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jeudi 10 février 2022

BEYOND THE STYX (Emile Chanteur) // Interview // Sentence promo 9 Février 2022.

 

Aujourd'hui  pour la sortie de l'album "SENTENCE" du groupe Beyond the Styx.
Emile le chanteur vous ouvre les portes des secrets de l’intérieur du groupe
et de la réalisation de cette album.



Pour commencer et vous connaitre un peu mieux, pouvez-vous vous présenter les 5 membres du groupe "Beyond The Styx" ?

Emile : Je m’appelle Emile, je suis chanteur dans Beyond the Styx depuis les débuts c'est à dire 2011.
On performe dans un registre Metal Hardcore depuis le début. Comme membre d’origine il y a aussi Adrien le batteur, ensuite David, guitariste rythmique et Yohan, bassiste, qui nous a rejoints en 2013.
Et Arnaud qui officie à la guitare Lead qui nous a rejoints il y a 2ans et demi, juste avant le COVID.

D'où vient le nom du groupe et quelle est sa signification ?

Emile : C'est un nom qu'on a brainstormé tous ensemble y a un petit moment... Je suis assez féru de la mythologie grecque à la base et le nom du groupe a trouvé sa source là-dedans. Ce n’est ni plus ni moins qu'un fleuve avec toute les religions quelles qu’elles soient, la mythologie grecque scinde le monde souterrain le monde des morts de l'enfer et le monde des vivants.
Je suis quelqu'un d'assez contrasté dans ma vie, d’où ce nom qui ne prêtait pas à confusion et pouvait laisser entrevoir tout un tas de perspectives qui m'intéressaient… Sommes-nous plutôt des vivants qui regardent le monde des morts se rapprocher, ou plutôt des morts vivants qui regardent le monde des vivants s’éloigner de nous. Je trouve que ça offre de bonnes perspectives comme nom de groupe, chacun peux y voir ce qu’il veut.

Comment définiriez-vous le style de votre musique ?

Emile :  Hardcore Métallique, on peut dire metal hardcore mais au vu des évolutions des 5 dernières années, moi je dirais tout simplement hardcore métallique. Le noyau se veut et s’est toujours voulu hardcore et s’est exprimé plus ou moins différemment, mais on est quand même des fils du metal, des fils du rock, donc on l’exprime à notre manière avec différentes influences.

Comment créez-vous vos compositions ?

Emile : On est un groupe qui a la particularité de composer à 5. On n’a pas une personne qui arrive avec des morceaux tout faits qu’on arrange ensemble. Nous on part quasiment tous ensemble, bien souvent les guitaristes apportent un riff, deux riff, trois riffs, ça ne va jamais vraiment au-delà de plus de 30 secondes d'enchainement avec une idée de rythmique associée à ce riff, et là s’ensuit tout simplement une grosse phase d’arrangements ensemble tous les 5. On voit jusqu’où peuvent nous emmener ces riffs, on part du squelette et après on tisse, moi je pense notamment au chant, des fois j’ai des idées thématiques mais j’écris rarement pour ne pas dire jamais, avant qu’une grosse ossature de la chanson soit effectuée.

Vous rappelez vous de votre 1er concert ? Ou était-il comment s’est-il passé ?

Emile :  Je pense que notre premier concert c'était dans un bar à Tours puisqu’on est originaire de Tours. Il s’appelait le pub Mulligan, c'était la fête de la musique 21 juin 2011 exactement.
C’était assez fou parce que c’était un endroit assez petit qui ne se prête pas forcément aux concerts mais le patron du bar nous a toujours soutenus. On a même joué en extérieur devant le bar aussi. Quand on peut le faire on le fait pour lui. C’est un sacré bon souvenir même si beaucoup d'eau a coulé sous les ponts.

Avec ce 3ème album, ressentez-vous une évolution sur votre manière de travailler en studio ?

Emile : Sur notre manière de travailler en studio déjà on arrive plus près, au début on arrivait en studio sans savoir exactement à quoi s’attendre. On a toujours travaillé sur notre EP et nos albums avec David Potvin au dôme studio d’Angers. Là on est partis sur complètement autre chose. Mais on avait ce bagage d'expérience qui nous permettait d’arriver avec déjà nos pré production, on avait Christian Donaldson qui a enregistré et produit ce nouvel album, il connait nos morceaux, il savait ce sur quoi il allait nous demander de travailler. Et puis le fait d’avoir déjà pré enregistré les morceaux fait qu’on arrive avec une certaine expérience quand même et un petit peu moins de stress. Même si là pour le coup le stress était présent parce que le fait de travailler avec un étranger qui vient chez nous en France et qui  a un timing précis, on sait qu’on n’a pas le droit à l'erreur. C’était un stress supplémentaire, même si la pédagogie de Christian nous a permis de rapidement de se relaxer dans le bon sens du terme.

