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samedi 4 mars 2023

SLEEPING ROMANCE (Lina Victoria chanteuse) // INTERVIEW // Bienvenue dans le monde des ombres - 23 Janvier 2023.

Rencontre avec Lina Victoria, jolie et douce créatrice de bijoux, et chanteuse au sein de Sleeping Romance. Un échange au HardRock Café pour la sortie de l'album "We Are All Shadows", 3ème album du groupe, pour en savoir un peu plus sur eux et sur leur nouvel album.

Interview également disponible en vidéo en suivant le lien en fin de page.

Bonne lecture :)


L'interview en Vidéo ICI


Peux-tu te présenter et présenter le groupe ?
Lina Victoria. Salut c'est Lina Victoria je chante dans le groupe Sleeping Romance qui est un groupe Italien de base, mais aujourd’hui on est un peu partout en Europe. Italie, Allemagne, et pour ma part Paris, France... Sleeping Romance c'est un groupe qui a commencé en 2013 et qui a aujourd’hui 3 albums à son actif, qui a commencé en métal symphonique avec des touches de Power Metal, et qui aujourd’hui est plutôt du Metal alternatif voire du Metal parfois. Difficile à caser, comme on en parlera peut-être après. Je dirais que c'est du Metal alternatif, notre dernier album qui vient de sortir "We all are shadows" représente bien le nouveau style.


Quels sont les groupes qui vous ont donné envie de faire de la musique ?
Lina Victoria. Ohh il y en tellement, je dirais qu'il y a un groupe qui m'a donné envie de chanter c'est "Evanescence", clairement avec son chant magnifique, "In This Moment" aussi, mais le groupe qui m'a donné envie de me mettre à fond dedans, qui m'a vraiment mis des étoiles dans les yeux et qui m'a donné envie de faire de la scène c'est "Avenged Sevenfold". Quand j'ai regardé le fameux live in LBC là j'ai été conquise, c'est mon groupe préféré de toute façon et encore à ce jour. Désolée, je sais qu'il y a plein de gens qui n'aiment pas du tout mais moi j'adore. Voila c'est un peu comme ca que je suis tombée dedans, en regardant ce Live chez moi au Maroc, je me suis dit moi je veux être là-bas, en fait ça a l'air trop bien, j’aimais déjà chanter et je me suis dit pourquoi pas.


Avec "We All Are Shadows", premier disque avec le groupe, comment cela c'est passé ton arrivée dans le groupe ?
Lina Victoria. En fait Sleeping Romance ils se sont séparés de leur chanteuse pendant le confinement, et moi je savais déjà depuis longtemps que je voulais me professionnaliser en chant parce que j'avais déjà mon groupe Français Abhcan qui avait moins d'ambition professionnelle, vraiment on voulait pas faire de grosses tournées, on voulait produire du contenu de qualité sans mettre non plus des milles et des cents dans la production mais je sentais que j’étais à un moment ou je voulais aller un peu plus loin, et le confinement m'a permis d’approfondir tout ca. Je suis allée passer une audition pour Sleeping Romance et au bout de quelques mois il m'ont recontactée en me disant qu'ils voulaient que je les rejoigne après quelques séances d'enregistrement et quelques essais via Skype.

D'où vient l'idée du nom "Sleeping Romance"?
Lina Victoria. Ahhh ça c'est une question plus pour Frederico... Mais en fait il voulait quelque chose d’autre... il avait commencé avec un autre type de nom Hybrid Resolution et le label à l'époque trouvait que cela collait pas tant que ca avec le style du groupe qui était métal symphonique, il voulait quelque chose de plus délicat, plus doux, et c'est comme ca qu'ils ont choisi Sleeping Romance.

