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dimanche 23 avril 2023

MAJESTY (Tarek MAGHARY) // INTERVIEW // Longue vie à sa Majesté - Avril 2023.


MAJESTY un nom qui pourrait vous faire penser au roi divin, ses vassaux et ses courtisans avide de pourvoir et de richesse dominant une horde de gueux. Que nenni il s’agit d’un gang teuton émérite pratiquant un Heavy Metal des plus classique qui a déjà derrière lui un long parcours et une pléiade d’albums dans sa lourde besace. Formé en 1997 à l’initiative de Tarek Maghary chanteur, claviériste mais aussi fondateur du célèbre Keep It True Festival qui tient son nom du premier opus de la formation paru en 2000. Vingt-six ans depuis leurs débuts que Majesty écume la scène internationale et enchaine les galettes à un rythme effrénées. Après un Legends de très bonne facture en 2019 qui leur a permis de tourner à travers toute l’Europe le combo s’est octroyé un break bien mérité pour nous revenir en force avec Back To The Attack un véritable manifeste de Heavy Power Metal qui s’avère redoutable à l’instar du morceau éponyme et de «Freedom Child» les deux premiers single ! Un vrai bain de jouvence qui vous entraine au cœur du Metal distillé avec soin par sa Majesté ! Pour en savoir un peu plus sur ce long parcours nous avons demandé au sympathique Tarek Maghary de nous en dire un peu plus sur ce nouveau méfait qui devrait ravir tout amateur de Heavy Metal au-delà de sa qualité intrinsèque. Un entretien découverte avec un passionné et fervent défenseur d’un Metal dont les influences sont issues tout droit des années 80 et de la fameuse New Wave Of British Heavy Metal ! Un voyage à travers le temps ! Magnéto Tarek c’est à toi !



L'interview en Vidéo ICI

Quels souvenirs gardes-tu de votre dernière tournée qui a eu lieu du 25 octobre au 3 novembre 2019 ?

Tarek Maghary. Oui cela fait très longtemps et je me souviens que c’était super. Nous avons pris du bon temps mais à la fin de la tournée on s’est rendu compte qu’on était fatigué, qu’on n’avait plus de jus. Nous avons décidé de faire un break et en 2019 nous avons décidé de nous arrêter un an et revenir. Comme tout le monde le sait cette sacrée pandémie est arrivée et notre break a finalement duré trois ans. Ce n’était pas planifié mais ce fut une coupure très longue. La scène me manque c’est tout ce que je peux dire. Je me souviens de ces tournées qui sont des sentiments magnifiques : être debout sur scène et voir les gens en face de toi faire une grande fête de metal. C’est amusant et il y a beaucoup d’émotion. Maintenant il est temps de revenir sur scène avec un nouvel album.

Qu'est qu'un bon concert selon toi ?


Tarek Maghary. Je crois que le plus important est la connexion. Le groupe en l’occurrence Majesty et le public parce que si le public n’est pas connecté dans la chanson autant que le combo, toute la magie n’opérera pas. Le grand show je ne peux pas le décrire mais le ressentir lorsque tu ne fais plus qu’un avec l’audience. Ce n’est pas le groupe sur scène et le public qui regarde. C’est une union qui ressent les mêmes choses émotionnellement. C’est ce qui je suppose fait un bon show. Quelque chose que tu ne peux pas décrire mais que tu peux ressentir. Tu peux le sentir avec le public quand tu es sur scène lorsque on ne forme plus qu’un. C’est pour moi le show parfait avec toute l’équipe et nos morceaux sont alors remplies d’émotion. Les gens peuvent aimer le message derrière qui est de vivre tes rêves et faire ce que tu veux qui permet aussi de les connecter à nous.

Comment s'est déroulé le processus d'écriture cette fois ci comparé au précédent album Legends (2019) ?

Tarek Maghary. C’était un peu différent. Nous avons fait un remix en 2021 puis j’ai commencé à écrire des chansons pour l’album mais c’était bizarre car je n’ai écrit qu’à la maison seul et je les adressées aux membres plus tard pour travailler dessus sur les démos. C’est ce que je fais toujours, d’abord je commence par le piano et ensuite les guitares et nous jouons les chansons. Mais là, tous les membres n’étaient pas présents. Je leur ai envoyé les démos et ils ont ajouté leurs parties. C’était étrange mais ce qui a été bien, ce sont les retrouvailles une nouvelle fois en 2022 au studio d’enregistrement où encore une fois il y avait cette magnifique énergie.

Quel a été le défi principal au niveau de l’écriture cette fois ci ?

Tarek Maghary. L’écriture n’est jamais planifiée. Les meilleures chansons arrivent quand rien n’est prévu. Tu écris un point c’est tout. C’est toujours le défi de ne pas trop réfléchir et juste de le faire parce que dès que tu commences à réfléchir cela devient mécanique d’une certaine façon. Les bons morceaux doivent venir de l’intérieur ou de l’extérieur. Bien sûr tu peux toujours te dire que cet opus sera plus lent ou plus rapide ou n’importe quoi mais nous n’organisons pas l’écriture. Ça arrive sans planification. Après lorsqu’on écoute l’opus, ce qui est cool c’est que nous avons sorti toutes les bandes en une seule version. Nous avons des titres rapides, des ballades, un mix de tout. Ce n’était pas un défi mais nous sommes très heureux avec ces morceaux.

L’album s’intitule Back To The Attack c'est une forme de retour au source ?


