade car nous recherchions quelques chose. Nous avons recommencé à la jouer avec de la guitare.

Parker.  C’est le genre de son qui ne pouvait pas sortir comme ça.

Leo. Ensuite nous avons réécrit les paroles et les parties de guitares pour que cela puisse devenir ce que nous considérons comme un chef d’œuvre.

En tant que chanteur et guitariste est-ce qu’il y a des morceaux qui ont été un challenge à enregistrer ?

Leo. Chaque fois que je me mets à écrire les paroles, j’essaie toujours de le faire avec des mélodies et des rythmes. Tout en un. Parfois ça monte et je crois que c’est bien, et je le remarque. Je constate que je ne veux peut-être pas la faire de cette manière et je le note. Peut-être que je veux une voix plus dynamique et essayer différentes choses jusqu’à ce que cela devienne naturel et que la chanson arrive par elle-même à se mettre en place vocalement.  

Parker. Plus tu écris une chanson, plus tu as des idées qui s’ajoutent, et il arrive un point ou cela devient difficile. C’est aussi une question de patience. Certains titres tu t’assoies et tu joues et tu as tout. D’autres tu as la première partie, l’intro, le sujet, le chorus mais tu n’es pas sûr. Parfois tu es dans la douche en train de chanter…et ça vient.

Leo.
Parfois tu aimes le titre mais tu n’es pas certain et tu travailles dessus et tu te rappelles que cela fait deux semaines que tu composes et tu finalement tu l’adores. Ça doit tout le temps être comme cela.

Parker.
C’est toujours un périple intéressant, parfois c’est la structure, la mélodie. Quand tu es patient il y a toutes les choses musicales qui se produisent et se mettent en place.
 

En tant que chanteur quels sont tes héros ceux qui t’on transmis le virus ?

Leo. Il y en a eu tellement dans ma carrière. Un de mes héros est Paul Rodgers pour les influences au niveau de ma voix au tout début, David Coverdale pour les paroles, Bruce Dickinson, Steeve Lee de Gotthard et je peux continuer Rob Halford

Parker. Ronnie James Dio mec

Leo. Dio absolument un de mes chanteurs favoris ce n'est pas seulement une voix mais c'est aussi un bon parolier, un caractère et une idole.

Parker. C’est pareil il y a beaucoup de guitaristes Nils Lofgren excellent mélodiste Grand auteur-compositeur, James Hetfield excellent grand guitariste les gens me demandent toujours quel est ton guitariste favori : Je leur réponds toujours John Sykes ; C’est un grand. J'ai d'autres guitaristes préférés Après il y a Michael Schenker, vraiment bon, John Norum, Gary Moore, Dave Meniketti de Y & T et je peux encore continuer et agrandir la liste

Est-ce que vous faites des reprises sur scène ?

Leo.   Si tu viens à Paris ou Lille le 17 mai ou d’autres shows à venir tu verras rires

Vous avez sorti un EP éponyme cinq titres très important qui vous a permis de vous faire remarquer, qu'est ce qui a inspiré ce nom Wings Of Steel ?

Leo. Nous sommes revenus de l’enfer pour trouver le nom du groupe, nous avons essayé toute une combinaison de mots et de couleurs, des animaux tout ce que l’on peut penser, Rien n’était à sa juste place. Nous savions que cela devait être organique pour fonctionner

Parker.
On avait presque arrêté de chercher a ce moment-là, nous continuons a écrire des chansons. Léo écrivait les paroles je crois que l’on a eu l’idée de ce nom en écrivant le titre “Wings Of Steel“. On s'est dit Ok c’est cool. Quelques jours plus tard nous marchions ensemble et je me suis souvenu de cette idée en me disant : non pas ce nom puis en réfléchissant j’ai acquiescé.

Est-ce que cela a été difficile de choisir les titres figurant sur l’Ep et l'album je suppose que vous en aviez beaucoup d’autres en stocks ?

Leo. Nous avions quelques autres à la fin du processus que nous avons laissées derrière nous. Nous verrons à l’avenir si nous les utiliserons en concert ou quelque chose comme ça. Il n’y a pas eu de questions à se poser, c’était facile.

Parker. Nous avons partagé le temps entre écrire et enregistrer dans le studio, expérimenter et développer le son. Et décider quelle chanson irait sur l’Ep.

Vous avez sorti plusieurs single “Garden Of Eden“ “Leather And Lace“ entre autres est ce que le choix a été complexe avec tant de titres de qualités ?

Leo.
Tu me le diras. Rires. C’est toujours difficile évidemment tu aimes toutes les chansons d’une certaine et de différentes manières. Alors tu commences à réfléchir business ou ce que tu ressens personnellement si tu l’écoutes les titres. Nous voulons faire découvrir le plus possible notre discographie. Les gens ne pensent pas que nous ne sommes qu’une seule chose, que les chansons leur présentent différentes facettes. Ils regardent les vidéos qui sont sorties, elles sont différentes. Les morceaux sont différents mais tu peux dire que ce sont des chansons de Wings of Steel. Ce n’est pas une seule chose, c'est varié.

Parker. C’est toujours dur.

Leo. Pour nous ce n’est pas un retour en arrière, tu dois faire un choix et le label aussi. Nous avons besoin d’un hit. Tout le monde cherche ça. Il faut que l'on soit d'accord sur le titre choisi Quand tu as un album ou tu aimes toutes les morceaux ça ne change pas grand-chose finalement.

Est-ce qu’il y aura un autre single qui sera extrait de ce premier disque ?

Parker. : Probablement non, il y aura différentes versions qui sortiront.
Le 5 juillet 2023 vous avez joué à Los Angeles, on a pu voir de nombreux extraits de ce show était ce votre première prestation live ?

Parker. C’était notre troisième concert en fait, nous avions tout filmé les trois soirs et on voulait montrer ce que l’on avait capté. Nous voulions montrer comment le combo se comportait sur scène.

Leo.
Il y avait aussi beaucoup de questions a propos du groupe à savoir quel était notre son, nos morceaux. C’est en quelque sorte une réponse à tout ça.

Parker.
Nous voulions que les gens connaissent notre potentiel.

Leo. Ce qui est drôle aussi c’est quand tu es réservé par les festivals, ils voulaient savoir combien nous étions pour préparer à manger.

Si vous aviez quelque chose d’important à ajouter pour les fans français que diriez-vous ?

Leo
. A ce stade nous souhaitons rencontrer le plus de gens possible sur les deux concerts que nous allons donner à Paris et à Lille. Nous sommes déjà chauds car nous avons pu nous préparer en amont sur les concerts précédent. Ce sera bien de toutes les façons.

Parker. J’ajouterai que nous sommes fiers de ce que nous faisons. Ce ne sera jamais la même chose sur scène. Nous voir en live est la seule réponse que nous apportons. Nous le recommandons grandement.

