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vendredi 31 mars 2023

SORTILEGE (Olivier Spitzer et Christian « Zouille » Augustin)// Interview // Un seul cœur pour des poumons d'acier ! 2023.

 
Depuis la scission en mai 2019 entre Christian « Zouille » Augustin et ses anciens comparses de l'eau a coulé sous les ponts. Le SORTILEGE 2.0 s'est imposé sur le devant de la scène Européenne grâce au succès de Phoenix ou la formation s'est permis de réenregistrer 12 de ses plus grands classiques version 2021 et a prouvé à tous qu'il était le digne héritier de l'esprit SORTILEGE. Il ne peut en rester qu'un ! Après un passage réussi au Hellfest 2022 et une prestation remarquable le 27 janvier dernier au Forum de Vauréal, le show ayant fait l'objet d'une captation pour un Dvd live accompagné de bonus filmé lors du dernier Hellfest il était temps pour le gang parisien de proposer avec un vrai nouvel album composé de morceaux originaux. C'est chose faite avec Apocalypso véritable premier opus depuis la sortie de Larmes De Héros en 1986. Si les deux inédits "Phoenix" et "Toujours Plus Haut" nous avait convaincu du potentiel de la nouvelle formation , Apocalypso prouve que Christian accompagné de Bruno Ramos (guitare MANIGANCE),Olivier Spitzer (guitare EX STATORS),Sébastien Bonnet (basse ZUUL FX),Clément Rouxel (batterie ZULL FX) est bien le gardien du temple tant l'offrande est réussi nous plongeant une fois de plus dans la mythologies grecques, romaines ou nordiques un univers cher au maître de cérémonie accompagné de morceau de haute volée ancré a la fois dans le passé et le présent grâce à une production moderne du au talent de Olivier Spitzer, le guitariste, compositeur et producteur du combo. Rien à jeter sur cette nouvelle galette qui se conclut en apothéose avec Apocalypso un morceau Doom qui montre que nos amis n’hésitent pas à prendre des risques et à s'aventurer vers d'autres univers musicaux. Mention spéciale à Bruno Ramos qui brille de mille feux tout au long de ces dix morceaux. En un mot comme en cent Apocalypso est une véritable réussite qui montre à tous que SORTILEGE 2.0 nouveau cru est bel et bien vivant et qu'il va falloir compter sur lui dans les prochaines années. Entretien avec Olivier Spitzer et Christian « Zouille » Augustin afin de faire le point sur la genèse de ce nouvel opus ! Magnéto les gars c'est à vous !


L'interview en Image ICI


Le 27 janvier dernier vous avez donné un concert Sold Out au Forum de Vauréal destiné à un futur Dvd comment avez-vous vécu ce show ?

Olivier Spitzer.
Ça a été un moment fantastique ! On ne savait pas si on allait vraiment faire le plein car il n’y a pas eu trop de promo de faite. Lorsque on a vu que la salle était pleine comme un œuf, on a été agréablement surpris et puis l’ambiance c’est comme d’habitude un véritable Karaoké géant Christian n’a presque pas chanté !

Je suppose qu’il y a eu un gros travail de préparation en amont sachant que ce show allait être gravé pour la postérité ! ?

Olivier Spitzer. On a pris deux jours de résidence dans la salle pour se préparer à l’enregistrement du live et préparer l’incorporation des nouveaux titres que l’on jouait pour le première fois sur scène. C’était effectivement un moment un peu tendu de savoir que c’est la première fois qu’on allait jouer pratiquement un quart du nouveau répertoire sur scène et que la prestation va être filmé. Au demeurant cela s’est bien passé, c’est idéal de préparer le show 48 heures avant à l’endroit même du concert !

Avez-vous préparé un set list un peu spécial pour ce dvd ?

Olivier Spitzer. C’est la set list de la tournée en principe étant donné que c’est la première fois qu’on jouait les morceaux, il va falloir qu’on écoute un peu le rendu pour valider le fait que ce sera toujours la même chose parce qu’on fait un peu ce que l’on veut. On a bien envie de pouvoir varier les plaisirs et de compter sur ce que tu connais c’est-à-dire les 14 titres de Phoenix, les 10 titres d’Apocalypso et les trois de l’ancien répertoire qui sont maintenant incorporé en permanence dont métamorphose qui a été joué pour la première fois et qui a été un franc succès on va d’ailleurs le répercuter sur tous les concerts de la tournée. En clair on a pratiquement 27 morceaux et on n’en joue pas plus de 18 chaque soir. Il y a des standards qui sont incontournables, d’autres avec lesquels on peut jouer un petit peu en fonction des évènements et des soirée !

Avez-vous envie de jouer plus de titres sur scène ?

Olivier Spitzer.
Là on joue pratiquement deux heures, on peut difficilement faire plus. Après c’est la volonté de Christian d’incorporer le plus de nouveaux morceaux possible.

Un autre évènement important c’est votre participation au Hellfest 2022 ?

Christian « Zouille » Augustin. C’est un évènement essentiel dans la vie d’un groupe. Faire des scènes comme ça c’est rare et puis surtout sur la main stage, là on était sur la numéro 2. C’est une scène impressionnante, immense. Il est nécessaire de passer par ce genre d’évènement pour pouvoir aller ailleurs après. Tu pars dans des pays comme l’Amérique du Nord ou il y a de très grandes scènes et de très grand festivals, il ne faut pas être dépourvu. On a été un petit peu quelque part dépucelé sur le truc ! Rires. C’était nécessaire et indispensable !

Vous avez envie de vous développer à l’internationale et aux Usa particulièrement ?

Olivier Spitzer. Oui après entre le fait que ça existe et celui d’aller là-bas, il y a une marge. On a énormément de travail à faire sur les pays limitrophes de la France. On a eu une proposition cette année pour tout te dire qui était pas du tout avantageuse financièrement pour nous. On allait partir à perte là-bas donc on a refusé. Mais ça peut venir. Il y a tellement de choses à faire déjà en limitrophe, il faut bien peser le pour et le contre par rapport au planning qui n’est pas extensible. L’Amérique du Nord qui est un projet, comme le Québec éventuellement la côte Est des Etats Unis. Mais c’est pareil ce sont des rêves qui deviennent réalité à condition que ce soit à peu près rentable.

