mardi 29 novembre 2022
lundi 23 mai 2022
RAMON PIPIN // Interview // "Humour Musique et Confidences" Mars 2022 (partie 2).
Nous avons rencontré Ramon Pipin qui nous a accordé ce passionnant moment d’échange et nous
a confié en exclusivité quelques moments de sa vie, anecdotes, confidences
et sa passion pour le rock'n roll.
Voici la deuxième partie de l'interview.
Après la musique, la pub et les BO Télé, en 2015, tu écris ton 1er roman "Une jeune fille comme il faut". Ce sont Différentes manières de travailler ?
Ramon Pipin : Bien sur j'ai fait de la pub pendant très longtemps puisqu’à
l'époque de Odeurs j'ai était approcher pour faire de la pub. Donc j'ai commencé
à faire cette exercice pas très accaparant et rémunérateur il faut le dire.
Donc j'en ai fait beaucoup pendant 30 ans j'ai fait de la pub ça prend une journée
deux à tout casser et puis quand ça marche ça marche de toute façon tes payer
pour le faire donc... Moi j'avais ma propre boite de prod dans les années 90 ça
marchait très bien donc on faisait beaucoup de pub on dirigeait des comédiens
ce que j'aime bien faire aussi rencontrer des gens voilà. Bon après tu rencontres
beaucoup de connard aussi mais j'ai aussi rencontré quelque créatif de talent
avec qui je suis resté souvent en rapport d'ailleurs. Donc la pub c'était un
exercice bon comme ça. Les musiques de Films sa ça me passionne beaucoup plus
j'en ai fait au moins dix longs métrages et une vingtaine de Téléfilm j'en ai
quand même fait pas mal. Y en a quelques un qui sorte du lot comme par
exemple "Bernie" De DuPontel
ou la quand tu recoûte la bande son je l'ai recoûter il y a pas longtemps je l'ai
mise sur Facebook putain on avait pu y aller c'était les guitares saturé et c'était
bien en France pour la musique de film on est un peu parent pauvre par apport
au états unis ou il y aides compositeurs exceptionnel franchement je trouve que
l'on ne sort pas tellement notre épingle du jeu excuse-moi Jean Michel Bernard
qui es mon pote et qui lui a fait de bonne musique de films d'ailleurs pour Mocky
entre autres moi ça fait longtemps que j'en fait plus la dernière que j'ai
faite c'était un téléfilm avec ma copine Sarah Levi et j'ai eu la chance
d'enregistrer a AIR le studio de George Martin à Londres pour un film de
Christian Clavier et on était avec le London Symphonie Orchestra c'était super
je travailler avec Jean-Philippe Goude qui es mon alter ego musical même si le
film n'a aucun intérêt la musique y avait des belle choses. Des choses compliquent
à jouer c'était extraordinaire cette séance avec le London c'était un truc
quasiment injouable et les mecs avec le doigt dans le nez on était waou
vraiment impressionner. Moi je n'écris pas des thèmes et tout je n'ai pas de
culture musicale je suis autodidacte je peux arranger des cordes mais après y a
un mec qui passe derrière moi pour corriger les fautes et pour mettre ça en
forme quoi. Je mais la base quand même sur mes albums solos aussi les
arrangements son proches du définitif mais il y quand même qui passe derrière
moi je préfère. Vincent Chavagnac dit "Turquois" pour ne pas le nome
avec qui je travaille depuis une dizaine d'années. Une musique de films sait extrêmement
accaparante crois que quand j'ai fait "Enfermés dehors" qui était une
gageüre... Clarabelle voulait que je me mette sous Lexomil le Jai fait 150
maquettes pour satisfaire Albert Dupontel c'est dur et en plus jetais en
compet avec Noir Désir parce qu'il adorait Noir Désir pour chaque séquence
chacun faisait son truc moi je suis plutôt un mélodiste eux y faisait plutôt
Doudoudoudoudou et Dupontel "C'est vachement bien donc j'avais un peu les
boules. Et c'est là que sait arrêter notre collaboration d'ailleurs. Après J'ai
fait deux films avec De Caunes et j'ai fait le Coluche ça a étais un grand plaisir
parce que travailler avec Antoine sait cool et sympa.
Puis j'ai fait deux téléfilms avec lui derrière , J'ai travailler aussi avec Sarah Levy , Patrice Lecomte
Francis Kuntz de Groland avec Christian Clavier un peu toujours dans le domaine de la comédie ce que je regrette un peu parce que j’aurai pu faire autre chose.
J'avais une approche assez particulière. J'essaie de mélanger les instruments électroniques et les instruments d'orchestre. Il y avait souvent des synthés ou des guitares électriques, avec des cordes. J'aime bien ça. J'essaie d'avoir une démarche personnelle, pas trop copier les autres. Sur les musiques de film, c'est les monteurs qui calent les musiques pour satisfaire les réalisateurs. Sur l'affaire Yann Piat d'Antoine de Caunes, ils avaient calé des trucs de Philippe Glass, avec soixante-dix musiciens. On n'avait pas de budget. Une fois que le réalisateur a ça dans la tête, c'est difficile de l'en sortir, mais j'ai adoré faire çà. C'est un grand plaisir de faire des musiques de films, de la musique à l'image. Puis je me suis consacré à mes trucs.
Quel contact gardes-tu avec les anciens de Au Bonheur des Dames, Odeurs, et autres amis comme Antoine De Caunes, Coluche, John McLaughlin...?
Ramon Pipin : On est très potes. Je l'ai invité, il a pas pu venir. Il m'a invité dans son émission. On est très potes, mais on ne se voit pas, par contre. Mais je pense qu'il me respecte et inversement. Il y a des gens que je vois encore. J'ai fréquenté tous ces gens là avec Coluche. J’allais souvent chez Michel. La vie sociale et artistique se passait là-bas, parce qu'il était tellement connu, qu'il ne pouvait pas sortir dans la rue. Là-bas, j'ai connu tout le Splendid, des réalisateurs, des musiciens, il y avait tout le monde. J'ai pas gardé de contact particulier, mais quand on se voit, on sait qui on est. Mon copain est tombé sur Jean Teulé, le romancier, dans un café. Il lui dit qu'il travaille avec Ramon Pipin. Ah Ramon, c'est sympa... Puis voila. Je dois lui envoyer mes productions. Avec les musiciens, j'ai gardé à 95% des bons rapports avec eux. Il y en a qui ont un peu disparu. Il y en a aussi qui ne sont plus là.Il y en a avec qui je m'entends moins bien, mais that's life! Mais j'essaie d'être très fidèle. Le bassiste avec qui je joue, Marc Perrier, ça doit faire trente ou quarante ans que je joue avec lui. le batteur, Amaury, je l'ai retrouvé avec Les Excellents. Pour mes projets personnels, ce n'était plus lui, parce qu'il bossait à l'époque, puis je voulais être avec des gens plus jeunes, pour qu'ils m'amènent un stimulus créatif. Je pense qu'il a très bien compris, et là, on se marre bien avec Les Excellents. Je vais faire un concert le 25 Mai pour mon Jubilé, et par contre ce sera mon autre batteur. Mais il habite plus à Paris, il y a des gens qui ne sont plus là non plus. J'entretiens de bons rapports. Il y a des gens qui ne peuvent pas me blairer, mais cà...