Leo. : Nous souhaitons véritablement développer nos relations avec la France jusqu’à la fin de nos jours.



Voir la vidéo de l'Interview ICI


Interview 13 Mai 2024
Pascal Beaumont / Photo DR
 
Pascal Beaumont et Laurent Machabanski (Traduction / Retranscription)


samedi 25 mai 2024

LAURENT VIEL // INTERVIEW // Tout en Vérité - 13 Mai 2024.

 
Laurent Viel, chanteur et comédien, revient avec un nouveau spectacle intime et personnel, "l'Homme Femme", composé de 14 chansons originales abordant les thèmes de l'enfance, d'une blonde, de l'amour, du genre et de la sexualité, du parcours d'une vie, d'une brune, de la résilience... Vous pourrez le retrouver à Paris au Théâtre Essaion tous les mercredis jusqu'au 26 Juin 2024.

Voici une interview de Laurent Viel dans laquelle il nous raconte son parcours et se confie tout en vérité. On vous laisse donc rentrer dans son univers et savourer ces belles confidences




Quels souvenirs gardes-tu de tes premières années ?

Laurent Viel. Les souvenirs c'est avant tout un refuge dans la musique et dans les chansons. Ça vraiment été quelque chose de très important pour moi depuis tout petit et particulièrement avec les deux fées qui se sont penchées sur mon berceau. J'aime bien dire ça. Les fées, les sorcières. D'ailleurs j'aime bien les sorcières aussi. La première c'est Sylvie Vartan quand  j'étais tout petit et la deuxième c'est Barbara. Et chacune, à leur façon, elles m'ont prises dans les bras sans me connaître, elles m'ont consolées, elles m'ont fait rêver, elles m'ont amenées du merveilleux, des paillettes. Ça c'est surtout pour Sylvie. Pour Barbara, une émotion palpable. Quelque chose qui a résonné en moi profondément. Et le mélange des deux a fait que j'ai décidé que je ferais ce métier là. Je te parle de ça car enfance et adolescence ça été les choses les plus importantes. Après c'était pas si facile que ça. Ni l'enfance ni l'adolescence pour moi. C'était pas compliqué mais il y avait un truc qui n'était pas simple on va dire.

Aujourd'hui où habites-tu ?

Laurent Viel. J'ai grandi à Paris. C'est drôle car on habite maintenant avenue Parmentier et quand je suis né mes parents habitaient avenue Parmentier, mes grands-parents habitaient avenue Parmentier et des années plus tard je me retrouve avenue Parmentier (rires). C'est drôle! mais voilà. Et depuis quelques années on a fait des travaux dans une maison de campagne du côté de Chambord et on y vit de plus en plus. On a la chance de pouvoir y aller et ça c'est super.

Quelles ont été tes premières découvertes musicales, tes premières influences et tes idoles ?


Laurent Viel. Comme je te disais il y a eu d'abord ces deux femmes, Sylvie Vartan et Barbara. Après il y a tellement de choses. Que ce soit la chanson française, Gainsbourg, Bashung, Daho, Christophe pour les garçons ou Mylene Farmer, Catherine Ringer, Dalida. Dans les nouvelles, il y a Zaho de Sagazan que j'adore vraiment. Je trouve que c'est très beau ce qu'elle fait. West Side Story puis les Anglo-saxons. Prince, Kate Bush, Björk, Peter Gabriel, David Bowie. Ça été très important comme influences. Puis après j'ai eu la chance de faire du théâtre avec un super prof qui s'appelle Philippe Duclos. Et là j'ai été amené à toucher les grands auteurs de théâtre de Sophocle à Lagarde et Koltès. Ça été très important.

Comment as-tu eu l'envie de devenir chanteur et comédien ?


Laurent Viel. Je n'ai pas eu envie, un beau jour, de devenir chanteur et comédien. Comme je t'ai dit tout petit je me suis vraiment réfugié, j'emploie ce mot là, dans ma chambre d'enfant et je me suis mis à rêver. Et en rêvant j'ai tiré ce fil là. J'ai eu la chance que je puisse en vivre jusqu'à présent. Monter globalement tous les spectacles que j'avais envie de monter et que ça tourne. Et dès que j'ai fait un choix, sans doute, mais pas un vrai choix où tu décides de faire un choix. Ca s'est fait tout seul.

Quels ont été tes premiers pas dans ce monde artistique ?

Laurent Viel.  Mes premiers pas se sont faits plutôt dans la chanson. Très vite. La musique reste pour moi le facteur le plus important. Les mélodies, les harmonies. Au début j'étais capable de chanter n'importe quoi. Je m'en foutais. Sans doute mon éducation avec Sylvie Vartan qui a quand même chanté, beaucoup de fois, des textes plus ou moins bons. Et à un moment donné je me suis rendu compte que j'avais besoin de choses plus fortes dans le fond. C'est pour ça que j'ai fait du théâtre. C'est parce que je sentais qu'il fallait que j'aille me mettre du poids dans le ventre, que j'aille m'attaquer à du texte, des grands textes. Et après ça a influencé, bien sûr, le choix de mes auteurs car je peux écrire certaines chansons mais je me considère avant tout comme un interprète. Un compositeur et un auteur comme ça par fulgurance. Après j'ai été amené à rencontrer, pour la musique, Romain Didier, Roland Romanelli, Thierry Garcia. Pour les textes, Pascal Mathieu, Xavier Lacouture, Bertrand Soulier. Des auteurs et des compositeurs. Enfin moi ce que j'appelle des auteurs et des compositeurs.

Te souviens-tu de ton tout premier spectacle en public ?

Laurent Viel. Oui, ça devait être dans un cabaret qui s'appelait à l'époque Le Piano Zinc à la fin des années 80 où j'avais monté un récital pour un dimanche après-midi. Je crois que c'est ça mon premier. Enfin, j'ai eu des petites aventures avant mais le premier vrai spectacle pour moi c'est celui-là. Je garde la sensation que je savais que c'était ça qu'il fallait que je fasse avec, sans doute, plein de fragilité et plein d'excès. Mais je pense que j'avais déjà une chose essentielle. C'était une urgence et la nécessité absolue de faire ça. Après avec le temps, en travaillant ma voix, j'ai pu peaufiner tout ça, en faire un objet artistique, je pense, de plus en plus intéressant. Peut-être qu'à l'époque c'était bourré de fragilité, sûrement. Ce qui peut être touchant aussi. Mais également des fragilités qui nécessitaient du travail.

Quelles sont tes idoles ?