Dans quel état d’esprit avez-vous abordez la conception de ce nouvel opus qui est constitué uniquement de nouveaux morceaux ?

Christian « Zouille » Augustin. On a mis 18 mois pour réaliser cet album. On avait moins de souci avec le cahier des charges pour celui-ci parce que sur Phoenix on a proposé que deux nouveaux titres. Là on a pu se lâcher il y a des chansons qui sont un peu différentes du Sortilège que l’on connait. Moi je tenais absolument à ce qu’il y ait des titres qui sortent du cadre de Sortilège sans trop s’en éloigner parce que on prenait quand même un risque. Apparemment visiblement ça plait, les gens apprécient ces morceaux qui sont un peu différent. On est les premiers surpris ça va nous pousser à continuer dans cette voix.

Avez-vous composé beaucoup de morceaux pour Apocalypso ?

Olivier Spitzer.
Oui, on a commencé début 2020 lorsque je suis arrivé. J’avais pas mal de chansons que j’avais travaillé pour d’autres projets et Christian a commencé à bosser dessus. Les premières maquettes ont été faites en février/mars 2020 pour une finition d’enregistrement en juillet 2022. Ça fait pratiquement deux ans et demi d’écriture. On a laissé pour compte une dizaines de morceaux qui étaient en bonne voie. Il y en avait pratiquement 20 pour arriver à 10. Pour ces 20-là il y en a 10 qui sont des espoirs qui n’ont jamais aboutis, ça fait pratiquement 30 projet de titres qu’on a eu.

Comment sélectionne t’on les chansons qui finiront sur l’opus est ce que cela vient naturellement ?

Olivier Spitzer. Non ça ne vient pas naturellement parce que on a des cahiers des charges qui sont complètement ouvert au départ avant de rentrer en studio avec plein d’influence possible qui peuvent partir de Rammstein en allant jusqu’à Led Zeppelin, ça fait beaucoup de marge de manœuvre. Medhi (Ndr : Mehdi El Jaï) de notre maison de disque Verycords nous a beaucoup aidé à faire la sélection des titres au fur et à mesure de ces deux années passées dans l’écriture pour définir ce qui était acceptable pour le public et les médias et la ou il ne fallait pas forcément aller tout de suite.

De quelle manière avez-vous abordez les sessions de studio cette fois ci ?

Olivier Spitzer. On maquette un maximum, une fois que l’on est content du résultat on peut rentrer en studio pour shooter les batteries et a partir des pistes de batteries on recommence tout.

Quel était le défi cette fois ci pour toi et le reste de la formation ?

Olivier Spitzer.
Il y a 30 ou 40 % des finitions qui se font dans le courant du travail. A partir du moment où on a des batteries on est capable de modifier énormément de choses sur un certain nombre des morceaux. On a remis en cause des maquettes, on a remodifié les batteries définitives pour que ça colle à ce que l’on voulait que ce soit. C’est un challenge permanent pour chaque morceau, chaque partie.

Est-ce que le fait d’avoir tourné beaucoup plus ces deux dernière années à eu un impact sur la conception des morceaux ?

Christian « Zouille » Augustin. Le fait d’avoir tourné ensemble et donné plein de concerts a ressoudé l’équipe. Ça nous a permis de voir comment chaque individu réagissait sur scène et surtout en groupe. La différence avec le Sortilège d’avant, c’est que précédemment il y avait cinq individualité qui jouaient chacun de leur côté et aujourd’hui on forme un vrai groupe, on respire avec les même poumons et on bat avec le même cœur et ça se ressent sur scène. C’est indispensable pour nous de faire de la scène c’est la seule chose qui puisse vraiment nous cimenter pour les tournées à venir !

Comment as-tu vécu l’écriture de ce nouvel opus au niveau des textes ?

Christian « Zouille » Augustin.  Quand je fais une chanson, quand j’écris la mélodie et le texte, ce sont des nuits blanches parce que je travaille surtout la nuit, je n’arrive pas à composer le jour, c’est comme cela que ça se passe. J’ai passé pas mal de nuits blanches à pondre d’abord une mélodie ensuite à trouver un thème et après faire un texte remanié, ainsi de suite. C’était très très difficile pour moi c’est un gros gros travail. C’est quelque chose d’épuisant.

En écoutant « Derrière les portes de Babylone » j’ai immédiatement pensé à « Gates Of Babylon » sur l’album Long Live Rock ’n’Roll de Rainbow paru en 1978 !

Christian « Zouille » Augustin. Oui au départ c’est volontaire on voulait faire un hommage à Ronnie James Dio, je n’arrivais pas à trouver le lien pour pouvoir lui rendre hommage. Au départ j’ai commencé à faire un texte qui lui rendait directement hommage en parlant de lui et je me suis dit bon comme j’ai l’habitude de faire un petit peu les choses en parabole je vais continuer et il y avait ce mot Babylone qui revenait sans cesse dans ma tête, le « Gates Of Balylon » évidemment. Et puis si tu lis bien les paroles tu verras ce petit être inquiétant à l’aspect frêle et fragile c’est lui dont je parle. J’ai essayé aussi d’avoir une voix un peu Dioesque avec un timbre particulier. C’est vraiment pour lui rendre hommage et tu as tout à fait raison, c’est volontaire. En plus il y a des sonorités derrière, des arrangements qui font penser à Rainbow. Malheureusement je ne l’ai jamais rencontré.

C’est une de tes grandes influence ?

Christian « Zouille » Augustin. Oui c’est mon maitre. Indiscutablement j’ai des relents de Dio dans ce que je fais, dans ma voix, dans ma façon de chanter et de composer. Quand tu es inspiré par quelqu’un tu déteins sur lui.


