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mercredi 8 mai 2024

JEWLY // INTERVIEW // Un rendez-vous trés Rock ... - Paris Hôtel Félicien le 18 avril 2024 .

Encore une fois, toujours un plaisir de retrouver JEWLY afin de parler et échanger ensemble. Avec son nouvel album et cette interview, on la retrouve en plein cœur de Paris pour ce beau moment. Toujours aussi touchante, belle et adorable, comme à chaque fois un vrai plaisir que cette rencontre. On vous laisse avec la belle JEWLY.



Depuis notre dernière rencontre, tu es devenue Maman. Parle nous de cette nouvelle façon de vivre et comment concilies-tu tout cela ?

Jewly : Oui effectivement je suis devenue Maman, depuis 3 ans. On a fêté les 3 ans de mon petit Jim il y a quelques jours .
Comment je concilie ça ? C'est intense. En fait c'est intense parce que les journées sont beaucoup plus courtes, les semaines sont beaucoup plus courtes, on a beaucoup moins de temps. Alors en temps normal quand c'est des années de tournée, ça va. Mais là comme c'est une année avec un album, c'est sportif. C'est sportif, je suis fatiguée, j'ai des cernes mais voilà. Mais heureusement j'ai un petit bout qui est super cool, qui est super rock'n'roll donc ça va j'essaie de gérer au mieux en lui donnant un maximum de temps parce que c'est beaucoup de bonheur mais c'est effectivement beaucoup d'énergie. Et je crois que pour l'instant ça va, lui il a l'air de bien s'en tirer j'ai envie de dire. Alors ça a changé ma façon de travailler ? Ouais déjà je travaille beaucoup moins le soir parce qu'après, moi, faut savoir aussi que j'ai un côté artiste auto-entrepreneuse. A savoir que oui j'ai mon côté concerts, etc... donc ça c'est la cerise sur le gâteau, c'est le bonheur voilà mais il y a un côté aussi où je passe beaucoup de temps à faire, ben, de la compta, de la régie, de la recherche de dates, de l'administratif, beaucoup, beaucoup de choses et c'est vrai que maintenant quand je cherche mon petit bout, il est 18h et je passe du temps avec lui. En plus je sors pas mal, on ne le couche pas forcément à 20h voilà et bah c'est sûr qu'une fois qu'il est couché je ne fais plus comme avant, je faisais mes contrats etc …. Donc oui ça a changé ma manière de bosser. J'essaie d'être beaucoup plus concise quoi.  

Quelle a été ta source d'inspiration principale pour ton nouvel album REBELLION ?

Jewly : Ma source d'inspiration principale ? Je dirais beaucoup Archive. Archive c'est un groupe que j'ai redécouvert il y a 2/3 ans. Je dis redécouvert parce que dans Archive il y a tellement de choses que c'est un grand écart quoi, surtout dans les ambiances, dans les voix et dans les harmonies. C'est vrai que c'est un groupe que j'ai beaucoup réécouté et qui m'a inspiré. Alors je ne sais pas si Rebellion reflète forcément mon écoute d'Archive, en tout cas c'est quelque chose que ouais j'ai beaucoup réécouté. Depeche Mode aussi je dirais. Depeche Mode avec aussi plein de décennies parce que eux aussi c'est quelque chose qui est très riche, très différent aussi selon les albums. Donc oui je dirais ces deux groupes.

Ton passé de docteur en pharmacie t'influence-t-il pour l'écriture de tes textes ?

Jewly : Alors clairement...clairement je pense que dans tous mes albums il y a beaucoup de textes qui sont dirigés vers la santé mentale, vers le bien-être, vers la libération, vers la prise de conscience. Et je pense qu'il y a aussi les rencontres que j'ai faites durant mon passé de pharmacien où moi c'est quelque chose qui m'a toujours beaucoup touchée...c'est l'humain, c'est l'écoute. Et ce coté de pharmacien, moi j'aimais bien ce métier là aussi parce qu'il y a un coté psychologue aussi qu'on a dans ce métier là. Les patients, au médecin ils n'ont pas forcément le temps de parler, par contre au pharmacien ils vont peut-être s'épancher un peu plus si le pharmacien prend le temps de laisser le patient s'épancher. C'est vrai que moi j'ai fait beaucoup de rencontres. Ça m'a beaucoup nourri, ça m'a beaucoup inspirée et aujourd'hui  Rebellion clairement c'est un album qui est autour de la santé mentale et oui il aborde des thématiques qui ont fait écho quand j'étais pharmacien aussi entre autre.

As-tu procédé différemment pour l'enregistrement de ce nouvel album Rebellion ?

Jewly : Alors pour l'enregistrement de cet album, grosso modo ça a été assez similaire par rapport à Toxic. Par contre ce qui a été très différent … Toxic donc l'album précédent....ce qui a été différent en revanche c'est plus dans la composition. Alors pourquoi ? C'est parce que dans cet album il y a beaucoup de français, chose un petit peu inédite. J’espère que je n'empiète pas sur une question qui va suivre mais il y a beaucoup de français. Il y a 50/50, 50% de français 50% d'anglais et donc dans la composition, ça a été un petit peu différent de composer en français. Il y avait toujours un titre ou deux que j'écrivais en français avant, mais un titre ou deux et souvent c'était des titres assez calmes, pas forcément rock, voilà. Et donc là ma manière de composer et d'écrire a été un petit peu différente. Moi j'écris d'abord toujours les textes et ensuite je fais les compositions. Et là en l’occurrence, quand j'écrivais les textes en français j’avançais déjà beaucoup dans l'arrangement, parce que les arrangements sinon c'est plus...je les travaille vraiment avec l'arrangeur mais là j'avais déjà...je mettais déjà un peu les mains dans le cambouis dans l'arrangement pour faire la composition, pour m'inspirer la composition.

Comment se sont passées les sessions studio ?