Tarek Maghary. D’une certaine manière oui. C’est ce qu’on s’est dit après une période à ne rien faire. Nous devions revenir avec force comme une grosse surprise : waouh ! Alors nous avions besoin d’un titre qui signifie cela. Ce morceau est une parfaite description de ce que nous voulions. De montrer que nous revenions après une longue coupure et que nous étions de retour avec toutes nos forces et toute notre énergie. C’est album en est la preuve et le titre est parfait car il symbolise la force et la puissance de nos chansons.

C'est aussi le morceau que vous avez choisi comme single !


Tarek Maghary. Exactement. Je me souviens que nous avions ressenti que c’était le meilleur et qu’il fallait faire une vidéo. C’était épique, il faisait froid avec des températures négatives, nous n’avions presque rien sur le corps et cela symbolisait bien l’humeur de l’attaque par l’endroit où nous étions à ce moment-là. Nous nous tenions sur la montagne en hiver mais nous étions ensemble en train de jouer le titre. Je pense que c’était parfait « Back To The Attack », montre bien à quoi ressemble cet opus.

J’ai l’impression au vue de la vidéo que ce n’était pas facile d’être dans les hauteurs des montagnes surtout que vous êtes habillés en T-shirt ? Rires.

Tarek Maghary. Rires. Nous devions porter notre matériel là-haut et le charger dans le camion par des températures en dessous de zéro. Après le tournage je ne pouvais plus sentir mes mains c'est ce dont je me souviens. Je pensais être mort ! Et notre guitariste au moment du solo avait les mains en feu. C’était un sacré défi.

Dans le clip il y a aussi des loups. Comment avez-vous pu réussir à tourner avec eux ?

Tarek Maghary.
Ils n’étaient pas venus avec nous (rires). On les a mis dans le clip séparément. Ça aurait été cool qu’ils y aient des loups avec nous lors du tournage mais cela aurait été une sacre coïncidence. Cela s’intègre parfaitement avec le clip. Ce qui est sympa c’est que tu trouves beaucoup de photos de loups et de neiges ça a été facile à rajouter. Dans la réalité quand tu vois des loups dans la forêt ce doit être magnifique car ce sont de très beaux animaux. Je les adore. Ils symbolisent la puissance mais ce sont aussi des animaux magiques. Je les adore tout comme les dauphins évidemment (rires).


Comment sais-tu qu'un morceau finalement est assez bon pour finir sur l'opus ?

Tarek Maghary. C’est une bonne question mais tu ne le sais jamais. Tu peux le sentir d’une certaine manière. La première chose quand tu écris une chanson c’est pour elle-même. Cela peut devenir une bonne chanson si tu te sens confortable avec ça émotionnellement quand tu l’as écrite en premier. La probabilité qu’elle devienne un bon morceaux c’est que tu te dois te battre pour la représenter, par exemple je n’ai jamais compris pourquoi les musiciens n’écoutent pas leurs propres musiques. Pour moi j’adore ce que nous faisons et je ne suis pas arrogant en ce sens-là. La première étape est d’écrire le titre de manière complète et tu dois en être à cent pour cent satisfait. Ensuite tu le développes pour le public. Ainsi tu ne sais jamais si un titre est bon mais si tu sens qu’il est bien alors fais-le et joue le pour le partager avec le public. C’est mon avis. D’abord pour toi et les gens qui écoutent pour qu’à la fin ce soit l’union des deux et là ça prend tout son sens.

Comment avez-vous procédé lors de l’enregistrement pour obtenir ce son énorme ?


Tarek Maghary. Nous avons travaillé dans deux studios, j’ai mon propre studio et c’est là que nous avons enregistré et ensuite un de mes amis à un autre studio à Rösenburg. Il est aussi ingénieur du son de Majesty et a mixé le tout. On a commencé dans mon studio et on a envoyé les enregistrements pour qu’il les mixe. Nous sommes très fiers car nous avons dirigé cet album avec les vibrations de Majesty avec une production moderne. Le rendu est exceptionnel. Nous sommes contents du son et de la puissance.

Quel défi vocal as-tu rencontré lors de l’enregistrement de tes voix en studio ?

Tarek Maghary. Ce qui est bien c’est que je peux les enregistrer dans mon propre studio. J’ai tout le temps que j’ai besoin. Si ma voix n’est pas bonne le jour où je dois enregistrer, je n’enregistre pas. C’est le plus grand avantage quand tu as ton propre studio, c’est cool. Pour moi, quand j’entre en studio je sais si je possède la vibration ou non. C’est ce qui est super avec son propre studio car tu as le temps de faire les choses et ainsi je ne me préoccupe pas de l’heure. C’est une chose horrible que de savoir que tu n’as que cinq jours pour enregistrer l’album et que tu dois chanter proprement. Ce serait horrible pour moi. Je suis content d’avoir mon propre studio d’enregistrement.

« Freedom Child » est votre nouveau single le thème développé c'est avant tout la liberté et être soi-même ?

Tarek Maghary. Exactement, c’est ça. Ce sera toujours le message principal de Majesty. Dans ce monde où nous vivons on nous force plein de fois à être des gens que nous ne sommes pas où faire des choses que nous détestons. Cette chanson est une astuce pour cesser d’être ce que nous ne voulons pas et dire que l’on veut autre chose. La vérité de « Freedom Child » est de profiter de chaque moment et ne pas être obligé de faire quelque chose qu’on n’aime pas. Dans cette vidéo il y a le caractère féminin principal qui déteste son travail et à la fin atteint son but avec un emploi qu’elle adore et qui la passionne : Aller sur le net voir des films, jouer au jeu vidéo ça peut être tout et n’importe quoi. Si tu vas à l’école et que le professeur se moque de toi tout le temps, tu dois te représenter ta vie et choisir d’être encore libre. C’est le message principal.

