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samedi 25 mars 2023

LITTLE BOB // INTERVIEW // Du Havre à la Légende - été 2022. (Partie 2)

 

 Du Havre à la Légende - Partie 2


Voir l'interview en VIDEO Cliquez ICI


De "Vacant Heart" à "Too Young To Love me" en passant par la tournée solo avec
Joël Drouin, "Rendez vous in Angel City" parle nous de ces diverses expériences.


A partir de 1980, on a tourné avec Little Bob Story puis j'ai splité le groupe et à ce moment là j'avais vu jouer Gillou avec son groupe et je me suis dit "Tiens, il a une belle allure, il joue pas mal". Et Nico Garotin qui était roadie de Mino Quertier, je l'ai vu jouer, faire ses solos de batterie. Il était tout jeune, i avait 19 ans. J'étais un peu leur père. Après j'ai gardé François Gehin. On avait pas de guitariste solo car Gillou était plutôt riffeur et rythmique. Il me faisait également des solos et se débrouillait bien. Et j'avais demandé à Jean-Louis, qui était un guitariste de Paris, de rester ou de partir car je souhaitais continuer la story. Et là il me dit "Mais non Bob, ils sont trop jeunes !". Il y croyait pas. Après il a regretté car il m'a appelé plusieurs fois pour revenir mais c'était trop tard. Donc là je n'avais pas de guitariste. On a commencé à écrire les morceaux de "Vacant Heart" avec Gillou, François et Nico. On a répété puis je suis allé à Londres rencontrer Sean Tyla. Je lui ai demandé s'il était d'accord pour produire l'album. Il m'a répondu "Oui et si tu as besoin d'un guitariste, j'ai mon jeune guitariste solo à moi qui peut t'aider pour certains trucs. Et donc on est allé à Londres pendant 1 mois. C'était génial. On a passé un super moment à enregistrer. Vacant Heart avant un bon son et un très bon ingénieur du son. Et là il y avait une boîte de disques qui nous voulait. Mais depuis "Come See Me", comme ils voulaient pas nous vendre à l'époque de "Living in the Fast Lane" en 1977, j'ai obligé Crypto à nous vendre à RCA. Ils leur devaient tellement de blé qu'ils m'ont vendu comme un joueur de foot. Et RCA nous a bien accueilli. Évidemment puisque c'est eux qui distribuaient l'album. Donc ils ont vu combien on en avait vendus et on a signé avec eux pour 4 albums. Mais il fallait qu'on se barre. On voyait bien que ça traînait. Donc on a apporté nos maquettes chez EMI. Téléphone était parti chez Virgin. Alors ils nous ont pris car ils croyaient qu'ils allaient pouvoir vendre un max et on a fait ça avec Thom Panunzio comme ingénieur du son au studio de Boulogne Billancourt où les Pretenders avaient enregistré leurs premiers disques. Il y a même les Stones qui étaient venus enregistrer là. Puis j'ai fini l'album a New York avec Kenny Margolis qui était venu faire du piano et les cuivres les Ashbury Jukes qu'on avait rajoutés, ceux de Southside Johnny sur "Too Young to Love Me". C'était vraiment une belle aventure et ce groupe a duré, après, jusqu'à "Ringolevio". Quand j'écoute encore l'album Live de la Cigale qui n'est jamais sorti avec ce groupe, on avait pris Mickey à l'Harmonica pour avoir un mec en plus, je me dis que c'était une tuerie tellement ça jouait bien, tellement ça donnait. Et puis après j'avais rencontré Mimi avant d'aller enregistrer. Entre-deux j'avais fait des expériences avec Joel Drouin Pianiste de Jazz. Au départ je me suis dit "Mais qu'est-ce que je vais foutre avec un pianiste de Jazz ?". Et en fait j'ai chanté du Tom Waits, mes ballades à moi dans le style bluesy et quelques blues. On a jamais enregistré mais les gens adoraient. Et on a fait 150 concerts comme ça entre deux tournées avec Little Bob Story. Et en fait Jean Louis Le guitariste a regretté après car il a vu que, de toutes façons moi lorsque je veux faire quelque chose, je le fais. Et le groupe avec les jeunes musiciens est devenu très bon aussi. Puis on a récupéré Guy-Georges Gremy de nouveau. Et là c'était "Too Young to Love Me". C'était d'enfer ! Malheureusement, après, il a recommencé à picoler donc... on avait fait "Cover Girl" le 45 tours et on avait rencontré Yves Chouard  qui jouait avec Balavoine qui était décédé à ce moment là. Il avait joué 1 an avec Renaud. Le public de Little Bob Story n'a jamais adhéré à Yves Chouard. C'était un très bon guitariste et un très bon compositeur car c'est avec lui que j'avais écrit les chansons de "Ringolevio" qui est un super album. Et puis après ça et après le Live on était allés à Londres puis à Madagascar et aussi en Russie à Saint Pétersbourg. Il y avait cette saloperie de Poutine qui était maire. Et puis, après, ça m'avait changé la manière de voir les choses, de jouer avec le piano car au départ, j'étais pas sûr. Mais après j'entendais ma voix autrement qu'entouré de batteries et d'amplis à fond. Je voulais des nuances dans mes morceaux et ils ne me les donnaient pas toujours donc j'ai arrêté le groupe. J'ai été malade 3 mois à cette époque. Puis je suis allé enregistrer "Rendez vous in Angel City" à Los Angeles avec que des musiciens américains. Il y avait Kenny Margolis aux claviers. Jeff Eyrich, le producteur qui a enregistré l'album m'a dit "J'ai Steve Hunter à la guitare, ça te dit ?". Je le connaissais par Mitch Ryder, Lou Reed et Alice Cooper. C'était un génie ce mec. Je lui ai répondu "Bah, oui évidemment !".

Je voulais Ry Cooder mais c'était pas possible. Il n'était pas libre. J'avais bon goût quand même ! Donc il m'a emmené, dans un bar, voir Chuck E Weiss qui faisait des concerts assez régulièrement et qui est décédé il y a pas très longtemps et avec lequel j'ai fais le boeuf ce soir là. Il y avait JJ Holiday qui était là et qui jouait les guitares slide. Donc il a remplacé Ry Cooder et jouait très bien. C'est devenu un ami. Et puis il y avait aussi Little Man qui était au saxo et qui a joué sur "Lost Territories". Lui aussi décédé à cause de la dope. Mon nouveau batteur avec lequel on a répété une semaine, au bout de 2 jours j'ai dit "il fait pas le taf !". C'était le batteur de X le groupe punk new yorkais. Lui, il était tout content. Il m'a dit "On va aller jouer avec toi en France !". Je lui ai répondu "Attends, c'est pas sûr !". J'ai dit à Jeff Eyrich "Lui il fait pas le taf, cherches-moi un autre batteur !". Il voulait le batteur des Cruzados qui a joué avec nous après mais il n'était pas libre car il y avait aussi Tony Marsico à la basse qui jouait dans les Cruzados. J'aurais eu la basse/batterie des Cruzados ça aurait été bien. Et là il me dit "Essaie-le encore encore une fois !". Je lui répond "Oui mais on a plus que deux jours de répétition et ensuite on va enregistrer. Qu'est-ce que tu vas faire ?". Il me dit "Essaie encore une fois !". Le soir à l'hôtel je lui dit "Écoute, c'est pas possible. Tu lui dit. Il va peut-être m'en vouloir mais pour moi il est pas bon. Il ne swingue pas, il traîne !". Donc il l'a viré. Et puis il m'a présenté un mec qui sortait d'un groupe de hard que je ne connaissais pas. Blond avec les cheveux longs. Il avait double grosse caisse. J'ai dit "Non, je ne veux pas de double grosse caisse !". Mais il jouait bien. Donc en 2 jours il a appris tous les morceaux et ensuite on a fait l'album qui est un bel album, bien enregistré. J'avais tous mes morceaux à moi et on en a pris que 3 ou 4 car Il m'a filé tous ceux qu'il avait, lui, par un éditeur. Comme ça il a touché du blé. Et je me suis laissé avoir car c'était des morceaux inédits, "Never Anoher Kind of Battle" "House of fire" des beaux trucs et ça m'a énormément touché. Donc je me suis dit "Bon, celles-là elles serviront pour l'album d'après". En fait il y en a pas mal qui sont sur "Lost Territories". Et là j'ai dit "On ne joue que mes morceaux. Il y a que le "Tango de la rue" qui était de Kenny Margolis aux claviers qui me l'a apporté toute faite, qu'on a joué et qui a bien marché puisqu'on a même fait le clip avec le dessin animé. Ça a bien marché pour moi. C'était drôle. J'avais que des musiciens américains et c'est moi qui avait le trac. Mais je me suis bien senti avec eux et ils sont devenus des potes. Je reçois toujours des mails du bassiste qui viennent des États-Unis et qui me donnent des nouvelles. Et donc on a fait ça. C'est sorti, encore, chez Musidisc qui ne savait pas trop vendre mes disques. A partir de là, toujours avec Herve Deplace qui travaillait chez Musidisc et qui ensuite est parti chez EMI, il m'a dit "Si tu veux je te fais rentrer chez EMI. Fais-moi des maquettes !". J"ai monté un groupe parce que les américains sont venus, on a fait une tournée ensemble et j'avais pris Gillou comme guitariste rythmique. Je lui ai dit "Tu connais les morceaux. Tu diriges le groupe pendant que je m'occupe des spectateurs !". C'était sympa, cool. On a fait une belle tournée avec la voix pétée. J'avais pété ma voix car on avait pas répété avec les musiciens américains. Ils sont arrivés 3 jours avant le premier concert au Volcan du Havre. On a répété 3 jours, 8 heures d'affilée. J'avais plus de voix. Donc je suis allé faire une piqure de cortisone pour que ça revienne un peu mais j'avais la voix qui se cassait à chaque concert. Donc on a fait le Havre. Le lendemain on était à Évreux. Là j'avais la voix qui se cassait tous les deux morceaux. Et pourtant j'avais fait une autre piqûre mais la cortisone ça fait gonfler, c'est tout. Après on a eu une journée creuse puis on est allés jouer à Brest dans un pub de 300 places. C'était pas très grand. Sauf que moi quand j'ai plus de voix, je ne dors pas tellement j'ai peur de ne pas avoir de voix pour le prochain concert. Je suis arrivé là-bas, plus rien ! Et le surlendemain on avait Paris à l'Élysée Montmartre et l'enregistrement Live du concert. Je n'arrivais pas à dormir. Mimi m'a emmené chez un spécialiste de la voix à Bastille. Il m'a dit "Il y a rien de cassé. Par contre c'est très rouge et très irrité. Si vous continuez comme ça vous risquez de vous péter les cordes vocales !". J'avais refusé toutes les interviews à Paris. Je ne pouvais pas parler. Et là je lui dit que je ne peux pas annuler la tournée et que j'avais déjà payé les musiciens américains car je voulais qu'ils soient tranquilles. J'avais dit à Reynold "Tu vas à la banque, tu te démerdes, tu prends le blé, tu les paies et comme ça ils seront tranquilles. Et tu rembourseras la banque avec les entrées des concerts. Ça avait plutôt bien marché. On avait fait 15 concerts en 17 jours avec moi sans voix.

