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mardi 1 novembre 2022

DUSK OF DELUSION // Interview // Taking The Hit - Septembre 2022.


Dusk Of Delusion le gang de Nancy n’a pas fini de nous surprendre. Après un premier opus (F)UNFAIR qui vous transportait dans un univers malsain un monde à part totalement barré qui vous faisait voyager au cœur des fêtes foraines du 19ème siècle où chaque stand se révélait être un miroir cynique de notre société moderne. Puis un second méfait Watch Your six particulièrement réussi qui nous plongeait dans les effrois de la première guerre mondiale et nous emmenait sur les chemins de ce conflit à travers des histoires de vies de soldats, de civils, d'hommes ou de femmes, français, anglais, allemands ou russes qui narraient leur expérience du conflit et les sentiments qui les traversaient suivi d’un Ep World at War qui prolongeait ce concept historique à travers cinq nouveaux morceaux. Les voilà de retour avec un nouvel album concept COrollarian RObotic SYStem qui cette fois ci nous embarque en l’année 2077 au cœur d’une terre ou les robots organiques anthropomorphes appelés les corollaires dominent la planète. Un concept ambitieux à mille lieux des deux précédents qui prouvent que le combo Nancéen n’est pas à court d’idées bien au contraire. Le thème : Dans les années 2050, après une vague de guerre civile en Europe, la firme russe COROSYS met sur le marché des robots organiques anthropomorphes appelés les corollaires. Au départ conçus pour être des soldats, les corollaires vont bientôt devenir des assistants personnels que chacun peut acheter pour le remplacer dans les diverses tâches de la vie quotidienne. Petit à petit les corollaires vont même être recrutés pour occuper des métiers délaissés par les humains de cette nouvelle société : serveur, ripeur, prostitué. Un vaste sujet que nos amis ont développé sur 11 titres magnifiquement ciselé qui développe une identité sonore plus audacieuse, à la fois mélodique et catchy et nous transporte dans un futur dystopique sombre et inquiétant où après un conflit armé en Europe, l’entreprise COROSYS inonde le monde de ses "Corollaires. Pour découvrir ce monde inquiétant qui pourrait être le nôtre dans un futur plus ou moins proche quoi de mieux que de donner la parole à ses créateurs les sympathiques Benoit Guillot et Julien Skorka respectivement chanteur et bassiste de la formation. Un entretien convivial et chaleureux pour découvrir un univers pas si réjouissant que ça. Magnéto messieurs c’est à vous !



Le 25 Juin dernier vous avez donné votre dernier Nirvana Pub Club, à Lying Figures avec Claude Colmars à vos côtés, je suppose que cela a été un concert un peu spécial !
Benoît. C’était très spécial. Ce n’est pas forcément une décision du groupe. On a toujours de bonne relation avec Claude. Ce sont les chemins de la vie qui se sépare en l’occurrence, il est parti vivre en Corse. C’était un peu compliqué de rester dans Dusk par rapport à ça. On a donc dû lui trouver un remplaçant mais c’est vrai que ce dernier show avec lui était très émouvant. En plus on n’a pas eu beaucoup de concerts en 2020. 2021 et cette année donc c’était d’autant plus émouvant. On voulait lui offrir ça.

Est-ce que cela a été simple de lui trouver un remplaçant ?
Julien. Non pas du tout, d’abord il fallait qu’humainement ça passe.
Benoît. Ce n’était pas facile il fallait trouver un remplaçant qui soit à la hauteur de ce que l’on attendait, de ce que Claude nous avait donné au niveau du live. Du coup c’était forcément compliqué et ça n’a pas facilité le processus de création et des concerts qui vont venir derrière.  Mais de fait on est content d’avoir trouvé Jean-Gabriel Bocciarelli l’ancien bassiste de Benighted Soul qui va remplacer Claude à la guitare, a priori on part sur de bonnes bases avec lui.

Vous aviez des critères bien précis en termes de recrutement ou est-ce une opportunité qui s’est présenté à vous ?
Benoît. Un peu des deux, il y avait des critères musicaux très importants mais il fallait surtout une belle personne, quelqu’un qui puisse donner sur scène et avec qui on s’entend très bien. C’est ça qui primait. Avec tout le respect que j’ai pour le guitariste rythmique on est quand même sur de la guitare rythmique ce n’est pas non plus un soliste que l’on cherchait. Je pense qu’il va apporter énormément à Dusk.

Comment est née l’idée de ce concept futuriste bien loin du précédent ?
Julien. C’est parti d’une idée qui me trottait dans la tête, j’en avait parlé à Benoît et ça nous parlait à tous les deux cette histoire de robot. On a kiffé à écrire ce concept tous les deux. Benoit à mis ses paroles et j’étais là à chaque période. Jai vraiment pu voir comment il écrivait. On était vraiment dans l’histoire.

Et puis il y a cette nouvelle écrite par Benoît qui est un mini scénario avec une fin sombre qui m’a fait penser à Terminator !
Benoît. Tout à fait, il y a beaucoup de référence cinématographique que tu peux retrouver, Blade Runner…. Il y a toutes ces influences. La nouvelle se lit à part entière, c’est limite une œuvre qui peut se suffire à elle-même plus ou moins, je l’espère parce que c’est moi qui l’ai écrite. Elle peut se lire à part entière et en même temps l’écoute de l’opus est incomplète si la nouvelle n’est pas là en amont.

C’est peut-être votre premier véritable album concept dans le sens ou tous les titres sont lié entre eux par une histoire !
Benoît. Oui tous nos concepts album sont lié dans un contexte mais là il y a une histoire générale qui relie le tout ce qui est d’ailleurs très intéressant, c’est intercontinental, intemporelle on passe de l’Angleterre à la France, de 2077 à 2050. Il y a plein de choses passionnantes qui sont différentes dans l’espace et le temps. Mais de fait oui effectivement toutes les chansons sont liées entre elles par un même concept peut être de manière plus intéressante que dans les précédents opus.

Je suppose qu’en amont il y a un travail très important pour mettre en place cette histoire.
Julien. De fait on ne sait faire que des concepts albums. Te dire que c’est un travail plus important que sur les précédents opus ce ne serait pas vrai cependant musicalement c’est vrai qu’on s’est un peu plus creusé la tête sur celui-là. On a vraiment eu une cohérence musicale et aussi au niveau des textes qui se ressent.