Sur les douze titres, quels sont les thèmes que tu abordes ? Est ce qu’il y a des textes qui se rapprochent le plus de toi ?

Tarek Maghary. Oui, les thèmes comme la fantaisie et les guerriers imaginaires comme le titre « In The Silence» quelque chose de très puissant, mais le message principal est très lyrique afin de mettre l’accent sur le fait de vivre ses rêves et profiter de l’instant présent. C’est le message fondamental des chansons de Majesty . Peu importe si c’est un guerrier qui se bat, une guerre de démons, tout ça peut être transposer dans quelque chose d’émotionnel, de proximité et d’être soi-même. Ce sont des combats intérieurs, on est toujours dans le combat et il y a toujours des gens qui te diront quoi dire et quoi faire. Le message principal est de savoir ce que tu veux faire et ce que tu aimes vraiment. Alors fais-le ! C’est ce genre de message adressé à tous et qui vaut pour toutes les chansons.

« In The Silence » est un morceau très mélodique accompagné de clavier. Est-ce que c’est plus difficile d’écrire ce genre de titre ?

Tarek Maghary. En fait ce n’était pas difficile mais on voulait essayer que cela corresponde. D’habitude on utilise des images. Dans « In The Silence » on parle de choses de la vie, tu es un peu déprimé et tu ne ressens plus rien. Tu as besoin d’espoir et cette chanson donne de l’espoir au gens à la vie. Vis ta vie encore une fois. Ce n’était pas difficile pour moi, c’était une vision claire des choses que j’avais. Il y a toujours de l’espoir à la fin du tunnel mais tu dois le chercher et ne plus douter. C’est si dur d’être déprimé et de traverser une mauvaise étape. Il faut toujours rechercher la lumière et c’est ce que décrit le titre, rechercher la lumière une nouvelle fois. Mais c’est difficile de la trouver car parfois le monde est si cruel comme je l’ai dit lorsque tu ne peux pas atteindre certaines choses tu peux l’atteindre avec ce morceau. Du moins tu dois essayer de l’atteindre et ne laisse pas les gens te dicter ce que tu as envie de conquérir.

Le groupe existe depuis 23 ans. Comment décrirais-tu toutes ces années passées au sein de la formation ?

Tarek Maghary.  En vérité je ne fais pas beaucoup ce genre d’analyse car je crois que le passé est le passé. Nous l’avons toujours fait. Ce n’est pas bon de dire qu’un opus n’était pas bien. Il l’était car je l’étais moi-même à ce moment-là quand je l’ai écrit. A mon avis ça ne sert à rien de trop analyser ce qu’on a fait. On a les connaissances de ce qu’on a fait. C’était toujours juste au moment où on l’a fait. Nous étions fidèles à nous-mêmes et le plus important c’est quand nous jouons de la musique, nous devons toujours ressentir et représenter qui nous sommes à des moments différents. Quand tu regardes le passé il y a toujours des moments où tu te dis j’aurai dû faire ça mieux ou ne pas le faire. Tu ne devrais pas regarder en arrière, c’est fait c’est le passé. Mais je vis le moment et je veux créer de la musique maintenant. C’est ma manière et mon regard sur notre musique.

D’où vient cette passion pour le New Wave of British Heavy Metal (NWOBHM) et pour la musique venue de la côte ouest américaine ?

Tarek Maghary. Je dirais que cela vient de mes parents. Mon père collectionnait les disques comme AC/DC, Guns & Roses, Accept. J’ai écouté et j’ai adoré quand j’étais petit. Quand j’ai écouté la première fois cette musique je ne peux pas expliquer la magie de ce qui s’est passé. J’éprouvais de l’amour pour cette musique. J’ai su que c’était ça que j’aimais et c’est ce que je voulais faire. En tant que chanteur et compositeur les grandes mélodies me donnent un sentiment magique et c’est peut-être là que tout a commencé.

Tu as aussi participé à un side project intitulé Dawnrider au côté de Rob Rock, Ross The Boss, Michael Seifert (Rebellion) en autre !

Tarek Maghary. C’était très cool. C’était une expérience complètement différente. J’ai l’histoire en tête avec plein de personnages, chanteurs et guitaristes. Ce fut une expérience magique car Majesty a travaillé pour que ce soit comme un opéra. Une multitude de personnes, de vocalistes et de musiciens. Ce fut un grand défi mais il y avait beaucoup de plaisirs partagé. Il y avait du monde dans le studio, d’autres envoyaient les pistes enregistrés. Beaucoup de gens m’ont demandé si on allait le refaire à nouveau. Il y aura une suite mais pour le moment tout ce que je peux dire c’est que je n’ai pas le temps. Un jour on le refera, cela nécessite beaucoup de travail mais aussi apporte beaucoup de plaisir.

Est-ce qu’il y a des artistes avec qui tu aimerais travailler ?

Tarek Maghary. Bonne question. Plein je ne peux même pas en citer qu’un. Je ne peux pas en citer un car ce ne serait pas juste pour les autres. Y a plein de gars que j’adore, je ne suis pas le gars d’un seul groupe. Ce qu’il y a de bien dans l’art, c’est que chacun à sa manière unique d’être, de chanter de jouer. Je ne peux pas en nommer un. C’est impossible.

