mardi 20 juillet 2021

JESSIE LEE & THE ALCHEMISTS // Interview // Let It Shine ... 14 Juillet 2021.

 


Pour la sortie de ce 2ème album “Let It Shine”, pouvez-vous nous raconter votre parcours à chacun ? Votre rencontre et comment s'est passée la formation du groupe ?

Alexis: J’ai commencé la guitare adolescent, par une grille de Blues si je me souviens bien! Très vite j’ai joué en groupe et ai voulu faire le métier de musicien. J’ai assez rapidement développé mon jeu en montant notamment un power trio de blues rock, faisant chant et guitare. Ensuite j’ai travaillé avec plein d’artistes d’horizons très différents, j’avais envie de voir comment les autres travaillaient et envie d’expérimenter. J’ai joué beaucoup de Jazz à une époque, et puis j’ai rencontré Jessie Lee, on a commencé à jammer ensemble et mon instinct de rocker a repris le dessus!

Jessie Lee : J’ai baigné dans la musique depuis ma naissance, et j’ai donc eu envie très tôt de jouer d’un instrument. Au départ, j’avais choisi la flûte traversière, mais comme il me manquait beaucoup de dents à cette période, je me suis tournée vers la guitare ! Je me suis mise à chanter presque tout de suite, assez naturellement. J’ai eu la chance de jouer en groupe et d’enregistrer dès mes débuts grâce à mon père et ses amis musiciens. Nous avons même eu un groupe ensemble pendant quelques années ! A la fin du lycée, ça s’est imposé comme une évidence : je voulais être musicienne professionnelle. Parallèlement à des études musicales (Ecole de musiques actuelles et CRR de Paris), j’ai participé à beaucoup de projets d’univers assez différents, en tant que chanteuse lead, choriste et/ou guitariste. Accompagner d’autres artistes et se mettre au service de leur musique est un exercice très intéressant que j’aime beaucoup, bien différent de celui de leader un groupe.

Alexis: Après un premier groupe de reprises, pour se faire la main, j’ai commencé à composer pour ce qui allait devenir Jessie Lee & The Alchemists. L’idée était de rassembler nos influences , de faire la musique qu’on aime en apportant aussi quelque chose de différent; un blues rock sophistiqué avec la liberté d’un jam band, avec l’ouverture possible à l’improvisation, un groupe qu’on voulait aussi intéressant dans un club que sur une grosse scène.

Pouvez-vous nous en dire plus sur vos influences musicales à chacun, premiers disques, premières idoles ?

Alexis: J’ai grandi en écoutant de tout, grâce à mes parents. Du blues, rock, pop, musique classique etc… J’entendais autant Eric Clapton, Beethoven, Pink Floyd et Keith Jarrett pour ne citer que quelques exemples. Un jour j’ai mis un vinyle de BB King et je suis tombé amoureux immédiatement; j’ai entendu ce que j’aimais et que j’entendais sans le savoir chez plein d’artistes: le Blues. J’ai été très influencé par Pink Floyd aussi, The wall reste pour moi une oeuvre majeur du 20ème siècle. Pour ne citer que mes influences de guitaristes (sinon ça risque d’être un peu long!): SRV (je connais par coeur the El Mocambo…), Robben Ford, John Scofield, BB King, Albert King, Jeff Beck, David Gilmour, Eric Clapton, Eric Johnson etc…

Jessie Lee : J’ai grandi dans un univers très teinté Blues-Rock depuis le début, et mon père étant bassiste, il y avait toujours de la musique et des musiciens à la maison…J’ai donc été familière avec ces sonorités depuis toujours, et c’est très naturellement que je me suis mise à écouter et jouer cette musique, c’était celle que je connaissais. Je me souviens que l’un des premiers morceaux que j’ai joué à la guitare et que j’ai chanté était « Born Under A Bad Sign » de Booker T (popularisé par l’immense Albert King), je devais avoir 6 ou 7 ans !
Led Zeppelin a été l’une des plus belles découvertes de mon adolescence, j’ai été très marquée par ce groupe et je suis toujours une immense fan aujourd’hui. Mes influences musicales sont nombreuses, et pour n’en citer que quelques unes : Led Zeppelin (évidemment ! ), BB King, Albert King, Etta James, Koko Taylor, Tina Turner, Janis Joplin, Rickie Lee Jones, Edgar et Johnny Winter, Jeff Beck, Bonnie Raitt, Beth Hart, Trixie Whitley etc…

A quel âge avez-vous commencé à jouer de la guitare ?