Laurent Viel. Une de mes idoles absolues au cinéma c'est Charlie Chaplin. Mais même en tant qu'artiste. Pour moi tout est réuni, tout est à sa place et sublimé. Que ce soit dans sa façon de faire ses films, dans sa façon de jouer, sa façon de composer et d'être tout simplement. Pour moi c'est l'un des plus grands artistes. Sinon au cinéma j'ai des figures. En France, j'ai Isabelle Adjani, ça c'est sûr. C'est sans doute la première comédienne, quand j'étais très jeune, qui a créé cette sensation en moi. Je trouve que c'est une actrice extraordinaire même si ces derniers temps elle est plus étrange à suivre. Dans la musique, comme je te disais, dans les français c'est plutôt Gainsbourg, Bashung, Daho, Christophe. Ce sont mes quatre mousquetaires. A l'étranger Prince. Pour moi Prince et Chaplin c'est la même famille. C'est des cousins, des frères. Prince, musicalement sur scène dans sa façon de chanter, c'est pareil. Après tu peux ou ne pas aimer comme Chaplin d'ailleurs mais il y a un souffle. Voilà, David Bowie, Kate Bush, tout ça ce sont des gens qui m'ont pétri.

En 1998, sort ton premier album autoproduit "A l'Envers". Comment s'est passé la naissance de ce projet ?

Laurent Viel. La naissance de ce projet c'était ma rencontre avec Thierry Garcia guitariste, musicien, arrangeur. Les forces de propositions artistiques. C'est un vrai artiste et un vrai partenaire. Donc on faisait les musiques ensemble, on chantait et on s'est dit que ce serait bien d'avoir, à un moment donné, un cd. J'avais envie de m'accrocher à ça et ça s'est fait dans ce contexte là. Pour autant je ne peux pas te dire que j'en garde un souvenir impérissable, c'est pas vrai mais c'est la trace d'une époque.

Et l'enregistrement en studio ?

Laurent Viel. C'était une fois, aussi, où je me laissais un peu porter parce qui se passait. Pour moi le vrai travail de studio où je trouve que je me suis vraiment impliqué c'est le dernier disque. Je n'ai pas fait beaucoup de disques. En 1998 j'ai fait "A l'envers", en 2004/2005 "L'impatience" où je me suis un peu plus investi mais en ne maîtrisant pas forcément tout ce que je voulais alors que le dernier c'est vraiment un travail que j'ai pleinement porté avec tous les musiciens qui sont venus jouer dessus et, où j'ai été à tous les niveaux très pointilleux, on va dire. Alors l'oeuvre est aboutie même si maintenant quand je réécoute, comme dans le spectacle j'ai les bandes de l'album, il y a toujours des choses à revoir. Mais bon, il a fallu arrêter. Et Ian m'a dit "il faut arrêter Laurent car je pense que tel que tu es on peut très bien ne jamais le finir cet album". Il y a toujours un moment où ça me fige. Donc on est content et en même temps on peut se dire ça aurait pu encore çi ou ça.

Auteur-compositeur tu collabores avec Xavier Lacouture, Marie Nimier, Philippe Besson pour les textes et Thierry Garcia pour la musique.
Raconte-nous ces rencontres ?.


Laurent Viel. Alors Thierry Garcia et Xavier Lacouture ce sont vraiment des frères de scène, de chansons et de spectacles. J'ai d'abord rencontré Thierry en 1995. On a fait un concert puis après on a décidé de travailler ensemble. On composait ensemble et il y a eu une alchimie qui s'est créée entre nous. Puis, par le biais de Thierry lorsque je cherchais un auteur il à fait appel à Xavier qui est venu voir des concerts et puis on a commencé à travailler avec lui. Et même si je ne suis ni un auteur ni un compositeur tels que je les conçois, au niveau des textes je savais vraiment ce que je voulais raconter. Donc il fallait que Xavier se mette au service des histoires, des propos et des thèmes que je lui donnais. Après il a su magnifiquement écrire sur mesure pour moi et pareil pour les musiques. C'est pour ça que j'ai fait beaucoup de musiques avec Thierry qui m'a ouvert la possibilité de travailler avec lui sur les musiques. Voilà, ce sont des partenaires avec lesquels je pouvais travailler et donner aussi mes envies aussi bien au niveau des textes que de la musique.

Tu crées la Cie Les Palétuviers, parle-nous un peu de cette compagnie ?

Laurent Viel. Les Palétuviers c'est une compagnie que j'ai monté avec Marc Viseur avec lequel j'ai beaucoup travaillé pendant des années. On était un binôme. Alors là, c'est plus dans le côté spectacle. Et puis on a monté un spectacle qui s'appelait "La mémoire qui chante". On avait interviewé des personnes âgées de la ville de Sceaux qu'on entendait en filigrane nous raconter leur vie et ça croisait forcément la grande histoire car c'était un spectacle qui évoquait le siècle dernier et donc des gens qui avaient pratiquement vécu toutes les périodes de ce siècle et forcément ça croisait, des fois, la grande histoire. En écho, on était quatre sur scène. Deux filles et deux garçons. On avait repris des chansons du répertoire qu'on avait complètement réarrangées parce qu'en ce qui me concerne j'aime apporter de nouvelles lectures sur des chansons tout en ne me servant pas d'elles pour faire quelque chose mais tout en étant à leur service. Mais une lecture nouvelle en tout cas. Donc ce spectacle a énormément marché. On l'a joué pendant cinq ans un peu partout et après on a monté d'autres spectacles. Et la compagnie, artistiquement, a vécu jusqu'en 2013/2014 avec cinq ou six spectacles qui ont bien tourné et ont été joués à Avignon.

En 2000 "J'ai la mémoire qui chante"... 2008 tu crée "Les boulingrins et autres cruautés", spectacle mêlant textes de théâtre (Courteline, Tchekov...) et Chansons (Barbara, Boris Vian, Francis Blanche...) 2009 un spectacle pour le jeune public "Mon Pantalon est décousu".
Quelles sont tes manières de travailler ces différentes approches.


Laurent Viel. Ce sont des choses différentes. "Les boulingrins et autres cruautés", c'était vraiment un spectacle de théâtre. C'était un spectacle qu'on avait fait la directrice Nadine Varoutsikos de la scène nationale du Creusot et qui nous a offert, après, une résidence de trois ans. Donc là, on était vraiment dans du théâtre même s'il pouvait y avoir un peu de chansons. Du théâtre drôle, cruel et ludique. Marc venait vraiment du théâtre. Moi je venais des deux. Et puis après "Mon pantalon est décousu" c'était pour les enfants. C'est pareil. On est allés interviewer des gens qui étaient enfants pendant la guerre et qui nous racontaient des anecdotes de ce qu'ils avaient vécu en tant qu'enfants pendant la guerre. Et puis en écho, on venait prendre des chansons. On en avait monté un autre sur Mai 68, aussi, où il y avait des témoignages. On aimait que se mêle, comme ça, des moments de vie forts et intenses et la chanson qui nous accompagne dans nos vies. La chanson c'est la forme artistique qui nous accompagne le plus au quotidien. La peinture, le théâtre, l'écriture aussi, j'imagine. Mais les chansons c'est un petit truc, ça vient, ça peut te rappeler des émotions d'une intensité incroyable, des gens, des moments. Donc on aimait bien mêler ça.