Quel est le premier groupe que tu as écouté adolescent ?

Tarek Maghary. Je pense que c’était AC/DC. Mon père avait le disque Highway To Hell. C’est la première fois que j’écoutais de la guitare hard.

Tu as eu le virus avec AC/DC.

Tarek Maghary. Oui exactement je les ai trouvés dans la collection de mon père.

Tu as aussi créé le festival Keep It True en mettant en avant de nombreux groupes de Heavy Metal des années 80.

Tarek Maghary. Nous sommes en plein milieu du festival maintenant Nous avons une promo pour trois tickets acheté, un gratuit (rires). L’organisation du festival est faite avec mon ami Oliver et c’est toujours beaucoup de fun et de plaisirs d’écouter et regarder ces combos sur scène.

Si tu rencontres des gens qui n'ont jamais écouté Majesty que leur dirais tu ?

Tarek Maghary. Si tu as besoin d’une bande son Heavy Metal pour réaliser tes rêves et te battre pour la liberté c’est un très bon album pour toi. Donne-le et écoute-le, ressens la même chose magique que nous avons eu lors de l’écriture des paroles des morceaux. De la puissance, de la peur, se battre pour ses croyances. Si tu te représentes ces valeurs, tu ressentiras la même chose quand tu écouteras l’album. C’est ce que je dirais.

Est-ce que vous serez en tournée en France bientôt ?

Tarek Maghary. Oui nous ne sommes pas sur encore. Nous travaillons dessus. La meilleure chose est de nous suivre sur Instagram, dans les médias et internet pour voir si cela va arriver. Nous adorerions évidemment !


Avril 2023
Laurent Machabanski / Photos DR
Laurent Machabanski et
Pascal Beaumont (Traduction / Retranscription)

jeudi 20 avril 2023

KORITNI // INTERVIEW // Rock Forever : L’australien est de retour ! - Avril 2023.

 
Si Lex Koritni est Australien de naissance cela fait plusieurs années qu'il a choisi de s'installé en France et qu'il nous délivre régulièrement un album de pur Rock Australien pour notre plus grand plaisir. Toujours à la croisée des chemins entre Rose Tattoo, The Angels ou encore Jimmy Barnes Long Overdue son nouveau méfait ne déroge pas à la règle et voit Lex joué pour la première fois de la guitare. La nouveauté venant plutôt du groupe par lui même totalement remanié avec l'arrivée notamment de Tom Fremont à la guitare et d'une section rythmique redoutable avec Daniel Fasano à la batterie et Mathieu Albiac à la basse sur scéne. La force de Lex Koritni est de faire sonner ses morceaux comme personne grâce au talent de Kevin Shirley (Aerosmith, Iron Maiden, Led Zeppelin) pour le mixage assisté de Ryan Smith (AC/DC, Greta Van Fleet) au niveau mastering. Pour en savoir un peu plus sur son parcours depuis la sortie de Rolling en 2018 nous nous sommes entretenus avec Lex Koritni ! Un voyage à travers l'âme du Rock Australien sous influence française, l'hexagone étant un pays qui lui tient particulièrement à cœur ou Lex semble s'épanouir et être parfaitement adapté à notre culture culinaire ! Un entretien détendu placé sous le signe de l'humour et de la convivialité ou Lex se livre sans détour toujours avec sincérité ! Magnéto Lex c'est à toi !




En 2019 tu as pu tourner et jouer pour la troisième fois au Hellfest sur la mainstage le 22 juin 2022 quels souvenirs en gardes tu ?

Lex Koritni.
Le Hellfest est toujours un grand moment. C’est très amusant car ça fait trois fois que j’y vais et à chaque fois c’est toujours plus grand, de mieux en mieux préparé. La dernière fois que nous y sommes allés il y avait une sacré piscine dans le carré V.I. P, et aussi des fontaines. C’était une expérience incroyable. C’est toujours sympa d’aller là-bas. J’ai pas mal d’amis à Nantes et c’est toujours cool de les retrouver. En général on trouve surtout une ambiance joyeuse sur ce festival, il n’y a pas de violences, de combats. Tout le monde est de bonne humeur. C’est un moment merveilleux.

Tu as eu l’opportunité de jouer sur la scène principale.

Lex Koritni. Oh oui. Toutes les fois nous avons joué sur la scène principale qui est évidemment bien. Le son est parfait, nous avons de la place pour bouger. C’est toujours un plaisir.

Tu as fait la première partie de Glenn Hughes à l’Elysée Montmartre le 6 novembre 2018 je suppose que ça a été un grand moment d'ouvrir pour une légende tel que Glenn Hughes ?

Lex Koritni. C’était super et ça s’est fait à la dernière minute. Le gars qui a gérait la promotion du show est un de nos bons amis. Je crois que la première partie a été annulée ou était en retard. Il m’a appelé pour me dire si je pouvais jouer quelques morceaux de guitares acoustiques pour donner un show de cette façon et j’ai répondu d’accord. Pas de problèmes. Ça s’est fait à la dernière minute mais on a eu du bon temps. J’ai toujours adoré faire du bruit sur scènes. Après j’ai vu une légende jouer. C’est toujours bon de voir Mr Glenn Hughes chanter comme un enfoiré.

Qu’est-ce que la scène représente pour toi ?