Alexis: J’ai commencé vers 14 ans je crois; impossible de lâcher la guitare ensuite!

Jessie Lee : J’ai commencé très jeune, à 5 ans et demi !

Alexis, comment crées-tu vos compositions et à quel âge as-tu fait tes premières compositions ?

Alexis: Alors pour Jessie Lee & the Alchemists, je procède à une sorte de mélange d’influences et de morceaux: je commence généralement une compo parce que je suis influencé par un morceau, un groove, une énergie, souvent après avoir écouté un titre d’un artiste qui fait partie de nos influences à Jessie Lee et à moi. C’est un peu la base, on fait une playlist de titres qu’on aime et ça germe petit à petit dans ma tête. Ensuite je me dis “qu’est ce que ça ferait si par exemple Tina Turner rencontre ZZ Top ? Qu’est que ça fait si Jeff Beck joue avec Bill Wyman ?” etc… Ça me donne des cadres, des codes, des idées, du son et surtout une énergie, un groove. Le plupart de mes compos partent du groove.
J’ai toujours composé, des le début il a fallu que je crée avec l’instrument, c’est un besoin chez moi; j’ai failli être dessinateur, pour les mêmes raisons: créer.


 


Racontez nous l'enregistrement de “Let It Shine”, comment s'est déroulé le processus d’enregistrement ?

Jessie Lee :
Nous nous sommes retrouvés tous les 5 en studio (à Midilive avec Hugo Bracchi) pendant plusieurs jours afin d’enregistrer les grosses « bases » des morceaux, c’est-à-dire basse, batterie, les claviers et les guitares. Nous avions besoin d’un studio suffisamment grand et avec suffisamment de cabines isolées pour pouvoir enregistrer « live » tout en se laissant la possibilité de refaire des choses si besoin. Le fait d’enregistrer « live » était très important pour nous car nous avions à coeur de conserver l’énergie et l’interplay que l’on a sur scène et qui nous caractérise. Une fois cette base obtenue, il y a eu pas mal d’enregistrements de guitares additionnelles, afin de gonfler le son et de peaufiner les arrangements.
Puis dans un deuxième temps, j’ai enregistré les voix définitives (au studio l’Ame son avec Fred Magnier), et enfin sont venus se greffer les choeurs et les cuivres, la touche finale !

Entre le 1er et 2ème album avez-vous senti une différence dans votre façon de travailler en studio ?

Alexis: Pas vraiment pour la base; on a enregistré toute la base rythmique tous ensemble, live mais avec un clic, pour pouvoir éditer et enregistrer plus facilement d’autres parties ensuite. Ce qui a changé est plus dans la réalisation: j’avais prévu de faire beaucoup de guitares, beaucoup de recherche de sons et d’arrangements. J’ai donc enregistré des guitares de plusieurs façons et pas toujours dans le même ordre, pour pouvoir diriger/driver au mieux le groupe et garder l’énergie assez rock et la liberté, l’écoute, qu’on retrouve sur l’album. Le plus important était d’enregistrer l’énergie qu’on a quand on joue tous ensemble!

Si vous deviez définir vous même Jessie Lee and the Alchemists , quelle serait votre phrase ou votre devise ?

Alexis: Let It Shine !

Jessie Lee : Alchimie, énergie, liberté !

Vous avez été lauréats de 5 prix lors de l’International Mississippi Blues Trail challenge en 2018 et vainqueurs du challenge France Blues 2019, comment avez-vous vécu toutes ces récompenses et cela a t'il changé votre façon de travailler ?

Jessie Lee : Nous sommes très heureux et très fiers d’avoir remportés ces récompenses, c’est une belle reconnaissance de notre travail ! Je ne pense pas réellement que ça ait eu un impact sur notre façon de travailler, mais ça nous encourage à continuer dans ce sens, à faire évoluer ce beau projet pour l’amener le plus loin possible !