Avez-vous composé de nombreux titres puis fait une sélection pour celui-ci ?
Julien. Comme pour le précédent on a composé plus de morceaux dans le cadre de cet univers. A la base il y en avait 17 qui étaient les plus pertinent pour décrire l’opus, pour l’enrichir musicalement. On a éliminé quelques-uns mais qui ne le sont pas forcément car on les réutilisera pour éventuellement autre chose mais toujours dans le même contexte. On se donne une liste de tout ce qui pouvait donner un attrait et enrichir ce monde. C’est comme ça que l’on fonctionne Benoît nous donne une liste de tous les caractères qui pourraient intéressant pour développer l’histoire puis on se greffe dessus au niveau des compositions. On essaye d’y mettre une ambiance qui va avec le thème qu’on va aborder. Il y en a eu 17 d’écrites et ensuite on en a conservé 10 parce que c’est ce qu’il nous fallait.

Comment avez-vous effectué ce choix justement pour n’en garder que dix ?
Julien. C’est très difficile. Ce que l’on a fait c’est que l’on a demandé a une quinzaine de fans qui nous suivent depuis le début et qu’on affectionne de nous aider. On les a invités à une session d’écoute en avant-première des préproductions qu’on avait faite et on leur a demandé de nous écrire un peu leur ressenti. On leur a détaillé les chansons et ils nous ont exprimé leur avis. Là on avait une espèce de barème en fait des meilleurs titres selon eux. C’était très varié, il y en a un qui pouvait détester un morceau et d’autres l’adorer, c’était aussi assez intéressant à voir. Du rendu de cette session, on a un peu privilégié leur avis auquel on a ajouté le nôtre quand même parce qu’il y a aussi des titres qu’on aime bien jouer. On a mis notre grain de sel dedans et on est arrivé à un consensus qui est assez pertinent.

L’album a été enregistré, mixé et masterisé au Boundless Studio avec Flavien Morel comment avez-vous vécu cette expérience comparée aux sessions de Watch Your Six l’opus précédent ?
Julien. On avait déjà projeté de travailler avec eux pour l’album précédent Watch Your Six. On s’est dit que cette fois ci on allait passer le cap et aller chez eux. On voulait une batterie plus organique, il nous fallait une prise drum en live, des vrai, pas des batteries programmées. On l’avait déjà fait précédemment mais dans un studio un peu moins connu. On voulait travailler avec Flavien et on est parti là-dedans. On a enregistré la batterie et les autres instruments on les a enregistrés chez nous. On a tout ce qu’il faut pour enregistrer et par la suite Flavien a fait toute la partie mixage de nos prises.

Vous aviez une idée du son que vous souhaitiez avoir pour cet opus ou vous a-t-il proposé un échantillonnage de son ?
Julien. Un peu des deux, on avait une idée assez précise de ce que l’on voulait. On cherchait un nouveau son, partir vers le moderne Metal, un son plus moderne. Le coté ancien qui fait partie des années 80/90 qui fait partie de Dust on le ressent déjà dans la composition on voulait faire ressortir un coté moderne au niveau de la production. On a donné ça comme directive à Flavien et lui il a déjà ça dans son approche du son, dans sa manière de travailler il a tendance un petit peu à aller de ce côté-là. On s’est dit que ça allait le faire et on n’est pas déçu du résultat.

« Taking The Hit » est le premier extrait de l’opus c’était important de le mettre en avant ?
Benoît. Oui il y avait une volonté extrême de sortir ce morceau en premier single parce que c’est un titre que l’on trouvait très catchy et très proche de ce que l’on pouvait rendre en live. On a fait comme d’habitude avec Dusk, c’est un groupe de scène et on vit principalement pour les concerts et on voulait montrer un petit peu ce que l’on peut faire lors d’un show. C’est une chanson très catchy, rentre dedans, c’est pour cela que l’on voulait le mettre en avant en premier.




Chaque morceau est expliqué en détail dans un texte, comment allez vous mettre en scène cette histoire futuriste lors de vos prochains concerts ?

Benoît. On va se démarquer sur scène mais ça va être par la musique pas tant par l’imagerie. Elle sera respectée, on va avoir des codes vestimentaires, couleurs aussi qui vont se retrouver sur scène. Mais il n’y aura pas une scénographie incroyable parce que c’est la musique qui va vivre lors de nos shows. On veut vraiment garder la musique comme principale raison pour venir à nos concerts. On ne vient pas, avec tout le respect ue j’ai pour eux, voir Rammstein ou n’importe quelles autres formations qui a une scénographie incroyable. On vient pour voir Dusk et parce que l’on aime sa musique et qu’on veut l’entendre et la voir vivre sur scène.

« Shadow Worker » vient de sortir en single accompagné d’un clip !

Julien. Oui celui-ci est sorti la semaine dernière, le 18 septembre.

Comment avez-vous travaillé sur la mise en scène de la vidéo « Shadow Worker » ?

Julien. On a travaillé très simplement avec notre réalisateur attitré. Maxime Fournier qui nous a suivi pour maintenant trois clips. Il nous avait suivi pour les deux précédents et celui-là. La différence de travail qu’on a fait : autant pour le clip « Letters to C » j’étais venu avec des idées dans le style faut qu’on parle de ça, faut qu’on montre ça. Et là on lui a laissé carte blanche, il a écrit le scénario, il a écrit tout ce qu’il y avait à écrire d’un point de vue scénarisé et groupe. Il nous a fait un clip qui est juste grandiose. Je n’arrive même pas à me rendre compte de la qualité visuelle de ce clip là car on est sûr de l’image. Enfin bref moi je suis clairement amoureux de ce clip.

C’est presque un mini film en fait.
Julien. C’est presque un film, un court métrage, d’ailleurs c’est très intéressant que tu dises ça car Maxime à plus l’habitude de tourner et de scénariser des courts métrages. On retrouve sa patte de réalisateur dans ce clip.

Finalement c’était important de plonger l’auditeur dans ce film lié au concept de l'opus !

Julien. Oui complètement, le concept album nous oblige aussi à plonger l’auditeur et donc potentiellement le lecteur en l’occurrence et puis le spectateur dans un univers. Il faut qu’il plonge avec nous. S’il ne plonge qu’à moitié il ne va avoir que la moitié des billes, des réponses qu’on peut lui apporter. Avec le clip il fallait vraiment qu’on l’immerge complétement dans notre concept et dans ce qu’on voulait montrer comme image un petit peu sombre et futuriste. Maxime a parfaitement répondu à cette prérogative.

Sur le titre « Shadow Worker » vous faites référence à Starmania (Fabienne Thibeault, Michel Berger) : la serveuse automate. Comment en êtes-vous venu à cette référence ? On est très loin de l’univers métal évidement.