J'ai commencé à prendre un truc que je respirais à fond avant de monter sur scène. Je prenais ça 10 minutes avant. C'était tout un système de machinerie. Je commençais à chanter dans les graves et après ça montait petit à petit, ça se réchauffait. Donc ça montait dans les médiums. Pas trop dans les aigus mais j'arrivais à chanter. J'ai annulé toutes les interviews que j'avais la veille car on a eu un jour entre les deux. Le docteur m'a dit "Le mieux que vous avez à faire c'est de rentrer chez vous !". Je lui ai répondu "je ne peux pas !". Donc on a fait les concerts avec la voix qui commençait dans les graves et petit à petit ça revenait. Tout le monde avait les jetons que je ne puisse pas chanter. A Brest, j'avais pas chanté. Alors j'écrivais sur un papier et je disais à Gillou "Dis-leur qu'ils aillent se faire rembourser parce que je peux pas chanter !". Et les mecs étaient devant moi avec des spliffs énormes qu'ils m'envoyaient dans la gueule et me disaient "Mais non Bob, vas-y !". Je leur répondais "Je peux pas !". Donc on a quand même fait le concert. Ils ont bien joué et tous ont fait les choeurs. C'était une épopée aussi, ça ! Finalement pour le disque Live on a retouché un peu les voix avec Jeff Eyrich qui était venu exprès. Et d'ailleurs pas très loin de chez toi, on avait fini le mix. Après j'ai pensé à "Lost Territories". Donc j'ai remonté un groupe. J'ai repris Bertrand car je le voulais déjà quand j'étais avec le pianiste. Je voulais un truc solide, un peu de basse. Ensuite Bertrand connaissait un batteur, donc c'était Denis Charolles et puis à la guitare j'avais Olivier qui était là déjà et qui avait fait la tournée de Steve Hunter en tant que roadie. Il avait 18-19 ans. Je lui avais dit "Fait le roadie, apprends !". Il avait bien appris. Après le Live on a fait une tournée pour le promouvoir. Donc il y avait toujours Tony Marsico à la basse et on avait le pianiste qui avait joué avec Johnny Rivers. Et puis il y avait un guitariste avec un béret Steve Kayton. Et ce coup là, j'avais fait jouer Olivier. On avait fait encore une belle tournée avec eux où j'avais pu chanter malgré tout. La voix a mis presque 3 ans à revenir. On a même fait les lycées en Seine-Saint-Denis. C'était une galère aussi avec les mecs qui voulaient du rap. Je leur disait "Eh, si vous voulez du rap vous sortez d'ici parce que moi j'en fais pas. Alors allez ailleurs et regardez les filles. Elles aiment bien ce que l'on fait !". Donc il y en avait qui restaient et d'autres qui se barraient. Et le prof qui me disait "Mais comment vous leur parlez !". Je lui ai répondu "Ils me font chier donc je leur dit, c'est tout !" organisé par Zebrock.

Et là j'ai monté le groupe avec Bertrand. Gillou était venu jouer de temps en temps aussi. Au départ, il y avait aussi Joel Drouin. Quand Joel Drouin n'était pas là, Gillou venait jouer avec sa guitare, puis Olivier et Denis Charolles. On a fait 15 concerts. On était bien payés. On s'en sortait. C'était difficile mais on s'en sortait. Et puis les américains, on ne pouvait pas les faire venir. Ça me coûtait trop cher en avions. Ils ne coûtaient pas plus chers que les français en salaire mais les avions, il fallait les payer. J'étais pas Johnny Hallyday pour faire venir les mecs comme ça. J'avais pas de blé. Donc j'ai refait un bon groupe avec Bertrand qui est toujours là aujourd'hui. Ça fait 31 ans. Gillou, ça fait maintenant 43 ans qu'il est là à part la coupure entre "Rendez vous In Angel City" et "Lost Territories". Mais il est revenu juste après faire quelques trucs en studio avec nous. Et donc pour "Lost Territories", j'avais écrit toutes les chansons. Elles étaient bien. On à rajouté le "Tango de la Rue" et puis j'ai dit "Je veux chanter mes chansons. Avec lui j'avais corrigé les textes au cas où et puis ça allait. Il a voulu un peu de blé parce qu'on avait corrigé les textes. Ça les américains pour la monnaie... Et puis "Lost Territories", c'est un très bel album. On avait fait venir, en plus un percussionniste indien Cherokee qui s'appelait Mike Tempo. Un mec super sympa. Il avait du sang indien. Je l'ai fait venir aussi pour la tournée en France. On a fait encore une tournée avec eux à laquelle s'est rajouté Bertrand, Denis Charolles et Olivier Durand. Par contre, chez EMI, j'avais un contrat par lequel je devais vendre 30.000 disques en 3 mois sinon on pouvait arrêter le contrat. Je suis arrivé à 27.000 en 3 mois. Le patron avait changé. Et là il me dit "Tu chantes en français sinon on arrête". Car il manquait 3000 disques que j'ai vendu après, évidemment. Donc, à partir de là, ça devenait difficile. J'avais fait des morceaux de "Blue Stories" que j'étais allé faire écouter chez Sony à un mec sympa qui travaillait avec Foulquier. Parce Foulquier, même si je chantais en anglais, il me faisait venir dans ses émissions. Et puis j'avais fait "Taratata" avec les Pow Wow et avec Bertrand, Olivier et Denis. On avait fait un truc en français de Zachary Richard "Travailler c'est trop dur". Il y avait moi, le mec des "Starshooter" qui chantait un couplet, Patrick Verbeke et puis eux. C'était des potes les Pow Wow.

Ils avaient fait nos premières parties à plusieurs reprises avant de se mettre à vendre 1 million d'albums. Parce que c'était en français et ça touchait tout de suite les jeunes filles. Ils étaient tous sympas et beaux. Mais Nagui ne voulait pas de moi parce qu'un jour je lui ai dit un truc qu'il n'aurait pas fallu que je lui dise. Il nous avait fait faire une radio sur RTL à l'époque de "Ringolevio" et il avait voulu qu'on fasse un playback alors que c'était pour la radio. Et tout ça parce qu'il avait 50 fans à lui dans la salle. Des crétins qui venaient là écouter ou voir des artistes. La maison de disques m'avait dit "Vas-y". Donc je l'ai fait. Et un jour il avait démarré "Taratata" qui, au départ, était très bien. Il était avec les Innocents. Et je lui ai dit "Taratata" c'est quand même mieux que cette connerie d'émission de RTL où tu nous a fait faire un playback !". Et là ça lui est resté en travers et il ne l'a jamais digéré. Dès lors, il n'a jamais voulu nous faire faire "Taratata" avec mon groupe. Jamais ! Il s'est vengé. Et pourtant il a toujours reçu tous les albums par les boîtes de disques. Mais parfois il disait ne pas les avoir reçus pour les avoir une deuxième fois. Maintenant "Taratata" fait de la variété mais à cette époque là il faisait venir Willy DeVille, il y avait des groupes de rock. Même Motörhead était venu, donc il pouvait nous faire venir. Mais je ne lui en veux pas... Pauvre mec !



18 Au cours de toutes ces années de route, concerts, studio, radio... tu as rencontré énormement de gens, y a t il de belles rencontres qui t'ont marqué ? Lesquelles et pourquoi ?