Est-ce que tu t’es fixé des défis vocaux lors de l’enregistrement de ce nouvel opus ?

Christian « Zouille » Augustin.
Pas mal oui bien sûr. Il y a des notes que je ne pouvais plus atteindre et que j’ai réussi à atteindre grâce au travail en studio et à celui qu’on a fait avec Olivier lors des répétitions. En règle générale, on enregistre toujours dans la période ou j’ai un petit problème de rhinite qui vient pendant la saison et en général c’est toujours dans cette période qu’on enregistre les albums. C’est ce qui me donne cette voix un peu rocailleuse de temps en temps. Ce n’est pas ma faute c’est la rhinite qui m’empêche d’avoir une voix claire, de temps en temps c’est bien mais quelque fois ce n’est pas top ! Le défi a été de chanter au-delà de ce petit problème de santé !

Olivier comment arrives tu à gérer les casquettes de producteur, de compositeur et de guitariste ?

Olivier Spitzer.
J’ai une énorme habitude parce que ça fait pratiquement 40 que je travaille en studio. Je sais désolidariser la partie enregistrement et la partie interprétation. En général Christian peut être là pendant que j’interprète la partie et je lui fais écouter le résultat parce qu’on entend plus ou moins ce que je fais un tapis de rythmique sur cet opus. Ça m’arrive souvent d’enregistrer trois guitares qui sont tellement lié les unes aux autres qu’on dirait qu’il n’y en a qu’une. Je suis en même temps juge et partie mais j’ai tellement l’habitude de m’enregistrer que je sais tout de suite si je suis dans les clous ou pas. Ensuite je soumets tout à Christian qui va me dire immédiatement tiens là il y a un truc qui me gêne, là j’aime ou je n’aime pas. Et si ça le gène c’est forcément améliorable. Je suis capable de tout refaire parce qu’il y a une note qui va le choquer ou autre chose qui ne va pas. Ça a été complètement hyper actif entre lui et moi, je travaillais, je lui soumettais, ça faisait partie d’une coréalisation avec Christian qui est là aussi pour me piloter pour vérifier que tout est dans les clous par rapport à ce qu’on voulait.

Il y a plusieurs invités comme Stephane Buriez (Loudblast) ou encore des membres de Myrath comme Zaher Zorgati (chant) Malek Ben Ardia (Guitares) et Kevin Codfert (Claviers) !

Olivier Spitzer.
C’est encore une super idée de Mehdi El Jaï. On déjeunait ensemble au studio et on écoutait l’état d’avancé de nos maquettes. Ce morceau existait dans sa première partie depuis très longtemps on tournait autour du pot, on voulait que note couplet soit un peu plus riche que ce qu’il était au départ. Au fur et à mesure Medhi nous a dit qu’on pourrait ajouter des arrangements de Kevin Codfert qui fait partie de Myrath. C’était une super idée donc dans l’après-midi on a composé toute la deuxième partie pour soumettre à Myrath une pièce qui comporte un morceau entre guillemet traditionnel et cette pièce de la fin qui est beaucoup plus ouverte ou on avait laissé plein d’espace pour que les trois musiciens de Myrath qui sont intervenu pissent s’exprimer.

Un autre morceau important c’est "Attila" (feat. Stéphane Buriez) comment est née ce titre ?

Olivier Spitzer. Ce sont des riffs que je traine d’ancien projets que j’ai fait ces dix dernières années. On a ressorti ces riffs et on les a remis au gout du jour avec Christian pour que ça colle à sa tessiture. Mais c’est sensiblement les même riffs que j’ai sorti il y a dix ans. Celui-là il est un peu atypique, il n’a pas été beaucoup trituré. Il est très dans son jus d’origine et il plaisait à Christian. On n’a pas surenchéri sur les arrangements. C’est le plus facile celui là entre guillemet.

Christian « Zouille » Augustin. Il faisait partie des morceaux que Olivier à crée qui quand je l’ai écouté m’a tout de suite interpellée m’a amené à trouver un thème immédiatement. Dès que j’ai entendu ce truc là j’avais l’image, j’ai dit on n’y touche pas, deux trois petits arrangements, il est vraiment très bien comme ça. Et immédiatement le thème m’est apparu, des images comme ça ou je vois tout de suite Attila et le thème a été fait très vite. En une demi-journée il était pratiquement écrit.

Quel a été le morceau le plus difficile à composer et enregistré ?


Olivier Spitzer. « Apocalypso », cette pièce a été un titre compliqué parce qu’il est long et lourd avec pas de changement de tempo comme il peut y en avoir sur d’autres morceaux. Il fallait sur le même tempo trouver une façon de créer des éclats au fur et à mesure du déroulement du morceaux, c’est le dernier titre et c’est aussi le nom de l’album. C’est une chanson qui a été très compliquée à gérer. Il y a aussi « Le Sacre » parce qu’il y a beaucoup de partie différentes.

Christian « Zouille » Augustin. « Derrière les portes de Babylone » aussi parce que on l’a remanié, re remanié.

Olivier Spitzer. On a trituré les arrangements fournis par Myrath pour que ça colle à ce que l’on voulait. Il y a eu des titres faciles d’autres plus compliqués, il n’y a pas de règle.

Christian comment choisis tu les morceaux que Olivier te présente au feeling ?

Christian « Zouille » Augustin. Il y a deux choses. Il y a des titres qui tout de suite me prennent aux tripes, à l’instinct je ne marche que comme ça. Si ca le fait ça le fait tout de suite. On sait par expérience que lorsque ça ne le fait pas vraiment et qu’on essaye de le travaillé ça ne marche pas. Il faut qu’immédiatement j’ai un choc. Ensuite une autre façon c’est de composer véritablement. Par exemple moi je voulais absolument qu’il y ait un Doom dans cet opus ; Je suis allé voir Olivier et je lui aie dis écoute moi il faut absolument qu’il y ait un Doom. Rires ! Je lui ai dit n’oublie pas quand même que Black Sabbath c’est ton Dieu et que ce sont les rois du Doom donc inspire toi d’eux. Et il m’a pondu ça, en une demi-journée on avait pratiquement fait le morceaux donc il y a deux façons de faire.