Julien. Oui on en est très loin au niveau des paroles mais au niveau du concept on en est assez proches. C’est une référence. Mes parents m’ont fait grandir avec Starmania donc c’est quelque chose qui m’a porté et de fait quand il a été question d’écrire une chanson sur une serveuse robot qui sert dans un bar, c’est la première chose qui m’est venue à l’esprit. Nous avons des références extrêmement diverses sur l’album. C’est cela qui est très intéressant parce que l’on passe de Starmania aux cycles d’Azimov, à Blade Runner. Les références sont vraiment diverses, il y en a plein qu’on n’a pas dit comme Cloud Atlas, Terminator. On montre aussi un petit peu que notre musique ne fait pas que s’écouter, elle se regarde aussi.

Sur cet album le cinéma a une grande importance sur chaque morceau il y a une référence à un film plus ou moins directe à un film. C’est un hommage que vous aviez envie de rendre au monde du grand écran !
Julien. Il y a un peu de ça. Après dans le deuxième album il y avait pas mal de références présentes si on cherche un petit peu. Il y avait « Un long dimanche de fiançailles », « Joyeux Noël », « 1917 » et du coup-là on en a disséminé un petit peu mais ça s’est fait assez naturellement quand on écrivait les paroles. Quand Benoit écrivait les paroles, j’étais avec lui on discutait lorsqu’il devait écrire les paroles, et on se disait que ça colle trop avec tel film. Nous, quand on écrivait on se disait que c’était tout à fait le thème abordé. Comme on est tous assez cinéphiles dans le groupe elles viennent naturellement sans se forcer ses références là.

Au niveau de la pochette comment avez-vous collaboré avec Chromatorium music, vous avez proposé vos idées ?
Julien. Ecoute, ça dépend des fois. Sur le premier album on lui avait proposé une idée globale et il nous avait proposé un thème. Sur le deuxième c’est plutôt lui qui est venu vers nous en proposant quelque chose et là sur le troisième on avait une petite idée. En fait quand tu prends l’album et tu le déplies comme un digipack, tu as une vision complète panoramique comme sur les autres albums et du coup tu vois le côté beau de l’usine de fabrication et tu as l’envers du décor concernant l’usine de recyclage. On dépèce des corps robotiques. Cet esprit-là on lui a donné comme directive et il a tout à fait respecté ce dont on avait envie avec ce côté beau et propre de la pochette de devant et un peu sale de la pochette de derrière.

Est-ce que vous avez envie de continuer l’histoire ?
Julien. Oui c’est sûr qu’on a toujours envie de développer. Quand on a eu dix-sept morceaux on s’est demandé pourquoi ne pas faire un nouvel opus. C’est possible mais on préférait faire un album avec dix titres essentiels et en avoir sept sous le coude pour compléter un petit peu l’histoire et compléter l’univers. Donc ce n’est pas exclu que dans quelques temps on en dissémine un petit peu par ci par là, quelques-uns pour agrémenter l’univers et le décor dans lequel on souhaite évoluer.

Est-ce que vous pensez déjà au prochain album ?
Julien. Bien sûr on a déjà deux ou trois concepts d’avance. Benoit en a déjà un ou deux aussi. On a déjà de l’avance pour le futur. Après on se réserve un petit peu, on essaie de se limiter dans la composition justement pour aller vers une composition plus communautaire en fait. Parce que là on propose un petit peu plus chacun de son côté car sur cet album là on a pu se retrouver, plus de compos sur cinq chansons et on voudrait faire maintenant quelque chose de beaucoup plus commun.

Est-ce qu’il y a des morceaux qui ont été un challenge à écrire ou a enregistrer ?
Julien. Pas forcément non, comme je te dis il y a cinq morceaux qu’on a écrit avec Matt, tu vas sentir quelque chose d’un peu plus progressive, légèrement. Pas forcément plus technique et plus prog. Matt, on le connait depuis 1989 donc a toujours joué dans des musiques orientées plutôt progressive et du coup on se retrouve là-dessus. Mais on ne voulait pas trop en mettre non plus parque que ça aurait été plus facile à écouter du metal pour nous que de la prog.

Il y a un côté prog notamment au niveau des solos de guitare.
Julien. Oui surtout. Je ne sais pas si mettre juste un solo de guitare ça fait prog, ce serait bien réduire le prog. Après dans la manière de composer il y a une certaine suite de riffs et de la composition interne de la chanson c’est vrai qu’on restitue un peu du prog. Et c’est ça qui est beau. Ce qu’on trouve dans Dusk c’est qu’on a ce côté un petit peu technique derrière mais sans être péjoratif vis-à-vis du chant on est un peu plus easy listening. Et ce côté intéressant si tu fais plusieurs écoutes, tu vas arriver sur le côté plus technique des rythmiques qui sont à l’arrière.

Vous existez depuis 2016. Vous avez déjà trois albums et un EP à votre actif.

Julien. Ce n’est pas vieux et ce n’est pas jeune non plus.

Quel regard portez-vous sur ces six années ?
Julien. Un regard très positif. Franchement on s’éclate depuis le début. On ne s’essouffle pas, même avec le covid on aurait pu se dire sortir un nouvel album avec le covid y en a marre. On est toujours aussi motivé à bloc et pleins de projets pour l’avenir. L’avenir y en aura.

Qui a eu l’idée de ce titre « Choronarian Robotic Système » ?
Julien. Un peu comme tout. C’était assez commun, il y a une chanson qui n’est pas sur l’album qui parle du fils du PDG et on est obligé d’inventer un nom à la société et on s’est dit que ça collerait tellement parfaitement à l’album. Ça impose le thème tout de suite. Tu as une société Choronarian Robotic Système et que fait cette société. Tu découvres tout et l’univers à travers l’album.



29 Septembre 2022.
Pascal Beaumont  
Pascal Beaumont et Laurent Machabanski (Traduction / Retranscription)


mercredi 5 octobre 2022

MALEMORT (Xavier Chanteur) // Interview // Les fantomes d'Herouville - Septembre 2022.