J'avais rencontré Southside Johnny. On avait fait quelques trucs et on avait chanté ensemble. J'avais fait une tournée en Angleterre avec Willy DeVille. J'aimais beaucoup Mink DeVille même plus que Willy DeVille. Mais bon, c'était bien aussi. La preuve, c'est qu'il avait tourné sous le nom de Willy DeVille après. Il y avait même Kenny Margolis qui rejouait avec lui. Durant toute la tournée qui avait lieu en Europe, il avait demandé au Tour manager qui était un mec du Plan "Mais quand est-ce qu'il va venir Bob ?". Et il lui avait répondu "Mais il ne va pas venir au Luxembourg ou à Bruxelles ou à Berlin. On va aller en Normandie et s'il est libre il sera là. Donc il a joué à Deauville et on y est allé. On a vu le concert et je suis allé le voir après car il était à l'hôtel "Le Normandy". Il était en train de boire un verre avec des amis et sa nouvelle femme. Il voulait me parler, car je connaissais sa femme, la deuxième, me raconter comment ça s'était passé. Mais je ne vais pas rentrer dans le détail car c'est trop horrible. C'est a dire que lui avait arrêté la dope mais sa femme n'avait pas réussi. Et un jour il est rentré en bagnole, ils étaient en Arizona à l'époque, il est rentré chez lui et il l'a trouvé morte. Elle s'était suicidée car elle n'avait pas supporté de ne pas arrêter la dope, l'héroïne qu'elle avait commencé avec lui d'ailleurs. Et lorsque je l'ai vu à Deauville, il était avec une autre fille. Il buvait du Coca et fumait des clopes. Il m'a dit "Je ne peux pas arrêter tout, donc je fume des clopes !". Ça m'avait étonné qu'il me raconte ça. Donc on s'était isolés et il m'avait raconté. C'était assez dur. Et puis, il y est passé 6 mois après car il était malade et empoisonné par tout ce qu'il avait consommé dans sa vie. C'est dommage. C'était un sacré musicien et un sacré chanteur. Et puis les autres. J'avais entrevu le chanteur des Small Faces, Steve Marriott. Je l'avais vu au Gibus. Il était venu avec Packet of Three. Il avait le nouveau batteur des Stones, le black, Steve Jordan qui jouait avec lui et un bassiste. Personne ne le connaissait comme ça. Il n'y avait pas grand monde. Et nous, un soir, on y va pour manger une Pizza comme on faisait des fois au Gibus très tard. J'arrive et je le vois là. Je suis allé lui dire bonjour. Il m'a pris dans ses bras et m'a dit "Merci d'avoir enregistré "All or Nothing" car j'ai touché des droits d'auteur !". C'était super. Et puis j'ai appris ce qu'il lui était arrivé après.

Puis l'enregistrement de "Lost Territories", un grand tournant également, raconte nous la création et l'enregistrement de cet album ?

Pour "Lost Territories", l'expérience que j'avais eu avec le pianiste était terminée. Ça m'avait ouvert des voies mélodiques un peu plus importantes. Et puis le fait d'aller aux États-Unis, le coup d'avant, où il n'y avait que de bons musiciens aussi. Mais là, j'ai voulu y aller, cette fois, avec mon groupe. EMI a payé tous les frais et ça leur a coûté un max de blé parce que je suis resté 2 mois aux États-Unis avec Mimie. Les gars, eux, sont restés 3 semaines, c'est à dire 2 semaines de répétitions et la 3e et demie où l'on a enregistré après. Les Choeurs, c'était deux chanteurs qui jouaient dans les clubs et qui chantaient vachement bien ensemble. Quelques guitares en plus par-ci, par-là et Kenny Margolis aux claviers alors qu'il y avait le pianiste qui était venu de Los Angeles aussi et qui avait fait la tournée après le Live où il y avait justement Kenny Margolis dessus. Et lui dans sa tête il allait jouer avec moi toute sa vie. Il arrive et il voit Kenny Margolis. D'ailleurs, c'est lui qui m'a offert le tapis indien que tu vois sur la porte de mes toilettes. Il voulait rester. Et en fait il l'a offert à Mimie et puis s'est barré. C'est dommage. Et donc pour "Lost Territories", j'ai eu cette implication. Le fait d'avoir joué avec Joel Drouin, cette manière de chanter, aussi, car il y avait de belles ballades et Bertrand qui est un sacré contrebassiste m'a fait du bon boulot. Olivier était un bon guitariste. Moi, j'ai écrit presque tout. Olivier m'a donné un coup de main pour les accords. En plus il y avait le "Tango de la rue" qui était écrit par Kenny Margolis. Il m'a emmené sur place en studio. Il était à New York mais il est venu à Los Angeles. Et puis j'avais un bassiste. J'ai repris JJ Holiday le guitariste et on a pris le percussionniste. Puis on a répété avec le groupe franco-américain, donc ensemble pendant deux semaines. Deux fois cinq jours car ils voulaient se reposer le week-end. Les musiciens étaient payés donc j'étais content. Puis, hôtel sur Hollywood Boulevard et on avait toujours les week week-ends de libre. On allait faire la fête. Les restos mexicains pour la Margarita ou de la bonne Tequila. C'était sympa on passait du temps ensemble. On réfléchissait à ce qu'on avait fait. C'était vraiment bien. C'est comme ça que le groupe s'est cimenté un peu plus. Et quand on est rentré en France on a continué a jouer. Parmi les américains JJ Holiday est venu plusieurs fois Kenny Margolis aussi. Et après on a rencontré Nicolas Noel, Bertrand qui le connaissait m'a dit "Tu sais Nicolas Noel Il joue bien. Tu le prépares, on le fait jouer avec nous et il va se mettre dans le bon chemin !". Et du coup j'étais pas obligé de faire revenir Kenny à chaque fois qu'on avait des concerts car il fallait que je paye l'avion. JJ Holiday était venu et était resté 3 mois après la tournée en France. Et on a tourné comme ça. Il y avait pas de 2e guitare donc j'ai rappelé Gillou. Je lui ai dit "Gillou, tu reviens jouer avec moi !". Il m'a répondu "Mais moi je ne te ferais pas les solos à Olivier!" et je lui ai dit "J'en ai pas besoin, tu me fait des riffs. Je ne veux plus des solos comme ça. Il devient bavard !". Alors il est venu. Il était tellement content. Sa mère m'avait dit "Bob, t'as sauvé la vie à mon Gillou". Et puis aujourd'hui il est toujours là et on avance, on continue. "Blue Stories" on l'a fait après avoir cherché des boîtes de prod et j'ai rencontré un mec du label Griffe qui m'a dit "Moi je te distribue l'album chez Sony. Tu le fait et je te le distribue". Warner Chappell m'avait avancé du blé pour payer le studio à Paris, le studio Davout qui était quand même assez cher. Et Davout m'avait fait le prix à 50% en échange de quelques points sur les ventes. J'avais fait venir Kenny Margolis pour produire un peu et pour jouer en même temps. J'avais fait venir aussi JJ Holiday pour qu'il me fasse de la slide. Donc c'était presque la suite logique de "Lost Territories" mais il est beaucoup moins connu par les gens parce qu'il est sorti en 1998, donc 5 ans après "Lost Territories" et ils ont un peu oublié. Le mec chez Griffe n'avait pas fait de pub. Je lui ai dit "C'est pas la peine que tu me distribue chez Sony s'il n'y a pas de promo pour la vente !". Et il me répond "Non on fait pas de promo. C'est tous des cons !". Le con ça été moi. On en a vendu 6000 exemplaires... Donc j'étais content de le rééditer parce que c'est un bel album avec plein de bons morceaux et avec presque la même équipe que pour "Lost Territories". Et le studio Davout était un bon studio. Il y avait quand même JJ Holiday, Kenny Margolis et mon groupe. Il ne manquait que le percussionniste et le talent de Jeff Eyrich qui m'a fait choisir la manière de faire ci ou ça. Kenny Margolis, lui, voulait que je gueule et ça m'avait cassé un peu la voix sur l'album d'ailleurs. Voilà. Et après j'ai décidé de trouver un distributeur. Donc ça été Dixiefrog qui distribuait surtout des disques de blues et j'ai produit mes albums moi moi-même avec l'argent qui me tombait de la Sacem, des droits d'auteur. Mimie le mettait de côté et disait "On dépense pas. On part pas en vacances !". On mettait le blé de côté et au bout de 2 ans quand j'avais assez d'argent elle m'a dit "Si tu veux faire un disque, tu as 14.000 euros !". Et c'est comme ça que j'ai fait "Libero" qui est un très bel album. Et ensuite tous les autres jusqu'à ce que j'aille chez Verycords avec l'avant-dernier "New Day Coming". Après il y a eu le Covid. Dixiefrog était distribué par Harmonia Mundi qui ne savait pas me distribuer car, eux, c'était le jazz, le folk, la musique du monde mais pas le rock'n'roll. J'ai récupéré tous les vinyles de l'époque que l'on avait fait sur "Howling". Maintenant je les ai et on les vend un peu moins chers à tous ceux qui veulent acheter mes disques. De toute façon les gens les copient maintenant. Ils faut qu'ils sachent que tout ce qu'ils copient, nous on ne gagne rien, tout juste quelques centimes. Ils payent 10€ par mois pour copier tout ce qu'ils veulent et nous on touche que dalle. Moi, principalement, comme je ne suis pas un gros vendeur avec internet je ne touche pas grand-chose. Moi internet me fait chier à part Facebook parce que j'ai quand même les fans qui écrivent et ça fait plaisir de lire leurs mails. Et, comme ça, je peux leur annoncer les concerts, les sorties d'albums. J'ai l'impression que l'on est à la fin d'un cycle. Ça se termine. Moi-même je suis à la fin de mon cycle. Après voilà je ne sais pas jusqu'à quand je vais durer. Tant que je peux, je continue à chanter. J'ai toujours la voix, j'ai toujours envie. Parce que le seul truc que j'ai dans ma vie et qui me sauve c'est, déjà, quand je vais répéter avec le groupe et puis quand on part sur la route. Ça, c'est une bénédiction pour moi quand je viens vous rencontrer, vous tous !