Je me souviens de Michel, mais on n'était pas amis. Mais on s'est vus souvent. je connaissait bien Patrick Dewaere, Desproges, qui était un mec adorable, Balavoine. J'ai connu tous ces gens-là. Il y en a beaucoup qui ont disparu. On s'échangeait artistiquement, on allait se voir. Ils allaient voir Odeurs, j'allais voir leurs spectacles. On avait des musiciens avec Coluche. Dewaere je l'ai connu parce qu'il a fait un 45 tours "Je suis un policier", à Ramsès, avec mes musiciens, enfin c'était un groupe qui s'appelait Treponem Pal. Je sais pas si ils sont devenus musiciens de Odeurs ou inversement, mais on a sympathisé, on s'est vus. J'ai dîné chez lui plusieurs fois, il était venu à la campagne. C'était des bons comédiens. "Série Noire" c'est quand même vachement bien.
Après, j'ai connu d'autres musicien, en studio, comme John McLaughlin qui a joue gratuitement sur mon premier album solo. Donc on a sympathisé. Quand j'étais jeune, c'était une de mes idoles. John McLaughlin avec Mahavishnu, c'était une des grandes claques de ma vie. On allait les voir sur scène, c'était extraordinaire. Il a fait deux ou trois albums à Ramsès. Et un jour je lui dis : "Tiens, je fais un album, tu voudrais pas venir jouer, il m'a dit ouais!". Incroyable! gratos. Après je l'ai revu parce que j'avais un projet de film, malheureusement je n'ai jamais réussi à le faire. Je lui avais demandé de participer. On était descendu chez lui, à Monaco, avec ma copine Sarah Levy. Il était d'une gentillesse extrême. Il vient de fêter ses quatre-vingts ans. Il continue à sillonner les routes et à jouer. Il avait des problèmes d'arthrose, mais apparemment ça va mieux. Il joue encore. Il y en a d'autres. La guitare a fait des progrès formidables, mais John reste un marqueur incontournable de la guitare. Il a fait faire un bond à la guitare électrique dans les années soixante-dix absolument extraordinaire. Il me racontait que le matin il répétait avec Tony William et après il jouait avec Miles Davis, tu crois rêver.
En 2016, tu lances le journal at Homique sur Facebook, et Les Excellents, avec Camille Saféris où vous massacrez en français les grands titres du Rock. D'où est venue cette idée?
Ramon Pipin : En 1995, avec mon camarade de l'époque Yves Hirschfeld, on avait eu l'idée de faire des actus sur notre table. On avait fait ça dans une émission de Marc Jolivet, qui était un pote à nous. Et puis on a vendu le concept à "Nulle Part Ailleurs". Donc pendant un an, on commentait l'actu, une fois par semaine. Dans une séquence qui durait cinq minutes, qui s'appelait "Deux doigts d'info", qui a commencé en même temps que "Groland". On n'était pas mondains. Ca s'est arrêté, et comme j'aime bien commenter l'actualité, j'ai fait une petite pastille tous les jours. Je le fais moins maintenant. Après, j'ai fait des histoires sur le rock. Je racontais des anecdotes sur le rock, mais il faut trier le vrai du faux. Je raconte des trucs vrais, mais à la fois c'est une grosse connerie, genre Comment Joe cocker fait ce crie dans "With a little help from my friends" à Woodstock? Il dit qu'il avait des chaussures trop petites et qu’il a foutu un coup. Mais tout le reste est vrai. C'est assez marrant. J'en ai fait une petite dizaine. Un jour, en prenant un pot avec un pote, il me dit pourquoi tu ne fais pas les grands classiques du rock au yukulélé? Il y avait deux raisons. D'abord, j'avais pas eu l'idée, c'est lui et deuxièmement, je ne savais pas jouer du yukulélé. Puis j'ai pris un yukulélé, et j'ai fait quatre ou cinq trucs seuls, qui m'ont bien fait marrer. Après, j'ai demandé à Camille Saféris de me rejoindre, et on a commencé à faire ce qui allait devenir Les Excellents, avec un épisode incroyable qui est le "Billie Jean" que l'on a fait avec Sylvain Fusée. Camille m'avait amené un de ses potes en disant j'ai un copain qui joue du cor. Je croyais que c'était du cor d'harmonie. En fait c'était du cor de chasse, en plus il savait pas du tout en jouer. Donc il est arrivé, on était ici à cette place. Qu'est ce qu'on fait? On a fait "Bille Jean", et comme il savait pas jouer, on lui a juste dit de faire le riff. Il &tait incapable de le faire. Ca nous a tellement fait marrer, que, en fait, la chanson ne démarre jamais, cinq cent mille vues sur internet. Le truc a démarré comme ça. C'est devenu Les Excellents. Camille a décidé de quitter le groupe, et nous on en a fait un spectacle qui a cartonné récemment au café de la Danse, où on rejoue le 11 et 12 avril. On est plus d'une dizaine sur scène, avec un quatuor à cordes, et c'est assez drôle. C'est une petite récréation pour moi, par rapport à ce que je fais d'habitude, où je m'amuse beaucoup à faire du détournement de texte. On essaie de respecter les arrangements originaux. Plus c'est infaisable, plus on le fait, genre "Live and let die" ou "Kashmir", par exemple. Mais c'est ça qui me fait marrer. C'est double détente. Le morceau commence, les gens se disent c'est ce morceau-là, et après ils entendent les conneries qu'on raconte, et en plus les textes que je raconte entre les chansons. Venez nombreux, je crois que c'est drôle.
J'essaie d'être intègre. Il y a peu de choses dont j'ai honte, en fait, dans ma carrière. Il y a un truc dont j'ai vraiment honte, c'était Rita qui m'avait forcé. Je crois que tu le trouves sur internet. Il avait fait un 45 Tours qui s'appelle "Ratatouille". Alors là!! C'est honteux! A l'époque, il était avec Collaro, il avait écrit cette chanson, avec mon ami Jean-Michel Kajdan on avait fait la musique. C'est vraiment lamentable. Sinon, le reste j'assume. J'ai fait aussi beaucoup de musiques de dessins animés. Des séries qui se sont baladées dans le monde entier. C'était extrêmement chronophage. Quand tu dois te taper soixante-douze épisodes de Lucky Luke ou je sais pas quoi. Je faisais ça avec mon ami Hervé Lavandier, mais au niveau rémunérateur, c'était intéressant. C'est d'ailleurs grâce à ça que j'ai pu financer mes projets personnels.
Reste-t-il encore un domaine artistique auquel tu ne t'es pas encore essayé et qui te tente fortement?