 
Malemort ce groupe étrange venu d'ailleurs est de retour sur le devant de la scène après l'excellent Ball Trap qui leur a permis de s'installer tranquillement mais surement sur le devant de la scène Française. Difficile de les intégrer aux nombreuses chapelles qui hantent le monde Métallique voire impossible tellement les bougres sont musicalement versatiles et inspirés. Dans le genre inclassable on ne fait pas mieux Malemort refusant de s'imposer des limites pour être classé dans un style qu'il ne reconnaitrait pas ! Et ce n'est pas avec Château-Chimères leur tout nouveau méfait qu'ils vont rentrer dans le rang bien au contraire ! Comme à son habitude Xavier Malemort le leader incontesté de la formation parisienne, dont le line up a fortement évolué au cours de ces deux dernières années, a choisi un thème hors norme et fascinant : le châteaux d'Hérouville un studio mythique qui a accueilli dans les seventies mais aussi les eighties une pléiade de légendes comme David Bowie, Iggy Pop, MSG, Rainbow, Elton John, Pink Floyd et de nombreux artistes français, Higelin, Eddy Mitchell ou encore Nougaro . Château-Chimères est une véritable déflagration de par sa qualité dans le paysage métallique Français et retrace le destin aussi fou que tragique de cette bâtisse situé dans le val d'Oise. Xavier et son gang nous délivre à travers onze morceaux un hommage vibrant à toutes ces pointures qui ont séjourné dans ce lieu devenu culte au fil du temps mais aussi au propriétaire du lieu l'excentrique compositeur et visionnaire Michel Magne qui eut l'idée de génie d'ouvrir un studio d'enregistrement dans ce lieux improbable. Un concept impressionnant qui nous propose un véritable voyage au cœur des années soixante-dix à travers des textes poétiques ciselés à la perfection et d'une précision redoutable ! Du grand art à n'en point douter. Chaque titre faisant référence à ces héros comme "Semaphores" hantés par le fantôme de David Bowie et Iggy Pop, Elton John, "L'eau Des Fossés" ou encore « Maldoror » hommage à Higelin mais aussi et surtout Michel Magne à travers l'hymne "Quelle Sorte D’homme" le créateur ayant écrit de nombreuse musiques de films des années cinquante et soixante à l'instar du mythique Tontons Flingueurs. Des personnages qui semblent errer pour l'éternité à travers les couloirs de ce palais du Rock. Le tout magnifié par une production et des arrangements de haute volée grâce au talent de Alan Douches qui s'est chargé du mastering. Sept longues années auront été nécessaire à la conception de Château-Chimères un album qui s’avère d’emblée comme une étape importante tant la pépite est une réussite et va bien au-delà de l'excellent Ball Trap. Vous l’avez compris cet opus s’avère indispensable et devrait leur permettre de voguer vers de nouveaux horizons. Il n’en fallait pas plus pour que votre serviteur s’entretienne avec Xavier Malemort le sympathique et volubile chanteur ! Un entretien fleuve avec un personnage passionnant et passionné qui vous emporte dans son univers tout en sachant rester humble ! Magnéto Xavier c’est à toi



Quels souvenirs gardes-tu de votre passage à 10h30 du matin au Hellfest le 22 juin 2018 sur la Main Stage 2 ?

Xavier Malemort. C’était en quelques sorte la légion d’honneur du Métalleux. Rires. Tu passes des années à bosser d’arrache-pied dans l’underground et à faire des choses comme le font tous les petits groupes. C’est un moment de consécration, ça fait partie de l’histoire à mon petit niveau. J’ai trouvé ça d’une puissance extrême dans la vie d’un musicien. Le Hellfest c’est quand même la référence des gens que tu admires. Tu joues devant une foule phénoménale même en matinale que nous avons occupé, c’était plein de notre côté sur la Mainstage. Pour moi ça m’a permis de passer à la vitesse supérieure pourtant dieu sait qu’on a donné un paquet de concerts. Mais les shows d’après le Hellfest j’étais passé à la vitesse supérieure physiquement. Je comprends mieux pourquoi dans les années 70/80/90 tu avais des jeunes formations qui effectivement passait de la salle de concert de 200 personnes aux têtes d’affiches et progressait à une vitesse phénoménale au niveau physique et de ce qu’il donnait sur scène. Tu te prépares à fond et pourtant le concert d’après il y a un truc qui a changé.

Comment est née au début cette envie de développer un concept autour de cette histoire extraordinaire du château d’Hérouville ?

Xavier Malemort. Il y a deux choses. D’abord il y a un côté très pratique j’habite à 3 minutes du château, j’ai découvert ça peu de temps après m’être installé et ça m’a de plus en plus hanté, le truc vicieux qui te hante ; Je me suis énormément documenté dessus et j’ai beaucoup lu. Pourtant ce sont des sphères musicales différentes. Il faut dire que j’écoute aussi beaucoup de choses qui ne sont pas forcément Métal, même si le Metal c’est ma famille, c’est ce qui m’a lancé dans la musique, c’est la colonne vertébrale. Le château m’a fasciné parce que je l’ai découvert à proximité de chez moi et puis je trouve aussi que c’est tout ce qui manque aujourd’hui à la musique. C’est l’époque ou dans les années 70 tout le monde pensait que la musique allait changer le monde. David Bowie qui était un avant gardiste était capable de faire vaciller   idées que la musique t’emmenait ailleurs et avait un pouvoir quasi avant gardiste. C’est ce qui fait les grands albums, il y a cette idée peut être complètement fausse qui permet la création, le fait que les chansons sont plus importantes que tout. Le château d’Hérouville, c’est ça une période ou un argent fou est balancé là-dedans. Les gens ont des idées complètement farfelues, on tente tout et n’importe quoi. Tout cela fonctionne en fait très souvent et donne des opus qui restent encore aujourd’hui. L’histoire même du château à tout d’une tragédie grecque jusqu’à la mort de son créateur et sa disparition dans les années 80. Et puis cet aspect incarnation de ce moment où on pensait que la musique avait un pouvoir phénoménal comme Pink Floyd ou ces gens-là qui y sont passée. La sortie d’un disque de ces artistes c’était fantastique. J’aime cette idée-là.

Il a fallu six ans pour que tu reviennes avec un nouvel album est tu écrits de nombreux titres au cours des tout ce temps ?