En 2011, tu joues dans le film "Le Havre" d'Aki Kaurismäki, et tu participes au Festival de Cannes, raconte nous cette aventure cinématographique ?

Là, c'était sérieux parce qu'en fait son premier assistant était français et il l'avait amené ici et lui avait dit "T'aimes le rock'n'roll, il y a Little Bob !". Moi j'avais été en Finlande en 1978, il était étudiant à l'époque, t'imagines ! Il ne m'avait pas vu mais il avait appris que j'étais venu et il a demandé à me voir. Donc il est arrivé là. Il a ouvert la porte du jardin et il est arrivé au bord de la terrasse. Je lui ai dit "Hi ! I'm Little Bob" et il m'a répondu "We gonna do Cannes man !". Il savait déjà, pour lui, qu'on allait à Cannes. Donc au départ il voulait juste faire une chanson, c'est tout. Et quand on s'est rencontrés, il y avait Mimie et moi. Il a vu que nous étions un couple avec une histoire donc il nous a rajouté à son histoire. Il avait écrit le scénario et sa fille, qui était traductrice finlandaise avait écrit les dialogues qui étaient nuls. Quand je les ai lus, je me suis dit "Je peux pas dire ça, c'est trop con !". Donc, il nous a filmé dans le bar qui est sur le quai. Comme Mimie et moi, on était séparés, il a filmé Mimie chez un fleuriste. Puis il est venu me voir car André Wilms l'acteur qui a joué dans tous ses films était décédé. Ils avaient besoin d'argent pour payer le voyage de rapatriement chez sa mère à Londres. Donc la fille qui jouait avec eux dans le film et qui était barman lui a dit "C'est simple, t'appelles Little Bob et tu lui fait faire un concert de soutien !". Il lui a répondu "Est-ce qu'il va être d'accord ?". Et un mec lui dit "Oh non, sa femme est partie. Il va faire la gueule et il ne va pas accepter". Ils sont allés filmer Mimie chez un fleuriste et elle a dit "Il faut qu'il me demande pardon et je reviens !". Et puis cette histoire à la con. Il avait trouvé une histoire de plantage de pommier ou de rosiers. N'importe quoi. Comme si un couple pouvait se séparer avec un truc comme ça. Après, donc, il me filme chez Jaquote sur le quai. J'avais des verres vides devant moi. Lui, il picolait comme un trou mais moi non. A un moment j'ai dit "File-moi un petit whisky, que j'ai une fois pour moi le verre plein". Et il me dit "Non, reste comme ça, tu es très bien comme ça !". Et donc André Wilms arrive, filme ça et me dit "Voilà, est-ce que vous accepteriez de jouer, sous contrat, pour le voyage de ce môme ?". J'ai répondu "Ben non, Mimie n'est plus là". Et il enchaîne "Et si elle revient !?". Je lui dit " Si elle revient, je suis prêt, même, à faire une connerie, à faire rigoler les gens". Mimie était à l'extérieur du bar. Il ouvre la porte et Mimie arrive. Elle s'est dirigée vers moi avec son regard plein d'amour. Et il avait dit "Vous ne vous embrassez pas. Vous vous regardez. C'est important le regard". J'ai dit "Oh Mimie", elle a répondu "Oh Roberto". C'était tellement gentil, tellement beau. Et l'image est dans le film. Puis il nous a fait enregistrer la chanson pour faire un playback. On l'a joué un peu plus rapide que sur l'album "Libero". Il a choisi "Libero" parce que c'est une histoire d'immigrés et qu'il est très touché par ça. Et donc après il me dit "Le film est choisi pour Cannes, tu vas venir jouer pour moi à Cannes". Et on a joué dans une salle sur la plage. D'abord on a été voir le film. On a fait la présentation de tous les artistes et au moment où je me retrouve face aux photographes je leur fait un doigt d'honneur. Toujours le même Little Bob ! Il y a eu, d'ailleurs, des photos de moi dans la presse avec mon doigt d'honneur. Et le soir où ils projettent le film, on était en bas de l'escalier rouge. Au moment où l'on s'apprête à monter, ils envoient la chanson "Libero". Moi je voulais monter avec le groupe. Et là Il me dit "Non, laisse monter le groupe en premier". Ils ont été filmés tous les quatre, Nico, Gillou, Bertrand et Nicolas, tous en smoking. Ils sont montés. J'étais avec eux et il m'a dit "Non, toi tu mets ton blouson rouge et tu montes avec moi". Donc avec lui, André Wilms, la fille qui avait joué le rôle et puis Mimie. Et au moment où on monte ils mettent "Libero". J'ai regardé en l'air et j'ai dit "Tu vois papa t'es là avec nous". Et on est montés. Je me suis assis juste derrière lui avec Mimie, lui et sa femme. Applaudissements évidemment et accueil du public extraordinaires. Il n'a pas reçu la palme mais à obtenu le prix de la presse. Il aurait mérité autre chose parce qu'en face de lui, il y avait "The Artist", le film avec Jean Dujardin. Mais bon, le sujet c'était les immigrés et peut-être qu'ils n'ont pas voulu mettre ça en avant. Donc il n'a pas eu le prix. Et puis nous, le lendemain, on est partis jouer en Corse. On a pris le ferry de Nice et on a joué là-bas puis on est rentrés après. C'était un mec de gauche, un mec droit, qui n'avait aucune attache avec le show-biz. Mais alors qu'est-ce qu'il picolait. Moi j'avais demandé un petit scotch pendant que j'étais là à faire le con. Il m'avait dit "Non" alors que lui, c'était bière et scotch. Il était rond comme une queue de pelle. On a dîné à 20h et on a enregistré à 22h. Puis on est parti se coucher à 4h du matin. Parce que lui, ce n'est pas la chanson qu'il voulait nous faire répéter puisqu'elle avait été enregistrée au début. Mais au niveau des images, il changeait tout le temps. Il avait une équipe franco-finlandaise. Tous les gens qui enregistraient étaient finlandais. L'ingénieur du son, les caméramans, les assistants et mon pote Gilles Charmant qui était son premier assistant. C'était lui qui était fan de moi, qui habitait en Angleterre au moment du tournage et qui lui avait parlé de Little Bob. C'est parti de là. Puis on devait aller en Finlande tourner avec le film mais, en même temps, il y a l'Allemagne qui est tombée. On devait faire 8 concerts, jouer tous les jours, bien payés, camion et hôtels 3 étoiles. Donc on a fait cette tournée et on a pas pu aller en Finlande. Depuis, il a tourné un autre film sur les immigrés Syriens. Un chouette film, aussi qui se passe à Helsinki. Et finalement on a pas pu retourner jouer en Finlande.


En 2012, Little Bob devient "Little Bob Blues Bastards" pourquoi ce changement de nom ?


Parce que j"ai toujours aimé le blues et, en même temps, le rock'n'roll. Donc, en fait, "Blues Bastards" c'est parce qu'on a mis un peu plus de blues dans le répertoire mais on l'a batardisé avec le rock'n'roll donc voilà pourquoi "Blues Bastards". On est allés en Angleterre en 2019. On a refait une petite tournée et ils ont sorti l'album "New Day Coming". En échange on a fait 3 concerts à Londres. D'ailleurs j'ai été déçu car Londres à changé complètement. Avant, c'était un endroit où il y avait plein de salles où l'on pouvait jouer. Maintenant ce ne sont que des bureaux. C'est internet qui a pris la place. C'est chiant. C'est plus le vrai Londres que je connaissais. On a, malgré tout, fait 3 bons concerts. Les gens étaient là, ils étaient contents. Il y en a qui étaient revenus au bout de 40 ans, t'imagines ! On y était pas retournés depuis 82. Ça fait longtemps, donc on t'oublie. Mais il y avait quelques fans. D'ailleurs le mec qui avait sorti l'album était un fan. Mimie n'était déjà plus là. Et le fait d'aller jouer à Londres, ça m'avait filé la pêche. Au retour, j'ai écris 4 morceaux d'affilée pour "New Day Coming". Ça veut dire que j'aimerais bien y retourner. Mais il faut qu'on paye tout. Le voyage le camion, les hôtels, la bouffe. Mais bon, on est pas les Stones. On est pas un groupe bourré de pognon. On s'en sort.. Déjà dans cette histoire, j'ai perdu 3000€ que je n'ai pas pu me faire rembourser. Donc c'est pas possible. Il y a des gens qui voulaient qu'on revienne. On leur a dit "Oui, mais trouvez-nous des concerts qui nous payent un minimum. On ne demande pas à être riches mais au moins que tous les frais soient payés". Après il y a eu le Covid. On a fait 2 concerts en mode confinement et on a commencé à enregistrer le dernier album "We Need Hope" début 2020 puis on l'a terminé, lorsqu'il y a eu un break avec le Covid, au mois de juin. On a refait quelques guitares, les chœurs et j'ai refait une voix ou deux. Maintenant il faut faire revenir les gens aux concerts car je constate que c'est plus difficile. Ils sont habitués à jouer aux jeux vidéo, à regarder les conneries qui passent à la télévision. Et nous on est là, vivants, et on joue avec notre cœur pour vous donner une autre musique. C'est pour ça qu'on a besoin de vous comme vous avez besoin de nous. Ça vous fera du bien si vous venez.


Avec tes Blues Bastards tu joues à l'Hôtel Matignon le 21 juin 2017, convié par le Ministère de la Culture. Quels souvenirs gardes tu de tout ca ?