Vous  souhaitez apporter un nouveau souffle à Sortilège avec des titres un peu différent tout en conservant l'esprit Sortilège !

Olivier Spitzer. Oui le gardien du temple c'est Christian ! The master ! Rires

Christian « Zouille » Augustin. Dans un morceau tu as la personne qui apporte les riffs, les accords après tu as celui qui amène la mélodie et le texte. Ca fait trois pôles. Moi en général dans Sortilège j'en apporte deux, les mélodies et les textes. A partir du moment ou tu as déjà les 2/3....C'est ce que l'on disait avec Olivier à la limite demain on pourrait faire de la variété quelque part ça pourrait sonner comme du Sortilège parce que c'est ma voix, ma façon de chanter, ce sont mes textes, mes mélodies et ça pourrait passer. En fait ce n'est pas très compliqué, il suffit de faire ce que j'ai envie de faire et ce que j'aime faire et ça ressemble à du Sortilège.

Quels souvenirs t'évoquent l'enregistrement de l'Ep Sortilège 1983 ,1984 Metamorphose, 1986,Larmes de héros datant sorti pour le premier Ep il y a 40 ans !

Christian « Zouille » Augustin. Des souvenirs pas vraiment parce que en plus j'ai cette capacité, je suis du signe du Scorpion, à faire table rase de mon passé. J'efface les souvenirs, j'en ai pas beaucoup si ce n'est que la technique à beaucoup évolué. Avant il fallait ne pas trop se tromper parce qu'on avait pas trop les moyens sinon il fallait acheter de la bande, couper ect ... Aujourd'hui on peu refaire autant de fois qu'on veut les prises ça c'est l'avantage. Quelque part ça revient moins cher financièrement, on s'y retrouve un peu. La technologie à évolué, la façon de composer aussi. Olivier est un compositeur qui à sa propre patte, Stéphane Dumont avait la sienne. Maintenant tout ça mis bout à bout ça à donné ce nouveau Sortilège2.0.

Votre objectif c'est de conquérir un nouveau public avec Sortilège2.0.?

Olivier Spitzer. Oui c'est valable pour les jeunes qui adorent l'ancien répertoire et qui sont naturellement conquis par le nouveau mais ils l'ont été d'abord par l'ancien.

Christian « Zouille » Augustin. On a été très surpris de voir des gamins de 20/25 ans chanter "Gladiateur" ou "Majesté" aux concerts. Ca arrive de plus en plus. Au début c'était sporadique maintenant on a au moins 10à 20 % de la salle qui à moins de trente ans. Je pense que c'est corrélatif au fait qu'ils ont accès à une autre version de Sortilège, des morceaux un peu plus inscrits dans l'ére du temps.

Comment expliques tu qu'ils se retrouvent aussi dans l'ancien répertoire ?

Olivier Spitzer.
Je ne sais pas, si en fait je sais il y a une force dans la langue Française, les gimmicks, les mélodies apporté par Christian qui sont intemporelles. Ils s'y retrouve maintenant parce que le son de la formation est actuel, on est pas dans un son passéiste. Ils ont un mélange entre guillemet de Pop Française sans être péjoratif parce que les titres sont porteurs avec des textes, des gimmicks, des mélodies et un son moderne. Voilà mais c'est d'abord à cause du Français et des gimmicks.

Christian tu as abordes dans tes textes les mythologies Grecques Romaines ou Nordiques agrémentées d'histoires inventées n'as tu pas envie d'explorer d'autres thématiques parfois ?

Christian « Zouille » Augustin. Non parce que je ne sais pas en fait, pour moi ça serait prendre un risque énorme. Je suis bien dans un milieu que je connais, je ne peux pas en changer comme ça. C'est un métier ! Rires. Composé, écrire des textes c'est de la poésie ce n'est pas facile de parler d'une façon poétique de la vie courante, des histoires d'amours moi je ne sais pas faire. Il y a des gens qui savent le faire moi je ne sais absolument pas le faire. L'inspiration je la trouve essentiellement dans les histoires un peu fantastiques parce que je trouve que pour les autres je les rendrais banales, j'arriverai pas à le faire.

Quels sont les textes qui te touche le plus émotionnellement ?

Christian « Zouille » Augustin.
Il y en as plusieurs, "Encore un jour" qui est un texte qui parle d'un papa qui perd son enfant à la naissance, ça évidemment ça a été difficile. Et "Apocalypso" qui même sur scène quand je la chante j'ai encore des frissons et quelque fois il m'arrive de lâcher deux trois larmes parce que c'est tellement un sujet terrible que l'émotion me submerge de temps en temps.

Qu'avez vous envie de rajouter pour conclure?


Christian « Zouille » Augustin.
dire simplement que pour nous c'est vraiment une naissance. il y a eu phœnix qui était une renaissance quelque part et "apocalypso" c'est la vrai naissance du nouveau sortilège 2.0. Donc j'espère qu'il va être apprécié par tout le monde ou par un grand nombre de personnes. De toute façon c'est très subjectif, on aime ou on aime pas mais je crois qu'il ne laissera pas indifférent. La chance qu'on a maintenant c'est qu'il y a une distribution internationale donc là ca va nous ouvrir des portes j'espère. Rendez vous d'ici un an et demi pour voir un petit peu ou on en est.


9 Février 2023
Pascal Beaumont
Photos William Chopin / Shooting Idols


samedi 13 novembre 2021

SORTILEGE (Christian « Zouille » Augustin, Olivier Spitzer. Sébastien Bonnet ) // Interview // Toujours Plus Haut 15 Septembre 2021.