Xavier Malemort. Déjà je n’ai pas travaillé dessus pendant six ans. Nous sommes une formation indépendante et on se débrouille tout seul. Quand tu es en phase de concerts tu n’as pas le temps, tu ne peux pas tout faire en même temps. J’ai commencé à y travailler au moment où on a arrêté le cycle de Ball Trap il y a trois ans. Ensuite je m’étais dit effectivement ayant le temps…. Le précédent était déjà un album concept, j’aurais pu écrire le grimoire du précédent mais là c’était une affaire sérieuse et compliqué. Moi ça m’inspirait mais après il fallait arriver à transposer ça dans un opus catalogué Metal, une histoire qui s’est déroulé dans les seventies essentiellement avec des musiciens qui n'était pas de notre monde Metal. Il y avait quelque chose à trouver de ce côté-là et je ne voulais pas faire n'importe quoi. Ça sonne pas du tout seventies. Pour les chansons je pensais en écrire beaucoup et puis faire une sélection mais en fait ça s’est terminé comme ce que je fais à chaque fois. A l’exception qui préexistait et qu’on a retravaillé et qui pour ce premier titre était prémonitoire, tous les autres je les ai composés pour le disque et ce sont ceux que l’on retrouve dessus. Il y a aussi une raison à cela c’est que comme j’avais une histoire à raconter par épisode, j’avais décidé d’en avoir 12 et ensuite j’ai organisé tout l’opus autour de ça. Je me fous du truc actuel, sortir des morceaux comme ça. Moi je veux qu’il y ait une logique d’album, c’est ce qui m’a plus dans le Metal. Là il fallait à la fois que les douze épisodes soient dans l’ordre que je souhaitais au départ et qu’il y ait une dynamique de disque avec des tempos variés, des ambiances qui fonctionnent bien les unes avec les autres. Il fallait que je crée avec ce truc là en tête. Par exemple je commence une chanson par rapport à son atmosphère, à sa dynamique et je la verrai bien pour tel ou tel épisode. Parfois cela m’arrivait de me dire que pour tel chapitre il fallait que je crée dans cette dynamique-là. C’est une mécanique un peu complexe, je suis très content parce que finalement lorsque l’on écoute le disque, il y a une logique. Ça coule de source. C’est une logique complexe un peu horlogerie mais je n’allais pas écrire 36 morceaux, je savais ce que je voulais à chaque fois.

A travers ces douze titres il y a de nombreux thèmes abordés comme pour « L’eau Des Fossés » qui est un hommage à Elton John, bien d’autres morceaux font référence à toutes ces légendes qui ont fréquenté le châteaux, je suppose que le travail de recherche à du être très important !

Xavier Malemort. Oui bien sur, j’ai prolongé les recherches car ce château me passionnait depuis des années. Pour tout te dire au moment de la conception de Ball Trap lorsque le travail d’écriture à débuté, j’étais déjà fasciné Par le Châteaux et je m’étais déjà dit que ça ferait un bon album mais je ne me sentait pas Encore capable de prendre cette thématique là. C’est ce qui a fait que j’ai laissé tomber et que je suis parti sur le thème de Ball Trap. Mais là lorsque j’ai commencé à travailler sur l’opus, j’ai continué à lire, à chercher, à fouiner mais j’avais déjà à la base beaucoup de documentation. Ce n’est pas artificiel, c’est vraiment né d’abord d’un truc qui me passionnait moi.

Cette fois ci tu as travaillé avec Guillaume Doussaud au Swan Sound Studio et Alan Douches qui lui s’est chargé du mastering comment ce sont déroulés ces sessions ?

Xavier Malemort. J’avais trouvé que Headcharger avait un beau son sur les derniers albums vraiment physique pas cliché, pas dans les productions d’en ce moment. Donc je l’ai contacté. Au départ on devait faire ça autre part et en fait il m’a tout de suite accueilli à bras ouvert et il s’est montré d’une gentillesse incroyable et donc il a mixé l’album. Il m’a aussi redirigé sur Alan Douches pour le mastering car il travaille régulièrement avec lui. Moi au départ lorsqu’il m’a dit Alan Douches ça me paraissait à l’international un peu trop gros et trop cher. En fait comme Guillaume a travaillé régulièrement avec lui pour Headcharger et d’autres formations ça a pu se faire au niveau mastering. On était ultra exigeant pour ce mixage là, heureusement que Guillaume est gentil, on a repris, retravailler, on voulait vraiment un truc qui ait un son d'album qui soit celui de notre album et pas d'un autre, que ce soit complètement cohérent par rapport à la musique proposé. On voulait aussi un truc qui soit intemporelle, que tu ne puisses pas te dire dans 10 ans ça c'est une production des années 2020. C’est hyper important pour nous, je pense qu’il faut faire attention à ça même si on a emmerdé Alan, on lui a fait faire trois mastering avant d’arriver à ce que l’on voulait. J’ai travaillé ave une belle équipe. On avait enregistré les instruments par nous-mêmes de nos jours ça se fait beaucoup. Mais les voix j’aime beaucoup les enregistrer chez moi, j’ai un studio, dans une ambiance qui me convient, littéraire, le truc un peu chaleureux et très intime avec du très bon matériel. Je me connais par cœur. Je sais que je suis capable de le faire, j’aime bien n’avoir aucune pression.

Quel était le défi principal pour cet album ?

Xavier Malemort. Des challenges je m’en suis donné plein sur des plans différents. Il y a un double impératif chez Malemort, c’est d’une part de faire des titres qui soient très immédiats en apparence, qu’il y ait des refrains qui soient mémorisables. Quelque chose d’un peu évident parce que moi j’ai toujours aimé ça dans le Metal tel que je le conçois. Ça fait partie des choses que j’aime beaucoup dans une certaine forme de Metal. Bien sur l’évidence peut virer à la facilité aussi et cela je m’en méfie aussi comme de la peste. Il faut qu’il y ait quelque chose d’une certaine manière d’immédiat mais avec une complexité derrière et qui fasse que l’opus va vivre longtemps après. Ce sont les arrangements, une certaine subtilité de composition. On a essayé sur Ball Trap et sur celui là d’avoir ce double impératif. Je pense que le coté complexité permet de plonger plus profond dans le vif, on l’a beaucoup accentué sur celui-là. C’était le premier challenge, le second tu devines, c’était de réussir à faire à la fois un concept album mais en se méfiant, je me méfis car il y en a un certain nombre que je ne citerai pas et qui parfois ne fonctionne pas en tant que concept album. On te dit que c’est un concept mais toi tu ne le vois pas forcément en tant qu’auditeur. Là je voulais que ce soit vraiment un concept album pour celui qui le voulait, tu as le livret, mes explications à propos des chansons, tu peux complètement suivre l’histoire et en même temps il faut que celui qui n’en a pas envie du tout puisse profiter de l’opus quand même. Au niveau des paroles c’est un défi, il faut si tu veux savoir ce qu’elles racontent qu’elles collent bien et sien revanche tu ne veux pas t’arrêter à ça il faut qu’elles puissent raconter autre chose. Là c’est un truc de parolier. Ce n’est pas si facile et j’ai aimé ce défi.

Il y a aussi une grosse influence du cinéma Français des années cinquante soixante c’était important de rendre hommage à Michel Magne ?