As-tu une manière de travailler différente pour les spectacles pour enfants ?

Laurent Viel.  Je sais pas. Chaque spectacle est différent. On a pas une recette. Alors après dans la forme, avec les Palétuviers, on pouvait peut-être avoir effectivement ce fil conducteur de témoignages et de chansons mais après on essaye d'être inventifs et créatifs à chaque fois. Tous les spectacles sont différents même s'ils peuvent  avoir, parfois, des liens. Après j'en ai eu de plus différents. Quand j'ai monté mon spectacle sur "Chevalier d'Eon" ou le dernier, là le dernier c'est vraiment quelque chose que j'ai rarement fait. Au tout début je pouvais travailler sur bandes mais là, avec en plus tout un travail de scénographie, de vidéos. Donc il y a eu des moments de spectacle vraiment très différents. Mais quelque part chaque spectacle est différent. Ce sont des travails complémentaires. J'essaie en tant qu'interprète, que je vienne en tant que chanteur ou en tant que comédien de me mettre en disposition pour réagir avec des techniques, bien sûr. J'ai une technique vocale. J'ai ça mais j'essaie surtout de me rendre disponible pour que les émotions du moment viennent nourrir ce qui se passe et permette à la représentation d'être unique en son genre et la plus riche possible. Et quand tu montes sur scène c'est là que tu rencontres le dernier partenaire qui est le public. Et les publics sont très différents. Ils impulsent plus ou moins sur le spectacle. En général ils impulsent toujours sur le spectacle même s'il y a un quatrième mur. La sensation. On ressent si le public est avec nous, contre nous, silencieux, très expressif et ça vient influer sur notre jeu, bien sûr.

Parle-nous de tes rencontres avec Jean Guidoni, Enzo Enzo, Olivia Ruiz, Nery, Isabelle Georges ?

Laurent Viel. J'ai rencontré Olivia Ruiz, à l'époque où l'on cherchait quelqu'un pour faire ce duo "L'amour qu'on a pas fait". Je l'avais vu dans la première saison de la Star Academy et j'avais eu tout de suite une accroche pour elle. Je la trouvais absolument délicieuse. J'adorais l'acidité de sa voix puis son caractère et donc avec la productrice ça a abouti à l'album "L'impatience". Olivia est venue me voir et on a tout de suite super sympathisé. On est dans des univers très différents et on a pas forcément beaucoup de goûts en commun mais elle a une tendresse. Il y a quelque chose qui s'est fait. Je crois qu'on aimait beaucoup chanter ensemble. Elle est venue souvent chanter avec moi et le duo s'est fait comme ça. Alors ça fait longtemps qu'on s'est perdus de vue et là, dernièrement, elle a vu que je reprenais le spectacle et m'a envoyé un petit message adorable. J'espère qu'elle va pouvoir venir. Puis c'est une carrière artistique dont je suis très admiratif. Moi qui l'ai vu au début où il y avait plein de choses elle était vraiment en devenir. Tout ce qu'elle a fait. Elle avait travaillé avec des chorégraphes, monté des spectacles très singuliers. A la fois réussir à être une chanteuse populaire et grand public et en même temps avoir toujours une exigence artistique. Enfin je suis très admiratif d'Olivia et de son parcours. Jean Guidoni, lui, est venu me voir chanter et puis après m'a proposé de faire ses premières parties. C'est pareil pour lui. Jean c'est un immense artiste de music-hall et un interprète incroyable qui, dans les années 80, a monté des spectacles révolutionnaires. Sans savoir, car je ne le connaissais pas beaucoup à l'époque, qu'il me permettrait d'être aussi l'artiste que voulais être. Et puis avec des spectacles comme "Chevalier d'Eon" on à plein de thèmes qui nous réunissent. Il y a quelque chose de l'ordre de la fratrie bien que c'est un grand mot car je ne connais pas assez bien Jean pour ça mais il y a des vrais points communs. Et puis Enzo Enzo. Alors là, c'est une rencontre forte. C'est celle avec qui j'ai le plus travaillé puisque l'on a monté un spectacle sur la famille qu'on a joué deux fois à Avignon et avec laquelle j'ai beaucoup tourné. Et puis il y a une relation très forte presque de frère et soeur aussi bien dans la tendresse que dans les engueulades. C'est une des personnes avec lesquelles je peux me raconter le plus et elle aussi. On est vraiment capable de se dire les choses. Donc voilà, Enzo est rentrée dans mon cœur d'une façon très importante.

La naissance de "L'homme Femme" a commencé par un album, comment est-il devenu un spectacle ?