Lex Koritni. C’est l’autre partie de la musique. Quand tu enregistres un album tu écris des choses, tu utilises des techniques et c’est la création et la particularité de l’enregistrement. Et lorsque tu joues en live c’est l’autre versant de la musique. C’est aussi une partie importante. C’est toujours sympa de jouer en live et de recréer ce que tu as mis sur l’enregistrement. Quelquefois c’est approximatif, parfois c’est différent mais c’est toujours bon et c’est comme un animal vivant qui respire avec le public. Quand tu enregistres c’est un peu plus statique, scientifique. Je préfère jouer live que d'enregistrer. C’est simplement se déchainer sur la scène et avoir du bon temps.

Tu reviens six ans après Rolling avec Long Overdue. Comment as-tu cette fois ci travaillé sur la conception de ces douze titres ?

Lex Koritni.  J’ai été très occupé dans ma vie professionnelle. Evidemment je vis en France, j’ai acheté une maison. Toute ma vie est ici. Le covid est arrivé et je ne travaillais pas. J’ai eu le temps de réapprendre à jouer de la guitare, le temps de manger beaucoup et de devenir gros et d’enregistrer cet album durant le covid. C’est pour cette raison que je suis ici. Cet opus est différent des autres car je joue de la guitare. Pour les prochains concerts je jouerai de la guitare et je chanterai accompagné par la basse. C’est différent mais cela devrait être bien.

Qu’est-ce que cela a changé de jouer de la guitare ?

Lex Koritni. J’ai toujours joué de la guitare dans tous les autres albums de Koritni. J’ai toujours écrit des parties de guitares, des solos. Cela ne change pas grand-chose pour la musique. Cela veut dire que pour les lives je n’aurais plus besoin de porter mon micro avec moi, je n’aurai qu’à me porter moi-même. Ça c’est la merde (rires). Je n’ai pu à prendre mon micro, c’est mon boulot de bouger mes fesses. Ca donnera une autre saveur car j’ai toujours joué de la guitare et j’ai écrit tout ça et je peux le jouer.

Est-ce que tu écris beaucoup de chanson pour faire une sélection par la suite ?

Lex Koritni.  Oui je crois que j’ai écrit seize titres et les titres qui ne sont pas sur l’album ne sont pas nécessaires, ils n’étaient pas assez bons tout simplement. Nous avons pris les meilleures chansons et les meilleurs mix. Nous avons pris les meilleures chansons qui fonctionnaient ensemble. Les autres ne sont pas perdues, elles pourront figurer sur un autre opus ou on les jouera en live. Quand les morceaux sont écrits ils ont le mérite d'exister. Tu ne peux pas t’en débarrasser. Des gens vont pouvoir les écouter sur scène.

Il y a eu un changement de line up, notamment l'arrivée de Tom Fremont à la guitare qu’a-t-il apporté musicalement ?

Lex Koritni. Oui c’est un peu différent, on joue les mêmes chansons la même musique, mais ça sonne différemment. Pas de manière énorme, c’est comme lorsque tu cuisines, tu prends les mêmes ingrédients et avec d’autres saveurs mais ce sera toujours le même gâteau. C’est un de mes bons amis depuis des années et Eddy Santacreu ne pouvait plus venir en tournée avec nous. Il a suggéré Tom Fremont et je lui ai dit que je le connaissais et que c’était un de mes amis c’était donc parfait. On l’a engagé et c’est la même chose pour la batterie. Nous avons Dan qui joue de la batterie avec nous maintenant parce que Chris Brown vit sa vie en Australie. Il a une fille formidable, il ne peut pas se permettre de prendre beaucoup de temps quand nous donnons des concerts. Tu changes de musiciens quand tu dois le faire.

Est-ce que tu as eu l’opportunité de revenir en Australie ou restes tu vivre en France ?

Lex Koritni.  Non la dernière fois que je suis retourné en Australie c’était il y a sept ans déjà. Le pays change beaucoup, ce n’est plus ce que c’était ce dont je me souviens. Et c’est putain, si loin. Les billets sont chers. Tu ne peux pas acheter du bon camembert alors je préfère rester ici.

L’Australie a la réputation d'être un pays rock ce qui n’est pas la même chose en France. En France nous n'avons pas cette culture Rock. Quel est ton sentiment doit qui vient de ce pays si légendaires ou tant de formations son née AC/DC, Rose Tattoo, The Angels et tant d'autres ?

Lex Koritni.  Je ne suis pas d’accord sur le fait que l’Australie serait le pays du rock et la France de fromages doux (rires). Ce n’est pas vrai. En France tu as plus de shows et de spectacles. Tu as plus d’opportunité de voir des groupes en live qu’en Australie. En Australie, en trente ans tous les lieux de concerts ont fermé à cause du bruit que cela occasionnait. Le gouvernement local est énervé car quand ils quittent la salle souvent les gens vomissent dans les rues, pissent sur les voitures. Il n’y a pas tant de concerts en Australie et comme lorsque j’ai grandi là-bas tu n’as plus l’occasion de voir des groupes. C’est si loin et ça coute tellement d’argent de venir que les combos ne viennent pas. La seule façon de les faire venir est de jouer dans les stades comme AC/DC ou Guns & Roses. Tu paies le billet cent vingt dollars. Et c’est tout. Tu ne vois pas des groupes de milieu de tableau. Même pour moi et des groupes extraordinaires comme Mr Big ou Extreme ne vont pas faire de tournées en Australie car c’est trop loin. Tu dépenses tout ton argent pour y aller, tu joues trois concerts gratuit donc tu es foutu. J’ai vu plus de concerts en Europe qu'en Australie lorsque j'y vivais. J’ai le sentiment que la France est le pays du rock n roll. Vous avez les plus grands festivals, une attitude super pour les concerts et je suis un grand supporter de la culture française. Je ne suis pas d’accord sur ce constat.