Xavier Malemort. C’est Complètement un hommage à Michel Magne, ça ouvre aussi le disque parce que c’est ce mec là qui a eu la folie, c’était un musicien très particulier, il a écrit les plus grandes partitions de grands films Français des années 50/60 et un peu 70 et en même temps c’était un expérimentateur. Il était capable d’écrire des pièces classiques, de la Pop, de la musique expérimentale, il savait tout faire et effectivement il a fait la musique d’énormes films comme « Les Tontons Flingueurs » ou « Ascenseur pour l’Echafaud » des trucs comme ça. Il a ouvert à Hérouville un studio et ça coute cher et il a décidé d’en faire profiter des musiciens. Ce sont des étrangers qui sont venu en premier, Pink Floyd et Cie, Elton John. En fait sans lui il n’y aurait pas d’histoire d’Hérouville, c’est lui qui a inventé le truc et c’est lui qui clôt l’histoire de pareille manière. Et s’il n’est plus propriétaire depuis des années, c’est son suicide qui met un peu fin à tout. Cette chanson là (Ndr : « Quelle Sorte D’homme »?) j’ai joué avec un certain nombre de film dont il a fait les musiques.



« Quelle sorte d’homme » le premier single est un hommage à Michel Magne le créateur du studio d’Hérouville, le clip est magnifique et nous plonge dans l’univers des polars des années 60 !

Xavier Malemort. C’est complètement un hommage à Michel Magne. C’est risqué et c’est pour ça que ça ouvre le disque. Parce que c’est ce mec-là qui avait de la folie, c’est un musicien très particulier parce qu’il a écrit toutes les partitions des plus gros films français des années cinquante, soixante et un peu soixante-dix et en même temps c’était un expérimentateur capable d’écrire des pièces tout à fait classiques de la pop, de la musique expérimentale. Il savait tout faire et comme tu le disais il a fait plein de film de l’époque comme les « tontons flingueurs », « ascenseur pour l’échafaud » des trucs comme ça. Donc ce gars-là décide d’acheter le château D'Hérouville, ça coute quand même cher d’installer un studio pour en faire profiter les musiciens. Ce sont des étrangers qui vont venir en premier. Ça va être les Pink Floyd et compagnie. Elton John….. Sans lui il n’y aurait pas eu l’histoire d’Hérouville. C’est lui qui a inventé le truc et puis c’est lui qui clôt l’histoire d’une certaine manière, même si c’est lui le propriétaire depuis des années, c’est son suicide qui met fin à tout. Cette chanson-là est constituée de certains titres de films dont il a fait les musiques.

Dans le nouveau single « Je m’en irai » on retrouve comme invité Dan Ar Braz guitariste et auteur-compositeur-interprète fervent défenseur de la musique Celtique. Comment l’as-tu rencontré ?

Xavier Malemort. On ne le connaissait pas du tout avant. Simplement un musicien qui a acheté du matériel musical, un pédalier, et il s’est trouvé que le gars qui lui vendait le pédalier était Dan Ar Braz. Sébastien me raconte ça comme un truc marrant mais je lui dis de le rappeler immédiatement pour lui demander si je peux discuter avec lui parce que non seulement c’est une légende bretonne et de la guitare bretonne mais en plus c’est un gars qui a enregistré sept albums à Hérouville dans la grande période d’Hérouville. La première fois qu’il est venu il a joué devant Michel Magne et a enregistré avec Alan Tyler, Higelin avec ces gens-là. Donc je rêvais de discuter avec lui qu’il m’a accordé tout de suite un entretien. On a discuté la première fois une heure et demie et après on s’appelait de plus en plus régulièrement. C’est un homme charmant et d’une humilité assez confondante et je pense qu’on peut parler maintenant d’amitié parce que ça s’est prolongée. Le lendemain de notre discussion au téléphone je me suis réveillé avec la mélodie de « Je m’en irai » en tête. On avait terminé les chapitres sur les onze chansons au départ et j’ai hésité. Après je me suis dit on essaie et c’était bien. Au départ on n’a même pas pensé à envoyer une invitation. Je me suis dit pourquoi on ne lui proposerait pas quelques notes. Il a tout de suite répondu oui. Et ça s’est fait comme ça. Il est très touché par cette histoire-là parce qu’il vient de poster à propos du clip que ça le ramenait à des années ultra importantes pour lui. Donc c’est une chouette rencontre.

Qu’as-tu que tu as ressenti lorsque tu as visité le château ? On parle de château hanté…

Xavier Malemort. C’est curieux j’ai quand même un fond assez cartésien et je ne pense pas être très facilement impressionnable. Je suis venu en fin de journée visiter les lieux, les studios, le parc, en plus j’avais en mémoire des photos qui avaient été prises à l’époque avec Iggy Pop et David Bowie. J’ai ressenti une sacrée drôle de vibration, c’est très curieux et dans le parc notamment en fin de journée quand c’est presque la nuit. C’était très étonnant.

« Semaphores » est hommage à Iggy pop qui est resté et a vécu longtemps au château.

Xavier Malemort. « Semaphores » est une chanson que j’aime beaucoup. À l’époque Iggy Pop était copain avec Bowie et Bowie avait produit un album des Stooges. A la séparation des Stooges, Iggy pop est retourné à la rue, junkie comme jamais, carrément clochard. Il a même fini à un moment donné dans une maison de repos et c’est Bowie qui l’a tiré de là et lui a dit qu’il allait produire un album pour lui. C’était « The Idiot » la renaissance d’Iggy Pop. J’adore ce pèlerinage, cette espèce de félin sur scène. Tu ne peux pas faire plus punk en réalité dans l’esprit et en même temps c’est quelqu’un qui est maintenant extrêmement cultivé et raffiné. C’est une espèce de diamant brut, moins brut qu’on ne le croit car ses parents en fait étaient cultivés mais qui au contact de David Bowie est devenu un esprit très fin. J’aime beaucoup cette dualité chez Iggy Pop.

« China girl » qui est un énorme hit de David Bowie a aussi une histoire très particulière puisque à la base c’est une chanson d’Iggy Pop.

Xavier Malemort. Ce sont des paroles d’Iggy Pop, la musique David Bowie et Iggy Pop et la version de « The Idiot » est beaucoup plus sombre de ce qu’à sorti après David Bowie. On a coutume de dire quand il a repris ça dans les années 1980 sur l’album « Let’s Dance » c’était parce qu’il aimait beaucoup la chanson et aussi parce qu’il savait quand la reprenant Iggy Pop toucherait des droits d’auteurs substantiel et ça tombait bien parce qu’il savait qu’Iggy Pop avait un peu replongé et que ça lui ferait du bien

« Maldoror » est aussi un hommage à Higelin comment t’est venue cette idée de lui rendre hommage.