Laurent Viel Le spectacle "L'homme Femme" est effectivement né d'un album. Je l'avais fait parce que j'avais une petite somme d'argent et j'avais envie de refaire un album. J'en avais pas fait depuis 2005. Je souhaitais prendre des chansons de différentes périodes de mon parcours et m'investir vraiment, profondément au niveau des arrangements et je voulais trouver quelqu'un qui sache à la fois travailler la chanson et travailler l'univers electro-pop qui est pour moi un univers musical que j'aime énormément. Et grâce à la rencontre avec Yann Cortella ça a pu se faire. Donc on a fait cet album pendant le confinement avec tout ce que ça veut dire. Et puis reçevant Isabelle Aichhorn à un moment donné en lui faisant écouter l'album, c'est elle qui m'a dit "Mais tu va faire quoi sur scène ?" Je lui ai répondu  "Je ne vais rien faire sur scène. C'est pas prévu au programme". C'était juste un objet artistique que j'avais envie de faire comme ça pour le geste. Elle insiste et me dit "C'est con. C'est quand même vachement fort. Ça raconte de toi des choses tellement intimes". Je le percevais pas vraiment et elle m'a tellement convaincu qu'on a commencé une séance de travail de 2/3 jours et à la fin on s'est fait "On continue, on continue pas ? Oui, on continue". C'est vraiment un spectacle, c'est la première fois que ça m'arrive, qui a décidé que je le monte, qui nous a emmené et qui, moi, m'a emmené dans des choses extrêmement intimes, extrêmement impudiques entre guillemets. Et j'ai pu retrouver en faisant ce travail là, justement, ce qui m'avait bouleversé chez Barbara. C'est à dire sa capacité de se raconter, de se mettre à nu par des choses très intimes et d'en faire quelque chose d'universel et surtout quelque chose d'artistique, de beau. Et moi c'est ce que j'essayais de faire avec Isabelle Parce que sais que j'avais ce questionnement dès qu'on a commencé. Je me disais toujours "Est-ce que c'est pas un truc très centré sur ton nombril, est-ce que ça va intéresser et toucher les gens ?" Et évidemment, elle m'a dit  "Laurent, regardes Barbara. C'est que ça. Après il faut en faire quelque chose d'artistique mais c'est beau et ça peut toucher les gens. Vraiment". Bien sûr je m'en doutais mais j'avais cette peur aussi. Et puis voilà. Ça s'est monté et ça s'est fait. On a d'abord tourné pour aller chanter chez les gens parce qu'on sortait aussi de cette époque de confinement et on sentait qu'il y avait plein de gens... moi j'ai tout un réseau depuis le début des années 2010 que je ne connaissais pas et qui m'a fait tourner chez les gens. Tu pouvais te trouver à chanter devant 200 personnes comme devant 10. Et avec Isabelle on a eu envie de le monter dans ce sens là au départ. Donc on a eu, comme ça, une vingtaine de dates chez des particuliers et puis après j'ai eu envie de l'amener au théâtre en pouvant faire un travail vidéo car j'avais envie, aussi, que dans ma tête ce que je m'imaginais puisse à un moment donné être représenté de façon physique. Et donc avec Antoine Le Gallo qui a été un partenaire extraordinaire, qui est cinéaste et réalisateur, on a fait tout un travail. Donc là le spectacle que l'on présente à l'Essaïon il y a des projections. On embarque vraiment les gens dans un voyage très personnel et très singulier pour moi et, heureusement, qui va toucher les gens puisqu'en l'ayant déjà joué l'année dernière il y a beaucoup de gens qui viennent me voir plusieurs fois, qui ont besoin de m'en parler et qui ont eu besoin de m'écrire parce que ça touchait quelque chose de très intime en eux. Et ça c'est du bonheur. Là, pour la nouvelle version qu'on présente cette année et qui dure jusqu'au 26 juin, tous les mercredis, j'ai une artiste Alexia Vic qui est venue voir le spectacle et qui est vraiment rentrée dedans. Elle a voulu me photographier car elle est photographe mode et m'a donc offert une séance, comme ça, pour un domaine et tout un projet qu'elle avait. Et là en faisant cette séance, en rencontrant des maquilleurs et des maquilleuses j'ai eu envie d'aller encore plus loin. J'ai eu envie de passer au travail du maquillage qui, pour moi, est plus un masque qu'un maquillage. Et donc la nouvelle version, cette année, se fait avec un maquillage très... enfin c'est le travail de la maquilleuse  Cassandra Ceschi qui vient me maquiller tous les mercredis. Parce qu'au départ je me suis dit qu'elle allait me donner  des cours et que j'allais le faire moi-même. J'ai très vite compris que si je voulais le faire moi-même il y avait beaucoup de boulot et en plus j'ai deux mains gauches (rires). Donc j'ai compris qu'il fallait qu'elle soit là et elle l'a accepté. Tous les mercredis soir elle passe 1h30 à me maquiller. C'est un véritable travail de peinture. C'est somptueux. Et moi ça me permet d'aller encore plus loin. Sur scène c'est une protection. Je me sens encore plus libre qu'avant tout en me sentant protégé par ce masque et tout en rajoutant, pour moi, à la notion du merveilleux. Parce que s'il y a vraiment une chose importante aussi, dans le spectacle, c'est le merveilleux. Et je rejoins quelque part Sylvie Vartan. Car lorsque je l'ai vu, tout petit, avec les paillettes, avec ses costumes, ses changements de décors, ses danseurs qui virevoltaient et puis elle qui était physiquement... Je la trouvais d'une beauté incroyable et singulière et elle m'a amené cette notion du merveilleux. Barbara m'a amené quelque chose de profond, de l'être humain et Sylvie cette notion du merveilleux. Dans le spectacle je retrouve les deux. C'est un spectacle super intime et je suis content qu'il puisse toucher profondément les gens.

Avec ce spectacle intime tu te livres beaucoup. Ne serait-ce pas un peu comme une thérapie ?

Laurent Viel Sûrement, mais de toute manière quand on fait ce métier, en tout cas pour moi, c'est parti aussi d'un traumatisme que j'ai eu petit et c'est ce traumatisme qui m'a fait me jeter dans les bras de Sylvie Vartan puis dans les bras de Barbara et puis dans les bras de la chanson et de la musique. Donc il y a toujours cet enfant qui m'accompagne quelque soit le spectacle. Mais là c'est vrai que je lui ai vraiment donné la parole avec ce spectacle là. Donc c'est très intime. Et puis c'est drôle car l'année dernière Stone est venue voir le spectacle et à la fin elle m'a dit un truc, "En gros c'est ta psychanalyse". Donc ça peut faire cet effet aux spectateurs puisque ça lui a fait cet effet là. Mais moi je viens, bien sûr, toucher le sujet au coeur avec ce spectacle. Quand je fais Brel, quand je fais Barbara, le Chevalier d'Eon, quand je joue "Enterrement d'une vie de jeune fille" de Gilles Granouillet un personnage très éloigné de moi, il y a de toutes façons ça. Car ça c'est la base.

Quand tu sors de ton personnage comment te sens-tu ?

Laurent Viel Quand je sors de "L'Homme Femme"... D'abord quand je commence L'Homme Femme" je suis terrifié à toutes les représentations. Même encore cette année où j'ai vraiment une sensation... tu sais la sensation, bien que j'ai toujours plus ou moins le trac, du truc qui monte, qui monte, le manège qui monte et tu sais que ça va descendre. Donc à chaque fois je rentre sur scène, il y a la mer, il y a ma voix off qui lit ce texte de Proust, petit à petit il y a la lumière et à chaque fois je me dis que je ne vais pas y arriver. Et bing! Je croise les doigts en me disant pourvu que ça dure. J'arrive à la maison, j'accueille les gens, j'ai tout fait pour que ce soit le plus beau possible et je me sens libre. Libre d'être. Je me fous complètement, dans le bon sens du terme, de ce que les gens ont ressenti. Je défend mon spectacle pleinement, physiquement, vocalement, émotionnellement en étant libre. Et à chaque fois que je sors de scène c'est vrai que, Whaou! C'est extraordinaire. Ça l'est, heureusement, très souvent quelque soit le spectacle mais pour celui-là la sensation est évidemment décuplée.

"L'homme Femme" parle-nous des surprises de ce spectacle ?