Tu avais l’habitude de faire beaucoup de tournées il y a cinq ans que tu n'a plus vraiment donné de shows que s'est t'il passé ?

Lex Koritni.  Je crois que tu verras plus de shows dans le futur qu’il y en a eu par le passé car maintenant nous avons un nouveau line up comme Tom Fremont vit à Paris, Dan le batteur est en tournée en Italie qui est à quelques heures en train. Le fait que tout le monde soit là c’est facile d’organiser des concerts parce que dans les années précédentes c’était difficile car Eddie faisait ses trucs en Australie, Chris faisait autre chose, Luke était au Japon pendant quelques temps, c’était difficile de s'organiser au niveau du planning pour regrouper tout le monde au même endroit et c’est la raison du changement d’effectif car nous pouvons jouer beaucoup plus et apporter la musique à nos fans.

Comment s’est passé l’enregistrement de cet l’album comparé au précédent tout en conservant ce type de son qui fait votre marque de fabrique ?

Lex Koritni. Chaque album a été enregistré dans différents endroits, la plupart des opus ont été enregistrés dans ma chambre. Quand tu enregistres tu le sais car c’est Matt qui fait la production, je sais le son que je veux et tu as juste besoin de temps pour trouver le bon son, tu prends des protections sur le micro, utilisant plusieurs micros que tu n’utilises pas habituellement. Tu cherches un moyen de trouver le son que tu veux. Mais tu as raison nous avons toujours le même type de son en enregistrant dans divers studios et divers environnements. Je ne crois pas que notre son va changer. C'est celui que je produis et que j’aime. Si tu ne l’aimes pas va te faire foutre et si tu l’aimes tu es chanceux (rires).
 
Tu as confié le mixage à Kevin Shirley une fois de plus comment collabores-tu avec lui de façon générale ?

Lex Koritni.  Je lui donne l’enregistrement il fait le mixage, il va travailler, c’est un producteur lui-même. La musique est comme un plan, il connait la destination et il sait comment y aller. Il écoute la musique et commence à mixer. Evidemment il y a des allers retours, il envoie un mix brut et on a une discussion qui s'organise avec lui. Ce son est brillant ce pourra être mieux etc. … C’est facile de travailler avec lui, évidemment c’est une légende, il n’y a rien de compliquer.

"Long Overdue" est votre premier single pour présenter ce nouvel opus ! Tu avais envie de mettre ce morceau en avant ?

Lex Koritni. Je n’ai pas vraiment choisi le titre. J’ai demandé aux gens qui ont acheté l’album, mon manager, mes amis de choisir un titre car j’ai passé deux ans à écrire et enregistrer. J’aime toutes les morceaux et je les déteste car je les entendues trop de fois. J’ai laissé prendre la décision aux autres. En fait je suis trop près de ma musique pour prendre une telle décision.

Quand j’écoute certains titres on pense immédiatement à AC/DC. Tu as ouvert pour Phil Rudd en 2017 je suppose que ça a été un grand moment pour toi ?

Lex Koritni. C’était très amusant et intéressant. Evidemment quand tu rencontres une telle légende c’est fantastique et c'était le top avec Dan d’avoir une discussion avec lui. C’est drôle que tu ai pensé à AC/DC, j’aurai plutôt pensé à une imitation de Mr Big (rires).

Est-ce que tu avais des questions spécifiques à lui poser ?

Lex Koritni.  Pas vraiment. Pour moi la musique c’est la magie du son et je ne fais pas attention aux humains et aux créateurs. La musique c’est de la magie par elle-même. Quand je rencontre une personne je ne vais pas lui demander comment tu fais le son de la batterie, ou comment arrives-tu à faire ce groove. Personnellement je trouve cela étrange et un peu évasif. J’aime la musique laissons la comme ça. Je préfère lui demander comment il va tu ou s’il veut une bière. Ça ne change rien ce genre de questions. Quand tu fais des tournées il y a plein de questions à se poser entre musiciens et ma question favorite de tous les temps est : "Quel est le pire concert que tu as fait ?" (Rires). C’est vrai quand tu poses la question quel est le meilleur concert que tu es fait et on te répond il y en a beaucoup. Peu importe tu te souviens toujours du pire concert. Tu te souviens quand ça merde, ou quand le guitariste a perdu ses bagages. Ce sont les moments dont tu te souviens et qui sont les meilleurs quand tu es en tournée. Tu ne te souviens pas des bons concerts car tout est planifié selon tes plans, c’est normal et c’est comme ça que cela doit être. Quand les choses se passent mal c’est là que tu t’en souviens (rires).

Est-ce que tu parles français maintenant ?

Lex Koritni.  (Il répond en Français) Bien sûr parce que tu as commencé l’interview en anglais et j’ai continué mais oui je parle français.

Tu es totalement inséré désormais en France Tu n’as plus qu’à demander la nationalité française maintenant ! rires.

Lex Koritni. Pas encore, j’ai un titre de séjour mais je pense que j’ai le droit de prendre un passeport cette année.

Qu’est-ce que tu aimes en France ?

Lex Koritni.  La nourriture, ma femme c'est la première chose. J’adore faire du ski, la semaine dernière j’étais dans les alpes et je fais ça chaque année. Tout ! J’adore tous les personnages que tous les Français et Françaises adorent. Il est facile de parler avec les gens ici. La vie ici c’est un plaisir et c’est simple. Ce sont les petits plaisirs de tous les jours, les petits fromages, prendre un verre de vin, voir le soleil se coucher, les boulangers. C’est tellement chouette ici.