Vous allez repartir sur la route a partir de juillet pour le festival LA NUIT DU BLUES DE CABANNES, le Grésiblues et beaucoup d’autres à suivre…comment appréhendez vous ce retour sur scène après ce long arrêt du au Covid ?


Jessie Lee : Nous sommes très impatients de remonter sur scène, l’énergie du live et le public nous ont énormément manqués…Il va probablement nous falloir un peu de temps pour retrouver nos marques après une pause aussi longue, mais nous nous sommes bien préparés et avons travaillé afin de concocter le meilleur show possible, en intégrant de nouvelles choses, avec évidemment les morceaux du nouvel album ! Nous avons hâte de voir quel accueil va lui réserver le public !



Comment avez-vous vécu cette année de confinement ?

Alexis: Honnêtement plutôt mal; je suis un musicien de scène, c’est ce qui m’éclate et là c’était très long… Le premier confinement a eu l’avantage de me laisser du temps pour faire des édits et de la post prod pour l’album, peut-être un mal pour un bien?

Jessie Lee : Très difficile, la scène n’est pas juste un immense plaisir pour moi, c’est aussi un réel besoin. L’échange d’énergie, d’émotions avec le public, rien ne peut remplacer ça, et certainement pas des écrans…Comme l’a dit Alexis, nous avons eu la chance d’être bien occupés avec l’album, mais il était grand temps de reprendre la route !

Que faites-vous quand vous ne travaillez pas ? Quels sont vos passions et vos passe-temps ?

Alexis: J’achète des pédales d’overdrive!

Jessie Lee : J’en profite pour voir des amis, partir à droite à gauche voir un peu de pays, faire de la musique à la maison, travailler mes instruments, me reposer aussi…Et aller voir des concerts !!

Ces dernières années, la musique a énormément évolué, quels sont les groupes que vous écoutez en ce moment et quels sont vos goûts musicaux ?

Alexis: Je n’écoute pas trop la production aseptisée actuelle, le côté “produit de consommation” très peu pour moi. J’écoute John Scofield et Oz Noy par exemple.

Jessie Lee : Mes goûts musicaux sont larges, ça va du blues à la pop en passant par le rock, la soul, le jazz, le rhythm’n’blues…J’écoute assez peu de choses « actuelles », je partage l’avis d’Alexis, même si il y a quand même de super choses qui sortent, heureusement ! Dans les choses les plus récentes, j’écoute Trixie Whitley, Marcus King, Chris Stapleton…En ce moment même je suis en train d’écouter l’album « Mama Rosa » de Brian Blade :)

Y a-t-il un artiste ou un groupe avec lequel vous auriez rêvé de jouer ?

Alexis: Pour les vivants, car ça peut encore arriver, John Scofield ou Robben Ford!

Jessie Lee : Tina Turner ou Etta James !

Pour finir, si vous ne deviez conserver que 3 choses : un disque, un film, et un 3ème choix ? Votre sélection et pourquoi ?


Alexis: C’est très dur! CD: Keith Jarrett, Koln Concert; c’est beau, c’est libre, c’est grand. Film: The Wall, Alan Parker; comme je ne peux choisir qu’un CD je triche un peu! Des images incroyables et très marquantes au service d’une œuvre musicale majeure. Peinture: Picasso, Femme à la guitare. Je reste dans le thème mais je pourrais choisir n’importe quelle œuvre de sa période cubiste, j’adore.

Jessie Lee : En effet question très très compliquée ! CD : Led Zeppelin IV (ou III, ou II…?!!) Toute leur œuvre est d’une perfection absolue pour moi, j’aurais du mal à en choisir un…
Un film : Vol au-dessus d’un nid de coucou de Miloš Forman, un Jack Nicholson au sommet, un film déchirant…
Pour mon troisième choix, ce sera un livre : encore une fois un choix cornélien, mais je crois que j’emmènerais « Lignes de Failles » de Nancy Huston.

Merci à vous deux pour ces réponses à très bientôt sur la route.


Juillet 2021 - Th Cattier - Photos : Th. Cattier / Shooting Idols et DR

 


samedi 17 juillet 2021

PRIMAL AGE // Interview // The Devil Is Hidden In Shadow ... Juin 2021.