Laurent Viel Dans cette reprise de "L'Homme Femme" j'ai aussi le bonheur d'avoir, chaque mercredi, un artiste qui vient chanter avec moi un duo. Celui que j'avais enregistré avec Olivia Ruiz "L'amour qu'on a pas fait". Moi j'adore faire des duos. J'adore partager ce moment là. Donc il y a eu Enzo Enzo, Alexia Vic qui est la rencontre de ce model photographe avec qui j'ai fait plein de choses, il y a ma nièce Manon qui chante aussi qui va venir, il y a Mimi Felixine, Raphael Kaney Duverger qui est un chorégraphe et un danseur extraordinaire. Il m'a aidé aussi sur le spectacle pour aller approfondir mes mouvements car j'avais très envie de danser. Je lui ai demandé de venir pour que les mouvements de danse que je proposais aillent le plus loin possible. Il a été merveilleux pour ça. Armelle Yons, enfin plein d'artistes, Christophe Sauzedde, je vais en oublier. Isabelle Ferron, Jean A. Deron dit Laduchiasse. Voilà, chaque mercredi j'ai me bonheur d'avoir un invité différent qui vient partager ce moment et, aussi bien pour moi que pour le public, c'est super. En revanche pour la personne qui vient chanter c'est plus compliqué parce que débarquer, comme ça, au milieu d'un spectacle c'est pas évident. Je les en remercie d'autant plus. Et puis je pense qu'ils prennent du plaisir aussi.



Pour le spectacle "l'Homme Femme" parle-nous du choix des personnes qui t'entoure ?


Laurent Viel Pour la création de 'L'Homme Femme" Isabelle Aichorn est celle qui a mis la graine dans la terre et bien sûr ça s'est construit avec elle. Il me fallait à la fois une artiste et une femme d'une grande bienveillance et très accueillante car comme nous avions touché des choses très intimes j'avais besoin d'être en sécurité par rapport avec ça. Elle a rempli les deux fonctions à merveille. Et puis, très vite, j'ai eu envie d'un danseur enfin d'un chorégraphe parce que j'adore bouger et je n'avais pas envie de faire des chorégraphies mais j'avais besoin de quelqu'un qui puisse m'aider à aller plus loin dans les mouvements que je proposais. Là, j'ai fait appel à Raphaël Kaney Duverger, qui est venu avec tout son talent et son écoute m'aider à aller plus loin dans mes mouvements. Après quand on est passé au théâtre j'ai eu envie de tout un travail de vidéo pour que mes idées, pour que mes rêves d'enfant que je pouvais voir dans ma tête, de temps en temps, puissent se projeter pour le public de façon visuelle. Et, là, avec Antoine le Gallo qui fait aussi le son et la lumière tous les soirs, et qui est un artiste merveilleux, on a fait tout un travail de vidéo. Et puis la dernière personne qui est quand même la plus importante c'est mon amour qui m'accompagne depuis des années et qui, depuis quelques temps, à monté sa boîte qui n'a rien à voir avec le spectacle mais qui a aussi la possibilité de faire des spectacles et qui m'accompagne aussi bien en tant que producteur, maintenant, que partenaire de vie. Donc voilà, c'est essentiellement avec cette équipe là qu'on a travaillé. Puis on a eu des gens comme Sandrine Donzel pour la presse, Melanie Priou pour les réseaux sociaux qui sont venus aussi apporter leur pierre à l'édifice et tous les gens qui nous ont accueillis chez eux au départ pour la création, qui nous ont permis de montrer le spectacle d'une façon assez brute sans lumières, sans projections. C'était vraiment le coeur brut de l'histoire et que l'on continue d'ailleurs à aller jouer quand les gens ont envie, comme ça, qu'on se pointe chez eux pour un moment un peu particulier. Donc voilà.

Tu fait des spectacles "Chant'appart" chez des gens comment cela se passe t'il ?

Laurent Viel  Quand tu viens faire un spectacle en "Chant'appart" c'est ce qui me terrifie le plus. Bien évidemment c'est là aussi, paradoxalement, que j'ai vécu les plus belles soirées. C'est en 2009/2010, à la sortie d'un spectacle que je faisais au théâtre de Beaune, qu'une association est venue me dire "voulez-vous venir faire un spectacle"? Je répond "Écoutez, oui peut-être. C'est où, c'est comment"? Et l'on me répond "Et bien c'est chez nous". Donc j'ai découvert ça et j'en ai parlé à Thierry avec lequel on avait fait un spectacle sur Brel. Je lui ai dit "C'est drôle". Il me dit "On y va" je lui répond" Allons voir". Et j'ai découvert ça. Il y a tout un réseau qui existe et j'en ai fait souvent. Donc effectivement quand on a monté "L'Homme Femme" et lorsque l'on a été interdits de se voir, qu'on était obligés de rester chez soi, même si je comprend pourquoi ça s'est fait, c'était une drôle de période. On avait envie de revenir au coeur des gens. C'est aussi ce que j'adore dans l'idée de "Chant'appart". Ça ramenait la chanson à un moment d'échange, de proximité. Ça peut rappeler, moi qui n'ai pas vraiment connu ça, des déjeuners de famille où la grand-mère chantait, le petit-fils chantait, où toute la manière de partager la musique était différente. Il y avait des moments, comme ça, où on chantait beaucoup avec un moment de vrai partage humain et simple. Et ça dans le "Chant'appart" tu le retrouves parce que tu vois les gens et eux te voient. Mais ils sont vus aussi. Quand tu regardes quelqu'un dans un Théâtre il est dans le noir en général et il est protégé mais, là, c'est je te vois tu me vois. Donc ça crée parfois des choses supers. Quand tu as un public qui est complètement avec toi, quand tu vois dans ses yeux ses larmes, ses rires, c'est fou.

C'est déstabilisant pour jouer ?

Laurent Viel Ah non au contraire ! On partage. C'est extraordinaire. Quand tu montes sur scène c'est à la fois pour faire réfléchir, pour faire avancer mais aussi pour pleurer et  pour rire. C'est important de pleurer et de rire dans la vie. Et moi, quand je travaille, je fais tout pour amener le rire où les pleurs sur scène. Je ne veux pas les fabriquer mais je fais tout pour qu'ils puissent arriver. Quand je fais travailler des gens je leur dit aussi que ce sont leurs outils les plus précieux. Donc quand tu partages ça en "Chant'appart" avec quelqu'un qui tout d'un coup est profondément touché, mais que c'est beau ! Au contraire ça me donne encore plus envie. Ça vient nourrir mon émotion. Après, toi tu es là pour raconter une histoire, chanter, délivrer un texte et il ne faut pas quitter cet endroit là. Ça c'est important. Le but n'est pas de se répandre l'idée de venir nourrir avec tout ça ce que tu es en train de faire. Dans les "Chant'appart" tu as des moments où c'est plus compliqué. Si tu as quelqu'un qui te fait la gueule ou qui est désagréable, là effectivement, j'essaie d'éviter son regard qui t'envoie quelque chose qui n'est pas sympa mais, heureusement, ça m'est rarement arrivé. Sinon je trouve au contraire que c'est super.

Comment vis-tu le ressenti des spectateurs ?