Jewly :  Alors les sessions studio ? Génial ! Génial parce qu'on a été, on a enregistré  à nouveau dans le studio Black Box qui est du côté d'Angers avec Peter Deimel qui est incroyable, qui est un gars  incroyable humainement et artistiquement et techniquement. On a enregistré dans ce studio, c'est tout à l'ancienne voilà. En analogique sur bandes avec une équipe géniale. Donc il y avait Moon Pilot qui était à la réal et aux arrangements. On a enregistré les batteries avec Vincent Lechevallier qui est un batteur juste incroyable, avec qui j'avais déjà collaboré sur mon album précédent et qui là nous a fait des batteries...mais autant il était déjà là, mais là je n'ai même plus la main assez haute pour dire là où il était. Pareil humainement quelqu'un d'incroyable. Et j'ai fait la connaissance d'Alexandre Maillard qui a fait les guitares, quasiment toutes les guitares parce qu'il y a un guest aussi guitares mais ça on les a faites plus tard. Et Alexandre Maillard qui est un guitariste qui allait vraiment chercher les harmonies de mes compositions parce que moi je triture toujours un petit peu. Je vais toujours un peu à la limite dans les harmonies avec des choses un tout petit peu dissonant. Mais lui il est allé justement chercher tout ce que j'avais, toutes ces disharmonies que j'avais cherché à mettre dans mes compos avec les sons qui me font kiffer, qu'il a écouté. Je lui ai envoyé au préalable, je lui ai envoyé et donc c'était le bonheur quoi !

Dans ton nouvel album, 50% des titres sont en anglais et 50% sont en français. Comment as-tu fait ce choix ?


Jewly :  Le choix du français / anglais en fait, ça s'est fait un petit peu comme un gros flash puisque sur cet album il y a vraiment cinq thématiques principales qui sont abordées sous deux angles de vue. Un angle de vue de la jeunesse, l'autre l'angle de vue de l'adulte. Je me suis un petit peu posée et je me suis dit : ben tiens en fait ça fait écho aussi par rapport à mon parcours. Moi quand j'ai commencé à écrire, j'écrivais en français et ensuite quand je suis devenue adulte, je ne sais pas si on devient vraiment adulte un jour, mais en tout cas voilà, j'ai commencé à écrire en anglais. Et donc cela m'a semblé assez évident en fait d'écrire tout ce qui était du point de vue de l'enfance en français et tout ce qui était du point de vue de l'adulte en anglais. Et voilà et puis après j'ai déroulé un peu la pelote comme ça avec ce flash et ça me semblait évident de faire comme ça, des binômes de chansons français / anglais et avec toujours ce côté du point de vue de l'adulte qui est un petit peu là pour montrer la voie de la résilience quoi.

«Alter Ego» sorti le 15 mars est le 1er single extrait de ton nouvel album. Pourquoi avoir choisi ce titre ?

Jewly : Alors à la base en fait, ce n'était pas ce titre qui devait sortir en premier. Ha non mais ça c'est pour la petite...c'est marrant... c'est pour la petite histoire, c'est le deuxième single qui sortira un petit peu plus tard : c'est Résistance. En fait, avec mon attaché de presse que je salue au passage, qui est super (coucou), on s'est dit : bah tiens on va prendre plutôt Alter ego. Alter ego en fait c'est une boule d'énergie. C'est un titre on s'est dit : mais en fait il fait du bien, c'est une boule d'énergie. Dans la thématique aussi, c'était quelque chose que j'avais vraiment envie de mettre en avant et on s'est dit : si c'est le premier titre qui sort, ben vraiment ça va. Ça faisait un petit moment qu'on avait pas sorti de titre, et donc du coup on s'est dit : c'est le titre qui va sortir, c'est ce qui va interpeller. Aujourd'hui on a besoin d'énergie positive et puis voilà. Ça semblait évident. En plus il était en français alors que Résistance en anglais. On s'est dit peut-être que c'est bien aussi de commencer par un titre en français puisque des titres énergique comme ça, en français il n'y en a pas forcément beaucoup qui sont sortis dans mon répertoire. Donc au final ça a été assez évident quoi.

Écriture en Français ou en Anglais, même difficulté ?

Jewly : Alors l'écriture, si tu parles vraiment des paroles, du texte quoi... le texte pour moi il est beaucoup plus facile en français. Il est beaucoup plus facile en français, j'explique pourquoi. Parce que moi je mets beaucoup de second degré. Le second degré en anglais...en anglais c'est pas ma langue maternelle, j'essaie de faire ça aussi bien que je peux mais le second degré c'est pas forcément toujours évident quand c'est pas ta langue maternelle. Et le français, ben voilà il y a les mots alors c'est plus simple dans l'écriture. Je dis dans l'écriture du texte parce que dans la composition après, quand tu vas l'utiliser, le français est beaucoup plus dur à faire sonner dans le rock. Le français est plus dur, les mots...l'anglais il sautille. Déjà tu as des mots, rien qu'avec les toniques de l'anglais, quand tu vas dire un mot par exemple "happy" quand tu vas dire "happy",  direct tu as un truc qui sautille, voilà. Et donc pour la composition en anglais, elle est beaucoup plus facile pour moi.


Raconte-nous ta rencontre et ta collaboration avec Yarol Poupaud

Jewly : Yarol ! Yarol c'est une très belle histoire parce qu'on s'est rencontré...on avait eu la chance de faire sa première partie dans une salle à Cléon, où on a hyper sympathisé direct. On a fait la première partie, ça s'est super bien passé, on a sympathisé, on a fait après... voilà on a fait l'after et tout, avec toute son équipe de zicos. C'était super. Un gars adorable et on était plus ou moins resté en lien. Et quand j'ai composé deux titres de l'album, enfin deux des dix titres, je me suis dit : wow mais là j'entends tellement Yarol jouer sur ces titres là. Donc j'ai envoyé un petit message. Je lui ai dit : "Écoute Yarol est-ce que ça te dit de participer à mon prochain album ? "Il m'a répondu direct mais hyper gentiment :"Avec grand plaisir " Je lui dit : "Il y a un titre ou deux" . Je me suis dit qu'avec un peu de chance, il va accepter de faire les deux. Effectivement il a accepté de faire les deux. On s'est retrouvé dans son studio à Paris. Il devait venir au studio Black Box, ça n'a pas pu se faire parce qu'ils étaient en pleine promo de FFF, puisque FFF allait sortir l'album. Et cela n'a pas pu se faire au Black Box du coup moi je l'ai rejoint à Paris et on a enregistré dans son studio et puis voilà. Il a compris tout de suite l'idée. Il a fait des choses incroyables. Et puis hé bien pour la petite symbolique, le premier show de Rebellion, on a pu le faire avec FFF à la Laiterie parce qu'ils jouaient deux semaines ou trois semaines avant la sortie de cet album Rebellion. Et donc on a pu tourner avec eux et faire ce premier show de Rebellion avec FFF, donc indirectement avec Yarol quoi.