Ramon Pipin : Malheureusement, le livre "Une jeune fille comme il faut" était un scénario de film. J'ai fait dans ma vie un court-métrage, qui s'appelle "Et tu récolteras ce que tu as semé", que tu trouves sur internet, avec Jacky. A l'époque il sortait de Dorothée. C'était mon attaché de presse à l'époque de Au Bonheur des Dames. On est restés très amis. Après Dorothée, il ne fait plus rien. Je lui dit est-ce que tu veux tourner ce court-métrage. Il a tourné ce court-métrage qui n'est pas tendre avec son image. Mais comme il a beaucoup d'autodérision, il a accepté de le faire. Et grâce à ce court-métrage, il s'est fait repérer par Ardisson, et ça lui a redonné du boulot. Il a fait le Rabbi Jacky Show. J'ai voulu faire un long-métrage, "Une jeune fille comme il faut". C'est passé entre les mains de cinq producteurs, j'avais un joli casting, avec Eddy Mitchell, Catherine Jacob... Malheureusement, je n'ai jamais réussi à le faire. Un regret. Du coup, je l'ai beaucoup réécrit et je l'ai adapté en bouquin.
Les ans commencent à s'accumuler, je me concentre sur mes projets personnels. Déjà, avec le spectacle pour mon jubilé il y aura quarante chansons sur scène avec Les Excellents, où il y a quarante chansons à écrire, plus le spectacle a écrire où on est beaucoup, on est un peu disséminés, il y en a qui ne sont pas à Paris. Donc il faut que tout soit écrit. Après je fais mon Jubilé, c'est à dire cinquante ans de musique. Au bohneur des Dames, Odeurs, en passant par mes albums solo. Et ça va être très bien. Mon Jubilé le 25 mai au Café de la Danse. Venez nombreux, ça va être sympa. Je voudrais quand même, au moins, parce que je suis un bosseur, et que je suis respectueux de mon public, ne pas proposer le même spectacle. Il y en a qui sont venus trois fois. Je vais essayer de faire un ou deux inédits. Mais j'ai fait quinze albums, j'ai du matos pour remplir deux heures. Que des chefs-d’œuvre, c'est ça qui est bien.
Si tu devais te définir, quelle serait ta phrase ou ta devise?
Ramon Pipin : Intégrité, humour, rejet de la bêtise, ou alors assumée, sincérité, artisan.
Aujourd'hui, quels sont tes groupes préférés. Sont-ils les mêmes qu'avant?, Une chanson ou un album qui restera pour toujours?
Ramon Pipin : Je suis dans le djent... C'est un courant. Du prog-métal, avec des groupes comme
Aken, groupe anglais exceptionnel, ou un groupe suédois qui s’appelle Leprous, la lèpre. C'est vachement bien. En France, il y a Gojira qui fait ça. Ca décrasse bien les oreilles, par contre, c'est d'une inventivité extraordinaire. Ce groupe Leprous c'est extraordinaire. Le chanteur, c'est un genre de chanteur d'opéra, avec des inventions harmoniques. Après j'écoute plein de trucs, du jazz, de l'indie-folk, des groupes vocaux, même si je reste attaché à Gentle Giant. Quels génies ces mecs-là. Un des plus beaux objets de l'histoire du rock... Un coffret de trente albums de Gentle Giant. Leurs onze albums studio et des lives, dont la qualité est pas toujours top. Il faut pas oublier que Gentle Giant, c'est le groupe qui a fait rentrer le contrepoint dans le rock. C'est à dire que dans Gentle Giant, personne ne fait les accords, chacun joue une partie différente, qui enrichie la partie de l'autre instrumentiste, le chanteur chante un truc qui n'a rien à voir. C'est exceptionnel. Le guitariste Gary Green, totalement méconnu, il vaut les meilleurs anglais, Peter Green, Robin Trower, tout ces mecs-là. Il est aussi bon qu'eux. Le chanteur, au départ c'était trois frangins, les frères Shulman. Derek Shulman, chanteur exceptionnel, son frère bassiste. Il faut écouter les parties de basse de Gentle Giant, c'est extraordinaire. Et le clavier, qui sortait du conservatoire, la Royal School Academy of London. Donc Gentle Giant, ne manquez pas. J'ai assisté au dernier concert d'Andy Partridge à paris. Il a fait deux morceaux, après il est sorti. Il n'est plus jamais remonté sur scène, parce qu'il ne supportait pas. Il était totalement agoraphobe. Mais quel génie mélodique, quelle invention. Les quatre ou cinq derniers albums de XTC sont des chefs d’œuvre. Pour moi, ce sont les successeurs des Beatles. C'est extraordinaire. Avec un bassiste exceptionnel, et Dave Gregory, qui était second guitariste, qui a quitté le groupe. Mais les deux albums qu'ils ont fait sans Dave Gregory sont quand même vachement bien, parce qu'Andy Partridge est un terrible guitariste. Et depuis dix ou quinze ans, il s'est tu, il fait pratiquement plus rien. Là, il sort des titres qu'il a proposé à d'autres artistes, qui n'ont pas été retenus.
Après ça, j'adore les Beach Boys, David Crosby, que j'ai vu il a pas si longtemps, Becca Stevens, superbe chanteuse américaine, j'écoute plein de trucs. Et je mets sur internet, régulièrement la musique que j'aime. And the music I love. Je trouve quelques pépites. L'autre fois j'ai mis un groupe très connu en Angleterre, Elbow, avec Guy Garvey, une des plus belles voix actuelles, depuis Peter Gabriel. Par contre les musiques urbaines, je ne peux pas. Je n'y arrive pas. On me dit tu devrais écouter Orelsan, je n'y arrive pas. Je suis attaché à la mélodie, il faut que ça m'étonne. Il faut que ça m'accroche l'oreille. Le rap, je peux pas. Quant au texte, on n'en parle même pas, ou au truc français, l'Impératrice, ils se sont mis à sept pour écrire un texte.
Qu'est-ce que tu fais lorsque tu ne travailles pas? Quels sont tes passions et tes passe-temps?
Ramon Pipin : Lorsque je ne travaille pas, je bouquine, j'écoute de la musique, je regarde des films ou des séries. Je vois des amis, ça m'arrive, parfois. J'essaie de regarder un film par jour, parce que j'aime beaucoup le cinéma. En ce moment, je suis un peu las du cinéma, mais j'ai vu un petit film récemment que j'ai trouvé vachement bien. C'est l’histoire d'un mec qui vit avec sa mère. Ca se passe dans les années 80. Il trouve une VHS, et c'est un ami. Il parle, il fait des pauses. Il dit "Je vais devenir ton ami". Et puis ça commence à dériver vers un petit film d'horreur. C'est vachement bien. Je bouquine. Je suis en train de lire le bouquin de l'excellent Laurent de Wilde qui s'appelle "Les fous du son". C'est sur l'évolution de la musique électronique, les synthés. Très bien écrit. Bravo Laurent de Wilde, qui est un pianiste de jazz. Puis la littérature aussi, Philippe Roth, j'ai le dernier Michel Houellebecq que j'ai pas encore lu. J'ai pas le temps de tout faire. Puis je bosse dans la journée aussi.
Comment as-tu vécu cette période de pandémie depuis deux ans?