Comment procédez-vous pour la création des titres ? Ensemble, séparément ?
Lina Victoria. En fait les morceaux étaient déjà écrits pour la grande majorité avant que je les rejoigne, à part peut-être un ou deux. Ce qui s'est passé, et heureusement, c'est que ma tessiture n'est pas très éloignée de celle de Frederica l'ancienne chanteuse. Après, on a vraiment deux timbres de voix très différentes, mais elle a une voix légèrement plus aigue que moi. Au final ces notes là n'étaient pas forcément utilisées dans ses compositions, ça déjà c’était une bonne nouvelle. Frederico fait toutes les compositions, elles étaient déjà prêtes quand je suis arrivée. Et avec Mattia l'autre guitariste de Sleeping Romance on écrit les paroles ensemble. Ca se fait vraiment en deux temps, il y a la composition avec la ligne vocale, et il y a le thème qui nous est donné par Frederico pour chaque chanson, et ensuite avec Mattia on écrit les paroles.




Sur "Smoke & Mirrors" d’où est venue l’idée d’insérer des paroles en arabe ?
Lina Victoria.
Elle est venue vraiment au dernier moment, car en fait quand le groupe m'a recrutée il on su que j’étais Marocaine il m'ont dit, ah peut-être qu'à un moment tu pourras chanter en Arabe, ils voulaient vraiment s'ouvrir toutes les options, moi je trouvait ça super. Vu qu'on sait qu'il y a cette option, si ça a du sens à un moment, on pourra le faire. Et c'est ce qui s'est passé pour "Smoke and Mirrors", on était en studio et à un  moment il dit "Tiens Lina ça fait un peu vide ce passage, tu veux pas essayer de chanter en Arabe" et là je dis "Ohhh... C'est vrai pourquoi pas, attends donne moi 20 secondes" et je regarde le thème général et je me dis qu'est-ce qui pourrait passer là, et je me dis je vais trouver une phrase bien métal, plaignante, larmoyante, tout ça quoi (Rires). Et je me dis ça donne quoi en Arabe... Frederico me dit "vas y tu sais quoi viens on essaie", je vais dans la cabine du studio et là on a fait qu'une seule prise, et directement on a trouvé que c’était très bien donc on l'a gardée. Voilà, ça s'est fait comme ca.

Peut-être une idée pour le futur album ?
Lina Victoria. Ben oui pourquoi pas, on est vraiment ouverts à tout, tant que ça a du sens, encore une fois on va pas faire ça pour le faire et pour dire ouais elle a chanté en arabe, non non faut que ça ait du sens, faut que ça soit dans le schéma global de l'album.

Comment s'est passé l'enregistrement de ces 10 titres ?
Lina Victoria.
Alors en fait, comme on est à distance, chaque instrument s'est fait à distance, sauf le chant où on s'est tous retrouvés en studio. Et on a fait l'enregistrement tous ensemble dans le studio, chacun pouvait donner son avis et on pouvait voir des choses au dernier moment. Frederico il habite en Allemagne, moi j’habite à Paris, et les trois autres en Italie. Ils ont quand même enregistré certains passages ensemble quand ils voulaient les avis des uns des autres, mais au global ça c'est fait comme ça, à distance. La magie de la technologie.

Vous reste t'il quelques morceaux non retenus ?
Lina Victoria. Frederico il a quand même son petit stock... Après je pense qu'il ne reste aucun morceau qui a été terminé et qu'on n'aurait pas mis. C’était des démos, des morceaux de choses par ci par là. Mais des morceaux finis qu'on a pas mis, non y en a pas.

Y a-t-il un artiste ou un groupe avec lequel vous rêvez de jouer ?
Lina Victoria. Oui forcément, je sais que les gars sont super contents de jouer avec Leprous ou Catatonia Architects voilà ce genre de groupe entre prog et mélodique quand même, et pas mal d’agressivité. Moi je sais que Evanescence j'adorerais, bien évidemment Avenged Sevenfold mais le style colle pas du tout mais on parle de fantasme donc voilà pour moi ce serait ça. Evanescence le style collerait, et oui j'aimerais beaucoup.