Racontez-nous l'enregistrement de l'album SENTENCE et le choix des titres de l'album ?

Emile : L'enregistrement s’est passé relativement simplement. Christian nous a assez vite mis à l'aise avec le décalage horaire entre Montréal et ici il lui a bien fallu 2 jours avant de s’extraire de son jetlag. Adrien a géré en termes d’enregistrements batterie, ses prises ont été faites en 2 jours et demi. Chaque fois il est époustouflant à ce niveau-là. Et puis s’en sont suivies les prises guitares par alternance, David, Arnaud, David, Arnaud...Ça a duré plusieurs jours mais somme toute ça a été assez vite. Et après on a eu la particularité d'enregistrer tantôt basse tantôt voix. Parce que j'ai mis Christian au courant je n’ai pas la prétention d’avoir une réelle technique vocale, je chante beaucoup avec mes tripes, même si j’ai des phases d'échauffement je sais ce que je dois faire ou pas faire… On a alterné la basse et le chant, ce qui me permettait avec certains petits traitements de fond de ne pas me retrouver HS après 2 ou 3 jours d’enregistrement en enregistrant 2 à 3 chansons par jour. On s'est limités à 1 ou 2 chansons par jour et on a fait ça sur 5 jours en alternance. Ça peut paraitre assez étrange mais ça s’est très bien fait et j’ai aussi fait le choix d'enregistrer la plupart de mes titres dans l’ordre où on les écoute dans l'album pour accompagner l'émotion de la voix, je pense qu’une voix ça évolue au cours d’un album même si l’auditeur n’a pas forcement l’oreille pour. J’avais pas envie d’entendre dans SENTENCE ce que j'avais pu entendre dans STIGMA, même si l'auditeur n’avait pas entendu ce que moi j’avais entendu.


Vous aviez déjà travaillé sur l'ordre des titres avant d'entrer en studio ?

Emile :  Disons que l’on s’est posé beaucoup de questions, on a fait beaucoup de tests on avait pré enregistré l’album mais on ne savait pas exactement dans quel ordre on allait faire les choses. On avait aussi associé Christian, on avait 3/4 des titres qui étaient à peu près dans l’ordre mais pas tout.   

Le Covid a t-il changé votre manière de travailler, comment avez-vous vécu cette période ?

Emile : coin de la gueule comme tout le monde, et on avait écrit en tout et pour tout 4 morceaux et demi, on va dire 5. Donc assez rapidement il nous a fallu penser les choses autrement, on a continué à travailler à 5. On se rassemblait quand c’était possible et quand ce n’était pas possible on a essayé la Visio, c’était assez déprimant pour moi je l’ai très très mal vécu. Peut-être plus mal que d’autres membres du groupe. Je pense que je ne voulais pas me l’avouer et c’est pour cela que j'ai bouffé la poussière assez rapidement. Et donc sen es suivi des séances de Visio pour surtout garder la dynamique et l’esprit de groupe ça c'était hyper important. Donc on n’a pas eu le choix finalement on a réalisé la composition de notre 12 titres COLATERAL en Visio il nous manquait je pense 2 riffs et je n'étais pas satisfait de ce que l’on avait pour finir ce titre-là, et je tire encore mon chapeau à Adrien et David qui ont réussi à bosser malgré tout à distance pour finaliser ce titre, ça a bien dû leur couter une demi-journée, moi j’avais des attentes très particulières et quand on est en salle de répétition on peut tout de suite corriger le tir. Là on pouvait rien corriger du tout, il y avait une phase d'essai d'enregistrement et du coup Adrien qui essayait avec logique de positionner les batteries, mais c’était tout sauf quelque chose d'intuitif et finalement on s’en est sorti non sans mal, heureusement qu’on a eu que 2 riffs à composer parce qu’on n’aurait pas pu composer un album comme ça.

Sur votre album figurent 3 featuring, pouvez-vous nous en parler ?