Il y en aura un autre ou pas ?


Jewly : Peut-être...je sais pas...j'espère...on a failli faire le lendemain du coup parce que pareil, toute l'équipe et tout... adorables. Ils jouaient à Metz le lendemain. Il me dit : "En fait on n'a pas de première partie à Metz demain". Et en fait le tourneur était déjà parti et donc on n'a pas pu...enfin voilà c'était trop chaud de l'organiser le lendemain, d'appeler etc...Si le tourneur avait été là on aurait pu lui demander direct mais il était déjà parti et puis on a réalisé ça à la fin de leur concert, quand on était au merch tous ensemble et puis ...donc on n'a pas pu faire Metz mais peut-être y en aura-t-il un autre ?

Parle-nous de la pochette de l'album REBELLION  ?

Jewly : La pochette ! La pochette, je voulais quelque chose qui corresponde à Rebellion mais en même temps je voulais ce clin d’œil, avec ces binômes de chansons, donc avec ce côté à la fois enfant et adulte, enfance et adulte. Et on avait fait une première séance photo avec un photographe qui s'appelle Julien Ayrault qui a fait les photos de l'album, des photos magnifiques. Pas moi hein ? Les photos je précise. Et du coup je dis : Ha oui ok les photos sont supers. Mais il n'y avait que ce côté rébellion et du coup il n'y avait pas forcément le côté enfance. Et rapidement en fait j'ai été mise en relation avec une graphiste qui s'appelle Pauline Soler, qui a direct capté un peu ce dont j'avais envie et qui a fait ce boulot incroyable, en mêlant la photo enfin les photos et des illustrations graphiques, des mots écrits à la main, des ratures...tout ce qui montrait aussi ce que l'on peut avoir dans la tête avec cet album qui est quand même assez fort, assez profond. Et en fait ça collait tellement, avec un visuel qui est flashy. On aime ou on aime pas mais voilà ça cogne quoi ! Et donc oui je les remercie du fond du cœur parce que je trouve qu'ils ont fait un travail qui est incroyable et qui est aussi vraiment en accord avec ce que je voulais, en accord avec la musique, en accord avec les textes, vraiment en symbiose avec tout.

Quelles directives leur as-tu données ?

Jewly :  Ils ont vachement bien bossé parce qu'en plus moi je leur avais dit : je veux sortir de ma zone de confort. Après c'était même pas forcément moi sur l’album aussi. D'ailleurs la pochette ça me ressemble sans me ressembler. Je veux dire c'est moi mais c'est moi en mode … Ceux qui me connaissent en live ils m'ont dit direct : c'est toi ! Ceux qui ne me connaissent pas en live ...voilà, pas tout de suite de prime abord mais quand ils me voient après en live ils me disent : oui c'est clairement toi ! Toi tu me connais en live. C'est assez évident !

D'où vient le choix de travailler avec des musiciens différents pour la partie studio ou la partie scénique ?

Jewly : Alors en fait moi à la base, mon choix il se pose plutôt sur ce qu'on appelle le réalisateur donc le directeur artistique de l'album. En général je fais un casting. Moi je compose les chansons, les textes, je commence déjà à avoir des idées d'arrangements et ensuite je soumets à plusieurs arrangeurs et en gros je leur demande de travailler. Je leur donne le choix de bosser...je leur envoie trois titres et ils ont le choix de bosser sur le titre qu'ils veulent. Et après je choisi le directeur artistique, le réal. En général, c'est réalisateur et arrangeur c'est pour ça que je résume en directeur artistique. Et ensuite, ces directeurs artistiques, avec moi évidemment, on va choisir l'équipe qui va enregistrer en studio. Souvent lui il connaît des personnes, il pense à des personnes et je trouve que c'est toujours intéressant de bosser avec différents musiciens parce que du coup ça ouvre d'autres portes. Si tu restes toujours à bosser avec les mêmes personnes, tu restes toujours un peu dans le même tunnel. Moi je veux dire mes albums de l'un à l'autre, alors je ne dis pas qu'ils sont radicalement différents mais en tout cas il y a une vraie évolution et moi c'est ce que je veux. Même d'une chanson à l'autre d'ailleurs. Moi je n'ai pas envie que les gens ils se fassent chier à écouter toujours un peu la même chose. Il y a des artistes qui font ça, c'est un choix.  En tout cas moi je préfère évoluer et puis je pense que même on évolue. On évolue dans ce qu'on écoute, on évolue dans ce qu'on est et donc forcément pour moi un album il ne peut pas être le même l'un après l'autre quoi. Et donc assez naturellement j'ai bossé avec des équipes que m'a proposé l'arrangeur. Même là en fait l'arrangeur est le même parce que cela n'a jamais été le même arrangeur d'un album à l'autre sauf là, en l’occurrence sur ces deux derniers albums. Cela a été Moon Pilot qui a été le même arrangeur parce que j'avais encore quelque chose à faire avec lui et puis il m'a bien montré qu'on avait encore des choses à faire ensemble. Et puis voilà du coup il m'a proposé une équipe. Alors le batteur on a gardé le même en l’occurrence mais le guitariste c'était pas du tout le même, le bassiste malheureusement ça n'a pas pu être le même parce que Phil Spalding qui a enregistré sur tous mes albums hé bien lui malheureusement n'est plus là. Hé puis voilà une autre équipe qui évolue. Et puis même les musiciens live, eux pour le coup ne changent pas parce qu'ils sont fixes depuis un petit moment. Bah eux, même, je pense que pour eux c'est challengeant aussi, ça les fait évoluer aussi donc moi je pense que c'est bien pour tout le monde. Moi je leur laisse toujours le choix déjà. Je leur dis, je leur fais écouter l'album, je leur dis : les gars vous pouvez ne pas aimer quoi ! Ils peuvent ne pas accrocher sur le nouvel album puisqu'il aura évoluer forcément et je leur laisse toujours le choix. Là c'est vrai qu'il s'est trouvé qu'à chaque fois ils ont dit oui. Puis après il y a le boulot On fait des résidences, on bosse parce que l'idée ce n'est pas de faire du copier/coller de l'album, l'idée c'est que chacun se l'approprie. Alors évidemment, il faut respecter l'esprit général de l'album mais ils peuvent se donner des libertés justement. Et puis là sur cet album ça s'est vraiment hyper bien passé parce que ils ont sur-kiffé l'album vraiment. Ils m'ont vraiment... ils m'ont partagé j'en avais les larmes aux yeux de voir à quel point ils aimaient l'album. Ça me fait chaud au cœur. Et puis après, hé bien là il vit en live d'une autre manière et moi ce que j'aime bien c'est que souvent les gens, le public qui connaît l'album, qui connaît le live, bah ils me disent : en fait ce sont deux choses qui sont différentes entre guillemets, qui se recoupent mais qui sont hyper intéressantes les deux. Pour moi voilà on a gagné en ayant ces commentaires là.