Parle-nous du design de la pochette ?
Lina Victoria. On voulait quelque chose de gris, quelque chose de bichromatique en fait. Blanc, noir, un peu de peau, un peu chair. Mais en fait on en voulait pas plus, on voulait casser ces codes du métal symphonique avec beaucoup de flammes, les lumières, les montagnes. Les pochettes ultra complexes moi personnellement j'adore, mais pour ce style là on voulait quelque chose à l’américaine, très épuré. Donc on a eu cette idée d'une danseuse qui représente un peu les différents états d’âme et les différentes ombres qui sont en nous finalement. Et la photographe, elle a pris ça d'une certaine façon, du coup ça a donner cette espèce de superposition, qui est en fait une seule danseuse qui fait plusieurs mouvements a la suite. Après, la photographe a su mettre ça en scène, on lui a donné ce que l'on appelle un bookboard, un brief, et elle a ajouté sa créativité.

Comment décrirais-tu votre musique ?
Lina Victoria. C’est compliqué cette question, parce que on est entre plusieurs genres, on est un peu métal alternatif, new métal, neo métal, toujours des touches de symphonique, ça ne change pas mais c'est moins prédominant. Voila c'est tout ca en fait, c'est très complexe et on essaye de simplifier tout ce qu'il y a autour parce que sinon ca devient n’importe quoi.

Quels sont vos projets pour les mois à venir ?

Lina Victoria. On a un concert à Nice le 25 Février et deux jours après un concert à Lille et un concert à Paris le 28 Février à l'international, et le festival 666 à Cercoux du 11 au 13 août 2023, où il y aura d'autres Line-up qui sont incroyables on est super content d'y jouer.

Quelque chose à rajouter ?
Lina Victoria. L'album c'est un mix de plusieurs choses il a mijoté cet album pendant plusieurs années. Il y a eu 5 ans de gap entre le dernier et celui là, mais en fait il était prêt il y a longtemps, il a subi plusieurs évolutions. L’évolution du temps, parce que Frederico aime bien revenir sur ce qu'il fait, il se satisfait jamais complétement, il veux toujours revoir des petite choses perfectibles ici et là. Et avant que je les rejoigne, ils ont eu le temps de le faire. On a revu certaines paroles aussi et finalement même en studio on a refait certaines choses comme tu as pu voir pour "Smoke and Mirrors". Donc cet album est sorti en étant complétement mûr, et c'est pour cela qu'il est aussi complexe : il y a eu beaucoup d’années de réflexion derrière, et il nécessite plusieurs écoutes selon moi. En live il prend une toute autre ampleur, c'est incroyable l'effet qu'il peut avoir, j’encourage vraiment les gens à venir le voir et de se rendre compte de la dimension de ces morceaux là..

Pour finir, si tu ne devais conserver que 3 choses ? Quelle serait ta sélection et pourquoi ?
Lina Victoria. Le livre Harry Potter 4 clairement, même si je pense qu'il ne survivrait pas car il est déjà dans un état lamentable, la tranche ne tient plus c'est une espèce de crochets mais je l’emmènerai avec moi parce que je pense que je ne m’en lasserai jamais (Rires). J’emmènerai mon Labello parce que j'ai tout le temps mes lèvres sèches, et du chocolat forcément : toujours avoir du chocolat sur soi !



 Interview Thierry CATTIER 
Photos Th CATTIER / SHOOTING IDOLS


samedi 15 janvier 2022

ORKHYS (Laurène Telennaria Chanteuse Harpiste) // Interview // A Way ... Novembre 2021

 