Emile :  Il s’agit donc de "New World Disorder" c'est un titre que j’ai enregistré avec Luis Ifer de TEETHING groupe Powerviolence Grindcore madrilène d’Espagne. La particularité c'est que ça  a été le seul featuring qui n’a pas pu se réaliser en studio de par la distance et les contraintes sanitaires ça paraissait compliqué. On défraie les personnes qui viennent chanter avec nous, mais là au vu de la distance, ça n’aurait pas été aussi simple que ça de venir depuis Madrid. Je lui ai proposé le titre, il a étais hyper emballé par la thématique de la chanson qui traite des flux migratoires et du dérèglement de notre monde. On parle souvent du nouvel ordre mondial, là pour le coup je parle surtout du nouveau désordre mondial. Quand j’ai écrit ce titre je ne savais pas que Biohazard avait un titre qui s’appelait NEW WORLD DISORDER... donc du coup c'est un clin d'œil c'est un groupe que j’apprécie également et donc Luis a enregistré de son coté à Madrid et nous a envoyé les prises, Christian a mixé et a adoré sa voix. Christian joue dans CRYPTOSIS, donc tout ce qui est voix caverneuse il adore ça. C’était assez simple pour lui mine de rien de bosser à distance malgré tout. « Scorch AD » a été enregistré avec Guillaume qui chantait à l’époque dans Happy Face et aujourd’hui dans le groupe Final Shodown groupe deathcore moderne. Guillaume c'est une machine de guerre en fait il avait déjà pré enregistré sa voix, on avait déjà fait nous-mêmes des arrangements ensemble il savait ce qu’il voulait j’ai trouvé ses propositions génialissimes,  je pense que j’ai invité des personnes avec qui j’avais envie de partager plus qu'un simple enregistrement. Comme je dis, tout choix est fait pour pouvoir être réalisé en live avec des gens avec qui j’ai envie de partager plus qu'un chassé-croisé sur scène et je suis sûr qu’on est sur la même longueur d'ondes. Et pour le dernier featuring, c'est un Parisien, Vincent Mancini qui officiait dans Aqme et maintenant dans Butcher’s Rodeo. Vincent c'est le piment c'est un élément instable en fait il est arrivé et il a retourné le studio il était incontrôlable il était super content d’être là il disait "je suis venu faire la bagarre" enfin c'était trop trop bien. Je manque de superlatif à ce niveau-là y avait pas eu d'essai il connaissait les paroles et il avait envie de tout donner alors il n’a pas enregistré comme moi il se baladait avec le micro il traversait tout le studio c'est assez fou c’était génial parce que Butcher Rodeo c'est plus rock n roll et  il a apporté autre chose, c'était un morceau rock n roll taillé avec un son moderne je trouve qu’il a apporté un truc à ce morceau la Cyclops. Ce titre est un clin d'œil à 1984 d'une certaine manière à cet état de surveillance qui nous a été imposé et aussi à la violence policière qui nous a également été imposée,  sans laquelle le mouvement Gilet Jaune aurait eu plus d'effet dans notre société.

Quelles sont les groupes qui vous ont donné envie de faire de la musique ?

Emile :  bonne question... Les groupes qu’écoutaient avec mon père quand j’étais plus jeune y a pas que du rock n roll on écoutait pas mal Renaud, l'époque ou Renaud était encore Renaud... L'album « Putain de camion » qui est un album assez rock n roll mine de rien pour ceux qui ne le connaissent pas, j’ai aussi pas mal écouté « Dure Limite » de Téléphone qui est quand même aussi un putain d'album faut le reconnaitre. Miles Davis, mon père écoutait pas mal de choses, du jazz moderne notamment aussi même si moi je n’écoute pas de jazz je trouve qu’il y avait quelque chose. Après je pense qu’il y a beaucoup d'influences subliminales, je ne suis pas persuadé d'avoir tout enregistré je me rappelle qu'il écoutait Magma que j’ai découvert pour la première fois en live il y a a peine un an. C’est un peu une machine à remonter le temps tu vois, voir Christian Vander et ressentir des titres en live j’en suis encore assez ému, et puis aussi Jimi Hendrix, du coup il fait partie des groupes qui m’ont peut-être donné envie de monter sur scène en tout cas c’est des choses que j’ai écouté et qui m’ont donné envie de faire du rock, après peut-être plus PANTERA, un truc comme ça, des mecs qui arrivent sur un plateau télé, qui envoient la sauce et qui défoncent tout, j’ai trouvé ça assez fort à l’époque le contrepouvoir que portait le métal le hardcore était bien plus important que ce qu’il  est aujourd’hui.

Si vous deviez vous définir en un mot ?

Emile :  Torrentiel

Quelle sont vos influences musicales ?

Emile : Y en a plusieurs, mais si je devais en retenir un seul ... Déjà je choisirais quelqu’un d’expérience non pas que je ne pense pas que les jeunes groupe ne m’ont rien apporté, mais j’aimerais partager plus que de la musique autour de ça. J’aurais tendance à me tourner vers la Scandinavie et je le dit souvent, je pense à Meshuggah parce que c'est un groupe qui a su inventer son propre son à partir de leur histoire, et qui ont eu le mérite de réussir là où certains ont passé du temps également mais eux c'est sans se travestir et ça c'est vraiment quelque chose ou je leur tire mon chapeau, parce que n’en déplaise aux fans de GOJIRA ou Metallica, ya des groupes qui n’ont pas forcément évolué dans le bon sens du terme. Meshuggah je trouve qu’ils ont évolué sans perdre de vue qui ils étaient et ce qu’ils faisaient.

Pour finir, si vous ne deviez conserver 3 choses : un disque, un film, et un 3ème choix ? Quelle serait votre sélection et pourquoi ?