D'abord, on aurait pas joué à L'Élysée pour Macron. Les gens de Matignon en avaient ras le bol du flonflon, accordéon et chansonnette. Ils voulaient un groupe de rock. En plus, il y avait notre maire du Havre, Edouard Philippe qui avait été élu premier ministre. Ils lui ont parlé et il leur à dit de prendre un agent. Il ne voulait pas rentrer là dedans. Et donc, ils ont contacté un agent qui travaillait avec eux et qui leur fournissait des trucs. Et là quelqu'un m'appelle et me dit "Allô, c'est Easy Rider. On voudrait vous faire jouer à Matignon. Est-ce que vous êtes d'accord ?". Je me suis dit "il y a une connerie là. Easy Rider et Matignon ça va pas ensemble !". C'était la fête de la musique quand même. C'était pas pour n'importe quoi. Et là j'ai dit "Pourquoi pas !". Je ne jouerais pas pour le Front National mais Matignon je veux bien. Après tout c'est la fête de la musique, c'est ouvert à tout le monde. Donc on s'est bien fait payer, on les a fait raquer. Après, il y a quelques crétins qui nous ont critiqués sur Facebook. Mais on a été très bien reçus, bien traités sauf les soldats qui nous ont fouillés comme si on était des bandits. Ils nous ont fait ouvrir les étuis de guitares, ils ont regardé dans les amplis s'il n'y avait pas une bombe. En plus, je me rappelle très bien qu'on avait fait les balances vers midi et on devait jouer en dernier après tout le monde. Il y avait au moins 4 ou 5 numéros avant sous le soleil. Nous on a joué à l'ombre. Et donc pendant qu'on faisait la balance le premier ministre, Edouard Philippe, est arrivé suivi par des caméras parce qu'il y avait un changement ministériel. Il est arrivé devant la scène et m'a fait signe. Je lui ai dit "Bonjour monsieur le maire !". Pour moi c'était toujours le maire du Havre. Donc on a fait ça pour se marrer, c'est tout. On ne se foutait pas de sa gueule. Et puis je sais qu'il a écouté le concert pendant qu'il parlait, la fenêtre ouverte.


Y a-t-il un artiste ou un groupe avec lequel tu rêverais de jouer ?

J'aimerais faire un bœuf avec Springsteen même s'il à vieilli maintenant. Mais bon, il a toujours le truc. Je l'ai vu jouer avec un autre mec avec lequel j'aurais aimé chanter aussi, c'est John Mellencamp. Il a pris un coup de vieux, lui ! Il a la voix très rauque. On dirait presque Tom Waits. Après en France, comme je chante en anglais, ça rend les choses plus difficiles par rapport aux artistes français. Chrissie Hynde des Pretenders mais elle est trop grande. J'en ai eu une d'1m74 avant Mimie. Mimie faisait ma taille, c'était idéal ! Et puis qui d'autre !? Clash ! J'aurais bien fait le bœuf avec eux car je sais que le chanteur était un rocker et puis leur bassiste venait nous voir tout le temps quand on a joué au Nashville à Kensington. Voilà, c'est à peu près tout.

Si tu devais te définir, quelle serait ta phrase ou devise ?

Si je devais me définir ? Je suis, malgré tout, fier d'avoir résisté au fait de continuer à chanter en anglais même si ça m'a ôté une grande partie du public. Pour preuve, les 500.000 albums de Trust, les millions d'albums de Téléphone y compris les Insus. Mais à vrai dire, je m'en fous. Les gens qui écoutent ça n'ont pas envie d'écouter Little Bob. Ceux qui aiment la musique m'écoutent. Ceux qui aiment le rock'n'roll, mon rock'n'roll. Parce qu'on Peut aimer la musique et aimer autre chose. Voilà. Après je suis content lorsque j’entend un groupe qui fait du rock'n'roll et qui recommence à jouer comme les Fuzzy VOX où comme au Havre, il y a les "Francois 1er". Comme tous les mecs s'appellent François c'est pour ça. Car François 1er c'est lui qui à fait le Havre. Et d'après les 500 gens du Havre ils se sont appelés comme ça. C'est Frandol le mec des Roadrunners avec Francois Lebas Qui jouait dans Fixed up et Asphalt Tuaregs puis les deux autres mecs. Il y a aussi Laurie qui s'occupe de notre Facebook et qui joue de la batterie. Et puis il y a les City Kids qui auraient composés des nouveaux morceaux et qui sont en train d'enregistrer en ce moment. C'est bien. Il y en avait d'autres. Il y avait les Scamps, les Asphalt Tuaregs que j'aimais bien. Moi, dès le départ, j'ai voulu aller ailleurs donc ça m'a sauvé. C'est compliqué car plus tu vieillis plus tu deviens difficile. Souvent les gens que tu aimerais rencontrer comme par exemple cette chanteuse black dont le nom m'échappe, ce couple d'américains qui vit en France. On a fait un concert ensemble et ils ont joué avant nous. Et puis je les ai revus une autre fois avec un groupe du Havre qui jouait avec elle à Caen. Pour moi la voix c'était entre Little Richard et Tina Turner.... J'aime ces voix la... Je suis un rocker qui aime le blues mais le blues du delta. J'aime bien le blues de Chicago mais c'est trop bien joué, trop propre. Je préfère tous les bluesman, les premiers. J'aime ce blues un peu crade, ça sonne vrai. Alors, oui, il y a des groupes de blues en France qui jouent bien mais c'est pas mon truc. Le vrai blues c'est celui des origines.

Question bonus, veux tu nous dire quelques chose, un message à faire passer ?

Tu vois, j'ai rien contre le rap, par exemple. Mais ce que je n'aime pas c'est que ce sont des machines qui les accompagnent. Moi, je préférerais toujours la musique jouée par des musiciens. Donc ça c'est hyper important. J'essaie d'avoir des bons musiciens qui jouent avec moi. On est ensemble, c'est fidèle, on est un bon groupe ensemble. Les machines ont pris un peu trop de place dans la musique. Même les rappeurs pourraient se faire accompagner par un guitariste, un bassiste, un batteur ne serait-ce que ça. Un clavier pour avoir des sons autres et ils pourraient rajouter des bases rythmiques avec des machines mais qu'il y ait au moins des musiciens pour jouer avec. Moi, ce que je veux c'est de la musique jouée par des êtres humains car ils ont leur blues à eux. Ils mettent leur âme dans ce qu'ils font et ça se sent. Et puis, écouter de la musique c'est très important car ça fait du bien. N'importe quelle musique. Les mômes écoutent du rap. Tant mieux pour le rap mais écoutez aussi le reste autour. La musique classique, la variété, aussi, bien que ce qui me déplaît c'est que c'est trop commercial et juste bon à faire du blé. Mais surtout de la musique jouée par des musiciens. Ça c'est bon.

On ne peut pas terminer cette interview sans évoquer Mimie...

Mimie c'est 32 ans de vie commune et d'amour. Elle m'a cherché et elle m'a trouvé. Et depuis ce fameux concert à Issy-les-Moulineaux avec le pianiste où elle était là par hasard pour accompagner une amie à elle. Elle devait aller faire du yoga mais elle est restée et m'a écouté. Et au bout d'une heure elle a tapé sur le bras de sa copine et lui a dit "C'est lui que je veux !". Moi je ne le savais pas encore à l'époque. Mimie ça été la compagne de ma vie, le cadeau de ma vie. Maintenant je suis heureux même si j'ai le blues parce qu'elle n'est plus avec moi. Mais je suis heureux de l'avoir eu 30 ans auprès de moi. On était comme les deux doigts de la main car elle a même tourné avec moi. Elle faisait tour manager. Elle conduisait le mini bus et elle était incroyable. Elle a travaillé avec moi tout le temps. Et après ce truc est arrivé, cette saloperie. Elle s'est battue pendant 7 ans et demie avant d'y passer. Elle a peut-être tout fait à l'envers et moi je l'ai pas poussée non plus. Je voulais qu'elle soit heureuse et qu'elle puisse faire ce qu'elle voulait. J'ai peut-être eu tort et j'aurais dû lui imposer la chimio tout de suite. Voilà, Mimie c'est mon coeur, c'est ma vie et j'espère que je vais la retrouver un jour. Je sais pas comment. Dans une autre vie peut-être si ça existe... Dans mes rêves... Viens chérie...




Un grand merci a Little Bob de nous avoir accordé cette interview si profonde et si touchante
Un grand merci pour sa sincérité son honnêteté sa gentillesse son cœur immense
et plus personnellement pour son amitié sincère depuis un si grand nombre d'années.


Retrouvez la partie 1 ICI

LITTLE BOB // Interview // Du Havre à la Légende - été 2022. (Partie 1)

 Thierry CATTIER
Photo DR et Th CATTIER / SHOOTING IDOLS
William CHOPIN ( Retranscription)


 

dimanche 12 février 2023

LITTLE BOB // Interview // Du Havre à la Légende - été 2022. (Partie 1)


Aujourd'hui, c'est avec un grand plaisir que nous vous offrons ce beau moment d'échange avec notre LITTLE BOB. Bien plus qu'une interview, une après-midi avec Bob, cela ressemble plutôt à un portrait, intime, intense, un moment où Bob a accepté de se confier très longuement et avec la sincérité touchante qui a fait de lui l'artiste respecté qu'il est aujourd'hui.
Un entretien fleuve durant lequel Bob est revenu sur sa vie, sa carrière, nous offrant au passage quelques moments de gràce dont lui seul a le secret. En exclusivité, et pour conserver toute son authenticité, nous avons choisi de vous offrir cette interview dans son intégralité, en 2 parties. Voici la première partie, régalez vous.