 
En mai 2019 l'annonce de la reformation de SORTILEGE avec son line up original a été une véritable déflagration dans le paysage Métallique Français, la surprise qu'on attendait plus, celle dont tout le monde rêvait sans trop y croire. Ce que réclamait à corps et à cris les fans depuis de nombreuses années se réalisait enfin : SORTILEGE un des derniers géants de la scène française des années 80 était enfin de retour pour le meilleur et le pire ! Le retour de Stéphane Dumont qui vit aux Etats Unis depuis des décennies était programmé dans les semaines à venir son poste étant tenu en attendant par Bruno Ramos. La suite fut nettement plus compliqué , quelques semaines plus tard après cette nouvelle le gang Parisien se scinde en deux clans bien distinct: d'un côté Christian « Zouille » Augustin accompagné du fidèle Daniel « Lapin » Lapp de l'autre Didier « Dem » Demajean, Stéphane « L'Anguille » Dumont, Jean-Philippe « Bob Snake » Dumont chacun revendiquant le nom de SORTILEGE et la pérennité du combo.
Une bataille verbale et juridique qui sera suivi de départs successifs et d'annonces officielles sur Facebook remis en cause de part et d’autre par les différents parties créant une confusion indescriptible au sein de la communauté Metal et des fans ne sachant plus à quel saints se vouer. Un véritable casse-tête qui transformait le rêve en cauchemar. Christian Augustin n'hésitant pas à parler de coup d'état un vrai séisme qui allait laisser des traces indélébiles et définitive. Une situation incroyable qui avait de quoi désarçonner les fans les plus aguerri, un naufrage qui laissait pantois une armée de gladiateurs après avoir engendré tant d'espoir. Daniel Lapp déclarant forfait peu de temps après Christian se retrouvait alors le seul capitaine à la barre d'un navire en perdition prenant l’eau de toute part. Alors que l'on craignait le pire notre amis décida de réagir et de continuer contre vents et marée, il fit alors appel à de vieilles connaissances pour faire renaitre la formation en déroute.
C'est avec l'arrivée de Bruno Ramos (guitare MANIGANCE), Olivier Spitzer (guitare EX STATORS), Sébastien Bonnet (basse ZUUL FX), Clément Rouxel (batterie ZULL FX) des musiciens aguerris que le gang effectuait enfin son véritable retour dans une sérénité retrouvé !
Le Phoenix  renaissait de ses cendres et nous revenait avec un nouvel album des plus réussi ou la formation s'est permis avec succès de réenregistrer 12 de ses plus grands classiques version 2021 une offrande destiné à faire patienter les fans et qui permet de découvrir ou redécouvrir ces morceaux d'anthologies qui ont marqué toute une génération.
Cerise sur le gâteaux deux nouveaux titre "Phoenix" et "Toujours Plus Haut" en guise d'apéritif avant une nouvelle galette prévu pour 2022.
Une occasion rêvé pour faire le point avec Christian « Zouille » Augustin le maître incontesté de SORTILEGE accompagné pour l'occasion de ses fidèles lieutenant Olivier Spitzer et Clément Rouxel. Un entretien vérité pour essayer d'en savoir un peu plus sur cette nouvelle pépite et cet incroyable imbroglio qui a entouré le retour de SORTILEGE. Magnéto les gars c'est à vous ! 



En 2019 vous annoncé votre grand retour avec le line up original qu’est ce qui à l’époque à motivé cette envie de revenir sur le devant de la scène ?

Christian « Zouille » Augustin.
C’est simple j’ai été invité à participer au Tribute To Sortilège qui a eu lieu au Petit Bain le 19 avril 2019(Ndr : Line Up Didier Demajean à la guitare, Daniel Lap à la basse et Bob Snake à la batterie, accompagné par Bruno Ramos (Manigance) et Niklaus Bergen (ADX) aux guitares et Yves Campion (Nightmare) à la basse,chant, Alexis Roy-Petit de Hürlement et Lynda Basstarde de Furies) ou j’ai chanté deux chansons. Je ne m’attendais pas à autant de succès. Lorsque je suis monté sur scène c’était Claude François ! Rires. Dans le public il y avait Mehdi El Jaï  le directeur de Verycords chez qui on est actuellement qui nous a dit qu’il fallait absolument revenir. Lui en tant que fan était très heureux de nous voir sur scène, il voulait travailler avec nous. Quand j’ai vu cet accueil et l’amour qui a été échangé lors de ce concert je me suis dit qu’il fallait tenter l’aventure. C’est ce qui m’a décidé à reprendre le flambeau.

Est-ce que cela a été un défi de réapprendre tous les morceaux après tant d’années ?

Christian « Zouille » Augustin.
Non, à partir du moment où tu es l’auteur du truc c’est un peu comme le vélo ça ne s’oublie pas. Lorsque tu as fait beaucoup de vélo et que tu t’arrêtes pendant trente ans ça refonctionne immédiatement. Ça n’a pas été compliqué en revanche au niveau de la tonalité on a dû descendre d’un demi ton pour que je puisse chanter de façon plus simple et éviter de m’égosiller à chercher à retrouver la voix de l’époque avec les aigues que j’ai perdu. C’est juste une question de travail. En travaillant on y arrive.

Comment as-tu vécu l’Amazone tour qui a eu lieu en 2019 ?

Christian « Zouille » Augustin.
J’étais comme un gamin qui ouvre son cadeau de Noël. Il y avait un tel accueil du public, je me suis régalé avec ça. Le summum et quand nous avons joué aux 70 000 Tons Of Metal (Ndr : Du 7 au 11 janvier 2020), c’est un truc complètement improbable qui nous est arrivé, c’était quelque chose d’incroyable de magique. Se retrouver sur ce bateau avec autant de nationalités différentes, d’avoir des fans Américains, Japonais qui viennent te voir après le concert pour te dire que c’était super et qu’ils adorent SORTILEGE, qu’ils avaient tous les albums, c’est quelque chose de fabuleux. J’ai vécu un rêve, un conte de fée

As-tu été surpris que le public ait eu envie de vous revoir 35 ans après vos débuts ?