Emile :  un livre je prendrais « 1984 » parce que je n’ai pas fini de le lire voilà pour commencer. Un film, je pense que je prendrais « l'avocat du diable » parce que j’aime beaucoup Keanu Reeves et Al Pacino, c'est un film qui a mal vieilli sur le plan image mais je trouve le scenario dinguissime, et voilà il est beau à regarder et je ne m’en défais jamais malgré les effets spéciaux qui vieillissent terriblement mal. Et si je devais choisir un disque, je pense que je partirais sur quelques choses de vieux, je serais bien parti sur un Pink Floyd mais lequel... oui Pink Floyd, pour avoir le temps de le prendre par tous les sens car c’est surtout cette force qu’ils ont de pouvoir nous emporter ailleurs.

Et question bonus, avez-vous envie de nous dire quelque chose ou un message ?

Emile : Le message que j’ai à faire passer il s'adresse à tout un chacun mais plus particulièrement à la scène que je représente, la scène underground. Tout le monde, qui que ce soit, artiste, membre d'association, qui que ce soit, si vous avez la possibilité d’aller soutenir un groupe même inconnu qui passe près de chez vous, n'hésitez pas, on vient de traverser 2 années terriblement difficiles qui coutent et qui couterons certainement terriblement cher sur le plan humain et artistique pendant des années, je vous invite à ne pas oublier que la musique c'est avant tout une rencontre humaine entre des gens et à ce niveau-là continuez à soutenir votre scène locale parce qu’on a toujours besoin d’un public, être suffisamment attentif pour faire vivre les lieux, bars, café-concert, salles de musique actuelle, l’Art c’est ce qui nous élève vers le haut c'est ce qui nous distingue d’une certaine manière de la dictature. Faut pas l'oublier.

Vidéo de l'interview ICI .

 
 

Th Cattier
Photos : Th. Cattier /
Shooting Idols

jeudi 24 septembre 2020

INTERVIEW // TRANK // Promo sortie CD "The Ropes".

 

 

 

Pour la sortie de ce 1er album, pouvez-vous nous raconter votre parcours à chacun ?

MICHEL
On peut le résumer assez rapidement, on a tous joué dans des groupes divers et quand on a commencé TRANK, on a décidé que c’était un projet qui méritait d’être traité professionnellement. J’étais dans un groupe de reprises à Genève qui marchait très bien mais qui ne voulait pas passer à l’étape de la compo pour plein de raisons. Du coup, je cherchais un guitariste qui soit capable de composer des choses qui me plaisaient musicalement, et surtout qui me permette de composer des parties vocales vraiment très rock, quand je compose, par défaut j’ai toujours tendance à écrire des choses très mélancoliques et je voulais quelqu’un qui soit capable de créer de la mélodie et du riff pour pouvoir pousser les choses. Et j’ai rencontré Julien, une espèce de mutant avec sa guitare de l’espace qui écrivait à la chaine ses riffs à la fois très accrocheurs très flamboyants et avec une petite touche de noirceur qui me plaisait beaucoup. Donc on a commencé à bricoler des morceaux ensemble, et tout de suite on s’est rendu compte que l’on tenait quelque chose de vraiment intéressant. J’ai appelé Johann, un batteur ami de longue date qui de son côté n’avait été motivé par aucun projet suffisamment pour vraiment s’engager… On a commencé à bosser tous les 3 et les choses se vraiment mises en place avec l’arrivée de David, après avoir essayé plusieurs bassistes, humainement et musicalement y a un truc qui s’est mis en place. C’est vraiment en 2018 avec cette formation définitive que le son de Trank a été forgé.

Comment s'est passée la rencontre et la formation du groupe ?

MICHEL On était 3, assez désespérés, donc on a passé une petite annonce, et au bout de quelques semaines David est arrivé, et en 15 minutes de répétition c’était fait. Il a apporté la pièce finale du puzzle, on a tous des influences assez différentes mais assez complémentaires.
 
Quels sont les groupes qui vous ont influencés et quelles sont vos idoles ?

DAVID Moi c’est vraiment tout ce qui s’est passé dans les années 90, j’ai vraiment commencé à la découverte des Guns. Avant j’écoutais Aha, Supertramp, mais j’avais quand même depuis toujours une culture Pink Floyd, Jimi Hendrix, des classiques des seventies… Et également des choses un peu plus soft comme Pearl Jam, Soundgarden...
MICHEL Si tu poses la question à Johann notre batteur, il a des goûts très éclectiques, très progressive moderne, notamment Porcupine Tree, ce qui amène à Trank… L’une des caractéristiques de Johann est d’amener cette puissance, cette finesse et une richesse de texture.
Julien est très fan de rock alternatif plus contemporain comme Bring me the Horizon, c’est un dingue de Muse pour le côté à la fois un peu épique, flamboyant et extrêmement mélodique, en recherche sonore dans le traitement des guitares en particulier.
Et moi je suis venu à la musique par la newwave et coldwave des années 80, je suis un dingue de Depeche Mode, j’aime beaucoup Killing Joke, Joy Division etc.
J’ai énormément écouté de la musique industrielle, du Métal industriel genre Rammstein, des gens comme ça.
La musique de Trank est un peu au croisement de tout cela : le mélange d’une certaine forme de tension et de noirceur mélodique. Et malgré tout, quelque chose de puissant et accessible, qui donne envie de rentrer dans les chansons et de bouger, plutôt que d’être super déprimant ou dans une constante agression sonore.