Voir l'interview en VIDEO Cliquez ICI


Tu es né à Alexandrie le 10 mai 1945, quel souvenir gardes-tu de tes premières années là-bas ?

Little Bob. J'étais un petit bonhomme. Alors tu sais quand tu es jeune et que tu es un petit garçon plus petit que les autres, tu t'en prends plein la gueule. Et ce qui m'a fait tout oublier c'est lorsque j'ai vu les premiers films d'Elvis Presley. "Jailhouse Rock, tout ça... Ça m'est rentré tout de suite dans la tête et ça à pris la place que ça devait prendre et elle était importante

A l'âge de 13 ans (1958), tu arrives au Havre. Comment s'est passé le choix de la ville du Havre ? Parle nous de tes parents ?

Little Bob. En fait mes parents étaient commerçants, du moins mon grand-père était commerçant. Il est décédé jeune d'une crise cardiaque. Et Libero, mon père était jeune et inexpérimenté pour faire ce métier et surtout il n'avait pas le sens du commerce. Il a fait faillite à deux reprises et lorsque tu viens d'une petite ville de province italienne, c'était quoi 100.000 habitants peut-être, tu es montré du doigt comme le perdant. Après, il a cherché des petits boulots. Il y avait une usine française qui cherchait des ouvriers pour faire le même boulot qu'à Allessandria et ils ont recruté 200 ouvriers pour les envoyer au Havre. Mes parents ne savaient plus quoi faire pour s'en sortir. Mon père est donc devenu ouvrier métallurgique et a signé pour un contrat de deux ans. Nous, on était toujours à Allessandria. Mon père revenait à Noël et un jour il nous a dit j'ai un boulot, je gagne ma vie, en fait il ne gagnait pas grand chose, mais il nous a dit, j'ai un boulot et je peux nourrir ma famille si vous venez tous là-bas. Et là, j'ai béni mes parents d'être venu au Havre car grâce à çà, j'ai monté mon premier groupe, ici. Et je ne pense pas que j'aurais pu faire la même chose en Italie. Et puis le rock était toujours là. Dès que j'ai commencé à travailler à 16 ans, j'ai commencé à avoir un petit salaire et j'ai pu m'acheter une guitare, un ampli et monter mes premiers groupes. Quand j'y pense encore aujourd'hui, je me dis que c'est bien que mes parents aient fait le voyage même si ma mère était malheureuse. On s'en est sortis mon frère et moi.

Comment s'est passée ta jeunesse Havraise ?

Little Bob. Je jouais au foot mais j'étais trop petit. Je jouais bien et aurais pu devenir pro mais quand tu es tout petit...Regardes Maradona il était pas grand mais il était fort et costaud. Il prenait des coups mais il ne les sentaient pas. Moi, je les sentais !.. Et puis en même temps le rock était toujours là et dès 16 ans, avec mes amis, ma bande en fait, j'ai dis les gars, il faut qu'on forme un groupe de rock. C'était en 1963/1964. J'ai dis, "moi je serais chanteur et je jouerais de la guitare rythmique". Il y en avait un qui s'appelait Mohamed, il venait de Béjaia d'Algérie et habitait derrière chez moi. Et lui m'as répondu "moi, je serais guitare solo" mais il ne jouait pas en mesure. Il ne savait pas ce qu'était une mesure. Et les deux frères Coignier Basse/batterie. C'était tout trouvé. J'avais mon premier groupe "Les Apaches". Et on a appris à jouer ensemble. On a été prendre des cours, tous ensembles, chez René Manguin qui avait une arrière-salle d'un magasin de musique et qui donnait des cours. Je me suis aperçu que le guitariste solo finissait ses solos avant nous ou après nous et qu'il était jamais vraiment avec nous. Je lui ai dit "Qu'est-ce qui se passe ?" On a dit, c'est parce qu'il s'appelle Mohamed et qu'il vient d'Algérie. Je lui ai dis "Attend, le rock c'est trois accords et douze mesures, c'est régulier". Mais c'était mon pote. Il se prénommait Teddy dans le groupe. Je l'ai gardé pour deux ou trois groupes que j'ai formé ensuite mais il est décédé d'une crise cardiaque. C'était un ami... Les Apaches ont duré six mois et on a réussi a faire le Golf Drouot. J'ai toujours eu une volonté incroyable à faire ça. On s'est lancé là dedans et je me souviens quand j'ai monté les marches du Golf au premier étage du café d'Angleterre. J'avais le coeur qui battait très fort. Pour moi je montais au temple du rock'n'roll. Le Golf est devenu notre but. Il fallait qu'on réussisse au Golf Drouot. Les Apaches n'ont pas tenu le choc parce que je me suis aperçu qu'on ne jouait pas en mesure et qu'on ne jouait pas bien même si les gens nous aimaient bien au Havre. Et puis Apaches était un chouette nom, les indiens que j'adorais... Ensuite, il y a eu les "Red Devils", tout ça en amateur parce que je travaillais toujours, j'avais toujours un boulot. Après, il y a eu "Blues Gone"  On jouait un peu de blues à l'époque du blues boom anglais. Et puis "Little Bob and Crazy Road". C'était déjà un nom un peu Hippie mais nous on était pas Hippie du tout. On jouait du blues/rock et du rock'n'roll. En ce qui concerne les reprises, j'avais écouté les Beatles. C'était super mélodiquement mais après il y a eu les Stones, les Animals et les Sorrows en même temps et tous ces groupes là Free âpres... J'étais fan de ces gens qui jouaient plus blues donc j'étais devenu plus Stones que Beatles.


 
Ton premier groupe "les Apaches" : comment as tu monté ce groupe, quels titres jouiez vous ?

Little Bob. Simplement je leur ai dis "je veux faire un groupe". On était quatre et ils étaient tous d'accord. Mais on ne savait pas jouer. J'avais la musique en moi, je le savais et je m’exerçais devant le miroir avec une raquette de tennis... On a commencé à répéter chez moi dans ma piaule. Ma mère nous écoutait et, heureusement, ça ne l'a pas rendu malade. Ça a duré six mois. On a commencé à jouer partout, dans les casinos de la côte, en attraction dans les bals. Pendant que les musiciens de bals allaient draguer les filles et boire une bière, nous on montaient sur scène et on jouait.

Et à force de faire ça au Havre, tous les groupes qui revenaient se faisaient jeter des pièces. On étaient devenus des stars. C'est rigolo! Le Havre a toujours été une ville assez rock. Il y a eu pas mal de groupes dès le départ. Nous étions fin 1974 et on répétait tout le temps. Notre batteur Mino était à l'armée et on attendait qu'il revienne le week-end. On travaillait non-stop. Et lorsque nous sommes partis jouer pour la première fois en Angleterre, en novembre 1975, c'était une tournée inédite. On connaissait un mec qui était de Rouen et qui travaillait comme Barman à Leicester. Il avait écouté une de nos cassettes alors que nous n'avions même pas sorti le premier album ni le premier 45t. Il a fait écouter la bande à une agence galloise qui s'appelait West coast à Cardiff. Le gars de l'agence a dis "C'est bien, on les prend tout de suite". Résultat, 12 concerts en 12 jours. Nous, on avait jamais joué plus de deux jours d'affilée. C'était raide !! mais ça m'a excité et j'ai poussé le groupe à devenir pro.

J'ai laissé tomber mon boulot et tout le monde à abandonné le sien. On a monté le groupe avec Barbe noire à la basse, Guy-Georges Gremy à la guitare qui venait de Nice et que j'ai pris tout de suite après l'avoir vu jouer. Mino Quertier à la batterie. Il y avait aussi Christian « Bibi » Delahaye celui qui avait la casquette léopard et qui jouait bien d'ailleurs. Il a laissé tomber avant qu'on parte pour la première fois en Angleterre. Il nous a dis "si je vais en Angleterre, je vais mourir sur scène tellement j'ai le trac. C'est vrai qu'il pétait des cordes en jouant. Il était mal. Plus ça allait, plus on parlait de nous et, malheureusement, ça ne le faisait pas pour lui. Il s'est rattrapé plus tard et a monté un groupe de blues. Mais c'était pas pareil. Tant que tu es amateur, tu joues aux billes. C'est quand il faut gagner ta vie, monter sur scène que c'est le plus difficile parce qu'au départ quand t'es môme, tu te dis on est les meilleurs mais en fait on ne savait pas jouer.

A la première Story, on savait jouer et on répétait. Dès qu'on a joué en 1976 dans les vraies premières tournées en Angleterre, il y avait les premiers groupes punk qui n'avaient pas encore explosé et qui venaient nous voir alors qu'on avait même pas encore enregistré "High Time". Ils trouvaient tous qu'on était bons. On a pas eu trop de problèmes à part les Sex Pistols qui nous traitaient de Froggies dans les pubs Je retenais mon batteur qui était ceinture noire de karaté et qui voulait leur faire la peau. Je lui disais d'arrêter de peur de nous empêcher de revenir. Après, l'histoire est longue.

D’où est venu le nom Little Bob Story ?

Little Bob. C'était un guitariste du groupe Gilbert Thiery Il était là avant Guy-Georges. Moi, j'avais l'idée d'arrêter. Cela faisait déjà dix ans que j'écumais et j'en avais un peu marre de chercher des musiciens. Il m'a dit "Non, on va te monter le groupe et tu vas l'appeler la Story parce que tu as déjà une longue histoire" alors qu'on était complètement amateurs. C'est de là qu'est venu Little Bob Story. Tout le monde connaissait mon nom. On est parti de là.