Christian « Zouille » Augustin.
Non seulement j’ai été extrêmement agréablement surpris à l’époque mais je suis encore plus surpris aujourd’hui de voir la réaction des fans après la sortie de Phoenix. A la fois je ne comprends pas comment cela a pu arriver quand tu ne fais plus rien pendant 35 ans. Tu constates que les gens ne t’oublient pas, je n’aurais jamais imaginé ça. Je suis vraiment très très surpris de tout ce qui nous arrive et je ne réalise pas.

Qu’est-ce qui à créer cette envie de réenregistrer 12 classiques de SORTILEGE pour ce nouvel opus Phoenix ?
Christian « Zouille » Augustin. Ce n’est pas moi qui ai décidé mais c’est Medhi de notre maison de disque. Comme on avait déjà un set qui tournait très bien, que ces morceaux joué sur scène passaient bien, ça paraissait normal de les réenregistré avec en bonus deux nouveaux titres. Ça été son choix à lui plutôt que le nôtre mais on s’est concerté pour le faire et ça a donné cet opus. On a repris tous les titres que l’on jouait sur scène donc on n’a pas eu de choix à faire, ce qui avait été joué en concert devait naturellement se retrouver sur ce disque.

Reprendre des classiques n’est pas une chose aisée surtout avec une formation différente de l’originale as-tu ressenti une forme de pression sachant que les fans n’aiment pas que l’on touche aux anciens titres ?

Christian « Zouille » Augustin. Oui et non la pression je l’avais sur le plan vocal. Déjà c’est assez difficile de reprendre ce répertoire. On a baissé d’un demi-ton pour pouvoir y accéder, pour que ce soit plus confortable. Entre temps j’avais arrêté le chant je ne faisais plus que du Gospel, c’est différent du Hard Rock. A mon niveau oui il y avait une certaine pression. Mais je te propose de poser la question à Olivier Spitzer notre guitariste car sur le plan musical c’est lui qui a tout géré et je pense que la pression c’est lui qui l’avait.

Olivier qu’as-tu ressenti en vous réappropriant le répertoire de SORTILEGE ?


Olivier Spitzer.
Beaucoup d’humilité. Il y a un respect de l’attente et de la qualité des compositions, le mélange faisait que ce n’était pas simple à faire et qu’il a fallu beaucoup réfléchir avant de mettre en place les enregistrements pour être sûr que l’on était sur la bonne formule.

Il y a beaucoup de parties solos composé par Stephane Dumont avec de grandes envolées lyriques comment as-tu fait pour te les réapproprier ?

Olivier Spitzer.  Moi je n’ai fait aucune partie de lead sur cet opus. Ce n’est pas du tout mon style de jeux. C’est Bruno Ramos qui s’est chargé de tous les solos. J’ai fait beaucoup de rythmique c’est un peu ma spécialité. Mais dans tous les cas de figure l’état d’esprit c’était de bien domestiquer ce que l’on avait et de se l’approprier en mettant notre patte à nous pour que cela corresponde à ce que les gens attendaient et ce que nous voulions nous aussi, c’est un mélange des deux.

Vous avez écrit deux nouveaux morceaux « Toujours Plus Haut » et « Phoenix » comment avez-vous aborder cette phase de composition ?

Olivier Spitzer. Dès qu’on a repris on avait des compos en route. D’abord parce qu’on amie ça et puis on avait une échéance qui pouvait arriver, il nous fallait nous constituer un nouveau répertoire assez rapidement. Au moment où on a commencé à travailler sur les anciens titres, les nouvelles chansons arrivait de manière assez simple comme n’importe quel groupe qui travaille ensemble et ça continue comme ça aujourd’hui d’ailleurs.

Avez-vous tenté de vous approprier l’esprit qui habitait ces morceaux dans les années 80 ?

Olivier Spitzer.  Bien sûr, il y a une petite prise de risque qui sera faite sur le prochain album  mais pas trop, on connait bien le , il ne faut pas révolutionner les choses, il fallait absolument respecter le cahiers des charges notamment au niveau de la ligne de chant et des textes et forcément au niveau des parties de guitares qui étaient proposé pour que cela s'insère à l’ancien répertoire.

Vous ne vous êtes pas limité à l’écriture de deux titres !

Christian « Zouille » Augustin. Non on est en train de peaufiner la composition des chansons, elles sont prêtes mais pas en réalisation.

Dans quel état d’esprit était tu lors de l’écriture des nouveaux textes ?

Christian « Zouille » Augustin.
Cela a été aussi une surprise. C’est revenu comme avant. J’ai cette chance-là d’être mélodiste et parolier, je suis née avec ça, je crois que c’est un don. Il y a des gens qui naissent avec des capacités physiques ou intellectuelles moi je suis née avec cette capacité d’écrire des mélodies. C’est ce que j’ai toujours fait avec SORTILEGE. C’est moi qui écrivais les mélodies et les textes. C’est quelque chose de naturel chez moi et donc ça n’a pas été difficile de m’y remettre. Ça coule dans mes veines, j’ai tellement de choses à raconter, tellement de mélodies en tête. Ce n’était pas un problème c’est venu tout seul en fait.

Tu veux dire que les paroles des nouveaux morceaux sont déjà écrites ?

Christian « Zouille » Augustin.
Oui j’ai écrit neuf chansons en plus de « Phoenix » et « Toujours Plus Haut ». Tout est réalisé, on a fait les maquettes maintenant il reste à peaufiner les arrangements. Mais neuf titres sont déjà dans la boite, il n’y a plus qu’à les réenregistrer proprement.

Allez-vous faire appel à un producteur pour ce nouvel opus ?