Xavier Malemort. Parce qu’Higelin on n’en pas trente-six en France des gens comme ça, mais c’est à la fois une culture littéraire en fait c’est un peu l’héritier de Charles Trenet où il a repris plus tard des choses et tout en étant ultra punk, y a un côté punk et rock chez Higelin. C’est évident lorsque tu regardes tout ce qu’il a fait avant les années quatre-vingt c’est un touche à tout assez génial et je trouve que ce sont des gens fascinants. Allier un tel plaisir des mots à un comportement ultra rock sur seine. C’est Higelin qui a beaucoup vécu au château. Je trouvais qu’avec ce gars-là il fallait faire quelque chose. Pour moi l’album « Champagne ou caviar » c’est un must.

Est qu’à un moment tu as eu envie d’enregistrer au château ?


Xavier Malemort. Je peux te répondre très facilement oui mais beaucoup trop cher. Voilà. Donc bien sur j’étais en contact avec les propriétaires du château actuel mais c’était absolument inconcevable.
Comment s’est passé l’écriture des textes je suppose que ça a été un travail de longue haleine !
Malemort. Oui et non car en même temps c’est assez difficile. Ça demande beaucoup de travail. J’ai besoin d’avoir de la vibration mais il ne faut pas que ce soit étalé sur trop de temps au niveau de l’écriture parce qu’après je pense que l’on perd un peu le fil, on perd un peu le moment où tu sens que cela vient. J’ai passé un paquet de temps mais en même temps voilà je suis sur un texte je mets le paquet et ça sort et après il y a un autre travail qu’on imagine peut-être moins qui est celui de la mise en bouche. En fait quand j’écris des textes je les tests quasiment sur le moment c’est-à-dire au fur et à mesure que je les écris, parce qu’avec la musique qu’on fait c’est impossible, c’est un truc que les gens qui chantent en anglais ont peut-être du mal à réaliser mais le français est ultra exigeant. Sur des musiques ultra dynamiques, il y a des tas trucs qui ne sonnent pas et tu peux avoir le plus beau texte du monde il y a des trucs qu’il faut oublier. Donc en fait je teste, il y a une double exigence que ça raconte vraiment ce que j’avais envie de raconter de manière poétique si possible et avec le double sens de ce que je te parlai tout à l’heure, celui qui a envie de connaitre l’histoire et celui qui a envie de vivre autre chose ou qui n’a pas forcément envie de se plonger dans cette histoire-là et que le texte n’est pas une syllabe qui sonne mal.

Tu veux dire que c’est plus difficile d’écrire des textes français sur du rock ?

Xavier Malemort. Ça ne fait aucun doute. Je pense que tous les gens qui pratiquent peuvent te le dire. En tous cas sur nos musiques à nous. Sur des choses type variété ou des choses plus souples le français peut passer très bien et devenir très narratif mais sur des musiques extrêmes dynamiques et rythmiques c’est bien plus une gageure que d’utiliser l’anglais.

Une chose incroyable, les chœurs de « Saturday Night Fever » ont été enregistrés dans l’escalier du château.

Xavier Malemort. C’est ça. L’escalier avait une réverbération magnifique qu’il a toujours d’ailleurs et les Bee Gees qui étaient ultra perfectionnistes sur les chœurs et sur les voix qu’ils ont enregistrés ensemble. Enregistrement simple qui n’était pas en voix séparé et donc ils se sont installés dans l’escalier pour faire tout ça remarquablement bien. Le monde entier connait cette musique et ces fameux chœurs et ils les ont enregistrés à l’arrache dans l’escalier du château.

Qu’est-ce que tu retiens de toutes ces expériences ? Comment analyses-tu cet univers et ces artistes des années soixante-dix ?

Xavier Malemort. J’ai retrouvé à la fois que la musique pouvait à la fois changer le monde et les gens aussi le pensaient donc ils vivaient les albums d’une façon extrêmement intense. Les auditeurs regardaient ce que les gens pouvaient raconter sur ce que pouvait comporter un disque de Pink Floyd par exemple. On racontait des tas de légendes, les gens y voyaient des tas de trucs, des symboles cabalistiques, des histoires qu’on racontait qui n’existait pas. La musique avait un côté fascinant, vénéneux puissant et c’est là-dessus que j’ai voulu faire le disque même s’il sera écouté par énormément de personnes, ce côté d’album vers lequel on plonge, que l’on croit plonger pendant des années. Je crois qu’à mon petit niveau j’ai réussi avec mes musiciens. Et en plus de ça je pense rendre au sujet que j’avais choisi pour le concept parce que j’ai tellement cette histoire à cœur que je considère qu’on a réussi à rendre justice à notre sujet.

Au niveau de l’artwork il y a un livret avec des dessins magnifiques.

Xavier Malemort. Je voulais que ça aille vite, que ce soit une expérience complète, totale, et Laurent Blitzart ça faisait longtemps que je le guettais. On s’est mis d’accord. On était tous extrêmement partant sur ce sujet-là. Passionné, il a effectué ses recherches de son côté et on a contribué avec symbiose. Ça a été une histoire collective avec le graphiste parce que ce n’est pas le tout d’avoir de très beaux dessins, il faut réussir à mettre ça en scène en quelque sorte. Ça a été un travail d’équipe aussi.


9 Septembre 2022.
Pascal Beaumont  
Pascal Beaumont et Laurent Machabanski (Traduction / Retranscription)

 

lundi 5 septembre 2022

LAST TRAIN // Projections Cinémas // Paris, Lyon et Mulhouse... Septembre 2022.





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LAST TRAIN AU CINÉMA !

► La relation qu'entretiennent les quatre musiciens de Last Train avec le cinéma n'est plus un secret bien gardé. Une musique largement influencée par celle du grand écran, différentes collaborations avec l'Orchestre Symphonique de Mulhouse ou encore la production et la réalisation de différents contenus audiovisuels (clips, documentaires, court-métrages) : le pont est aujourd'hui explicite et revendiqué ! Pour fêter la fin de trois ans de tournées, et plus de 130 concerts à travers 17 pays (dont un Olympia de Paris), Last Train vous donne rendez-vous au cinéma pour trois soirées de projections et d'échanges.

► Sera tout d'abord projeté le documentaire "The Big Picture" (2021) retraçant l'enregistrement, en Norvège, de l'album du même nom. Puis, le court-métrage "How Did We Get There ?" (2022), première fiction réalisée, produite et montée par le groupe, dévoilée en mars dernier. Les deux projections seront ponctuées par un moment d'échange entre le public et les membres du groupe qui seront accompagnés par Rémi Gettliffe (directeur artistique de l'album The Big Picture) et Khaled Rahmouni (acteur principal du court-métrage).