Bientôt tu joueras à la Dame de Canton. Que nous prépares-tu ?

Jewly : C'est une excellente question. Non pour l'instant, je n'ai pas encore d'idée. Évidemment ce sera un show particulier parce que ce sera LE concert de sortie de l'album. Alors il y en a eu un « petit » on va dire avec FFF à la Laiterie, mais à la Laiterie c'était 30 minutes puisque forcément on était avec FFF. Là oui émotionnellement ce sera chargé. Je ne sais pas et même si je le sais je ne vais pas le dire (rire).

As-tu en ce moment un rêve ou une envie artistique ?

Jewly :
J'aimerais bien faire un duo avec Nick Cave. Voilà ! Je crois que je n'ai pas besoin de développer plus. Ça ce serait le surkiff quoi ! Ou alors que Jack White vienne faire des guitares avec nous à la Dame de Canton ? Ce serait pas mal ça ? J'allais dire que ce n'est pas du tout quelque chose que je prépare hein ? Ce n'est pas du tout dans les ...j'aimerais bien hein ! Jack White si tu m'entends !

Qu'écoutes-tu actuellement sur ta platine ?

Jewly : En fait j'écoute tellement de choses que non je ne peux pas te dire. Alors évidemment Archive, je te parlais d'Archive tout à l'heure donc ouais il y a beaucoup d'Archive. Après en ce moment j'écoute plutôt du blues. Du blues mais alors ça peut aller à du Sea Sick Steve mais aussi à des gros standards de blues quoi. Et puis évidemment j'écoute le dernier album de FFF. Je fais un peu de pub aux copains. Il est vachement bien d'ailleurs. Franchement...

Que penses-tu de cette nouvelle façon de vendre la musique ? Kiss Kiss Bank Bank Ululle ?

Jewly : Je trouve ça très très dur parce que moi dans ma démarche artistique, encore une fois, mes chansons sur un album elles sont très différentes de l'une à l'autre. Ça veut dire que quelqu'un qui va écouter mon album …je pense que je vais demander à dix personnes quel est ton titre préféré sur l'album, j'aurais dix réponses différentes. Donc c'est ça qui est difficile sur la musique aujourd'hui que tu écoutes en mode bah...une chanson, un titre par titre qui est comme ça parmi d'autres. Là où j'ai un petit peu d'espoir, c'est par rapport au vinyle, qui revient. Alors j'espère que cette vague va persister parce que dans le vinyle tu écoutes au moins l'album par face. Donc tu écoutes au moins la moitié ou le quart d'un album. Selon si c'est c'est un ou deux vinyles par vinyle. Sinon oui ça fait un petit peu peur cette musique à la consommation où finalement tu écoutes sur Spotify, et puis tu ne sais même pas ce que tu écoutes. D'un autre côté c'est bien parce que ça te permet de découvrir mais d'un autre côté tu vas moins dans la profondeur de ce que l'artiste veut défendre quoi. Donc il y a du pour et il y a du contre.

Donc tu es pour le vinyle ?

Jewly : Ha oui je suis pour le vinyle, je suis pour. Je suis à 200% pour. Alors évidemment un vinyle qui est travaillé pour être un vinyle... à savoir que tu fais un mastering spécial, tu fais les laques comme il se doit évidemment pour qu'il y ai le son qu'il y ai la chaleur?. Moi je vois mon album aujourd'hui je l'écoute en cd ou je l'écoute en vinyle, ben c'est comme si c'était, pas deux albums différents évidemment mais tu as des choses que tu redécouvres quand tu écoutes le vinyle. Des choses que j'avais oublié, qu'on avait fait en studio et quand j'écoute le vinyle j ai dit : Ha oui j'avais oublié ce truc là ! Parce qu 'il y a d'autres choses, c'est hyper intéressant. C'est une chaleur  qui n'a rien à voir. De la même manière que nous on a enregistré sur bandes. Quand tu couches un mix sur bandes bah c'est pas le même son que quelque chose qui fait...voilà. Après on peut pas toujours se permettre de faire ça comme ça. Mais en tout cas moi oui je suis pour cette culture du son, après c'est pas toujours évident. Évidemment on ne peut pas mettre le vinyle dans sa voiture. Mais bon c'est un moment, tu bois un bon verre de vin avec un vinyle. On prend le temps d'écouter...ben c'est un plaisir quoi.