Est-ce que tu te souviens de tes premières découvertes musicales, tes idoles ?

Lex Koritni.  Ma premières idole c’était Little Richard parce que mon père était musicien aussi il me donnait tous les vieux trucs comme Little Richard, Aretha Franklin, Otis Redding, Wilson Pickett. J’ai grandi avec ça mais le premier artiste pour moi que j'ai découvert c’était Bon Jovi. J’ai acheté avec mes étrennes de noël Blaze of Glory en cassette. C’était mon premier achat juste pour moi.

C’est ça qui ta donner le virus ?

Lex Koritni.  Je pense que la musique était dans mes veines au départ. Oui

Est-ce que tu te souviens de ton premier show ?


Lex Koritni.  Non. Parce que je j'ai donné des concerts toute ma vie. Mon premier concert j’avais cinq ans ou quelque chose comme ça. Je ne me souvenais pas de ça mais je l'ai découvert en regardant une vidéo personnelle, mes parents ont beaucoup de vidéos.

Au niveau des textes qu’essaye tu d’exprimer lorsque tu écris ?

Lex Koritni. Je ne sais pas, je ne suis pas un poète ni politicien. Normalement dans tous mes textes j’aime bien quand il y a un petit jeu de mots ou des choses dedans et en plus tous mes textes ce sont des trucs sur ma vie. Malheureusement ma vie n’est pas tellement intéressante l’alcool, le sexe et les petits plaisirs de la vie. En fait il y a un morceau sur l’album « Bone for You ». J’ai écrit ça pour mes petits chiens, j’ai un petit chien Staffie c’est différent mais normalement ce sont les paroles sur les conneries du rock n roll. Ce n'est pas tellement spécial. C’est comme les albums d’AC/DC, ils ne parlent pas de politique ou autres. C’est AC/DC ce n’est pas important.

Quels souvenirs gardes-tu de ton adolescence passée en Australie ?

Lex Koritni.  J’étais un ado normal dans le paysage australien. J’ai fait beaucoup de conneries, je bois, je fume, je fais la fête, j’ai cassé mes voitures trois ou quatre fois. En fait on jouait avec mes potes on mettait tout notre argent en commun pour acheter des voitures de merde. Ensuite on se rendait dans la foret et on faisait des rallyes cross tout seul jusqu’à détruire les voitures. On les laissait dans la foret et on repartait à pied. On faisait toutes les choses typiques que peuvent faire les australiens. J’ai fait beaucoup de bêtises (rires).

Qu’est-ce que tu dirais à quelqu’un qui ne connait pas Long Overdue ?

Lex Koritni.  En fait prends l’album, monte le volume et c’est tout. Juste écoute. Il peut se présenter tout seul. Si tu écoutes la musique, tu dois comprendre le style et l’idée. Voilà.


Avril 2023
Laurent Machabanski / Photos Nidhal Marzouk
Laurent Machabanski et
Pascal Beaumont (Traduction / Retranscription)


jeudi 13 avril 2023

B.R.E.T.O.N.S // INTERVIEW // Un album La Bretagne Tous unis pour un collectif - Avril 2023.


Partons à la découverte du collectif B.R.E.T.O.N.S, qui sort un excellent album à se procurer d'urgence, en Breton bien évidemment, qui dépote et qui décoifferait les plus solides coiffes bigouden !

C'est Gweltaz Adeux qui s'y colle pour vous faire découvrir ce projet audacieux mais vraiment bien pensé et extrêmement bien réalisé... Place a cette interview pour en savoir plus sur eux.
Dalc'hit ho krog les gars !



Pouvez vous nous parler de la création de ce projet ?
Gweltaz Adeux. Volontiers. Il émane du groupe nantais KERVEGANS. L'idée avait germé bien avant le COVID de monter un collectif avec des invités pour un répertoire reprenant d'une part des grands titres du traditionnel breton popularisé dans les années soixante-dix, des titres marquants de groupe de rock breton des années 90 saupoudrés de pépites irlandaises mais le tout joué d'une manière vitaminée. La rencontre déterminante a été le groupe du pays rennais DIGRESK dont l'efficacité et la bonne humeur ne sont plus à déterminer et auxquels se sont rajoutés Gweltaz Adeux ex-membre du groupe de rock finno-breton E.V. et Anthony Masselin sonneur chez SOLDAT LOUIS.

Comment s'est passé le choix et la sélection des participants ?
Gweltaz Adeux. Affinités, implications, adhésion ... La bonne entente et la cohésion sont les ciments d'un tel projet. A partir de là, tout se déroule plutôt facilement, même si nous sommes quinze. Le fait d'avoir deux groupes qui constituent un socle solide, des gens ayant l'habitude de travailler ensemble permet de gagner énormément de temps.

Le collectif ne comprend qu'une seule fille ?
Gweltaz Adeux. A la question, le collectif ne comprend qu'une seule fille : je répondrais :» Oui !» (ah, ah !) Jess est violoniste, chanteuse, s'occupe de la conception graphique. Un talent à elle toute seule. Elle a joué la saison dernière avec Alan Stivell et collabore à un grand nombre de projets. Elle adhère à «MORE WOMEN ON STAGE» et elle a raison. On est complètement partants.