 



Pour commencer, pouvez-vous vous présenter et nous raconter votre parcours ?

Didier :
Au départ c'est venu comme ça, une bande de copains, on décide de monter un groupe pour faire de la musique. Et au fil du temps ça prend forme, on décide de sortir un 1er disque, après de fil en aiguille, on enchaine concerts, studio et voilà (pour faire très court parce que notre carrière est assez longue). Au démarrage, on s'est rencontrés comme ça, j’habite à Gisors et Dimitrix avec Thierry (à l’époque le guitariste) était plus sur Evreux. On s'est rencontrés lors d’une soirée et on a tout de suite senti beaucoup d'affinités entre nous. Il avait déjà un groupe et moi aussi de mon côté.

Dimitrix :
Au départ c'est la fusion d'éléments moteurs de 3 /4 groupes qui faisaient pas grand-chose en fait... Et on s'est dit, si on se réunissait on pourrait faire quelque chose de plus conséquent. Tout ça remonte à quasiment 30 ans...

Comment créez-vous vos compositions ?

Dimitrix : de façon un peu particulière (rires)… Là pour ce nouvel album on est les deux dinosaures... Y a plus que nous et on avait intégré deux nouveaux guitaristes, Ben Et Flo. On avait fait beaucoup de concerts avec eux, j'avais déjà fait quelques morceaux par le passé et j’avais de la matière pour un demi-album. Flo a joué et composé dans des groupes de metal différents, il a écouté et il a vu la direction que l’on prenait, il a cette super capacité, du coup il a amené des morceaux qui collaient complètement et qui sont complémentaire des miens. C’est moi qui écrit les textes, je place le chant pour Didier, parce que lui il fait beaucoup de choses mais la phase de compo ce n’est pas son truc. J'ai la chance d'avoir un chanteur qui accepte de chanter comme je l’entends... Les textes je lui fais lire généralement avant.

Didier :
Parfois il y a des thématiques qui me touchent, et je lui dis tu peux écrire quelque chose là-dessus.

Dimitrix :
Bon là on a bossé de façon particulière car on était séparés avec le confinement. J’enregistrais sur mon téléphone puis je lui envoyais, et après Didier bossait chez lui. Il a bien bossé pour s'en imprégner et puis en arrivant au studio, comme dab en une journée il a tout plié... Et on adore le résultat.

Pouvez-vous nous en dire plus sur vos influences musicales à chacun ?


Didier :
C'est un ami qui m’a mis le pied à l'étrier avec des groupes comme Led Zeppelin, et un jour il m’a fait écouter Highway to Hell d’AC/DC et là... Tout de suite le déclic, Angus Young représente l'énergie à l'état pur sur scène. Et puis de fil en aiguille j’ai suivi tous les courants musicaux, que ce soit Black métal, Death métal, Hardcore... Nos influences vont de Slayer à la génération Hardcore Madball, Biohazard, le côté un peu hip hop comme le côté plus métallique...

Dimitrix :
J’ai commencé à 10 ans à écouter MOTORHEAD, et après avec les autres groupes que j’écoutais je me disais... le métal je kiffe mais les solos de guitare j’ai du mal, et le chant il y a quelque choses qui manque au niveau énergie, donc je me suis tourné plus vers le punk. Puis quand j’ai rencontré Didier on a partagé des goûts sur divers groupes et du coup c'est comme ça que l’on a créé notre univers musical. On était issus de scènes complémentaires, le mix s'est bien passé, et il y a eu cette époque d’émergence de toute la scène Heavy metal en laquelle on s'est reconnus, c’est pour cela qu’on était un des premiers groupes européens à faire ce mix.

Racontez-nous l'enregistrement de ce nouvel album MASKED ENEMY et comment avez-vous vécu l'évolution dans votre manière de travailler ?


Dimitrix :  Chaque expérience de studio amène quelque chose. Pour les derniers on les avait fait tous à Marseille avec Thomas Tiberi. Et pour le dernier c'est Rudy qui a fait la batterie qui nous a orientés pour le choix de son studio, lui il a fait 15 albums et on savait que le gars travaillait en direct avec Alan Douches. Pour le mastering on s'est dit c'est un bon point.