Quels sont tes projets ?
Jewly : Mes projets ? Ben tourner, tourner quoi, voilà... et aller présenter cet album à un maximum de personnes un peu partout. De toute façon ce métier là je le fais pour le live donc oui j'ai vraiment hâte d'aller... bah là ça y est c'est parti ...d'aller sur les routes, de présenter ce projet aux personnes, de sensibiliser aussi parce que cet album c'est vraiment... Rebellion c'est pas descendre dans la rue avec les pancartes... Rebellion c'est une rébellion intérieure en fait. C'est prendre conscience de qui on est, de ce que l'on ne veut plus subir, c'est de s'écouter, de réagir, de réfléchir et c'est vraiment une ode à la différence, à la singularité et à la libération. Et donc ça c'est un message que j'ai vraiment envie de transmettre aux personnes. C'est de dire, ben lâchez-vous quoi ! Lâchez-vous, écoutez-vous. Aujourd'hui quand je vois les générations actuelles, elles vont en chier plus tard ! Donc je pense que c'est primordial de prendre soin de soi, en terme de mental, de psychique etc...

Souvenirs des concerts qui t'ont fait frémir ?

Jewly : Je suis désolée mais je vais les re-citer !!C'est Archive. Je les ai vu il n'y a pas longtemps en plus. Je te l'ai cité aussi, c'était Nick Cave. Ça c'est un concert qui m'a bouleversé parce que je me suis dit : wow, c'est le maître ! Pour moi c'est le maître sur scène. Il y a un espèce de truc qui se dégage donc voilà. Mais j'ai vu Archive il n'y a pas longtemps sur scène. Bah j'ai surkiffé. Light show en plus, c'est monstrueux ! Un groupe aussi que j'ai vu il n'y a pas longtemps et que j'ai vraiment adoré c'est Hyphen Hyphen. Vraiment super groupe, grosse énergie et tout. J'ai beaucoup aimé aussi ce concert là. Donc voilà si je devais te les citer, je te citerais ces concerts là que j'ai vu on va dire il n'y a pas longtemps ou d'autres que j'ai vu il y a un peu plus longtemps mais qui m'ont marqué quoi.

Quelque chose à rajouter

Jewly : Moi j'ai envie de dire merci à des journalistes comme vous, qui soutenez les artistes indépendants parce que tout n'est pas toujours rose hein ? Je veux dire, on galère etc...Alors oui on a la cerise sur le gâteau, la récompense c'est le live mais par contre derrière faut ramer, faut ramer. Et des médias qui nous soutiennent hé bien voilà j'ai envie de vous dire merci.  

Merci à toi et à très bientôt à la Dame de Canton

Voir l'interview en VIDEO ICI




Thierry CATTIER 

Photos Th CATTIER / SHOOTING IDOLS


jeudi 15 octobre 2020

JEWLY // Interview // Dont Be Late // Octobre 2020.


 

Aujourd’hui c'est JEWLY, notre Siouxie à nous... qui pour la sortie de son nouvel album "TOXIC" nous permet de nous plonger un peu dans son monde et nous donne la possibilité de la connaitre un peu mieux au travers de cette interview. Bonne lecture.

Aujourd’hui c’est l’occasion avec la sortie de ton 3ème album "TOXIC" d’en connaitre un peu plus sur ton parcours : tu es née à Mulhouse, comment s’est passée ta jeunesse là-bas ?
Jewly : Assez "classique" je dirais. Je suis en effet née à Mulhouse mais j’ai grandi dans un village qui s’appelle Kembs, très près de l’Allemagne et de la Suisse.
Mon père travaillait d’ailleurs à Bâle (en Suisse), ce qui m’a permis de découvrir très tôt les cultures de plusieurs pays.

Quelles étaient tes premières passions musicales, avec quel groupe as-tu découvert la musique ?

Jewly : Mes premières passions musicales… le classique ! J’ai fait de l’alto puis du violon étant jeune.
C’est mon grand-père qui m’a initiée à ces instruments et qui m’a bercée dans du Mozart.
Un peu plus tard, c’est avec Queen que j’ai découvert autre chose que la musique classique.
Un "Bohemian Rhapsody" est une excellente passerelle non ?  

A quel âge as-tu commencé à jouer d’un instrument et lequel ?
Jewly : J’ai commencé l’alto à 6 ans puis le violon vers 8 ans. A 16 ans, aimant déjà chanter, la guitare me semblait plus appropriée pour m’accompagner. L’alto et le violon sont en tout cas d’excellents instruments pour développer la justesse et l’exigence musicale.

Quels souvenirs gardes-tu de ton enfance, de ton parcours scolaire, de ton éducation ?
Jewly : Au sein du cocon familial, j’ai eu des parents très aimant et ça c’est précieux.
Pour le reste, cela a été assez particulier pour moi, enfant je me croyais "anormale" car j’avais du mal à trouver une place.
Je me suis toujours sentie décalée. Je sais aujourd’hui que ce n’est pas une tare mais ce n’était pas toujours facile à vivre, car enfant, on n’a pas encore les armes de protection.
Donc j’ai été le bon petit soldat… jusqu’à un certain âge ;).

Parallèlement à tes études de pharmacie, tu joues avec un ami pianiste des classiques de jazz, et des chansons d'autres artistes ; comment vivais-tu le mélange de ces deux univers ? Que te reste-t-il de ces concerts ?
Jewly : En fait, je choisissais essentiellement des standards de jazz car ces titres représentaient pour moi une liberté de pouvoir jouer avec les mélodies, les notes, et donc de vraiment pouvoir se réapproprier les chansons ; mon côté compositrice devait déjà me titiller un peu.
Et cela se mélangeait du coup assez bien avec les autres chansons que je chantais.
Cela reste d’excellents souvenirs ! C’était plus calme que mes concerts actuels, c’est sûr !
Mais ces premières scènes ont permis de révéler petit à petit ce que je suis aujourd’hui et surtout que j’en prenne conscience moi-même.