J’ai écouté l’album, je trouve que justement ce n’est pas seulement que du hard, on sent bien qu’il y a d’autres influences qui donnent un côté plus large de votre musique.

DAVID Il n’y a pas vraiment d’étiquette
MICHEL Ça nous fait très plaisir que tu dises ça, on se retrouve beaucoup dans ce côté clair-obscur, ce mélange, c’est tendu, c’est un peu sombre, mais malgré tout, plein d’énergie et accessible, et pour amener ça à la vie on pioche chacun dans ses influences… la musique du groupe n’est pas très facile à cataloguer.
Par exemple on nous a beaucoup dit « vous faites du métal alternatif »… Je ne sais pas ce que ça veut dire… mais on ne se voit pas comme un groupe de métal, on se voit comme un groupe de rock, il y a des influences métal mais au même titre que plein d’autres influences…

On sent bien cette diversité musicale qui fait cette union.

DAVID C’est exactement ce que l’on essaye de faire passer.
MICHEL Oui on s’est rendus compte qu’il y avait une vrai personnalité qui se dégageait et surtout qu’on aimait la musique que l’on faisait… On fait vraiment la musique qu’on a envie d’entendre, pas forcément celle sur laquelle il faut poser une étiquette, on se met tous les 4 dans une pièce voilà il se passe ça.
C’est le manager de Anthrax qui nous avait dit : « c’est pas du metal mais vous faites de la musique que les fans de métal peuvent adorer... Et c’est pour cela que le groupe vous a choisi ».
Quand on a fait la 1ère partie de Anthrax ils avaient refusé 18 groupes avant nous. Ils ont écouté notre disque et d’après le manager ils ont dit « c’est cool, ça ne va pas faire redit par rapport à ce qu’on fait nous. Mais les fans de métal peuvent s’y retrouver, et ça, ça nous plait ».

Qu’est-ce qu’ils avaient écouté ?

MICHEL Les 3 singles que l’on avait fait à l’époque : « Trouble time », « Bender break » et « Undress to kill » que l’on avait fait très clairement comme des cartes de visite.
DAVID Avec les clips qui allaient avec.
MICHEL Avec l’idée également d’aller voir des tourneurs, notre musique quand tu la joues dans une grande salle elle est vraiment à sa place et du coup le choix que l’on a fait dès le début, plutôt qu’enquiller les headlines dans les petites salles on va essayer de choper des belles premières parties dans des grandes salles.
DAVID On va y aller au culot et voilà.
MICHEL Et on a demandé à des tourneurs s’ils avaient besoin de gens comme nous, c’est comme ça qu’on s’est retrouvés à ouvrir pour Anthrax et Deep Purple !

Comment avez-vous ressenti l'accueil que vous réservé le public pendant vos premières parties ?

DAVID Avec le public de ANTHRAX, on était un petit peu fébriles quand même, on s’est dit on va se prendre des casseroles dans la gueule et ça s’est tellement bien passé. On a eu un joli rapport avec eux, à la fin du concert ils sont venus nous voir. On était très fiers et contents mais tu te dis quand même… ANTHRAX quoi !
MICHEL on a eu un super accueil, de façon générale le public metal a les oreilles et l’esprit un peu plus ouverts, mais évidemment quand tu es dans la position de recevoir des canettes l’angoisse prend le dessus… Mais on a été très vite rassurés.
DAVID c’était juste les premières secondes, personne n’est armé… En fait les mecs les plus dur ils nous prenaient dans les bras à la fin du concert c’était énorme.

Gardez-vous un souvenir particulier de ces rencontres comme Deep Purple, Anthrax, Papa Roach ou Disturbed ?

MICHEL Ces personnalités que tu écoutes et que tu admires, tu te dis j’aimerais les voir en concert et un jour tu ouvres pour eux… Ce sont des moments fabuleux. Papa Roach c’est un mec extra… Adorable
DAVID Comme Deep Purple, c’est juste des grands bonhommes, on a été très très bien accueillis. Grand respect c’était incroyable
MICHEL Des crèmes oui. C’est des seigneurs. Ils nous ont traités comme des petits frères, la veille du concert ils ont sorti un communiqué de presse pour demander à leurs fans de venir à l’heure pour ne pas louper la 1ère partie… On était tellement fiers on a relayé leur citation sur notre site : Ils disaient « Si on refaisait Deep Purple on sonnerait comme ça ».
DAVID Quand tu lis çà … L’adrénaline monte c’est énorme.