Ramon Pipin : J'ai eu le COVID au début. Ca m'a rien fait. J'ai eu de la fièvre pendant trois jours, et mon épouse pareil. J'avais la trouille. J'ai deux potes qui sont morts. Je suis allé voir un de mes très bons amis qui est resté quinze jours dans le coma. Il s'en est sorti, il va bien. Il était antivax, il ne s'est pas fait vacciner, voilà. Moi, j'ai fait tout ce qu'il fallait. J'en ai profité pour travailler. J'ai pas arrêté. Je suis resté enfermé, beaucoup. Je ne suis pas un grand voyageur, et ça ne me pèse pas beaucoup. Mon épouse, il faut qu'elle sorte tous les jours, moi, je m'en fiche complètement. Je voyage dans ma tête.
Un message à faire passer à qui te regarde en ce moment?
Ramon Pipin : La liberté n'a pas de prix. En ce moment, c'est le message qu'il faut faire passer.
En ce moment, l'actualité remet en avant "Nous sommes tous frères", que penses-tu de cela?
Ramon Pipin : Cette chanson est ma dernière collaboration avec Costric. Même si j'ai eu l'idée, il en a écrit la moitié. En 85, je sais pas ce qui se passait dans le monde, mais la pochette, résume bien le fond de ma pensée. C'est la définition de l'ironie, c'est à dire vouloir faire passer le message contraire de ce que tu racontes. Sur la pochette, on me voit en train de sourire et je me suis pris un gnon dans l'oeil. Nous sommes tous frères, si on regarde le clip, on comprendra que je pense exactement le contraire. Bien que j'aimerais que cela soit vrai. Quand je regarde les trucs comme woodstock, même si c'était la guerre du Viet-Nam, ou le flower power, je me dis qu'on a quand même vécu des trucs incroyables.J'ai du mal. J'ai des amis proches qui ont été antivax, et maintenant qui soutiennent Poutine, franchement j'ai du mal. Je suis démocrate. La liberté, la liberté d'expression. A tout ceux qui soutiennent Poutine, il n'y a pas de liberté d'expression en Russie. Souvenez-vous en. Tu vas en prison si tu dévies de la ligne. J'avais fait cette chanson qui s'appelle "Les nouveaux Russes blancs". C'est pas moi qui l'ai écrite, c'est Costric, j'ai même pas fait la musique. On la jouait sur scène.Là, on allait en prison pour déviance sexuelle. C'est un mec qui sodomise sa dulcinée. Il y a des agents du KGB qui sont cachés sur la scène. IL y e a un qui est caché dans la télé, l'autre dans un lampadaire, et après ils l’emmènent au Goulag. C'était déjà très attaché à ça. Tout mon parcours artistique, c'est ce que je défends. Et je continue de raconter ce que j'ai envie de raconter. Peut-être qu'un jour on me mettra en tôle. Une fois, on avait fait le Théâtre du Rond-Point, dans le cadre du "Rire de Résistance". Nos choristes étaient habillées en burqa, et quand elles se retournaient, elles avaient le cul nu. C'était des mecs en plus. J'ai dit que ça on le mettait pas sur internet. C'était l'époque où il y avait Rushdie.
Au début de l'année dernière, j'ai repris "Mon ami raciste", que j'ai adapté en "Mon ami complotiste". J'ai pas vraiment été censuré par Facebook, mais quand même. Quand j'ai voulu prendre de la pub pour promotionner le truc, on m'a dit que ce titre va à l'encontre de ... Voilà. Parce qu'il y avait le mot complotiste. Évidemment, les robots ils comprennent pas le second degré. Si j'avais écris "Mon ami com / plotiste", j'aurais pas eu de problème. Maintenant j'ai compris, je fais très gaffe à ce que je mets sur internet. On est obligé de s'autocensurer. Si j'ai plus de réseaux sociaux, comment je communique? Il y a plus de presse, je passe pas à la télé. Peut-être que avec Les Excellents, on va faire un truc, parce que c'est quand même très "commercial". Pour le moment, on n'a pas. A la rentrée, on doit faire une série de concerts dans une salle plus importante que le Café de la Danse. Il va bien falloir que la promo trouve des trucs, sinon pour faire venir du monde, ça va être difficile. Bien qu'il y ait dix mille abonnés sur la page des Excellents, ce qui est beaucoup. Mais il y en a beaucoup qui habitent en province, qui ont quitté Paris parce que ça devient insupportable, ou qui sont empêchés. On remplit le Café de la Danse pour le moment.
Pour finir, une petite blague?
Ramon Pipin : C'est un mec qui échoue sur une île déserte avec Scarlett Johansson. Scarlett Johansson est totalement désespérée. Le mec dit t'inquiète pas, on va venir nous chercher, je sais bricoler. Il fait une belle cabane, il va chercher de la bouffe, il pêche. Mais il se passe rien entre eux. au bout de trois semaines, Scarlett Johansson se précipite dans ses bras et lui dit tu es mon sauveur, c'est extraordinaire. Ils baisent. Le temps passe, toujours personne pour venir les sauver. Un moment, elle lui dit: - écoute, je te sens pas heureux, y a un truc qui va pas?
- Est-ce que tu feras tout ce que je veux?
- Mais bien sûr mon chéri! Tu m'as sauvé la vie, je t'aime.
- Ce que je vais te demander, tu vas enlever maillot de bain, et tu vas mettre un jean que j'ai trouvé sur la plage. Ta poitrine, c'est pas possible. Ce que je vais faire, je vais constituer un truc pour t'écraser la poitrine. J'aimerais bien que tu le mettes.
- Pourquoi tu veux que je fasse ça?
- Fais moi plaisir, fais moi plaisir.
Il crame un bouchon et lui dit "Dessine toi une moustache." Elle se dessine une moustache et il lui dit d'aller sur la plage.
Elle se balade sur la plage, et a un moment, elle sent qu'on lui tape sur l'épaule. Elle se retourne, elle le voit et lui dit "Qu'est ce que tu fais là?" et il lui dit "Hé mon pote, tu sais avec qui je baise en ce moment?" Avec Scarlett Johansson!
Interview // "Humour Musique et Confidences" Mars 2022 (partie 1)
La vidéo de cette entretien en intégralité ICI
Paris 9 Mars 2022
Thierry Cattier
Photos : Th Cattier / Shooting Idols
mardi 26 avril 2022
RAMON PIPIN // En Concert // Best Oeuf ... 50 ans ça se Fete // Paris @ Café de la Danse 25 Mai 2022.
vendredi 25 mars 2022
RAMON PIPIN // Interview // "Humour Musique et Confidences" Mars 2022.
Avant de retrouver Ramon Pipin et Les Excellents en concert
à Paris au Café de la Danse les 11 et 12 Avril.
Nous avons rencontré Ramon Pipin qui nous a accordé ce passionnant moment d’échange et nous
a confié en exclusivité quelques moments de sa vie, anecdotes, confidences
et sa passion pour le rock'n roll.
Un moment privilégié avec un artiste authentique, sincère et passionné !
Quels sont tes premiers souvenirs d’enfant et d'adolescent, l'école,
les amis, la famille ?