Laurent Viel Quand tu as quelqu'un qui ressent la même chose que toi, en particulier sur ce spectacle là qui est très intime, c'est comme si on se prenait dans les bras. Son émotion est la mienne pour moi. On s'est raconté quelque chose, on s'est fait du bien, on s'est livrés. Tiens, vient dans mes bras !
Ce qui le plus déstabilisant c'est une position qui me semble hostile et parfois il faut faire attention. Je me rappelle, il y a pas très longtemps, deux personnes au premier rang. Ils m'envoyaient des ondes...c'était pas possible ! Ils m'ont attendu à la sortie. Donc c'était très compliqué car ils étaient bouleversés alors que durant le spectacle ils envoyaient un truc... et ils ont attendu que je sorte. Je sors assez rapidement, en un quart d'heure, car je garde mon maquillage. Je l'enlève après sinon j'en ai pour très longtemps. Et donc jes les ai vus et ils attendaient. Donc tu vois, il faut faire attention. Il ne faut pas te laisser emporter par une sensation. Mais, par contre, c'est vrai que dans le partage c'était pas forcément des gens avec qui ça m'était sympathique de partager ce moment là. Quelqu'un qui pleure et qui rit, qui s'effondre au contraire, j'espère que c'est un endroit où justement il lache. Et ça va le soulager. Les pleurs et les rires c'est fait pour nous permettre de décharger des choses aussi, pour nous faire du bien. La pire des choses c'est de ne plus pouvoir pleurer et ne plus pouvoir rire, je trouve. Enfin une des choses les pires.

Donc un bel échange ?

Laurent Viel C'est un échange, voilà. Et moi je n'ai pas peur des gens qui, tout d'un coup, se lachent surtout lorsque je suis en train de chanter et qui tout d'un coup c'est ce que je suis en train de faire, à priori, qui leur permettent de se laisser aller. C'est drôle car dans ce spectacle, il y a des fois où c'est silencieux. Il n'y a même pas un applaudissement entre les chansons. Et puis tu as des soirées où les gens sont morts de rire, où ils pleurent à gros bouillon.  C'est très étrange. Ça dépend vraiment du public. Des fois tu as un public, comme c'est un vrai voyage, les deux premières chansons s'enchaînent et ils se laissent porter et s'il n'y a pas d'applaudissements, pour moi c'est pas grave. Ça ne me gêne pas et je peux comprendre ça. Puis tu en as d'autres qui, d'emblée, on besoin de.. c'est très très drôle. On a eu deux mercredis  radicalement différents et, à priori, les deux ont aimé parce que la salle très silencieuse a adoré. Mais alors tu sentais...tu les sentais pas hostiles mais tu sentais qu'ils étaient "partis". C'était particulier. J'ai des amis qui sont venus voir le spectacle et qui m'ont dit "Il y a des moments, dans ton spectacle, où l'on a l'impression d'avoir fumé un pétard". Je sais qu'il y a, de temps en temps, cette capacité de faire partir les gens, entre la vidéo et le texte, dans un voyage. Je sais parce qu'on me l'a dit.

On sent que ce spectacle est une belle revanche ?

Laurent Viel Oui, ce spectacle là c'est Barbara qui racontait dans son livre "Mémoires inachevées" à un moment donné, je ne sais plus exactement comment elle le dit mais je crois qu'elle dit qu'elle regrette de n'avoir pas pu dire à son père, parce qu'il est parti avant qu'elle le revoie, je te pardonne car je suis devenue une femme qui chante et que j'ai pu transformer de ce traumatisme là et en faire pousser des fleurs magnifiques que j'offre aux gens. Et puisque je suis revenu avec "L'homme Femme" à la source, c'est à dire à ce petit enfant et pourquoi il avait tant besoin de se réfugier dans la musique, il y a quelque chose de cet ordre là. Faire du beau avec du laid entre guillemets. Faire pousser des belles fleurs sur un terreau. Et on sait très bien que le terreau, parfois, pour pousser, à besoin de fumier. C'est paradoxal. Il y avait quelque chose de cet ordre là bien sûr.

Quels sont tes projets en cours ou à venir ?

Laurent Viel  Pour l'instant j'ai quatre projets. Il y a l'envie de reprendre ce spectacle sur le Chevalier Déon qui était un personnage de l'histoire de France incroyable et qui a vécu 82 ans. Né en 1728, mort en 1810, qui a passé 49 ans en homme, 33 ans en femme, il est un des plus grands espions de l'histoire de l'espionnage international et a eu une vie incroyable. Je comprend pas qu'il n'y ait pas une série comme "Game of Thrones" sur lui vu la vie qu'il a eu. J'avais fait tout un spectacle avec Romain Didier pour la composition, Amine Chaieb pour le texte et moi les accompagnant dans cette création parce que c'était vraiment un truc où je voulais être là sur le moindre mot et la moindre note. Et ils ont accepté ce travail là. On l'a joué à Avignon, puis en 2014 où l'on a eu quelques dates en tournée. Et, là, j'ai envie peut-être de le reprendre avec guitare électrique et violoncelle. La question se pose. Après il y a un projet autour de Jekyll écrit par Vincent gaillard. Pareil, je lui avait demandé de m'écrire un spectacle  et il a écrit ça. C'est une adaptation de Dr Jekyll et Mr Hyde qui se passe en 1939 à Londres. Jekyll est un adepte de Freud qui est venu se nourrir de son cancer de la gorge ou de la langue et en s'injectant son produit pour aller plus loin dans le travail de la psychanalyse et convoque hyde sur son divan. Donc c'est une pièce où Jekyll est joué par quelqu'un et Hyde joué par quelqu'un d'autre alors que, normalement, c'est la même personne. Une pièce musicale que je trouve super. Donc peut-être ça.  Après, normalement, une compagnie qui s'appelle cinematique theatre avec qui je refais du théâtre depuis 2017/2018. On a déjà monté deux pièces et il est prévu d'en monter une nouvelle qui a été écrite spécialement pour la compagnie et pour les cinq comédiens qui sont pressentis. Une pièce de Gilles Granouillet qui s'appelle "Rond-Point" et qui évoque le mouvement des gilets jaunes avec beaucoup d'humour, de cruauté et en même temps de choses politiques très fortes. Donc il y a ce projet là qui devrait se monter. Et puis un projet qui, moi, me remplit de bonheur. Ma nièce Manon qui, maintenant, est auteure et comédienne est en train de monter son deuxième spectacle qu'elle a écrit et qui s'appelle "La décision". C'est vraiment un beau travail d'écriture. C'est une artiste étonnante. Et comme moi je l'ai vu toute petite, je me suis occupé d'elle toute petite. C'est fou de voir ça. Elle a comme projet d'écrire une pièce, pour nous deux, quelque part ma drag queen à moi. J'avais fait une série de photos avec elle, en elle, et en voyant ces photos, elle m'a dit qu'elle allait écrire une pièce pour elle. Donc elle est dans l'écriture qui commence déjà à avancer. Il y a des choses supers. Le pitch est super et ce serait pour elle et moi. Donc c'est un projet... un cadeau quoi ! J'espère...