Te souviens-tu du premier concert que tu as donné ?

Jewly : Si on parle d’un "vrai" concert, c’était dans un café-concert à Strasbourg qui s’appelait Le Divan, dans un caveau avec une superbe ambiance, assez intimiste.
J’étais à l’époque juste accompagnée d’un pianiste.

En 2009, ton premier album "Behind The Line" sort sous ton vrai nom Julie Claden, tu y chantes en anglais et en français ; comment s’est passé l’enregistrement de cet album et comment as-tu choisi ton équipe ?
Jewly : J’avais rencontré un arrangeur qui vivait dans les Cévennes en enregistrant un single que j’avais décidé de vendre au profit de l’UNICEF.
Nous nous étions très bien entendus, et j’ai goûté à la joie d’être en studio.
Cela m’a donné envie de faire un album complet, je l’ai alors recontacté.
On a bossé ensemble sur les arrangements dans un premier temps.
Il était aussi instrumentiste donc a enregistré plusieurs instruments, puis d’autres musiciens que j’avais rencontrés sur différents concerts ont enregistré les autres instruments à Strasbourg.

En 2011 sort un premier EP "No Shoes", nouveau choix, nouvel univers, tu t’entoures de gens différents, tu décides de changer de nom, et cela devient Jewly ; pourquoi ce virage ? D'où vient le nom "JEWLY" ?
Jewly : J’ai eu l’occasion de faire des concerts avec des formations plus « rock » et cela m’a permis de découvrir ce besoin de rock et de blues en moi. L’équipe live avait donc déjà commencé à s’étoffer et ils ont compris mon besoin. J’ai commencé à écrire des textes en anglais et à composer des mélodies plus rythmées. Le changement de nom est venu naturellement avec cette évolution, ou révélation devrais-je dire… Jewly c’est une contraction assez évidente entre mon prénom et la chanteuse Jewel, chanteuse américaine plutôt folk, qui a eu une place importante pour moi, non pas musicalement mais plutôt dans mon parcours personnel.



En 2014 sort ton album "Bang Bang Bang" avec des titres très pêchus "The Other Side Bang Bang Bang" ou plus blues comme un "Dont Be Late" digne des plus grands…  Comment s’est passé l'enregistrement dans les studios ?
Jewly : Merci déjà !
L’enregistrement était dingue !! Avec une équipe qui l’était tout autant ! Nous l’avons enregistré à Paris.
Le réalisateur (en gros le directeur artistique) de "Bang Bang Bang" est Hervé Koster, un batteur incroyable.
Les musiciens pour cet album étaient mes musiciens de scène (dont le batteur Raph Schuler qui joue toujours avec moi aujourd’hui), sauf le bassiste Phil Spalding, qui est venu d’Angleterre, un musicien avec un pedigree monstrueux !
C’est Steve Forward, l’ingénieur son de cet album, un anglais aussi, qui nous a mis en relation quand il a appris que je cherchais un bassiste rock.
Cet album a été enregistré en conditions live, en quelques jours, avec une entente et une équipe parfaites.
Cela reste vraiment d’excellents souvenirs et nous sommes tous devenus de vrais amis !!
Chacun d’ailleurs a collaboré sur certains de mes albums qui ont suivi et y collaborera à nouveau j’en suis sûre.

Tu as fait quelques belles premières parties :  Scorpions, Axel Bauer, Ana Popovic, No one is Innocent, Lucky Peterson, Ten years after, entre autres… Que gardes-tu de ces 1ères parties ?
Jewly : Un accueil hyper chaleureux ! Des organisateurs déjà, du public aussi, et des artistes, d’ailleurs avec certains nous avons fait de super "afters", en se marrant bien !! C’est une chance que les artistes et ces programmateurs nous aient fait confiance, donc c’est une grosse pression au départ mais une grande joie après et des souvenirs mémorables et inoubliables. Je crois que celle qui m’a le plus marquée était la première partie de Macy Gray !

Tu décides en 2015 d'arrêter définitivement et après 8 ans ton métier de pharmacienne, pour te consacrer à la musique et essentiellement à ta grande passion, les concerts. Comment as-tu pris cette décision ?  Ton envie de scène a été la plus forte …
Jewly : Dans la vie il faut faire des choix, et choisir c’est renoncer.
Tu ne peux pas tout faire en même temps, j’essayais de me donner à 100% dans les 2 métiers que j’adorais, mais au bout d’un moment ce n’était plus possible.
On commençait à tourner beaucoup, plus de 60 dates par an, développer un projet avec ses propres compositions demande beaucoup de temps, et l’appel de la scène, ou devrais-je dire le besoin, a en effet été plus grand. Aznavour disait « les chanteurs sont les pharmaciens de l’âme », d’une certaine manière j’exerce donc encore les 2 métiers non ?.

Sur scène, tu joues avec chacun de tes personnages, on ressent très fort les messages que tu veux faire passer.  Est-ce un combat, une libération ou est-ce un peu ton côté Docteur Jekyll et Mister Hyde?
Jewly : Alors en fait, et cela peut peut-être faire peur…, ce ne sont pas des personnages.
C’est moi, simplement, avec mes différentes personnalités, ou si tu préfères, les différentes facettes de ma personnalité.
Cela semble schizophrénique peut-être, mais sur scène, c’est l’endroit où je me sens libre et totalement moi.
J’écris d’ailleurs des chansons qui sont totalement en symbiose avec mes ressentis, j’ai besoin de ça pour vivre pleinement et tout donner sur scène.
La scène est bien sûr une libération, et c’est une chance de pouvoir le vivre.
Peut-être un combat avec soi-même car il faut assumer une mise à nue, mais j’ai besoin d’être authentique avec le public, de partager des sujets et délivrer des messages forts qui me tiennent à cœur.