Avant Little Bob Story Quel genre de reprises faisiez-vous?

Little Bob. On reprenait du Jeff Beck, les premiers titres de Rod Stewart, les premiers Small Faces car je les adorais. C'est pour ça qu'on a enregistré "All or nothing" dès qu'on a pu. On jouait du Burdon, des Sorrows et aussi des groupes pas très connus pour que les gens découvrent quelque chose. On était bons et on savait jouer parce qu'on avait beaucoup répété. C'est pas sorcier. Même si tu as du talent il faut travailler pour qu'il ressorte. Et nous le talent on l'avait. J'avais une voix et les gars jouaient bien. Quand on à créé Little Bob Story et que, finalement, on a décidé de laisser tomber nos boulots, parce que moi, ça m'aurait crevé, ça me faisait boire. C'était pas bien et je me sentais pas bien. Et donc on est devenu professionnels et j'ai trouvé le premier contrat car toutes les boîtes de disques nous refusaient. Nous n'étions pas à la mode. On était en pleine période Ange, Pink Floyd et tous les groupes de progressive. Nous, on jouait du rock'n'roll.

Les reprises c'était Little Richard, les Animals, .. j'avais fais une maquette et suis allé voir Ange à Fécamps. Il y avait leur Tour manager. Je lui ai demandé s'il pouvait l'apporter à (?) le manager de Ange et voir si ça l'intéressait. Sa boîte de disques s'appelait Arcade (?) qui est devenue Crypto (?) Arcane, c'était les premiers 45t. Après, paix à son âme, puisqu'il est décédé. Il était un peu escroc mais il nous a signé. Donc il avait quand même pas le droit d'être escroc mais on savait pourquoi. Il a reçu la cassette dans laquelle j'avais laissé mon numéro de téléphone. Il m'a rappelé et m'a dis "Bob, je te signe pour trois disques en 10 ans. Pour moi, c'était une aubaine car avec les gars on s'était dis si on ne trouve pas de maisons de disques, on va être obligés d'arrêter. On ne se voyait pas créer notre maison de disques nous-mêmes. Alors,  j'ai dis aux gars "ça y est, on a une maison de disques et on va pouvoir enregistrer".

Tout le monde était heureux et on s'est lancé dans l'aventure. Pour autant, on a pas gagné notre vie. On gagnait que dalle. Mais les concerts payaient déjà les transports, le minibus qu'on avait acheté ainsi que le matériel car à l'époque il n'y avait pas de sono dans les salles où l'on jouait, les MJC, les clubs donc on est allé à Londres voir Dr Feelgood. On leur a acheté notre première console à 8 entrées. On s'est rendu dans leur bled à Canvey Island et j'ai rencontré Lee Brilleaux. Il y avait également Wilko et tous les autres. On leur a acheté la console et à Londres on a trouvé les Basse Dean des gros trucs. On y est allé avec un petit camion pour ramener tout le matos et, donc, on avait notre sono. Il y avait un mec qui s'appelait Didier Bunel qui dès le départ est devenu notre Tour manager et notre ingénieur du son. Et on a fait notre premier Olympia avec notre sono. Ça devait être en mai 1976 si je me souviens bien. T'imagines, faire l'Olympia avec notre sono pourrave !? Il y a eu quand même du monde et ça a bien marché.

Et puis, petit à petit, les sonos sont arrivées dans les grandes et petites salles, dans les clubs. On tournait avec la nôtre et on avait acheté un minibus pour les musiciens et Didier Bunel avait fourni un SG 2 qu'il avait acheté pas cher à un copain à la limite du poids lourd. Il y mettait tout le matériel. On roulait avec deux camions, t'imagines !! Ça nous bouffait tous les cachets. Entre les hôtels, les péages, l'essence des deux véhicules, il nous restait plus un rond. On a tourné en Angleterre dans ces conditions mais on était contents d'y aller et on s'en foutaient. On avait plus une livre pour s'acheter à bouffer et je te dis pas les petits déjeuners dans les hôtels pas chers. On étaient les plus gros bouffeurs du monde car on avait pas mangé depuis la veille. C'était comme ça mais c'était grandiose. A partir de là, on à tourné quatre ans en Angleterre avec Martin Cole au management. En 1976, il est venu nous voir à Paris, à l'Élysée Montmartre. Il y avait tous les groupes du moment et nous on jouait en vedette à la fin. Et il est venu de Londres pour nous voir. Il à regardé, il a jugé mais n'est pas venu nous voir.


On ne savait même pas qu'il était là. Il a appelé Jean-claude (?) et lui à dit "Je veux Little Bob Story pour tourner en Angleterre. Et on à rencontré ce fameux (?) qui était devenu un ami. Il est décédé l'année dernière. Et j'ai vraiment eu les boules parce que c'était un mec en or. On a travaillé quatre ans avec lui. Il a essayé de nous racheter pour faire sortir nos disques en Angleterre mais aussi aux USA et ailleurs. Car lorsque tu tournes en Angleterre, et grâce à ça, on a pu jouer en hollande, en Finlande et un peu partout. Alors que lorsque tu es en France, tu as un mal fou à aller jouer à l'étranger. Pourtant on est les mêmes.

A quel âge as-tu écrit tes premières compos ?

Little Bob. J'avais 30 ans. Je n'avais jamais essayé avant car je n'en voyais pas la nécessité. Et à partir du moment où on avait fait un album, il fallait écrire. Des chansons sont venues, des titres comme "Delices Of My Youth" "High time", "So bad". Ce sont de bonnes chansons, aujourd'hui encore, avec de bons riffs de guitare qui pètent bien. Guy Georges Gremy était un guitariste fabuleux et j'avais une super section rythmique puisque Barbe Noire avait cette énergie incroyable. Il tenait la route et poussait le groupe et Mino était obligé de jouer aussi bien que lui. C'était fabuleux. On jouait comme des dératés en tournée. On a fait 25 concerts en 27 jours en Angleterre, t'imagines! Et puis, il y a eu les journaux français comme Best, Rock'n'folk qui parlaient de nous. On était le premier groupe français à jouer en Angleterre... et à s'en sortir! En plus a ce moment la il y avait les punks qui explosaient juste au moment ou l'on jouait intensément. Et on jouait tellement rapide nos morceaux qu'on nous prenait pour des punks. En fait si l'on jouait aussi rapidement, c'est parce que l'on était speed aussi et puis parce que j'étais fan de MC5. Un groupe qui envoyait mais qui était plus politisé que nous.

A l'époque, on est sorti en même temps que les punks en Angleterre et à l'arrivée du mouvement pub-rock. D'ailleurs, on était catalogués pub rock ou punk suivant les cas alors que pour nous on était un groupe de rock'n'roll. Ça a été une aventure extraordinaire. Je pense que si je suis encore là, aujourd'hui, en état de chanter et de tenir mon groupe c'est que j'ai fait ces tournées en Angleterre. Ça m'a donné une force en moi et m'a permis de réussir car j'ai vu d'autres groupes français se faire jeter. J'en ai d'ailleurs parlé récemment à un journaliste de Rock'nFolk bien que je n'aurais peut-être pas dû raconter cette histoire. Lorsque Téléphone a assuré la première partie des Ramones au Hammersmith Odéon, il y avait 2500 "crêtes" dans la salle. Lorsque l'on a annoncé "Téléphone from Paris", un tonnerre de crachats s'est abattu sur eux. Heureusement, on avait été les voir avant pour leur filer une ligne de coke... Quand j'ai rencontré ma Mimi en 1986, donc pratiquement à la fin de la Story, on était en train de faire "Ringolevio". J'ai arrêté de boire et de sniffer. L'héroïne, je n'en prenais pas car j'étais malade à crever. En revanche la coke j'aimais bien. Mais finalement j'ai arrêté tout ça car je me suis dis que la vie valait d'être vécue. J'avais une petite femme qui m'aimait et que j'aimais, chose que je n'espérais pas n'étant pas un dragueur.


Te souviens-tu de ton tout 1er concert, où était-ce et quels souvenirs en gardes-tu ?

Little Bob. C'était avec les Apaches. On avait joué à Harfleur un bled dans la banlieue du Havre. Il y avait une scène avec une sono pourrie. Un endroit qui permettait de découvrir les gens. On y est allé juste avec la caisse claire, les deux guitares. J'avais acheté un petit ampli de 25 watts sur lequel j'avais branché ma guitare, mon micro voix et la guitare de Teddy. J'ai commencé à chanter et j'avais la bouche complètement sèche et un trac énorme. Je ne pouvais plus ouvrir la bouche. C'était terrible! Et comme il s'y avait pas encore de groupes au Havre, les gens ont bien aimé. Je ne comprenais pas pourquoi ils aimaient puisque qu'on ne savait pas jouer.