Ramon Pipin : Ecoute, ma jeunesse, j'étais dans une famille aimante qui
n'avait pas du tout la fibre artistique, je crois me souvenir quand j'étais
jeune j'avais demandé un piano à mon père il avait dit non. Mes parents étaient
des petits commerçants c'était des fruits de l'immigration juive d'Europe de l'Est,
mon père qui était quand même un intellectuel il vendait des chaussures et ma
mère vendait des fringues. J'avais une relative liberté puisque dès l'âge de 14
ans j'ai pu aller voir mes premiers concerts. J'avais intégré le lycée j'étais
un élément dissipé mais relativement bon, on déconnait bien. J'ai fait 7 ans au
lycée Buffon et j'en garde des super souvenirs dont mai 68. J'étais en 1ère
et j'ai commencé à m'intéresser à la musique, mon 1er 45t ça devait
être Apache des Shadows en 1960, j'avais 8 ans. Après on avait un petit Tepaz à
la maison et quelques années plus tard on a réussi à voir un truc stéréo, c'était
super on écoutait de la musique dans ma chambre avec mes copains. Puis j'ai
commencé à gratouiller de la guitare vers l'âge de 13 14 ans, j'ai fait de très
gros progrès et depuis l'âge de 18 ans je stagne. Puis j'ai commencé à monter
des petits groupes, j'étais très branché musique j'écouter beaucoup à l'époque Salut
les copains, les émissions anglaises... Déjà je n'aimais pas la variété
française, je n'ai pas changé d'ailleurs.
Ça m'est resté... Ecouter Hendrix, les Beatles, ça m'a quand même foutu
une claque énorme mais je ne me suis pas dit que j'allais en faire mon métier.
Après j'ai poursuivi mes études, j'ai poursuivi hein, le terme est bien
choisi. J'ai poursuivi des études d'économie
j'ai quand même une maitrise de science éco ah ouais ... Dans le rock n roll y
en a pas beaucoup tu vois. Et puis j'ai commencé pour faire plaisir à mon père
qui voulait absolument que l'on ait une bonne situation à faire des études d'expertise
comptable, quel cauchemar, et à cette époque je faisais déjà "Au bonheur
des dames" mais disons que même si ça marchait très très fort on ne
gagnait pas beaucoup de sous, on avait un pourcentage extrêmement ridicule de
l'ordre de 2 et demi pour cent sur le prix de détail du disque, un truc comme
ça. Et bien qu'ayant eu un disque d'or avec "Oh les Filles" dont nous
n'étions ni les compositeurs ni les auteurs ni les éditeurs, donc en fait "Oh
les filles" ne nous a rien rapporté en vérité. Y des gens qui disent t'as
dû te faire plein de blé avec "Oh les filles" mais pas du tout. "Oh
les filles" c'est un titre américain Rusty York qui s'appelle
"Sugaree". Il y avait eu une première adaptation française par les
Pingouins, nous on en a fait une autre 7 ans plus tard pour des raisons sur
lesquelles je reviendrai peut-être, en y rajoutant toutes les conneries "Je
suis sorti avec Marcel", "qui c'est qu'a dit de s'arrêter" et
tout ça. Et là c'est devenu un tube. Mais en attendant le matin j'étais à la
fac, le soir j'étais sur les scènes, je préférais nettement mais quand même, je
me disais "non je ne vais peut-être pas en faire mon métier" et donc
j'ai commencé des études d'expertise comptable et on m'a demandé de faire une
musique d'un film de cul qui s'appelait "Retro Sexe" et qui était je
crois un film fait par les frères Nathan, l'un était éditeur, des films muets
des années 20 très très drôles genre je vais à la cueillette des champignons et
oh qu'est-ce que c'est que ça... enfin bon bref très très bien et donc c'était
le jour de mes examens oraux de comptabilité, et j'ai choisi de faire des films
de cul, d'ailleurs je n'ai jamais été payé c'était mes débuts professionnels.
Et puis après, quand Au bonheur des dames s'est séparé j'ai continué, et j'ai
tout oublié de mes études fort heureusement…
Quelles sont tes premières découvertes musicales, tes premières influences et tes idoles ?
Ramon Pipin : Comme je t'ai dit, le 1er 45t que j'ai acheté c'était les Shadows avec Hank Marvin et ce merveilleux toucher de guitare, j'aime bien ça et bien sûr après sont arrivés les Beatles, les Stones, tout ce que l'on a appelé le British Boom dont j'étais extrêmement fan, je passais souvent des vacances en Angleterre et j'ai vu une myriade de groupes dont Hendrix, les Stones avec Brian Jones, Jethro Tull, tout ça je les ai à peu près tous vus, Led Zeppelin et ça ça m'a vraiment plu, les Who à Birmingham en 69, enfin bon c'était extraordinaire, j'ai vraiment eu de la chance de voir tout ça. Bien sûr, ça a influencé ma musique parce que depuis mon 1er groupe qui s'appelait IO j'avais déjà commencé à écrire mes propres chansons. Après j'étais plus british que America, je me suis mis plus tard à aimer la musique américaine de Laurel Canyon et tout ça mais à cette époque j'étais vraiment plutôt anglais, les Beatles m'ont évidemment profondément marqué, encore aujourd'hui ça reste un de mes groupes phare, mais il y en a beaucoup d'autres. Au zénith de ce que j'aime, il y a beaucoup de choses, mais je retiendrai 3 noms : les Beatles pour leur inventivité, le fait d'avoir brisé toutes ces barrières qu'il y avait avant. XTC qui sont pour moi leur grand suiveur, Andy Partridge est le plus grand mélodiste derrière Lennon Mc Cartney, et enfin un groupe que j'adore et qui me ravit encore aujourd'hui, j'écoute et je découvre encore des choses tellement sa richesse est extraordinaire c'est Gentle Giant.
A quel âge as-tu commencé à apprendre à jouer d'un instrument ?
Ramon Pipin : J'ai commencé la guitare vers 13 14 ans en grattant mes premiers accords, je crois que le premier morceau que j'ai su jouer ça doit être "For Your Love" des Yardbirds. Et assez rapidement j'ai commencé à copier les solos de Éric Clapton, Peter Green, Hendrix, comme je pouvais évidemment. J'ai fait de bon progrès à l'époque, on me considérait comme l'un des meilleurs guitaristes français, j'ai beaucoup perdu depuis. Mais quand je suis en studio je sais ce que je fais et je sais ce que je suis capable de faire et je sais surtout ce que j'ai envie d'entendre, parce moi je pense qu'il y a un métier qui est absolument négligé c'est celui de directeur artistique, en Angleterre ça s'appelle Producer. Et moi je suis autant Producer qu'auteur ou compositeur. Quand j'écris une œuvre, je pense bien sûr aux notes mais j'essaye de penser aussi d'imaginer (d'ailleurs je fais des maquettes extrêmement précises et poussées) comment ça va sonner, c'est vachement important pour moi. Et je pense qu'il y a des mecs comme David Odlum, c'est un Irlandais, un très très bon producteur, je pense à la grande période de l'ancien mari de Suzanne Vega, Michael Froom qui a produit Los Lobos, Randy Newman, Crowded House, Richard Thompson vachement bien un mec passionnant, et Tchad Blake un super géant du son également. Souvent je regarde les noms des producteurs quand j'achète des disques. Par exemple les Kinks c'est particulier, il n'y a jamais eu le Son et pourtant j'adore, quand tu vois les Beatles putain la production c'est extraordinaire y avait 3 ou 4 pistes sur "Sergent Peppers" je crois que c'est deux 4 pistes synchro mais donc l'inventivité la créativité de ces mecs-là waou un grand bravo. Quand je vois la musique actuelle ça fait peur ... Bon Bref.