Christian « Zouille » Augustin.
Il ne faut pas changer une équipe qui gagne. Rires. On a vu ce que l’on pouvait faire, on connaît nos limites mais on peut aller au-delà de tout ça. On sait maintenant comment il faut travailler ensemble. On est une équipe gagnante, je suis un grand fidèle contrairement à ce que l’on peut dire donc une fois que l’équipe est gagnante moi je réitère le truc sans problème.



Olivier tu parlais de petite surprise, vous avez envie d’écrire des titres sans un style un peu différent de SORTILEGE ?

Olivier Spitzer.
Oui c’est prévu comme ça. C’’est un souhait de Christian d’évoluer vers d’autres univers. J’ai mol même joué dans plein d’univers différent dans le Metal, tu connais mon cv. (Nrd: BRAINSTORM, STATORS, REBEL, OSKAR, DIASPORA, BLACK DOG, ZOUILLE & HANTSON, SATAN JOKERS, SHAKIN’STREET). Dans mon studio (Ndr : Olivier est ingénieur du son et producteur) il y a des maquettes pour d’autres projets.
Christian s’est approprié deux ou trois de ces maquettes destinées à d’autres projets et avec des sons un peu plus modernes on va dire. C’est ce que l’on va trouver dans cet opus mais tout n’est pas comme ça. Il y a deux ou trois morceaux comme ça et tout le reste est dans la continuité dans ce que l’on peut trouver sur « Phoenix » ou « Toujours Plus Haut ».


Comment vous sentez vous avec cette nouvelle formation avant de partir en tournée en 2022 ?

Christian « Zouille » Augustin. On va donner la parole à un petit jeune Sebastien. (Ndr : Sébastien Bonnet basse ZUUL FX)

Sébastien Bonnet. Un petit jeune. Rires. Je vais parler pour moi mais je pense que c’est un peu l’état d’esprit du combo. J’étais fan de SORTILEGE lorsque j’étais plus jeune. Le truc c’est n petit peu comme faire l’album, il faut monter sur scène avec la volonté d’être sous un étendard. Ce n’est pas on se fait juste plaisir, il y a quand même un nom à défendre. Notre état d’esprit c’est de proposer un show pas simplement une formation qui monte sur scène comme il peut y en avoir mais faire remonter sur scène SORTILEGE de la même manière qu’on a à priori réussi à faire revenir SORTILEGE dans les bacs. Il n’y a pas énormément de pression car on a beaucoup travaillé donc on est assez confiant. Mais l’idée c’est vraiment de monter sur scène avec la même force que ce que représente SORTILEGE. On veut que les gens aient l’impression de voir un groupe et pas un projet ou un one shot, qu’il y ait vraiment cette idée et qu’on casse tout.

Christian « Zouille » Augustin. Bien entendu on a une envie immense de se retrouver sur scène et de revoir notre public c’est ce qui nous fait vivre et je ne parle pas du point de vue financier, je parle de notre âme. C’est pouvoir s’exprimer en concert et d’avoir cet échange particulier, indestructible qu’on peut avoir avec le public.

Ces derniers temps vous avez été dans une tourmente incroyable qui a provoqué une scission entre trois membres du line up original Didier « Dem » Demajean, Stéphane « L'Anguille » Dumont, Jean-Philippe « Bob Snake » Dumont et toi suivi du départ de Daniel « Lapin » Lapp ce qui fait que tu es le seul membre restant du gang d’origine comment as-tu fait face à cette situation complexe ?

Christian « Zouille » Augustin. C’est comme un couple qui ne s’entend plus pour plein de raison. A un moment donné on s’est demandé quoi faire, faut -il rester ensemble parce qu’il faut rester ensemble pour les enfants c’est-à-dire le public avec le risque de se retrouver sur scène dans un climat délétère ou tu n’es pas à l’aise parce que cela ne va pas avec tel ou tel personne ou faut -il se séparer. Moi je ne peux pas me retrouver sur scène avec des gens avec qui je ne m’entend pas vraiment parce que ça se sentirait. Je pense que vis-à-vis du public c’est plus logique de se séparer en deux tant pis après pour ce qui arrive mais au moins on a l’honnêteté de se dire que ça ne marche pas, on ne fait pas semblant. Je suis quelqu’un qui ne fait pas semblant ou ça marche ou ça ne fonctionne pas. Je ne peux pas arriver sur scène en souriant, en faisant semblant parce que je ne serais pas moi-même et il est hors de question que je fasse cela. Je n’ai jamais fait ça de toute ma vie que ce soit pour la musique ou la vie privé. Si je ne me sens pas bien dans le cadre de la musique je préfère arrêter.

A quel moment as-tu ressenti que ça ne fonctionnait pas entre vous ?

Christian « Zouille » Augustin. Au début ça allait, je pensais à l’agenda qu’on avait, les échéances et tout ce qu’on avait à faire de merveilleux. Je croyais qu’ils allaient mettre de l’eau dans leur vin et arrondir les angles. Malheureusement ça n’a pas été le cas. En plus de cela au niveau musical cela commençait à me chauffer un peu, ils ont voulu modifier un peu les morceaux enlever des breaks que l’on trouvait dans certains titres. Moi je leur disais attention les fans ont envie d’entendre ce qu’il connaisse depuis des années. Il est hors de questions que l’on touche aux morceaux qu’on retire un break parce qu’il n’est pas moderne. Ils n’étaient pas d’accord là-dessus, moi je ne me voyais pas coupé une chanson et chanter. J’ai tenté de le faire sur certains titres et je me suis aperçu que ce n’était pas l’identité de SORTILEGE. Je voulais absolument préserver cette identité.

Tu veux dire que quelque part tu es le garant de l’esprit SORTILEGE ?

Christian « Zouille » Augustin. Oui quelque part je suis le gardien de la flamme. Rires.

C’était une évidence pour toi de continuer avec le line up actuel !