Didier : On avait déjà travaillé avec lui

Dimitrix : 
Oui on savait que le mec allait faire le mix qu’il fallait pour qu’Alan Douches puisse amener sa touche. Donc on y est allés les yeux fermés, et ça s’est super bien passé. Après oui, l'évolution du travail, à chaque expérience tu te plantes sur des trucs et tu te dis la prochaine fois on essaiera d'être plus préparés sur telle ou telle chose. Là on voulait que tout soit bouclé au moins 3 mois avant de rentrer en studio. Pour prendre du recul sur les morceaux, les laisser mûrir, dans le passé il nous est arrivé après avoir bouclé les morceaux à une semaine du studio, et quand tu les réécoutes tu sens qu’il manque un truc.

Didier : On est jamais satisfait en fait, c'est pour ça que sur l’album de 2010 on avait aussi fait mûrir les titres 3 mois avant pour voir les petits détails, pour MASKED ENEMY c'est ce qui s'est passé. L’avantage avec ce nouvel album c'est qu’on a vu la construction, les briques se monter l’une après l’autre au fil de chaque instrument, de la batterie à la 1ère guitare puis la 2ème guitare, on a tous senti que ça pouvait faire quelque chose de très positif. Pour ma part, le résultat est au-delà des espérances que l’on avait.

Dimitrix :
Les batteurs... c'est un peu particulier chez nous. On a toujours eu des batteurs qui avaient du mal à composer et à qui il fallait amener beaucoup de choses… Avant, avec certains guitaristes on pouvait bricoler des batteries enregistrées avec Cubase. Moi j’étais un peu fatigué d'expliquer aux batteurs comment jouer de leur instrument, et Rudy, le batteur des Explicit Silence a senti qu’on était en rade il nous a dit "Faites-moi écouter..." On lui a balancé un morceau et dans l’après-midi il nous a fait un truc et Boum. On lui a dit c'est exactement ça qu’on veut. Du coup on lui a demandé de faire la suite, et il a enquillé les morceaux. On commençait vraiment à douter, avec Flo quand on a fait les morceaux on savait ce qu’on voulait comme batterie derrière, et du coup on se disait on y arrive pas, et Didier quand il écoutait il disait oui bof je suis pas sûr... c'est hyper frustrant, tu te dis c'est pas la batterie qu’il faut là elle faisait plonger les morceaux et donc Rudy est arrivé et là, y a rien eu à lui dire. On s'est dit waouh on parle la même langue c'est cool d'avoir un batteur à qui il ne faut pas expliquer comment jouer... La magie a opéré.

Didier : En fait Dimitrix, quand il compose ses morceaux, il a tout en tête. Le chant, la basse, la batterie, le meilleur exemple c'est le 1er morceau de l'album, on l’a débuté avec les deux batteurs, Mehdi qu’on avait à l’époque et Toky (ex The Aars) qui était venu sur la tournée anniversaire, et quand on voit le résultat final alors on réécoute le début du travail avec eux... Moi j’y croyais pas à ce morceau-là, et voilà il suffit d'avoir la personne qui a le ressenti tout simplement. J’ai parfois la même réflexion sur le chant, quand Dimitrix m’amène des placements chant je lui dis t’es sûr ? Et en fait c'est super.

Dimitrix :
Non, ça c'est parce que tu sais que tu vas en chier sur certaines phrases ! Quand je place le chant je pense à l’enchaînement au niveau syllabique... à chaque fois il moufte un peu mais je sais qu’il va être super bien. Et du coup il te fait un album en une journée comme toujours, même les ingé son sont sur le cul, après il va me dire qu’il est trop vieux personne n’y croit mais y a que lui (rires). On a hâte de partager ça, on a reculé de 3 mois la sortie parce qu’initialement on devait le sortir au printemps pour pouvoir faire la promo printemps été. Et du coup on a remanié tout le set. C’est la première fois qu’on incorpore autant de nouveaux morceaux, généralement on fait un album, on met 2 ou 3 nouveaux morceaux maxi et là on voulait les jouer tous en fait.

Vous êtes engagés dans des causes comme la souffrance animale, le véganisme, l'écologie ... Comment vous investissez vous au quotidien ?