Parle nous de IO, ton premier groupe de rock, tremplin du Golf-Drouot, et meilleur espoir musical dans Best en 1971, aucune trace discographique ?
Ramon Pipin : Moi j'ai un enregistrement que je ne diffuse pas... on
avait fait un disque souple dans le studio De La Mar à l'époque on avait passé
une audition chez Pathé Marconi on n'a pas signé malheureusement. Je faisais déjà
mes propres compositions, c'était des chansons y a des gens qui disent que
c'était du Prog mais non c'était Juste des chansons, et je chantais en anglais
c'était surtout moi qui chantais. On a fait pas mal de festivals entre autres
on a joué au festival de Biot, Frank Zappa, Amon Duul, oui on est passés en 1ère
partie de Frank Zappa, si ma mémoire est bonne ça doit être 72 ou 73, on était
descendus dans la camionnette de notre plombier, notre clavier Greco Casadesus
était arrivé en disant il nous a fait des affiches il avait été chez son
imprimeur il a ramené ça avec écrit "IO le meilleur groupe du monde"...
Après on descendait en tub Citroën sur la côte d'azur et on avait fait ce
festival, c'est des souvenirs assez exceptionnels, on avait trimbalé
"L'art ensemble de Chicago" dans la camionnette, Brigitte Fontaine, et
on avait fait aussi quelques festivals autour de Paris et le tremplin du Golf
qu'on avait gagné, et puis un Jour Vincent Lamy le chanteur, 'mais il n'est pas
resté très longtemps en fait je l'avais engagé non parce qu'il chantait bien
mais parce qu'il avait une sono et le bassiste parce qu'il avait une basse), et
donc peu de temps après on était restés en contact, j'arrive plus à me souvenir
s'il avait intégré puis quitté le groupe ou le contraire enfin bon. Toujours est-il
qu'un jour il sont venus, je pense après avoir visionné Sha Na Na dans
WOODSTOCK, je ne sais pas si tu te souviens costume lamé rock n roll et tout.
Au lieu de se faire chier à faire des compositions difficiles et ésotériques on
va faire la musique la plus simple du monde, on va monter un répertoire en une
semaine en écrivant des titres déconneurs, donc j'ai dit bon ben j'en suis, et c'est
devenu "Au Bonheur des Dames"… Et ça a assez rapidement marché, on a
dû faire une ou deux soirées et après on a fait le tremplin du Golf, on était
passé le même jour que les frères Angel mais Henri Leproux qui dirigeait le
Golf Drouot n'avait pas voulu nous décerner le prix du tremplin parce qu'on
faisait du Twist, et le tremplin du Golf c'était un truc sérieux, donc il nous
avait décerné le prix de la bonne humeur. Et ensuite on a fait notre 1er
45t au château d'Hérouville, qui n'a pas marché du tout, qui s'appelait "CHITITELAOUINE"
face A et "l'amour toujours l'amour" en face B, puis on fait un album
avec le 1er 45t sorti qui s'appelait "Mâche des Malabars"
une chanson que j'avais écrite et qui nous a d'ailleurs valu des poursuites de General
Food Incorporate qui détenait Malabar, c'est pour cela qu'il y a deux versions
de cet album. Il y en a un vintage et qui vaut un peu plus cher que l'autre
avec "Mâche des Malabars", mais ils nous ont intimé de pas associer
leur nom avec Globo qui était le chewing-gum concurrent à cette époque, du coup
on avait enlevé les deux, la deuxième version de l'album Twist ça incorpore
"Mâche de la gomme" et non plus "Mâche des Malabars", donc
la vraie c'est avec "Mâche des Malabars". Et puis l'album et sorti, on
a sorti ce 1er 45t qui n'a pas marché non plus, mais l'année d'après
"Oh les Filles" est devenu Numéro 1 au Hit Parade en été 74. Et là,
on a vraiment cartonné, on a fait 70 concerts sur l'année 75. Les premières
parties de Claude François, des concerts en vedette on se marrait bien on a dû
faire 100 mille bornes dans l'année, enfin bon on n'a pas eu d'accident c'est
assez miraculeux, c'était drôle on n'a bien ri. Et puis après y a eu des distensions
artistiques, on a fait un deuxième album qui n'est pas franchement une réussite
sur lequel il y avait "Laura" qui a été immédiatement interdit à la
radio, ça parlait d'une tournante dans un terrain vague bon... "Quand
arrive l'été" qui avait un tout petit peu marché, et puis j'ai quitté le
groupe fin 75. Je voulais faire autre chose.
Le premier concert que tu as donné ?
Ramon Pipin : Je me souviens la première fois que je suis monté sur scène je n'avais pas de groupe c'était en vacances en Italie, à Milano Marittima. Je me souviens qu'après j'étais aux Sables D'Olonne et j'allais le soir y avait un groupe qui est devenu Martin Circus et j'avais sympathisé avec le groupe, Sylvain Pochart, c'était le clavier, et y avait un guitariste exceptionnel qui s'appelait Rolling (Jean Pierre Azoulay) que j'ai après utilisé sur le premier album de Renaud. C'était un super guitariste.
La création d'Au Bonheur des Dames en 1972 avec Eddick Ritchell (Vincent Lamy) et Rita Brantalou (Jacques Pradel) ?
Ramon Pipin : C'était à leur initiative, après assez rapidement on a recruté. En fait on a fait un premier concert au Golf Drouot et il y avait un batteur dans la salle qui s'est dit "Je rêve de jouer avec ces mecs-là, cette bande de déconneurs" y avait mon copain Shitty Télaouine (Daniel Dollé) qui était bassiste, y avait mon frère Jimmy Freud qui chantait et Vincent, et le clavier c'était un mec qui s'appelait Jean-François et un autre guitariste qui s'appelait Martial Larcher et c'est avec cette équipe que l'on est partis enregistrer à Hérouville on s'était adjoint un trompettiste qui s'appelait Luc Carissimo (aka Ulrich Danone) aussi et Gépetto Ben Glabros (Pierre Rigaud) que j'avais amené aussi, qui était mon copain saxophoniste qui nous a fait tous les chorus de sax à la Little Richard et tout ça. J'ai écrit la moitié du 1er album, je ne voulais pas trop que l'on puise dans les classiques, je m'étais dit on peut écrire aussi nos propres chansons, j'en ai fait pas mal, la moitié du répertoire de "Au Bonheur des dames" c'étaient mes propres compositions. Et pour notre premier concert avec Au Bonheur des Dames il me semble que c'était une soirée privée, quelqu'un avait dû nous voir ou nous entendre. Je sais plus. Ça fait 50 ans putain, tu me demandes des trucs... (rires)
Après 2 albums et quelques concerts mémorables, quels souvenirs, des anecdotes ? Comment s'est arrêtée l'histoire ?