Du coup vous avez dû encore plus flipper !


MICHEL Oui on est arrivés avec le trouillomètre à zéro…
DAVID Tu ne sais plus comment tu t’appelles.
MICHEL Une fierté collective extraordinaire.

Et avez-vous gardé des contacts avec ces groupes ?

MICHEL Oui, le clavier de Deep Purple, on a beaucoup parlé ensemble et au soundcheck il est venu nous filmer c’était assez drôle.
DAVID Et il nous prenait en photo pendant le concert
MICHEL Leur directeur technique nous a dit pendant votre set il y avait 3 membres de Deep Purple qui étaient avec vous sur la scène derrière les panneaux à vivre votre performance… Et après on a eu droit d’être sur la scène pendant leur concert et a un moment Steve Morse pendant un solo de clavier vient vers nous et nous dit « Ca va les mecs »…. Waouw un souvenir énorme.


Michel André Jouveaux
vocals, keyboards and programming

David Spatola
bass

Julien Boucq
guitars

Johann Evanno
drums and percussion

D'où vient le nom du groupe TRANK ?

MICHEL on rigole à chaque fois que l’on nous pose la question, l’origine du nom est vraiment très très conne… Même si on est très fier du nom, l’idée c’est qu’on voulait un nom simple qui soit prononçable facilement partout dans le monde, parce qu’on pense à ce groupe comme ayant potentiellement une audience internationale.
DAVID
Et l’envie d’avoir une audience internationale !
MICHEL Puis le fait d’avoir joué en Europe de l’Est et d’avoir vu comment les gens réagissaient ça nous a convaincus que c’était le cas. On voulait aussi un nom qui ait une espèce de rigueur un peu germanique dedans. Ce côté un peu indus’ dans la façon d’approcher certaines rythmiques, un côté un peu monolithique dans les morceaux les plus typiques du groupe et c’est Johann qui a eu l’idée de mélanger deux de mes mauvaises idées et d’en faire une bonne… Je lui ai parlé de « CRANK » le film avec Jason Statham où on voit un gars qui chasse l’adrénaline pour ne pas mourir ce qui est une bonne analogie avec les raisons pour lesquelles on est tous dans le groupe. Et je parlais de KRAFTWERK avec le morceau qui s’appelle Boing Boom Tschak qui à l’origine est un morceau qu’ils ont fait parce qu’un journaliste s’est foutu de leur gueule en disant qu’ils allument leur boite à rythme et ça fait boom boom tschak pendant une heure et ils en font un album… Moi j’adore, je suis complètement pas d’accord, je trouvais le morceau vraiment drôle et dans le morceau ils écrivent tschak à l’allemande… Et on s’est dit « on a qu’à mélanger les deux ça fait TRANK » Mais il y a aussi le côté on veut être un groupe international.

Après votre premier E.P. en 2016, puis trois singles en 2018, aujourd’hui l'arrivée de votre premier album… Avez-vous senti une évolution dans votre façon de travailler en studio ?

DAVID On est rentrés en studio avec les morceaux déjà bien aboutis, ce qui ne nous a pas empêchés d’avoir des changements au dernier moment, c’était plus un travail au niveau du son, il fallait attendre le studio pour mettre à plat tout ce que l’on voulait.

Aviez-vous déjà rôdé les titres sur scène ?

MICHEL
Oui la majorité mais pas la totalité des morceaux, on a toujours conçu la musique avec ce côté assez ample, intime par moment mais assez épique, et le fait de les avoir joués sur des grandes scènes nous a permis d’accentuer ce côté-là et en plus on a eu la chance de bosser avec un ami qui a également produit cet album, Yvan Barone, qui nous a beaucoup aidés à capturer la richesse harmonique et la complexité des arrangements. Il vient d’une culture très chanson, il nous a beaucoup aidés sur la manière d’arranger des morceaux d’une façon harmoniquement riche et qui progresse à l’intérieur, c’est important pour nous, on déteste les morceaux qui sonnent comme une dalle de son du début à la fin… on voulait réconcilier ce côté assez riche avec quelque chose de puissant, de tranchant et d’assez commercial, ce qui pour nous n’est pas un gros mot… On est allés mixer chez Brian Robbins qui bosse à New-York et notamment pour Bring me the horizon, il a pris notre matériau qui était assez riche et lui a donné le côté à la fois massif et tranchant qu’on recherchait, le gars qui a fait le mastering bosse entre autres pour Porcupine Tree et lui aussi est très fort pour réconcilier des choses qui sont assez fouillées et en même temps très pêchues.
DAVID On a su bien s’entourer...

Comment se passe la création de vos compositions ?