► Réservation obligatoire, ouverture de la billetterie ce mardi 30 août à 10h00 aux liens ci-dessous, limitée à 2 tickets par réservation :
13.09 - PARIS / Cinéma mk2 Nation (19h00)
🎟 > https://my.weezevent.com/last-train-paris
22.09 - MULHOUSE / Cinéma Le Palace (21h00)
🎟 > https://my.weezevent.com/last-train-mulhouse
26.09 - LYON / Cinéma Comoedia (20h30)
🎟 > https://my.weezevent.com/last-train-lyon

Un événement organisé par Last Train Productions, en partenariat avec RiffX, Jack et le Noumatrouff de Mulhouse, avec le soutien de la DRAC Grand Est, la Ville de Mulhouse, le Crédit Mutuel, la Sacem et l'Adami. 
 


 

mercredi 24 août 2022

JAZZ CLUB ETOILE // Paris @ programmation complète du mois de Septembre 2022.



JEUDI 08 SEPTEMBRE, 20h30 (ouverture des portes à 20h)
TANYA MICHELLE - SOUL / GROOVE




©Photographie : Barbara Nicoli Dahan
Elle est de cette lignée de diva soul qui nous conquit toutes et tous sans exception. Cette voix magnifique, son sens du rythme implacable et cette virtuosité harmonique caractérisent Tanya Michelle et la placent au sommet des chanteuses de soul actuelles. Elle sera accompagnée par des musiciens d'exception.




SAMEDI 10 SEPTEMBRE, 20h30 (ouverture des portes à 20h)
ELLEN BIRATH + PARIS JAZZ SESSIONS - JAZZ, SOUL, BLUES




©Photography : Margot Rigaud
Avec sa voix teintée de soul et sa présence scénique unique, la chanteuse et auteur suédoise Ellen Birath continue avec joie son chemin sur la scène de jazz française. Le 10 septembre prochain elle sera entourée du collectif PARIS jazz SESSIONS, réunissant les meilleurs musiciens de la nouvelle scène jazz parisienne.



JEUDI 15 SEPTEMBRE, 20h30 (ouverture des portes à 20h)
JIL CAPLAN ET ROMANE

©Photographie : Mathieu Chatelain
Dans le cadre des soirées de Jazz manouche parrainées par Thomas Dutronc
Que de chemin parcouru depuis l'apparition, au milieu des années 80, avec neuf albums studio, une Victoire de la musique, 500 000 disques vendus, l'interprète de "Tout ce qui nous sépare" ou de "Nathalie Wood". Avec "Imparfaite", Jil Caplan nous a présenté un album au croisement de la chanson et du jazz swing et manouche. Le résultat d'une rencontre avec le guitariste virtuose Romane, héritier de Django Reinhardt et compositeur éclectique, qui a su sculpter ses notes acrobatiques sur les mots de Jil.




SAMEDI 17 SEPTEMBRE, 20h30 (ouverture des portes à 20h)
LET'S GROOVE - FUNK, SOUL

   ©Photographie : Olivier Girard
Les 12 artistes qui composent LET's GROOVE font tous partis de la grande famille des musiciens professionnels qui ont collaboré et accompagnent toujours les plus grandes stars françaises et internationales. Ils vous proposent un voyage explosif autour d'un répertoire "inédit" Soul/Funk/RnB.




JEUDI 22 SEPTEMBRE, 20h30 (ouverture des portes à 20h)
JESPER LINDELL - AMERICANA, BLUES, ROOTS

 

 ©Photographie : Bjorn Pettersson
Jesper Lindell a été l'étoile montante de 2017 sur la scène musicale suédoise, lorsqu'il a sorti son premier EP. Jesper Lindell est un auteur-compositeur de classe mondiale et un chanteur puissant, avec une vision claire et sans compromis. Se remettant d'une récente transplantation rénale, Jesper et son fabuleux groupe de six musiciens sont prêts à présenter leur nouvelle musique au monde !




SAMEDI 24 SEPTEMBRE, 20h30 (ouverture des portes à 20h)
SUPERDOWNHOME - BLUES ROOTS



©Photographie : Daniele di Chiara
Superdownhome est définitivement le duo le plus classe de la roots music actuelle. Loin du cliché habituel du genre musical, « tracteur et chapeau de paille », les Italiens Enrico Sauda et Beppe Facchetti mettent au contraire un soin particulier à porter le costume trois-pièces et des chaussures en cuir élégantes, en contraste avec leur musique rurale, et un certain esprit punk qui se dégage de leurs prestations scéniques.



JEUDI 29 SEPTEMBRE, 20h30 (ouverture des portes à 20h)
MATHIS HAUG & BENOIT NOGARET WITH THE LITTLE SADIE BAND FEATURING AURORE VOILQUÉ - FOLK, BLUES, BLUEGRASS


© Photographie : Pierre-Emmanuel Coste
Avec ce nouveau projet, Mathis Haug & Benoit Nogaret revisitent en studio l'univers de Doc Watson, musicien légendaire à la production foisonnante originaire de Caroline du Nord, et décédé en 2012. Un E.P hommage à ce musicien trop peu connu de ce côté de l'Atlantique… Beau voyage en perspective !



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Prévisions 

 

OCTOBRE 2022

Jeudi 6 octobre : Michelle Willis chanteur New-yorkaise (Soul-Pop)
Jeudi 13 octobre : Jean-Philippe Fanfant (Jazz)
Samedi 15 octobre : Natalia M King (Blues soul)
Jeudi 20 octobre : Cyrille Aimée (jazz)et Jazz manouche Parrainé par Thomas Dutronc
Samedi 22 octobre : Big Dez Featuring Lena Woods (Blues)

 
NOVEMBRE 2022

Jeudi 10 novembre : soirée Jazz manouche Parrainé par Thomas Dutronc
 Jeudi 17 et vendredi 18 novembre : Greg Zlap Blues (Blues)
Jeudi 24 Novembre : Yvan Cujious et Louis Winsberg (Hommage à Nougaro)
Samedi 26 Novembre : 2Funky (Funk)

 
DÉCEMBRE 2022

Samedi 3 décembre : Stochelo Rosenberg, Thomas Dutronc, Rocky Gresset
Jeudi 8 décembre : Nouvelle Vague
Jeudi 15 décembre : Mike Andersen (Blues Soul)


 
 

L'équipe du Jazz Club Etoile est ravie de partager avec vous la programmation de Septembre 2022  
 
Concerts à 20h30 (ouverture des portes à partir de 20h) Possibilité de diner pendant le concert

Droit d'entrée offert
 
81 Bd Gouvion St Cyr - Paris 17 - Métro/RER C Porte Maillot

jazzclub-paris.com

jazzclub.etoile@lemeridien.com

01 40 68 30 42