Ramon Pipin : Je vais te raconter une histoire qui est assez drôle. Dans le groupe ça picolait pas mal mais moi je ne bois pas, je n'ai jamais bu d'alcool et je ne bois jamais d'alcool. Donc on était en tournée avec "Au Bonheur Des Dames", et pour faire une blague à Gepetto qui aimait bien picoler, un soir on décide de remplacer la vodka qu'il consommait sans modération par de l'eau. Evidemment j'étais dans le coup, moi j'étais dans ma chambre donc Gepetto boit le truc et dit "Qu'est-ce que c'est que ça", il recrache et tout le monde lui demande pourquoi, il dit "c'est de la flotte" alors mes copains le goutent "mais non c'est de la vodka" et lui il répond "quoi c'est pas de la vodka je ne sens pas le gout" alors il reboit et du coup "Mais non c'est de la flotte" y en a un qui dit "on va aller faire gouter à Ramon, lui il ne boit jamais"... Bien sûr j'étais dans le coup, du coup ils arrivent dans ma piaule, ils me donnent le truc, je bois et je crache en disant "Putain c'est super fort... Du coup Gepetto il était mal toute la journée (rires), il s'était dit ça y est j'ai perdu le goût, il y avait pas encore le COVID (rires). Entre autres des anecdotes il y a plein plein, des premières parties de Claude François, les tournées, le concert que l'on avait fait du côté de Perpignan sur un bateau et le lendemain à 10h on avait une télé, on avait fait le concert et après on était remontés en bagnole pour arriver pour une tv de Pierre Lattes, enfin bon les risques que l'on a pris c'était épique, ouais on s'est vraiment bien marrés.
Et l'histoire s'est arrêtée parce que je m'entendais pas du tout
artistiquement avec le chanteur Eddick Ritchell moi je voulais faire mes
propres trucs, essayer d'aller de l'avant, d'ailleurs pour la petite histoire
moi au début "Oh Les Filles" je trouvais ça à chier, ce qui prouve
mon grand sens de ce qui est commercial, je ne voulais pas l'intégrer dans
l'album. J'avais écrit une chanson qui s'appelait "Le grand soir"
chanson révolutionnaire certainement... Et je voulais mettre ça, tous les
autres ont insisté pour mettre "Oh Les Filles", moi je ne voulais pas,
bon j'ai quand même joué et fait le solo de guitare voilà mais y avait vraiment
des distensions artistiques. Au moment du deuxième album, ce n'était pas bien,
en plus le son n'est pas bon voilà. Mais là j'ai un projet, je vais essayer de récupérer
les masters du premier album "Twist" et de le remixer comme Steven
Wilson fait avec les grand groupes Anglais, Jethro Tull, Gentle Giant, et tout ça
en respectant le son d'origine mais en corrigeant, en donnant un peu plus de dynamique
et en en faisant un bel objet, je vais essayer si j'arrive à m'entendre avec
Universal.
Ramon Pipin : Clarabelle était une amie d'études, elle faisait ses études avec la sœur de Rita Brantalou elle faisait des études d'Histoire. Et un jour la sœur de Rita Brantalou (Jacques Pradel) qui s'appelait Pascale l'amène au concert en lui disant "Viens voir c'est marrant", mais c'était pas du tout son truc. Mon épouse elle faisait de l'égyptologie, enfin celle qui est devenue mon épouse. Voilà on s'est rencontrés comme ça, et depuis on est toujours ensemble... 50 ans plus tard... Après elle a fait partie de Odeurs puisqu'elle chantait très bien, j'adore sa voix, et puis on a fait deux enfants aussi.
En 1979 tu montes le studio d'enregistrement Ramsès avec Gérard Manjouet?
Ramon Pipin : en fait c'était quand je faisais mes études d'économie à
la fac, on était 4 potes et y en avait un qui était fils de gérant d'immeuble.
En quittant Au Bonheur Des Dames, je m'étais retrouvé avec un tout petit pécule,
un petit peu d'argent. Un jour mon pote nous dit "moi j'ai des caves qui sont
libres dans le 5ème, vous devriez allez voir. On y a été et on est tombés
amoureux du lieu et ça a été un an de travaux parce que c'étaient des murs
hyper épais, c'était rue Jean de Beauvais du côté de Maubert Mutualité, avec
les sous que j'avais on a acheté un magnétophone 8 pistes et une petite console,
et on a commencé comme ça. Je crois que notre première séance c'était Manu Katché
avec Zao et donc on a monté ce petit studio puis assez rapidement comme je
connaissais pas mal de gens ça a commencé à faire le buzz... donc je m'étais
associé avec un ingénieur du son, qui s'appelait Jean-Louis Rivet ???? avec qui
je suis resté jusqu'à la fin de Ramsès. Par contre avec Gérard Manjouet ils s'entendaient pas très bien, il a donc quitté
RAMSES et il devenu un des gros studio parisien. On a eu Jonasz, Renaud, John McLaughlin,
Billy Cobham, James Chance, Gainsbourg, Yves Montand, tout le monde est passé
par là quoi. Et j'en ai fait le fief d'Odeurs puisque c'était mon studio et que
je puisse en profiter, donc en échange je filais les éditions à Ramsès pour éviter
que l'on ne perde pas trop de sous. Et donc on a fait tous nos albums là-bas
dans le délire et dans l'humour, c'était extraordinaire.
Au gré des rencontres dans ton studio tu enregistres le premier album d'Odeurs : Ramon Pipin's Odeurs. Un nouveau départ ? une autre manière de travailler ?
Ramon Pipin : Donc très important, il y avait un auteur avec Au Bonheur
Des Dames qui avait écrit entre autres "Laura" "L'île Du
Bonheur" et d'autres chansons absolument remarquables... Qui s'appelait Costric
1er (Alain M.) avec qui je suis devenu ami, et tous les deux nous avons décidé de
laisser libre court à notre imagination et notre liberté d'expression, de ne tenir
aucun compte des contraintes commerciales et de faire ce que l'on voulait. Donc
on a enregistré cet album qui est le premier album d'Odeurs dans lequel figurent
des titres assez provocateurs comme "I Want To Hold Your Hand" des Beatles
en marche militaire... Y a une chanson "Douce Crème" qui est une chanson
que je destinais à Gainsbourg et Birkin sur un parallèles sexy culinaire, sur
une femme qui fait monter des œufs en neige, et y avait une chanson punk et une
chanson qui s'appelait "Le gros snob"... "Youpi la France",
parodie de Michel Delpech mais même si j'ai composé la moitié de l'album ça
restait assez parodique. Dans le deuxième album, il y a encore quelques trucs
parodiques, mais on a commencé à faire des trucs plus personnels. Et alors ce
premier album, ce qui est assez marrant c'est que j'ai fait le tour de Paris
avec, et je me suis fait jeter d'absolument partout... Mais il y a un type que
j'ai retrouvé il y a quelques semaines grâce à Facebook, c'est celui qui a eu
les couilles de nous signer, je suis retourné une deuxième fois chez Polydor,
il a dit c'est super... d'ailleurs il se souvient des réunions avec le service
commercial, que nous avions amené des oreilles de porc comme cadeau... Il se
souvient que c'était très provoque. Ce qui est incroyable c'est qu'on a fait
deux albums, le premier s'est vendu à 100.000 et le deuxième à 150.000 ce qui
est quand même pas mal, et Polydor s'est débarrassé de nous... Je n'ai jamais
compris pourquoi, est-ce qu'on était un peu provocateur ou quoi je ne sais
pas...