MICHEL En général, c’est soit Julien soit David, plus rarement moi qui amenons une idée de base qui peut être embryonnaire, un riff, soit assez développé, une colonne vertébrale d’une ou deux minutes avec une intro un couplet un refrain voire un pont. Ensuite je reprends cette idée avec celui qui l’a amenée et on travaille la structure ensemble jusqu’à que l’on ait une base assez bonne pour aller en répétition. Et on commence à la bosser en boucle… Une fois que l’on a un instru basse guitare batterie qui se tient, je m’occupe de l’habillage, une petite touche d’électronique qui va permettre d’amener la petite richesse, la couleur un peu coldwave qui nous va bien … On remet ça en répétition pour voir si ça marche, une fois que ça marche je laisse reposer, un peu comme en cuisine… j’ai un petit carnet de notes avec des idées de texte, au bout d’un moment il y a une ligne qui va sauter de la page… Voilà, l’idée centrale de texte qui va bien pour ce morceau-là c’est celle-là … Et du coup après j’écris le texte et la mélodie vocale afin d’avoir une vraie complémentarité entre la voix et les instruments. Typiquement, on compose comme cela, c’est pour ça qu’on a autant de diversité dans l’album, on amène les idées de base et on participe tous à leur développement et leur enrichissement.

 




Vous restez dans un domaine artistique assez sombre et sophistiqué dans l’ensemble, pourtant on perçoit une facette de vous pas si sombre que cela ?

MICHEL C’est ce qu’on essaye de faire, je me souviens toutes les conversations que l’on a eues, le fan hystérique de Depeche Mode c’est moi et ce que j’ai toujours aimé chez eux comme chez beaucoup d’autres c’est le côté clair-obscur, cette capacité à chanter des choses qui sont assez noires, où il y a de la tristesse, du drame, de la tension, de la perversion, du malaise … Prendre ce matériau au fin fond de l’estomac, là où passent toute les saloperies et transformer ça un peu comme des alchimistes en quelque chose qui fait danser des dizaine de milliers de personnes, Depeche Mode ont réussi à mettre la noirceur et l’expérimentation en format pop. George Michael disait : « La différence entre la soul et le rock, la soul c’est une musique de satisfaction et le rock c’est une musique de frustration ». Tout le monde a cette part de frustration en soi, et ce qu’on essaye de faire avec TRANK est d’aider les gens à évacuer en participant avec nous. TRANK c’est pas de la musique contre laquelle tu dois te battre pour rentrer dedans c’est de la musique qui te laisse entrer pour t’aider à évacuer tous ces trucs qui nous pourrissent la vie.

Une sorte d’exutoire en fait ?

MICHEL Oui c’est exactement ca
DAVID On t’amène ta petite thérapie
MICHEL Oui gratos et du coup on touche à des thèmes qui parlent … L’un des plus grands moments que l’on ait eu sur scène, moi j’ai eu ma petite larme derrière mon pied de micro c’est quand on a joué BENDER BREAK, qui est au premier degré un truc assez sexuel qui parle de SM « les gens qui se voient comme des dominés plutôt que des dominants ne sont pas des faibles mais des forts qui cherchent plus fort». Et le thème de la chanson c’est la résilience, le fait d’en prendre plein la gueule et de se redresser après. Quand on l’a chantée en Ukraine au festival Atlas, j’ai juste fait cette intro pour dire « cette chanson elle va vous parler parce qu’elle dit « Tu plieras pas, tu casseras pas » et le simple fait d’avoir dit ça, les gens se sont mis à hurler le refrain dès la première fois.
DAVID Juste la compréhension de se dire « oui on connait, c’est nous ça ».
MICHEL Ca fait des décennies qu’ils en prennent plein la gueule pour pas un rond et du coup ils se sont retrouvés là-dedans, c’était tellement émouvant pour nous. Il y a une partie avec des chœurs, ils étaient tous dedans c’était un vrai grand moment parce que tu vois que les gens ont senti exactement ce que tu dis : l’exutoire.

Vous totalisez un nombre impressionnant de vues sur YouTube, et vous avez des fans un peu partout dans le monde… Que pensez-vous des réseaux sociaux pour vous faire connaitre, passez-vous beaucoup de temps à communiquer en ligne ?