Comment s'est passé l'enregistrement de cet album ?
Gweltaz Adeux. Il a fallu bien sûr déterminer un studio entre Nantes et Rennes et ce fut Nantes et le studio du Batiskaf, où chez KERVEGANS il y avait déjà des connections et des habitudes. Parce que Florian, le bassiste y a son rond de serviette en temps qu' ingé-son. Peut-être aussi que nous étions plus nombreux sur Nantes. Bref, ce fut un excellent choix. Nous sommes quinze, je le répète et bien entendu nous avons enregistré par pupitre. Quinze ensemble, nous ne sommes pas une philharmonie .... encore que ...
Au Batiskaf, nous avons trouvé l'écoute et un juste équilibre entre un savoir-faire, une bienveillance et le fait de dire non quand ça n'allait pas dans le bon sens. Etalé sur plusieurs mois, on a réussi à conserver une cohésion pour mener le projet à bout. J'ai un bon souvenir pour ma part des prises chants, que ce soit en individuel ou avec Jess, c'était bien motivant d'être à deux  pour chanter, notamment pour «It's a long way to the top», comme une impression de se retrouver sur scène. On s'est bien marré ! Rock'n roll !!!!



Le choix et la sélection des traditionnels ?
Gweltaz Adeux. Il y a dans le choix des morceaux d'une manière générale le reflet du C.V. de chacun, chacune ... On a tous un passé plus ou moins chargé, ah, ah !
Il y a eu une liste de 453 morceaux (peut-être un peu moins à la réflexion ....) et il a fallu piocher dedans. Blague à part, il y a des incontournables comme la Suite Sudarmoricaine, popularisée par Alan Stivell. Il me semble l'avoir chantée avec Alan à la salle de la cité naguère et de l'avoir joué en fin de set avec E.V. un peu partout en Europe avec toujours autant de succès. Il y a des titres moins évidents comme «L'avant-deux de travers» mais qui à mon avis sont tout aussi importants. C'est joué au diatonique, au violon et à la traversière. Cela fait une coupure dans un set très rock et la musique bretonne est faite de ça, d'une grande diversité et les gens adorent danser l'avant-deux.

Comment s'est passé le choix des reprises ?
Gweltaz Adeux. Il y a plusieurs niveaux : les chansons de DIGRESK, celles de KERVEGANS sur lesquelles cela a été assez facile : ils ont mis leurs tubes sur la table et on a dit O.K. . Celles d'E.V., je les avais déjà interprétées avec KERVEGANS et fonctionnaient déjà très bien. Dans le lot il y a des dingues de DROPKICK MURPHYS .... donc, on ne lutte pas ... Et vous me direz quid d'A.C.D.C. ?

La Reprise de ACDC avec "It's a long way to the top" avec un son de cornemuse  ?
Gweltaz Adeux. C'est plus qu'un son de cornemuse, C'EST de la cornemuse ! A bloc !
A l'époque d'E.V. on se servait de ce titre pour rentrer sur scène, ça me semblait aller de soi et c'est très rock. Il ne faut pas oublier que ces gars-là sont australiens mais sont nés en Écosse et ont émigré dans l'hémisphère sud... avec le biniou-bras, 'vel-just (=bien entendu). Bref, personne n'a fait la grimace. En revanche, ce qui a été une surprise, ce sont nos deux voix à Jess et à moi qui se mariaient très bien. Je ne vous dirai pas à la perfection, parce que l'on sait rester modeste dans ce collectif .... enfin, vous me comprenez ...

En mélangeant les chants du traditionnel Bretons Irlandais Ecossais et Francais y a t-il un choix de réunion ?
Gweltaz Adeux. Le mélange de langues c'est la base en Bretagne. De Nantes, nous sommes à 500 km de Londres. Il y a le breton, le gallo, le français ... Un peu de diversité ne saurait nuire et ça permet d'avoir un grand nombre de chanteurs, on est au moins six à chanter en voix principale plus les choeurs. C'est super !

Quels sont les projets B.R.E.T.O.N.S à venir ?
Gweltaz Adeux. Gala, gala, gala ! (ah, ah !) Aujourd'hui c'est ce qui est le plus important et c'est la meilleure des promotions. On essaye de rattraper le temps perdu avec le COVID puisque l'on était déjà prêts en février 2020 et que l'on avait six dates à faire. On reprend la main. La date du 8 avril à Maure, s'est très, très bien passée. On est très motivé et le public nous le rend bien. Que demande le peuple ?

Avec ce un premier opus peut-on vous voir en tournée ?
Gweltaz Adeux. Nantes à Stéreolux le 29 avril. À Vitré le 17 mai pour la Saint Yves, Gouel Breizh; Fètt de la Bertègn, A Lampaul-Plouarzel le 26 mai.
Un grand festival très connu en juillet dans la préfecture de Charente-Maritime, mais je n'ai pas le droit d'en parler, la date n'est pas encore totalement arrêtée, mais cela ne saurait tarder.
Le lundi 14 août à St Sulpice des Landes (35) « Festival des Cons».
Mais on peut nous suivre sur les réseaux sociaux, B.R.E.T.O.N.S le groupe.

Quelque chose à rajouter ?
Gweltaz Adeux. Achetez deux Cds (ou bien le vinyl) parce que vous allez user le premier très rapidement et venez nous voir en concert, vous ne serez pas déçus. On espère que vous aurez autant de plaisir à prendre que nous autres sur scène.
Ken ar c'hentañ ! (à la prochaine).
A bientôt,


Thierry CATTIER 
Photos DR