En 2020 Orkhys se faisait remarquer par la qualité indéniable de son premier Ep “Awakening” qui s'avérait être une vraie réussite et une belle découverte. A cette occasion Julien Lancelot nous révélait que leur premier opus était pratiquement terminé et devait voir le jour l'année suivante. C'est maintenant chose faite avec A Way sortie le 16 Septembre 2021 qui nous transporte dans une nouvelle dimension cinématographique et nous rassure sur la qualité du combo avec ce nouvel essaie qui confirme tout le bien que l'on pensait d'eux ! Mention spéciale à Laurène Telennaria chanteuse, harpiste et professeure de chant qui brille de mille feux sur ces huit nouveaux morceaux, ou elle s'épanouit vocalement de façon exceptionnelle et nous transporte dans un monde d'émotions à travers ses prouesses lyriques. Il suffit d'écouter "Annwvyn" ou « Blood Ties » pour être littéralement envouté. La belle semblant possédé par les textes onirique de cette majestueuse offrande qui reste ancré dans un univers celtique, lyrique et symphonique ou la harpe et la cornemuse s'intègre parfaitement aux mélodies mélancoliques ! Cerise sur le gâteau une superbe reprise revisité de "The Clansman" un morceau d'Iron Maiden extrait de Virtual XI un hommage réussi aux maîtres du Heavy Metal et à Blaze Bayley qui eut la lourde tâche de succéder à Bruce Dickinson ! C'est avec la charmante chanteuse Laurène que nous avons pu nous entretenir afin de faire le point sur l'avenir de Orkhys et de découvrir cette nouvelle galette qui devrait séduire de nombreux fans à travers ses contes et légendes venu d'un autre temps. Une interview sympathique qui nous permet de d’en savoir un peu plus sa personnalité et son parcours artistique. Magnéto Laurène c'est à toi !



Vous avez donné un concert le dimanche 22 octobre 2021 à la péniche antipode. Quels souvenirs gardes-tu de ce show après cette année de confinement ?

Laurène Telennaria. Ça fera tout juste un an sur la tournée où l'on avait sorti notre premier EP. Un an sans jouer c’était un petit peu long. Du coup on était très content de faire cette date et de refaire un concert complet. La péniche était pleine à craquer. C'était un plaisir de retrouver le public, de retrouver cette énergie, de voir les gens heureux, de les voir Headbanger, bouger, pogoter sur la musique. C’était vraiment super.

Vous avez donné une soirée au Feelgood le 16 septembre pour fêter la sortie de l'album intitulé « A Way ». Comment s'est déroulé cette fête ?

Laurène Telennaria. Oui on a rencontré des gens. Nous avons mis la musique dans le bar pour recueillir à chaud les premiers retours. On a eu un très bon accueil, et obtenu vraiment des messages ultra positifs. Cela nous a rassurés sur la qualité de la musique qu'on propose en se disant qu'on avait déjà un premier cercle de personnes qui était vraiment emballé par l'album. Ça rassure, ça fait plaisir et ça donne des ailes.

Finalement qu'est-ce qui vous a poussé à proposer un album plutôt qu’un EP ?

Laurène Telennaria. On avait une demande de faire figurer une reprise d'Iron Maiden, et d'ajouter aussi un morceau instrumental qui sont l'orchestration de deux nouveaux morceaux qui mis bout à bout duraient plus de quarante minutes. En discutant avec notre attaché de presse Roger, il nous a dit « Attendez ce n'est plus un EP, c'est un album ». On a juste changé la sémantique car c'est un opus.

Est que c'est toi que l'on voit sur la pochette ?

Laurène Telennaria.
Non. Rires. Pour te dire la vérité cela aurait pu être moi. En fait la pochette a été dessinée par Calvaire Drach notre graphiste qui a fait l'artwork sur notre EP. Cette jeune femme me fait penser à la chanson dont je parle « Annwvyn », un morceau qui a été écrit à la suite du décès de ma grand-mère. C'est pour cette raison que je disais que ça aurait pu être moi. C'est un hasard et une heureuse coïncidence.

On voit sur la pochette un tunnel qui passe à travers les branches. Est-ce que cela a une signification, voire plusieurs interprétations ?