Christian « Zouille » Augustin. Oui et non. Ce qu’il faut savoir c’est que je travaille avec Olivier depuis une vingtaine d’années, on a monté des petits trucs ensemble, j’ai travaillé sur des morceaux que me proposait Olivier. On n’arrivait pas trop à trouver un terrain de concomitance pour pouvoir sortir quelque chose de viable. Mais Olivier je le connais depuis plus de vingt ans, c’est un garçon avec qui je travaille régulièrement. C’était une évidence pour moi de l’intégrer dans la formation. Bruno quant à lui faisait partie du Tribute Band et jouait avec nous, il connaissait les morceaux par cœur, c’était une évidence. Et puis après on a rencontré Sebastien qui a joué dans ZULL FX avec Clément et donc naturellement j’ai demandé à Clément de nous rejoindre. Ça s’est fait comme ça par amitié. On a essayé et ça a fonctionné tout de suite.

Tu as déclaré il y a quelques années que tu t’interrogeais sur le fait de savoir pourquoi tu chantais, as-tu finalement trouvé la réponse ?

Christian « Zouille » Augustino. Oui je l’ai. Rires. C’était une période de ma vie ou je travaillais sur moi ou je me posais des questions par rapport à mon égo. Pourquoi est-ce que je chantais, est-ce que c’était la joie de chanter ou est-ce que c’était uniquement parce que j’avais un petit problème d’amour et donc d’amour propre. Je pense que j’ai résolu cette histoire et maintenant je suis vraiment heureux de chanter ce qui n’était pas trop le cas auparavant. Je suis vraiment heureux de chanter avec des gens que j’apprécie énormément et qui m’offre derrière un confort Pullman en ce qui concerne leurs capacités artistiques. Quand je monte sur scène je n’ai aucune hésitation à me poser la question est ce qu’il ne va pas y avoir un pain là ou autre ce qui était un peu le cas avec les autres. Là je ne me pose pas de questions je sais que ça va le faire de toute façon. C’est un vrai plaisir maintenant de monter sur scène et surtout de retrouver le public. Quand on a besoin d’amour…. On ne fait pas ce métier artistique comme ça , on le fait aussi parce qu’on a besoin d’amour, celui du public et là je le ressens de plus en plus à travers les messages qui nous sont donnés quant à la sortie de Phoenix et c’est quelque chose qui me sublime en concert.

Phoenix c’est la renaissance de SORTILEGE !

Christian « Zouille » Augustin. Oui bien sûr. Si tu regards un petit peu le texte tu t’aperçois que je vais allusions à quelques morceaux, je mets des petites phrases de chansons dans « Phoenix » pour montrer que l’on est passé à autre chose, l’ancien SORTILEGE est derrière nous. Maintenant c’est le nouveau SORTILEGE qui renait c’est vraiment ça.

J’ai lu qu’un de tes morceaux préférés était « La Montagne Qui Saigne » !

Christian « Zouille » Augustin. Tu as lu ça où ! Rires. Le piège. Le titre que j’adorais vraiment c’est « Marchand D’hommes » je ne sais pas où tu as été péché le truc de « La Montagne Qui Saigne » Rires. « Marchand D’hommes » c’est un titre tellement puissant surtout sur scène. Moi j’adorais le faire parce que le Boom Boom ça fait trembler la scène. Mais les chansons dont je suis le plus fier ce sont ceux du nouvel opus qui va arriver parce que ça sort de nos tripes à tous et je pense que le public va le ressentir comme ça.

Les 29 et 30 Aout 1984 tu as participé au Breaking Sound Festival un des premiers dédiés au Hard Rock en France je suppose que ça a été un grand moment pour toi et SORTILEGE !?

Christian « Zouille » Augustin.
Ah excellente question ! Pour moi c’est un des meilleurs souvenirs avec SORTILEGE parce qu’on a joué aux cotés de gens extraordinaire comme Gary Moore, Ozzy Osbourne et autres. (Ndr : METALLICA, VENOM, HEAVY PETTIN', QUEENSRŸCHE, BLUE ÖYSTER CULT…) même s’il n’y avait pas beaucoup de monde. Il y avait aussi DIO, c’est le festival qui m’a apporté le plus de joie, j’étais comme un gamin. Quand je suis monté sur scène j’avais l’impression de jouer avec mes idoles, j’étais vraiment très heureux. Pour moi c’est le plus grand moment que je retiens de cette époque-là.

Vous avez aussi ouvert pour DEF LEPPARD au Bataclan les 8 et 9 Mars 1983 !

Christian « Zouille » Augustin. Idem c’était quelque chose d’assez extraordinaire. J’avais l’impression de rêver. Tu ouvres pour un combo comme ça et après tu as l’occasion de les voir en dehors de la scène. Ce sont des gens charmants, adorables, ça a été un bon moment bien sûr. Mais ce n’était pas pareil qu’au Breaking Sound Festival, là il y avait vraiment une ambiance particulière.

On parle souvent du début des années 80 comme l’âge d’or du Metal Français est ce que c’est aussi ton avis ?

Christian « Zouille » Augustin. Oui je suis d’accord avec ça. A l’époque il y avait énormément de formations, tout le monde y croyait, on était jeune, beau, on avait des cheveux long. Rires. On était très enthousiaste et effectivement c’était une période bénie. Aujourd’hui c’est un peu plus Show Business, plus cadré, ce n’est pas comme avant. Mais chaque période à ses propres avantages et inconvénients. En fin de compte je ne regrette rien, je suis très bien là maintenant ou je suis.

Pour conclure que souhaite tu rajouter qui te parait important ?


Christian « Zouille » Augustin.
Je fais d’énorme bisous à tous ceux qui nous suive et je les attends avec impatience aux concerts et encore un grand merci à tous ceux qui laisse un petit message à propos de Phoenix et un grand merci pour l’accueil qui lui a été réservé. J’ai plein d’amour à leur donner, ça se transmettra sur scène !

Olivier et Sebastien vont dire un dernier mot.

Oliver/ Sebastien. Pareil. Rires.



Paris 15 Septembre 2021.
Pascal Beaumont
Photos DR