En 2017 sort ton 2ème album "Drugstore", enregistré en Angleterre. Chaque chanson représente un personnage qui raconte une histoire avec un prénom pour chaque titre un bout de vie pour chacun…  Raconte-nous ta façon de travailler : comment composes-tu ? Y a-t-il des moments propices ? Comment ressens-tu l'inspiration ? Es-tu influencée par des histoires de gens proches autour de toi ?
Jewly : Pour composer, j’ai besoin de me mettre en ermite et d’être à 200% avec moi-même.
Peu importe l’endroit, mais il faut que je coupe tout ! Il n’y a pas de moment précis, tout à coup, c’est LE moment et les mots peuvent sortir en 5 minutes… comme en 5 heures parfois.
Avant de me mettre devant une feuille blanche, cela travaille beaucoup dans ma tête, des jours, des mois, voire une/des année(s) avant ! L’inspiration me vient de mon vécu bien sûr, des personnes qui m’entourent.
Étant hypersensible, les émotions profondes de l’autre me touchent très fortement et c’est une chance de pouvoir les retranscrire dans un art afin de ne pas trop les absorber.
"Drugstore" conte en effet les histoires de personnes qui m’ont bouleversée, dix vraies personnes, connues ou anonymes. J’ai eu besoin de partager leur histoire et de montrer que même si on a vécu une vie avec un parcours parfois très cabossé, on peut s’en sortir !
Même si on n’est pas dans les normes que la société impose, on a la même valeur que n’importe qui !

L'album "TOXIC" est un album/concept qui raconte le parcours d’une personne de 4 à 37 ans face à des gens ou des situations toxiques, et qui essaye de s’en émanciper. Comment est venue cette idée d'album/concept, y as-tu mis des moments de ta vie, des faits personnels ?
Jewly : "Toxic" est clairement mon parcours de vie, mais je n’ai pas voulu le présenter tel quel car il reste un exemple de parcours, avec des situations qui peuvent tous nous concerner.
L’avantage de la langue anglaise est le côté asexué, quand on parle à la première personne, on ne sait pas si c’est une femme ou un homme qui parle, le protagoniste de "Toxic" peut donc être n’importe qui.
Mon souhait c’est vraiment d’essayer de donner une ou plusieurs clés pour s’écouter, prendre soin de soi, être à l’écoute de l’autre, réagir et ne plus subir.
Que quelles que soient les situations ou les personnes toxiques que l’on a rencontrées, on arrive à aller au-delà et à trouver le chemin de la résilience.
Purify est la première chanson de "Toxic" que j’ai composée, elle est inspirée d’une relation avec une personne pervers narcissique.
C’est quelque chose de compliqué à gérer, surtout quand c’est quelqu’un de proche, mais il faut aussi savoir se protéger soi-même, ainsi que son entourage.
La deuxième chanson est également née d’une situation toxique qui m’avait fortement affectée quelques années auparavant.
"Toxic" est rapidement devenu une évidence, je devais dérouler la pelote… Puis une phrase m’est venue, et je me suis dit qu’elle devait correspondre à tous les titres de l’album mis bout à bout, car elle représentait la délivrance du protagoniste à l’issue de ce premier parcours de vie.
Cet album est au final "nontoxic" et plein d’espoir !

 


Axel Bauer a participé à l'album "Toxic" avec un solo sur "The Stupid Game Of", d’où est venue cette collaboration ?

Jewly : Quand on avançait sur les arrangements des titres avec Moon Pilot, le réalisateur (directeur artistique) de "Toxic", j’ai eu envie de faire appel à certains invités sur des titres.
J’avais eu l’occasion de rencontrer Axel et j’ai adoré son son et jeu de guitare, avec ce côté rock bien sûr mais surtout blues que j’affectionne tout particulièrement.
Je l’entendais sur le titre "The Stupid Game Of !" Tout naturellement je lui ai envoyé, et il lui a plu ! Grande émotion quand j’ai entendu son solo de guitare, mais aussi les interventions pertinentes qu’il avait ajoutées au titre.
Il a compris exactement ce que je souhaitais. Merci Axel !
Et merci aux 2 autres guests, Justin Adams (Robert Plant) et Pascal Danaë de Delgres qui ont aussi apporté leurs guitares sur 2 autres titres.
Et la collaboration c’est également faite de matière naturelle et enthousiaste !

Cette année, avec l'arrêt brutal et imprévu de tous les concerts suite au coronavirus, comment as-tu vécu la période de confinement, comment se passaient tes journées ?
Jewly : "Toxic" devait sortir le 24 avril, on a décidé avec mes attachés de presse de maintenir la date de sortie, notamment car les gens avaient besoin de nouveautés musicales à ce moment-là.
Alors en fait pendant la période de confinement à proprement parlé, j’étais très occupée.
Par la promo du coup et on a fait quelques évènements "en ligne", mais aussi par le report ou l’annulation des dates (plus de 50 dates étaient prévues de mars à septembre).
Après, même si on a pu faire malgré tout 15 concerts de juillet à septembre, je me sens encore confinée…
Tout se ré-annule et la sortie du tunnel pour tout le secteur évènementiel ne s’entrevoit pas pour ’instant. C’est complexe car on a tous juste envie de travailler !!
Et certaines aberrations ou injustices ne nous aident pas à accepter psychologiquement la situation.
Évidemment qu’il faut être prudent et la situation est inédite, mais faire un concert en respectant les consignes sanitaires, boire un coup dans un bar, etc, semblent moins dangereux aujourd’hui que de prendre le métro…
C’est un grand débat ! En tout cas je pense que pour n’importe qui c’est horrible de ne pas pouvoir travailler pendant un an, voire plus.
Et je n’aborde même pas le côté viscéral et vital d’être sur scène et d’essayer de véhiculer du bonheur et de permettre aux gens de sortir de leur quotidien, particulièrement anxiogène depuis des mois.