Laurène Telennaria. C'est ce qu'on aime aussi. Un mot qui définit Orkhys est le mot liberté. Nous faisons la musique que l'on aime, on ne se met pas de barrière sur le style de notre musique et on invite aussi les gens à rentrer dans leur imaginaire. On aime bien laisser une certaine interprétation aux gens et on leur laisse voir ce qu'ils ont envie de voir. Nous avons notre propre interprétation et notre idée. Mais c'est toujours intéressant de voir ce que les gens peuvent percevoir et donc c'est toujours personnel quand on interprète quelque chose. On se rappelle aussi notre vécu, de nos émotions. Après si on parle uniquement de l'élément de création on est parti de « A Way » et il y a une double signification. Une manière de voir et d'interpréter la musique et cette vision de la musique. C'est celle que l'on a envie de défendre, d'entendre et de jouer. C'est vraiment la première signification et la seconde est aussi le chemin. On est né avec « Awakening », le réveil et « A Way » c'est comment s'acheminer. Il y a cette visibilité sur le court terme et le moyen terme. Sur le long terme c'est une inconnue et c'est ce que représente ce tunnel. On ne voit pas ce qu'il y a autour. On imagine le chemin mais on ne voit pas ce qu'il y a au bout de cette forêt qui est un peu inquiétante. Des arbres qui sont dénudés c'était aussi l'appréhension très dure et des sources d'angoisses que l'on peut avoir. Sortir un groupe, se montrer et se mettre devant la lumière. On avait envie de tout schématiser. Le chemin, où commence notre chemin mais nous ne savons pas où il va nous mener. Mais on y va !

Le texte « Annwvyn » est très important pour toi.

Laurène Telennaria. Je célèbre la vie de ma grand-mère. Tout ce qu'elle m'a appris et enseigné. C'est un morceau hommage.

Elle a eu un rôle important dans ta vie.

Laurène Telennaria.  Oui elle a eu un rôle important. Elle m'a transmise beaucoup de chose. C'était quelqu'un de très discret, quelqu'un qui nous a beaucoup aimés. C'est quelqu'un que j'estime énormément. Je pense à elle très très très fort.

Comment s'est déroulé l'écriture de l'album avec les sept titres et un bonus ? Aviez-vous beaucoup de titres ou avez-vous écrit en septembre dernier ?

Laurène Telennaria. En fait quand on s'est vu tout était écrit et on avait bien avancé sur l'enregistrement. Toute la batterie est enregistrée et quasiment toute la basse. On avait déjà bien avancé sur l'album.

Au niveau de l’écriture des textes, est ce que cela a été facile ?

Laurène Telennaria.  Plutôt oui, en fait je fonctionne énormément à l'instinct et au moment. Par exemple je vais reparler de ce morceau là car la façon dont j'ai géré l'écriture en fait je savais que cela allait s'appeler « Annwvyn ». C'est l'autre monde en celte, qui signifie "paradis" pour eux. Je savais que ça allait parler de ça. J’ai commencé à écrire les paroles et au bout d'un ou deux couplets j'étais en panne d'inspiration. Je ne savais plus quoi écrire. J'avais l'impression d'avoir tout dit dans ces deux couplets ; du coup je réfléchissais et il me manquait une histoire dans l'histoire. J'ai mis le morceau de côté et je savais que ça viendra à un moment donné car je savais que je bloquais dessus. C'est le décès de ma grand-mère. Puis très rapidement ce fut une évidence, ce morceau là je savais pourquoi je n'avais plus d'inspiration et qu’il était destiné à un moment de ma vie. C'était un pressentiment, il s'est passé quelque chose de spécial sur ce morceau. Pour la petite histoire cela n'a pas été voulu où préméditer ; il y a encore des signes de l'univers. Lorsque Brice notre guitariste compose les morceaux il a toujours des noms de bouffe avant que j'écrive les paroles. Ça nous permet déjà de bien rires et de savoir très précisément de quels morceaux il parlait. Moi je suis d'origine bretonne, ma grand-mère était bretonne et quand j'ai regardé comment s'appelait ce morceau à la base, ce morceau s'appelait galette bretonne. Ma grand-mère me faisait des galettes dans la cheminée et je me suis dit c'est fou quand même. C'était un petit clin d'œil, chacun l'interprètera comme il veut. Cette coïncidence est un petit signe. Moi je préfère y voir un petit signe de ma grand-mère.