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Et donc après on s'est barrés chez RCA/BMG... 150.000 albums, des succès sur scène, des tournées, le public en délire, il y avait Patrick ZELNIC à l'époque que je connais un peu, mais bon je ne sais pas pourquoi, peut-être un jour je saurai mais là je ne sais pas... Donc on a fait "De l'amour" chez RCA BMG qui est un album que j'aime beaucoup avec de très très belles chansons. Pour en revenir à "Douce crème" il y a quelques personnes incognito sur l'album... Par exemple quand on a fait l'adaptation de "Dominique nique nique" il faut dire aussi que j'étais pote avec Antoine de Caunes, que je partais très souvent en vacances avec lui, c'était l'époque de Chorus et il nous avait demandé "Pourquoi tu n'adaptes pas le disque sur scène", comme je n'avais pas l'intention de faire de la scène au départ je lui avait dit "ça va être compliqué" et un jour j'ai vu les Tubes à l'Olympia ça m'a foutu une claque et là je me suis dit "on adapte on va déconner comme eux". Et donc là je crois que c'était notre première prestation scénique à Chorus. C'était un Lundi de Pâques, on avait fait une parodie de "Dominique nique nique" de Sœur Sourire où il y avait un Jésus sur une croix en caoutchouc, et il y a eu un courrier énorme... C'était assez marrant, après on a fait 6 semaines à Bobino, 11 jours d'affilée à l'Olympia, des nombreuses tournées à travers la France... Des tournées un peu alcoolisées mais bon c'était bien. Là c'était la grosse déconnade. Mais moi tu sais comme je suis très clean je n'ai jamais fumé un pétard, je n'ai jamais pris de dope, donc j'étais un peu le garant... Par exemple un jour j'ai un très beau souvenir de Rita Brantalou (Jacques Pradel) qui nous a quittés l'année dernière, qui avait absolument décidé de coucher avec un parcmètre... Chacun ses fantasmes, on était à Angoulême je crois, c'était le soir et il a été arracher un parcmètre dans la rue, il s'est ramené devant l'hôtel avec le parcmètre dans les bras, on entendait les pièces dedans, à l'époque il y avait des pièces, il a été se coucher avec son parcmètre, et j'ai été dans sa chambre en lui disant Rita tu ramènes ça, les flics vont débarquer, on va se retrouver en prison pour dégradation de mobilier urbain, et donc il a ramené le parcmètre, mais bon il a passé un bon moment quand même...
6 semaines de concerts à Bobino en 1980, 11 jours à l'Olympia en 1981 et 6 semaines au Théâtre du Gymnase en 1983... A quand un souvenir de tout ça, peut-être un DVD ?
Ramon Pipin : y en à qu'un Ya qu'une bonne captation malheureusement qui es celle de la belgique. Sinon j'ai des captations mais pourri et c'est terrible repassons l'annonce quand on a fait e dernier Bobino ça devait être en 84 je crois. Je sais qu'il y a un mec de la mansion de disques Warner qui es venu filmer et je naï jamais retrouver la trace Jamais... Moi j'ai des captations à l'Olympia mais la qualité et pourri j'ai Bobino mais ces pourris je n'ai absolument rien de bien. Donc je ne peux pas hélas sortir de DVD.
Après la musique, la pub et les BO Télé, en 2015, tu écris ton 1er roman "Une jeune fille comme il faut". Ce sont Différentes manières de travailler ?
Ramon Pipin : Bien sur j'ai fait de la pub pendant très longtemps puisqu’à l'époque de Odeurs j'ai était approcher pour faire de la pub. Donc j'ai commencé à faire cette exercice pas très accaparant et rémunérateur il faut le dire. Donc j'en ai fait beaucoup pendant 30 ans j'ai fait de la pub ça prend une journée deux à tout casser et puis quand ça marche ça marche de toute façon tes payer pour le faire donc... Moi j'avais ma propre boite de prod dans les années 90 ça marchait très bien donc on faisait beaucoup de pub on dirigeait des comédiens ce que j'aime bien faire aussi rencontrer des gens voilà. Bon après tu rencontres beaucoup de connard aussi mais j'ai aussi rencontré quelque créatif de talent avec qui je suis resté souvent en rapport d'ailleurs. Donc la pub c'était un exercice bon comme ça. Les musiques de Films sa ça me passionne beaucoup plus j'en ai fait au moins dix longs métrages et une vingtaine de Téléfilm j'en ai quand même fait pas mal. Y en a quelques un qui sorte du lot comme par exemple "Bernie" De DuPontel ou la quand tu recoûte la bande son je l'ai recoûter il y a pas longtemps je l'ai mise sur Facebook putain on avait pu y aller c'était les guitares saturé et c'était bien en France pour la musique de film on est un peu parent pauvre par apport au états unis ou il y aides compositeurs exceptionnel franchement je trouve que l'on ne sort pas tellement notre épingle du jeu excuse-moi Jean Michel Bernard qui es mon pote et qui lui a fait de bonne musique de films d'ailleurs pour Mondry entre autres moi ça fait longtemps que j'en fait plus la dernière que j'ai faite c'était un téléfilm avec ma copine Sarah Levi et j'ai eu la chance d'enregistrer a AIR le studio de George Martina Londres pour un film de Christian Clavier et on était avec le London Symphonie Orchestra c'était super je travailler avec Jean-Philippe Goude qui es mon alter ego musical même si le film n'a aucun intérêt la musique y avait des belle choses. Des choses compliquent à jouer c'était extraordinaire cette séance avec le London c'était un truc quasiment injouable et les mecs avec le doigt dans le nez on était waou vraiment impressionner. Moi je n'écris pas des thèmes et tout je n'ai pas de culture musicale je suis autodidacte je peux arranger des cordes mais après y a un mec qui passe derrière moi pour corriger les fautes et pour mettre ça en forme quoi. Je mais la base quand même sur mes albums solos aussi les arrangements son proches du définitif mais il y quand même qui passe derrière moi je préfère. Vincent Chavagnac dit "Turquois" pour ne pas le nome avec qui je travaille depuis une dizaine d'années. Une musique de films sait extrêmement accaparante crois que quand j'ai fait "Enfermés dehors" qui était une gageüre... Clarabelle voulait que je me mette sous Lexomil le Jai fait 150 maquettes pour satisfaire Albert Dupontel c'est dur et en plus jetais en compet avec Noir Désir parce qu'il adorait Noir Désir pour chaque séquence chacun faisait son truc moi je suis plutôt un mélodiste eux y faisait plutôt Doudoudoudoudou et Dupontel "C'est vachement bien donc j'avais un peu les boules. Et c'est là que sait arrêter notre collaboration d'ailleurs. Après J'ai fait deux films avec De Caunes et j'ai fait le Coluche ça a étais un grand plaisir parce que travailler avec Antoine sait cool et sympa....................
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