Didier : Déjà dans ma vie personnelle j’essaie déjà de faire ce qu’il faut au niveau écologique. Puisque l’on est végétarien ou vegan. Après, pour le groupe on a toujours fait participer des associations pour la défense animale ou l’environnement sur les campagnes de nos albums. On a eu PETA, le droit des animaux, dont le fondateur a créé les magazines VEGAN sur Paris et Lyon.
On a travaillé avec ONE VOICE aussi beaucoup à l’époque dans les années 90. Là on s'est associés avec HARCORE CARES, une association qui récolte des dons pour la protection animale, en plus c'est lié à la musique, ils ont des stands sur beaucoup de festivals. Ils bougent beaucoup, donc on leur a proposé un partenariat. On a co-organisé vers chez nous des festivals liés à des OMG comme Green Peace, Sea Shepherd... On a également reversé une partie de nos cachets à des refuges d'animaux, c'est notre cheval de bataille depuis des années, il y a 20 ans c’était plus compliqué, aujourd’hui les gens écoutent un peu plus.

Dimitrix : 
On garde toujours ça en fil conducteur dans nos albums, pour l’écriture il y a toujours quelques textes. Pas tout l’album parce que ça va saouler les gens et à chaque fois je réécoute l’album précédent pour amener un prisme différent… En même temps le sujet est tellement vaste qu’il y a toujours des angles d'attaques différents au niveau de l’écriture.

Votre énergie et votre puissance scénique font de PRIMAL AGE une véritable expérience LIVE, qu'est-ce qu’un bon concert pour vous ?

Dimitrix :  Quand il y a l'adhésion du public, forcément toi tu donnes tout ce que tu peux et quand t’as le retour, ton envie de donner encore et encore plus. Quand ça se met à vraiment bouger, ça te donne une énergie même si on reprend la route on a 600 bornes à faire, c'est jouissif… Même si la route ça devient dur au fil des années.

Didier : c'est ça le rock (rires)

Vous avez ouvert pour plusieurs groupes prestigieux dans le monde entier, quels souvenirs gardez-vous de ces artistes ? Et êtes-vous restés en contact avec certains ?

Dimitrix :  On peut dire quand on fait le détail au niveau groupe Hardcore et Métal, on a joué avec tout le monde... Il reste SICK OF IT ALL et MACHINE HEAD.

Didier : On a joué au Havre et du coté de Nevers avec MADBALL, ils m'avaient reconnu c'est des choses valorisantes, des gens comme ça qui croisent tellement de monde, qui font tellement de dates dans le monde entier et qui se souviennent de toi... après on a des bons souvenirs on a joué 2/3 fois avec NAPALM DEATH, la dernière fois c’était pour un anniversaire on avait ramené un gâteau vegan pour le chanteur il était super content de nous voir.

Dimitrix : 
On a joué avec l’ancien chanteur de MORNING AGAIN, on était dans le même hôtel au Japon, on a passé pas mal de temps avec eux d’ailleurs pour cet album on avait le projet d’avoir les deux chanteurs de MORNING AGAIN les deux avaient dit oui, mais le premier s'est retrouvé surbooké et au dernier moment il a décliné, et l’autre est tombé en dépression donc dommage. Puis on les a retrouvés au Hellfest, et Didier a partagé un titre avec eux sur la WARZONE.

Didier : Ils jouaient le dimanche et on les a contactés en leur disant le morceau qu’on a repris sur l’album de 2010, on peut peut-être faire une jam et ils ont dit OK. C'était un bon moment très cool.

Y a-t-il un artiste ou un groupe avec lequel vous auriez rêvé de jouer ?

Dimitrix :  SICK OF IT ALL, quand on était jeune on a dû les voir 15/20 fois en concert. Dès qu’ils étaient à Paris on venait les voir… Maintenant notre musique est assez éloignée de ce qu’ils font.

Didier : Pour moi le chanteur reste une référence au niveau de sa gestuelle, l’énergie qu’il dégage. On a beaucoup de respect pour eux

Dimitrix :
  En plus ils ont une bonne hygiène de vie.

Si vous deviez définir PRIMAL AGE Quelle serait votre phrase ou votre devise ?