Est-ce que tu as beaucoup plus travaillé au niveau du chant en studio sur l'album ? C’est la première chose qui me frappe en écoutant A Way, c’est la progression vocale par rapport à l'EP précédent.

Laurène Telennaria.  En fait il n'y a pas eu de travail en studio, mais sur toute l'année. Je suis vraiment heureuse que tu le soulignes et que tu l'es entendu parce que ça a été un tel travail et qui continue de l'être. Je suis une férue de technique vocale. C’est elle qui va m'amener à la liberté pour interpréter et chanter comme je veux. Quand on n’a pas de technique vocale on est souvent limité. Ce que la voix peut donner est pour moi toujours quelque chose sur lequel j'ai souhaité m'affranchir. Je ne souhaite pas par un défaut de "technique vocale" ne pas pouvoir interpréter un morceau, ne pas pouvoir le chanter comme je l'entends dans ma tête. Oui il y a un énorme travail qui a été fait et qui continue d'être fait. Je n'ai pas honte de dire que je suis des cours toutes les semaines. J'ai mon cours de chant et de harpe aussi malgré le fait que ce soit aussi mon métier de donner des cours de chant et de harpe. Je pense qu'il faut toujours faire des formations pour toujours s'améliorer. Merci de l'avoir remarqué, ça fait très plaisir.

Est ce qu'il y a des chansons qui ont été un défi vocalement pour toi ?

Laurène Telennaria.  Oui et puis bizarrement ce ne sont pas les défis auxquels on s’attend. Je suis soprano légère colorature c’est à dire que j'ai une facilité à faire des aigues et ce que je dis toujours les aigues sont impressionnants. Parfois on s'arrête sur ce point car on a l'impression que c'est le plus dur. Pour moi ce n'est pas le plus dur. Parfois ce qui parait plus "facile" l'est pour d'autres personnes alors que pour moi ça va être un peu plus dure parce que ma voix est tellement légère que je vais avoir des difficultés sur autre chose. Par exemple sur le morceau « Home », ma difficulté va être sur les couplets et refrains. Cependant sur la dernière partie je peux partir en roue libre parce que ma voix "génétiquement" est programmée pour le faire. Merci papa, merci maman. Ils m'ont doté de cordes vocales qui sont très fines et s'étirent énormément me permettant d'accéder à des aigues ultra facilement. Mais je vais avoir des difficultés sur autre chose.

Pourquoi avoir choisi d’inclure sur cet opus une reprise d’Iron Maiden, « The Clansman » ?

Laurène Telennaria.  Ce qui s'est passé c’est que Brice compositeur et guitariste est un grand fan de Maiden qui s'entend clairement dans les compositions d'Orkhys. En fait pour notre terrain de jeu avec Brice on fait des reprises que l'on met sur la chaine Orkhys pour la faire vivre. On avait fait une reprise de « Pieces Of You » d'Annihilator et en attendant entre deux EP à l'époque on s'est dit qu'on allait se faire plaisir en prenant une reprise de Maiden à notre sauce. Nous on dit qu’on va « l'Orkhyser » et nous sommes allés les voir à Bercy Arena. J'ai vraiment eu un coup de cœur pour ce titre et en discutant avec Brice il m'a dit qu'il adorait ce morceau. Ce titre collait avec le groupe. On l'a fait, on l’a posté sur la chaine YouTube et on a eu de tels retours. Cette reprise a énormément plu. On a eu beaucoup de demandes en disant si la reprise figurerait sur l'album. On n'y avait pas pensé mais il y a eu tellement de demandes qu'on a voulu y répondre. On a retravaillé le titre et mis sur l'album. On a intégré une cornemuse Ecossaise, on a rajouté des petites mélodies à la flute et on a retravaillé tout le socle musical pour coller au style musical et à la façon d'écrire de notre nouvel album pour qu'il n'y ait pas de cassure sur le rendu sonore.




13 Novembre 2021.
Pascal Beaumont  / Laurent Machabanski (Traduction)
Photos DR