Si tu devais te définir, quelle serait ta phrase ou ta devise ?

Laurent Viel  Oh là là ! Ma phrase ou ma devise ? Si je devais me définir il y aurait quelque chose de l'ordre d'un handicapé rempli de merveilleux et de paillettes et de possibilité d'être extrêmement présent tout en étant complètement largué (rires). Et, par contre, ce que j'apprécie c'est qu'en vieillissant, bien que tu perds plein de choses physiquement, les douleurs qui commencent à arriver, on a aussi heureusement, pourvu que ça dure, des choses qui se calment, qui s'apaisent. Des choses qui pouvaient vous rendre malade auparavant et que vous arrivez à mettre à distance, qui ne sont pas forcément devenues agréables mais qui ne vous embêtent plus comme elles vous embêtaient dans la vie. Heureusement. Et donc voilà, Je suis un peu, comme je te disais, un handicapé féérique (rires).

Qu’est-ce que tu aimes faire lorsque tu ne travailles pas ? Quelles sont tes passions ?

Laurent Viel  Hormis la musique, hormis tout ça,  j'adore bien manger (rires). C'est vrai, je suis un gourmand. Qu'est-ce que je peux adorer manger. Des bonnes choses. J'adore aussi...Je fais ça depuis des années, je suis prof d'interprétation au cours Florent depuis deux ans. Interprétation Cours Florent musique actuelle, disons, car ils ont plein de spécialités. Et, ça, travailler avec de jeunes artistes en devenir, transmettre et trouver un terrain où l'on se comprend et où j'arrive à leur faire comprendre des choses, ça c'est quelque chose que j'adore. Les rapports humains quand tout d'un coup on se met vraiment à se parler, à se raconter, à se regarder dans les yeux et à partager ça. Je crois que c'est essentiellement ça.

As-tu envie de faire passer un message ou un coup de gueule ?

Laurent Viel  Un coup de gueule ? Sylvie Vartan fait ses adieux l'année prochaine. Qu'est-ce que ça veut dire ? (rires). Elle est mortelle, elle va disparaître. Non, ça c'est pour la rigolade. Mais un coup de gueule, je vais dire des banalités. C'est vrai que le monde dans lequel on vit et toutes ces théories du complot, tout ce qui arrive, les futures élections présidentielles en France, pour quelqu'un de ma génération c'est quelque chose d'incroyable. De voir des personnalités, des gens pareils arriver au pouvoir, j'avoue que ça me laisse un peu incrédule. Un coup de gueule ? Il y en a tellement à pousser en ce moment. Et puis j'ai pas forcément envie de ça. C'est déjà assez lourd comme ça. J'ai plutôt envie d'essayer d'aller chercher ce qui est beau et de me dire, bon voilà, le monde est en ébullition et il permet d'être vraiment présent au moment présent car demain devient de plus en plus incertain. Et, ça, c'est peut-être le bon côté des choses.

Parle nous de ta passion pour Sylve Vartan?

Laurent Viel  J'ai vu Sylvie Vartan, je devais avoir 6/7 ans avec ma mamie et ma maman. Tu vois l'ambiance ! Je ne savais même pas qui c'était à l'époque. Je l'ai vu au Palais des Congrès. Je te dis, c'est un truc...ça été un choc et elle m'a prise dans ses bras. Alors après tout ce qu'elle peut faire, je prend tout en ayant un regard artistique qui me permet de dire ça je trouve ça super, Ça je trouve pas ça fantastique. Et puis j'adorais son grain de voix. Je trouve qu'elle avait un grain de voix d'une sensualité...j'adorais aussi sa maladresse. Je trouve que c'est une femme qui avait quelque chose de maladroit mais qui me touche beaucoup. Puis cette notion de merveilleux. En tout cas c'est une artiste qui a créé, avec moi, quelque chose de très fort. Mais c'est drôle, j'ai l'impression que je ne suis pas le seul. Je pense que tous les artistes peuvent créer, avec leurs fans, des choses très fortes. Je sais qu'il y en a eu un qui est devenu son avocat, qui a sorti un livre et qui raconte que lorsqu'il était petit, il avait un problème physique et c'est avec sa famille, sa mère et Sylvie Vartan qu'il a surmonté cette épreuve. Donc c'est drôle parce qu'elle m'a aussi aidé, quelque part, à surmonter cette épreuve, tu vois ! La pauvre, il y a des choses qui s'accrochent sur elle, c'est drôle (rires). Mais voilà, je pense qu'il y a quelque chose d'intime et de personnel encore plus important que le choc artistique qui j'ai pu avoir en la voyant. Je l'ai vu, je me suis jeté dans ses bras.  Prends-moi dans tes bras et protèges-moi ! Tu vois, ça été un truc de cet ordre là. Quand je l'ai vu sur scène c'est la sensation que j'ai eu. J'étais assis tout en haut et j'ai eu l'impression que...Emmène moi !! Ceci dit, j'ai jamais vraiment rencontré Sylvie Vartan. J'ai échangé trois phrases avec elle à la suite d'un de ses concerts à l'Olympia. Ça avait duré deux heures et demie, elle avait reçu 150 personnes dans sa loge, il était deux heures et demie du matin. Elle est arrivée. Elle était déjà plus toute jeune. Souriante, très gentille mais je pense un peu fatiguée. Donc j'ai pas eu vraiment d'echanges avec elle. Par contre ça été un joli moment, parce que ça devait être en 2017, et à un moment donné j'ai pris sa main et en la prenant j'ai retrouvé la main de ma mamie, justement, qui m'avait emmené la voir. La main d'une dame âgée car maintenant c'est une dame âgée. Et ça été un truc...voilà ! Je sais pas si j'ai forcément envie de la raconter parce que ce que j'ai vécu, pour elle c'était rien. Si jamais l'occasion se présentait je pense que j'irais, bien sûr, mais je cherche pas forcément, à tout prix, à la provoquer.

Pour finir, si tu ne devais conserver que 3 choses: un disque, un film et un troisième choix, quelle serait ta sélection et pourquoi?


Laurent Viel  Ça serait sûrement différent selon les jours mais aujourd'hui, dans le monde où je suis, je pense que je garderais l'oeuvre de Charlie Chaplin, celle de Prince et celle de Kate Bush. Je crois...aujourd'hui.
 
 Merci a toi Laurent et a très bientôt.

Interview en Video ICI
 


 Interview Thierry CATTIER 
Photos Alexia VIC - Th CATTIER / SHOOTING IDOLS
ReTranscription William Chopin