C'était vraiment au tout début. Et puis d'autres expériences ont suivi. On devait jouer dans un grand cabaret qui faisait restaurant au jour de l'an. Il y avait toutes sortes de numéros, des clowns, des jongleurs et nous on était prévus à 2h du matin. Il était 23h et ma mère avait fait des raviolis. On mange et on arrive sur place à minuit. Et là on nous dit "Vous jouez tout de suite" des participants avaient annulé leur passage et certains numéros avaient été écourtés. Je venais de manger et avais l'estomac plein et lorsque tu chantes, ca vient justement de là. J'avais le trac et de nouveau la bouche sèche. Je jouais de la guitare au début mais j'avais la peau tellement fine que la cale qui se met au bout des doigts à force de jouer s'en allait et je saignais. Donc au bout de trois ou quatre fois, je me suis dit que je ne pouvais pas continuer comme ça car c'était vraiment très douloureux. C'était terrible. Mais la guitare me servait surtout à faire le con sur scène. Donc j'ai arrêté la guitare au bout de six mois. Après c'était "Little Bob and the Red Devils" On gagnait des concours, à Rouen et partout où on jouait car on avait tellement la patate. En fait j'ai toujours eu la pêche. Heureusement, je l'ai toujours aujourd'hui. C'est un peu plus difficile car je ne peux plus bouger autant qu'avant. Mais toute cette énergie que j'ai gagné en Angleterre, je l'ai encore maintenant.



Puis le Festival punk de Mont-de-Marsan en 1976 et 1977, raconte nous ?

Little Bob. On revenait de tournée en Angleterre pour aller au premier festival en 1976. Il y avait les Count Bishops, Bijou et plein de groupes français. Il y avait aussi Jean-Pierre Kalfon et puis Police dans sa première formation avec le français Henri Padovani Pas celle que l'on connaît depuis. On est arrivés et presque au moment de jouer il a plu. Ils ont arrêté le concert vers 20h et on devait reprendre au moment de l'accalmie. Il y avait aussi les Damned et Shakin' Street. Je me souviens que le batteur de Shakin' Street était presque un môme. Il était très jeune. Il est venu me voir et me dit "Bob, surtout ne prêtes pas ta batterie aux Damned parce que Rat Scabies m'a cassé la mienne. Et je vois arriver Rat Scabies qui me dit "Bob, i would like the drum kit". Je lui répond "Apparemment, tu as cassé la batterie du mec des Shakin' Street. Alors, mon batteur c'est lui, c'est Mino Démerdes-toi avec lui. En fait ils voulaient jouer à nouveau après tous les groupes. Ils avaient déjà joué avant mais ils voulaient rejouer. Il est resté derrière lui, les bras croisés, pendant qu'il jouait. A la première connerie, il lui aurait mis une tarte dans la gueule. Donc, on lui a quand même prêté la batterie. Il y avait aussi quelques groupes punk

En 1977, il y avait deux soirées. Il y avait la soirée punk avec Clash, les Damned.. il y a que les Sex Pistols qui n'étaient pas là. Et le lendemain, il y avait la soirée rock avec nous, Dr Feelgood,
Count Bishops, Bijou, Tyla Gang le groupe de Sean Tyla qui avait fini Ducks DeLuxe. Les Jam. Ils ont été signés avec nous au Marquee par Polydor qui souhaitait nous avoir mais nous n'étions pas libres. Il était impossible de casser le contrat avec Pognant. On était engagés pour dix ans. Sinon on aurait sorti nos albums aux USA parce qu'on savait jouer. A l'époque ça y allait et on s'en serait peut-être mieux sortis. Il y a donc eu un break entre 19h30 et 21h pour que les gens aillent manger et boire un coup. Les organisateurs, qui étaient très mal organisés, nous ont réunis et ont appelé les chefs de groupes pour savoir dans quel ordre on devait passer. Visiblement, ils n'avaient rien planifié. Sur notre contrat aucun horaire ne figurait. Il y avait que Dr Feelgood qui avait l'ordre de passer à Minuit. Count Bishops étaient passés avant car ils souhaitent leur mettre la pression. Et Sean Tyla a dit "je passe à 21h" donc j'ai dis "je passe après Sean Tyla". Il y avait les Jam. Leur père était là en tant que manager et n'a pas ouvert la bouche. Du coup ils n'ont pas joué. C'a m'a embêté mais on a pensé à nous d'abord. Bijou, eux, on eu le courage de passer après Dr Feelgood donc à 2h du matin. Les Jam auraient pu jouer après. Finalement ils sont venus pour rien. Ils ont voulu jouer lors de la soirée pub-rock et ils n'ont pas joué non plus
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Nous, par contre, on a cassé la baraque. 1977, c'est l'époque où on a sorti "Livin In The Fast Lane" qui marchait super bien car à ce moment là, il n'y avait pas encore Téléphone, Trust. Bijou sortait à peine. On avait vendu 80.000 exemplaires de l'album. C'était énorme pour l'époque. Si le manager de Ange qui dirigeait aussi le label avait fait un peu de promo sur nous, on aurait eu un disque d'or, bien que je m'en fous mais ça aurait été bien car, depuis, on l'a eu haut la main vu que le disque continuait à se vendre. On avait super bien joué et, de plus, ça a été filmé par A2. Ça s'appelait "Juke-box". C'est Freddy Hausser qui avait filmé. C'est sorti en octobre 1977 à l'époque où on tournait avec Ganafoul qu'on avait pris car on jouait à Lyon et on les avait trouvés assez bons. J'avais dis à Jean Claude Pognant "Signes-les car ils ne sont pas mauvais et puis nous on les prend en première partie si tu veux. Ils ont fait toutes nos premières parties et même l'Olympia grâce à nous. Et puis, ils ont appris. Le premier Mont- de-Marsan on l'a fait à quatre et après Guy-Georges m'a dit qu'il aimerait bien avoir un guitariste rythmique pour l'aider un peu. On avait quand même son ampli à gauche, celui de Barbe noire à droite à côté de la batterie et un autre qui diffusait la musique de Guy-Georges de l'autre côté. En fait on a essayé plusieurs guitaristes mais on en a vite eu marre. Et puis est arrivé
Dominique « Ginger » Guillon Le pauvre, il n'est plus là aujourd'hui. Il est décédé. Et donc il bougeait bien. On s'est tous regardés et on s'est dit "Bon, on le prend". Barbe noire en avait marre de l'écouter jouer. Il fermait son ampli et lui ne s'en apercevait même pas et continuait à jouer et à sauter en l'air car il y avait le son de Guy-Georges qui sortait et croyait que c'était lui. Après on a été obligés d'arrêter avec lui car il y avait l'Héroïne entre nous. Ils nous à fait des coups malhonnêtes comme rater un concert il avait manqué un concert parce qu'il etait avec une copine qui avait de l'Héroine... Donc, lorsqu'il est revenu pour le dernier concert, on est descendu dans l'ascenseur de l'hôtel avec lui. Nous étions à Valence. Je lui ai dit "Tiens, je te paye le train, le concert d'hier soir et tu rentres à Paris. Tu vas jouer avec qui tu veux mais pas avec nous, c'est fini.." On s'est revu plus tard à un concert à Baltard où Trust nous avait fait appeler par Europe 1.

Il y avait plein de groupes qui étaient programmés. Shaking Street, Les Dogs, Shakin' Street, Au bonheur des dames.. il y avait même Bashung qui jouait "Gaby". Ils voulaient qu'on joue avant Trust. Moi, j'ai dis "Je ne joue pas avant Trust. Ils ont toujours joué avant nous" on m'a répondu "Oui, mais ils vendent 400.000 albums. J'ai répondu "Je m'en fous, prenez quelqu'un d'autre. On est pas à un concert près à Paris". C'etait en 1980 et donc, j'ai accepté de jouer mais après Trust. Même si notre nom était écrit en plus petit sur l'affiche, je m'en foutais mais moi je ne passais pas avant. Et j'ai eu raison. Tous les groupes qui ont joué ce soir là, à Baltard, se sont pris des canettes par les fans de Trust. Les Only Ones qui passaient à notre place n'ont pas aimé et des les premieres cannette ils on pas apccepter et Peter Perrett leur afait un bras d'honneur et se sont barrés. Trust à enchaîné et Bernie à dit "Merci, grâce à vous on va jouer plus longtemps". Il pensait qu'après eux, la salle allait se vider puisqu'il n'y avait que des fans et nous on a joué après sans canettes. Il y avait la moitié du public qui restait, environ 2000 personnes et on a eu un super succès. Il y avait Ginger qui était là sur le côté de la scène. On l'a vu après et m'a dit "Je donnerais vingt ans de ma vie pour rejouer avec toi". Je lui ai dit "C'est bon, on est reparti comme ça". On avait pris Dominique Comont au piano qui était chanteur des City Kids au Havre (Qui sont toujours valable ils viennent d'enregistrer un 45t 5 titres). Voilà, c'est aussi à cette époque que j'ai créé le deuxième "Little Bob Story". Après "Light of My Town" quand Barbe noire a laissé tomber on avait déjà plus Guy-Georges car il s'était mis à boire comme un trou, Vico était parti. J'avais repris Mino mais il n'était plus dans le coup et là, j'ai dis "Les gars, j'arrête le groupe". J'ai gardé François Gehin à la basse qui jouait bien. Barbe noire à arrêté de jouer. Il m'a dit "Bob, ça fait dix ans que je suis avec toi. Maintenant je sais qu'on s'en sort un peu difficilement, j'ai envie de gagner ma vie". C'a m'a peiné. Il a racheté le taxi de son oncle qu'il a obtenu à moitié prix. Et voilà...Je le vois toujours. C'est Barbe blanche aujourd'hui. Il est tellement sympa, tellement cool...Je revois Mino également et qui m'a dit "Les années où j'ai joué avec toi sont les meilleures années de ma vie". Merci les gars ! Je dois dire que j'ai toujours fait ça en y croyant et en y pensant sérieusement.


Du Havre à la Légende ... Voir la partie 2 ICI

Thierry CATTIER 
Photo DR et Th CATTIER / SHOOTING IDOLS
William CHOPIN ( Retranscription)