Didier : Energie, passion

Dimitrix :
La passion peut-être...  Quand tu vois tous les obstacles qu’il peut y avoir sur la route... Les périodes de vide, pour être encore là c'est qu’il faut une bonne dose de passion. Pour passer les époques, il y a des moments de questions, est ce que ce qu’on fait ça parle encore à du monde. La scène hardcore elle change tous les 4 /5  ans... On a eu la chance de pouvoir faire le relais avec la scène metal qui nous a ouvert ses portes... Sans passion on est rien

Ces dernières années, la musique a beaucoup évolué, quels sont les groupes que vous écoutez en ce moment et quel sont vos goûts musicaux ?

Dimitrix :  Moi j’écoute que des vieux trucs ...

Didier : J’ai écouté récemment le dernier GOJIRA, j’ai lu beaucoup d'interviews sur eux pour savoir s’ils étaient végétariens ou vegan. Et j’ai appris que le chanteur était vegan, et en plus l'album est vraiment bon, c'est notre tête de proue française, on peut être fier d'avoir un groupe comme ça.
THE GHOST INSIDE, dont le batteur a eu un accident, la jambe arrachée, ils ont repris l’année dernière. Après je reviens aux bases, on a pris le temps avec la période du COVID de réécouter les vieux Judas Priest, Iron Maiden, un peu tout ça quoi.

Comment avez-vous vécu cette année de confinement ?

Dimitrix :  Personnellement au début hyper bien parce que je courais dans tous les sens 7 jours sur 7 et au bout de 15 jours j’ai senti que je me détendais, je me suis dit c’est trop bien je vais pouvoir voir comment bosser...  On va faire tourner les morceaux et... Et au bout d'un moment on en a plein le cul. On ne peut pas jouer... On se voit pas... Donc on s'appelle, on prend des nouvelles, un peu comme tout le monde, bon c'était bien au début mais beaucoup trop long. Et puis on avait beaucoup joué, on venait de faire 22 dates, donc le fait de se poser un peu à la maison ça faisait du bien aussi... Et après t’as qu’une hâte c'est debout, tout le monde dans le camion et hop...

Didier : Moi personnellement j’ai travaillé, ma boite n’a pas fermé, j’ai été en activité tout le temps. Et puis des travaux à la maison pour s’occuper, et puis après ça commence à faire long.

Si vous deviez vous retrouver sur une ile déserte et que vous ne deviez garder que 3 choses, quels seraient vos choix ?

Didier : Un carré de tofu (rires) pour manger. En 2, l'album de AC/DC HIGHWAY TO HELL. Et en 3 ... Un carré de savon (rires). Je suis très propreté, hygiène etc… faut quand même se laver !

Dimitrix :  Je pense que la bouffe ça sera un gros problème pour moi. Sans musique je me vois pas trop, alors en 2ème un truc genre rock steady, et en 3ème une petite femme !



Merci à vous et rendez-vous entre autres au Metal Horse à Brest le 9 avril 2022 festival basé sur l'écologie et la défense animale.

Juin 2021 - Th Cattier - Photos : Th. Cattier / Shooting Idols

 

SWEET SCARLETT // Live Report // Beauvais - Le Blues Autour Du Zinc 30 Juin 2021.

 
Pour clôturer comme chaque année le festival "Le blues sur le Zinc", à l'affiche ce soir Sweet Scarlett et Kaz Hawkins pour ce spécial "blues au féminin".

Sweet Scarlett ouvre le concert avec un set efficace, un groupe qui vient de sortir son nouvel album "Rockin' That Soul" et qui compte bien ne pas en rester là, une formation familiale composée de Patrick, le Papa à la guitare, ses deux fils Rémi, batteur, et Vincent, bassiste, et enfin Caroline, la compagne de Rémi, chanteuse, pour un groove de plus en plus imposant et une envie manifeste de nous faire partager leur énergie sur cette scène de l'Ellispace de Beauvais.

Set List:
Rockin That Soul
Set my Riff
Dance it out
With You
Marylou
All Along the Watchtover
Final Call
Dont Need no Prince
Hold My Mercy
Jostle
Into the deep
WiseMan




Th Cattier - Photos : Shooting Idols, Th. Cattier
 

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LIVE STREAMING // Sweet Scarlett // Concert Le Mail Soissons Jeudi 6 Mai 2021 à 20h30.