MICHEL On n’est pas forcément des gros consommateurs mais aujourd’hui c’est indispensable, on n’a pas le choix, on s’est un peu repartis les rôles au sein du groupe sur qui s’occupe de YouTube qui s’occupe d’Instagram, Facebook etc.
Moi je suis très nostalgique de la période de la presse rock, l’explosion de la disponibilité de la musique en particulier gratuite, plus le fait que la technologie permette à plein de gens aujourd’hui d’enregistrer les disques chez eux a créé une espèce d’explosion de l’offre, mais hélas, beaucoup de gens consomment de la musique comme du papier peint. Je me souviens des années quand j’étais adolescent j’attendais la sortie de mon magazine rock & folk parce que t’avais tout un tas de plumes brillantes qui te permettaient d’imaginer les disques dans ta tête avant de les entendre, et tu finissais par faire confiance à des critiques, un mec qui avait aimé tel truc tu te disais s’il a aimé je vais aimer aussi.
DAVID Oui celui-là je veux l’écouter parce que lui il a aimé.
MICHEL Je me souviens avoir découvert Bowie grâce à Jérôme Soligny, parce qu’il avait fait une critique sur l’intégrale des disques de Bowie dans rock & folk tellement bien écrite, j’ai un peu la nostalgie de ça… Après les réseaux sociaux sont là, on s’en sert le mieux possible, surtout en ce moment puisqu’on ne peut pas faire de concert. Ce qu’on aime dans les réseaux sociaux c’est rencontrer des gens comme toi, on rencontre des bloggers, on aime les passionnés parce que nous on fait ça par passion on fait TRANK pas pour bouffer on fait TRANK parce qu’on a envie d’entendre la musique qu’on fait.
Et ce qui est super rafraichissant dans les réseaux sociaux, ça permet de croiser que ce soit en vrai ou en ligne des gens qui sont des mordus du truc, qui le vive et qui le respire autant que toi. Et dans une période où il y a beaucoup de gens blasés de tout, rencontrer des passionnés ça fait vraiment toujours plaisir.

Un mot ou une devise pour définir TRANK ?


MICHEL Un truc que l’on se dit juste avant de rentrer sur scène
DAVID Plus rien à perdre … On est déjà morts
MICHEL C’est la prière du samouraï avant d’aller au combat. Ça consiste à le débarrasser de sa peur en lui faisant comprendre que de par sa décision d’aller au combat il a déjà choisi de mourir, il est déjà mort… qu’est-ce qu’il peut lui arriver de plus… Donc on y va, que ce soit sur scène ou en studio sans peur de rien... On fait ce groupe c’est viscéral on en a besoin.
 
Comment avez-vous vécu cette période de confinement : plutôt une introspection artistique ou un retour à la vie ?

MICHEL On a décidé de se mettre au jazz …
DAVID Rires
MICHEL En fait on en a profité pour mixer l’album, on a mixé à distance avec Brian Robbins depuis New-York on a mixé par téléphone et en conférence vidéo, on échangeait aussi par mail. Et une bonne partie de la période du confinement a correspondu en gros à la deuxième moitié du mix. On était très frustrés de pas se voir et de pas jouer ensemble, on a bricolé deux ou trois reprises, on s’envoyait des pistes en construisant chacun de son côté en se mettant des petit challenges… Par exemple on a fait un truc dont on est très fiers, peut-être qu’on le sortira un jour, c’est une reprise de « Because » des Beatles, ça m’a pris un jour, j’ai posé la partie de piano et six pistes vocales, et je leur ai envoyé, chacun a mis sa touche puis on s’est lancé un challenge, une seule piste chacun en live chacun de son côté en essayant de retrouver l’ambiance de jouer ensemble, une piste chacun sans retouche, juste au final un pur brut live piste par piste… Un jour on la sortira.

Pour finir cet entretien, si vous ne deviez garder que 3 choses : Un disque, un film et un 3ème choix ? Quelle serait votre sélection et pourquoi ?

DAVID En premier, mes vinyles de Queen que ces 3 garçons m’ont gentiment offert, je suis un fan de Queen depuis que je suis né. Je ne suis pas très film mais je choisirai Pulp Fiction, et en 3ème choix ma basse, et s’il n’y a pas la place je prendrais au moins une corde je pourrais en faire plein de truc !

MICHEL 1er choix « Violeta » de Depeche Mode, 2ème choix Blade Runner, d’ailleurs un petit coffret avec les deux, la suite était extraordinaire je me fous de savoir ce que pensent les fans hystériques, la suite de Blade Runner est un chef d’œuvre absolu… et je n’ai pas besoin de micro pour chanter mais je pourrais difficilement vivre sans, mais je pense que je vais quand même choisir un synthé, mon Rolland Juno 60, un vieux synthé analogique que j’ai acheté quand ça ne valait plus rien en 1992, pour 300 euros et maintenant ça vaut un max parce que c’est revenu à la mode, c’est mon couteau suisse il est absolument dans tous les morceaux. C’est un instrument fabuleux avec lequel tu as une vraie relation charnelle, un grain, une richesse de son qui est incroyable, donc voilà je vais dire ça.

Merci TRANK pour ce moment d’échange, on vous retrouve au CCO de Villeurbanne le 7 novembre prochain pour une « super release party » !

 

 

 

TRANK
Album :
"
The Ropes"
Date de Sortie :
15 Septembre 2020

Genre :
French Metal Rock

https://www.trankmusic.com/


Th Cattier - Photo :  Internet / Shooting Idols, Th. Cattier