Peux-tu nous parler un peu des 3 musiciens qui jouent avec toi à la batterie Raph Schuler, à la guitare Sébastien Bara et à la basse Jean Christophe Bauer. Comment vous êtes-vous rencontrés et quel est leur parcours ?
Jewly : Des fidèles compagnons de scène, qui sont devenus des amis ! Raph joue avec moi depuis plus de 10 ans, je l’ai rencontré lors d’une soirée bœuf musical pour une fête de la musique.
On avait super accroché et il m’avait dit "si un jour tu cherches un batteur… ".
Un an plus tard c’était le cas et depuis, il me supporte toujours (LOL).
JC et Seb sont arrivés un peu plus tard dans le groupe (5 ans pour JC et 3 ans pour Seb) ; c’est Raph qui me les a proposés quand il y avait un peu de changement dans le groupe et dès le premier concert avec l’un comme avec l’autre, c’était évident.
En plus d’une superbe entente humaine, ce qui est primordial quand on tourne beaucoup, tous les 3 sont aussi d’excellents musiciens !!
Ils se complètent très bien en plus. Ils sont tous musiciens professionnels depuis très longtemps et ont joué avec beaucoup d’artistes.
C’est vrai que maintenant j’ai la chance qu’ils tournent essentiellement avec moi car notre projet exige d’être très disponible car, hors période COVID, nous tournons beaucoup (70 à 80 dates par an).

Comment gères-tu la nouvelle organisation des concerts suite au covid : distanciation, port du masque, difficile de monter et reporter des dates, comment vis-tu tout cela ?
Jewly : Le jour du premier concert qu’on a pu faire en sortie de confinement, le 13 juillet, c’était la libération ! Enfin sur scène ! Pouvoir offrir "Toxic" en live avec du public !
Ne pas jouer pendant 4 mois ne nous était pas arrivé depuis des années.
Et puis, quelques concerts ont suivi, public masqué, avec distanciation, assis… cela a commencé à devenir frustrant j’avoue, pour nous certes, mais surtout pour le public.
Notre musique en plus se vit plutôt debout… et moi j’aime aller vers les gens, dans la fosse, être au plus proche.
Malgré cela les gens nous partagent et communiquent le bonheur de pouvoir revivre ces sensations, donc je crois que l’essentiel est là.
On se fait aux contraintes en espérant que cela ne dure pas éternellement ! Pour l’instant de toutes façons, on ne peut pas se projeter.
Lors des derniers concerts qu’on a fait, c’était magique, car malgré les contraintes, le public nous a donné tellement, chantait malgré le masque, "dansait" en étant assis, souriait avec le regard.
Un moment suspendu qui permet un peu de tenir le choc !

Y a-t-il un artiste ou un groupe avec lequel tu aurais aimé joué ?
Jewly : Plusieurs forcément ! Si je ne devais en citer qu’un, je dirais Nick Cave sans hésitation pour un duo par exemple. Pour une collaboration sur tout un album, je dirais Jack White.

Aujourd'hui, quels sont tes groupes préférés ? Sont-ils les mêmes qu'avant ? Quel genre de musique préfères-tu écouter ? Y a-t-il une chanson ou un album qui restera pour toujours ?
Jewly : Aujourd’hui je te citerais à nouveau bien sûr Nick Cave et Jack White, mais aussi Depeche Mode, The Kills, Hozier, Black Keys, Archive, Led Zep’, Nina Simone…
C’est plutôt dans ces veines musicales que je me retrouve le plus, mais j’écoute aussi un peu de tout.
Cela a beaucoup évolué par rapport à ce que j’écoutais ado (qui était en même temps un grand-écart musical : de la trance à Starmania ou Mozart en passant par Queen…).
Une chanson oui bien sûr ! "That I would be good" d’Alanis Morissette que j’ai écoutée et pourrais écouter des milliers de fois.

Quels sont tes hobbies quand tu ne fais pas de musique ? Quel sont tes passions ?
Jewly : Alors j’ai déjà la chance de faire un métier de passion ! Sinon, ce que j’aime beaucoup c’est la cuisine (la faire, quand j’ai le temps… ce qui malheureusement n’arrive pas très souvent), et partager des moments conviviaux avec des amis autour d’une bonne table et d’un bon vin !

Si tu devais définir JEWLY, quelle serait ta phrase ou ta devise ?
Jewly : Garder son authenticité et prendre conscience de ce qu’on est, de sa valeur malgré les obstacles et les normes imposées par la société.

Pour finir cet entretien si tu ne devais garder que seulement 3 choses : Un disque, un film, et un 3ème choix ? Quelle serait ta sélection et pourquoi ?
Jewly : La BO du film "le Patient anglais", car elle me procure une émotion profonde, qui me permet de me mettre en équilibre avec moi-même.
Le film serait "Amadeus", version longue bien sûr, c’est mon côté "madeleine de Proust" car j’ai dû voir ce film une cinquantaine de fois chez mes grands-parents étant enfant.
Pour la 3e chose j’hésite, si c’est pour partir des mois sur une île déserte, je dirais le livre "Les noces barbares" de Yann Queffélec car ce livre me bouleverse à nouveau à chaque relecture… et si c’était pour un voyage d’une semaine, la 3e chose serait une bonne bouteille de rhum, ambré bien sûr, pour pouvoir encore mieux profiter des 2 premiers éléments emportés.

Merci Jewly pour le temps que tu nous as consacré !! A très bientôt sur scène, on espère le plus vite possible.

 


Th Cattier - Photo :  Shooting Idols, Th. Cattier

 

mardi 1 septembre 2020

JEWLY // En concert @ Paris Peniche Antipode, "release party de l'album "TOXIC" le mercredi 23 Septembre 2020.





Jewly fait partie de ces artistes qui en quelques secondes vous transportent et vous inspirent. Distillant un Rock rebelle puissant justement teinté d'Électro aux accents de Blues épicé, sa musique est comme une claque qui vous réveille les sens et vous remue les tripes.
Elle présentera les chansons de son nouvel album "Toxic", un album très personnel, engagé, fort, singulier et surprenant. Jewly, un tempérament de feu, une voix qui détonne, le tout assaisonné de textes bouleversants !