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dimanche 10 mai 2020

INTERVIEW // Chemical Sweet Kid // Sortie CD "Fear Never Dies" Novembre 2019.




Aujourd’hui, nous avons rendez vous avec Julien Kidam, fondateur, compositeur et chanteur du groupe pour cette petite interview.
Tout d'abord après la sortie de ce 5ème Album "Fear Never Dies" sorti fin 2019, pouvez-vous nous raconter votre parcours à chacun ?  Votre rencontre et comment s'est passée la formation du groupe ?

Julien Kidam. Le groupe a eu quelques changements cette dernière année. Gautier a remplacé Kora au clavier et notre guitariste Nico a quitté le groupe fin 2019. Il a été remplacé par Yann depuis peu.
J’ai rencontré Gautier il y a quelques années lors d’un festival gothique en Allemagne.
On a tout de suite accroché et, bien que l’on vive à environ 400 km l’un de l’autre, nos chemins n’ont cessé de se croiser et une amitié s’est créée.
Quant à Yann, j’ai fait sa connaissance il y a une vingtaine d’années lorsqu’on officiait dans l’univers des Rave Party.
Il vit aujourd’hui à Berlin et, alors que je cherchais un guitariste pour remplacer Nico, un ami commun nous a booké avec nos projets respectifs pour la même soirée.
N’ayant plus de guitariste, je ne pouvais pas assurer la date.
Il en a parlé à Yann qui, plus que motivé, s’est proposé pour jouer dans le groupe.

Comment créez-vous vos compositions ?
Julien Kidam. Je compose la musique seul en studio, j’écris les paroles et j’envoie ensuite le morceau à notre guitariste pour qu’il y apporte sa touche personnelle.
Le line-up ayant évolué, il est possible pour les prochains albums qu’on ait une approche différente. A voir.

Entre la réalisation du 1er album "Tears Of Pain" en 2011 et celle de votre dernier "Fear Never Dies" comment analysez-vous l'évolution et votre manière de travailler a-t-elle beaucoup changé ?
Julien Kidam. Tears Of Pain est sorti en 2011. Ce premier opus était très électro et l’évolution la plus flagrante est bien sûr l’ajout de guitare. Au fur et à mesure des albums le son est devenu plus rock, plus métal. 
Tout au long de ces années, je n’ai cessé de travailler tant au niveau du chant qui est maintenant plus sûr, plus puissant, que de la production des morceaux.
La manière de composer, quant à elle, est toujours restée la même.

Pouvez-vous nous en dire plus sur vos influences musicales à chacun ?
Julien Kidam. Nous avons chacun nos préférences mais nous avons tous été bercés par l’indus, le rock et l’électro.

Concernant les éléments graphiques (pochette ou clips), accordez-vous une grande importance à mettre en valeur ce coté sombre, comment y travaillez-vous et comment se passe le choix des collaborations pour leur réalisation ?
Julien Kidam. Je pense que l’univers graphique qui entoure le groupe doit refléter la musique, à moins, bien sûr, de vouloir volontairement prendre le contre-pied.
C’est tout naturellement qu’une certaine noirceur s’intègre aux éléments graphiques, j’ai du mal à voir les choses autrement.
Pour ce qui est des lyrics videos, c’est Gautier qui s’est chargé de la réalisation et du montage. 
Concernant les clips, c’est un peu plus complexe.
J’ai déjà travaillé avec plusieurs réalisateurs, toujours rencontrés par le biais du bouche-à-oreille.

Comment définiriez-vous le style de votre musique ?
Julien Kidam. Je dirais que c’est de l’industrial electro rock. Un mélange d’indus, d’électro et de rock, à la croisée de Combichrist, Marilyn Manson et Rob Zombie.

Avec les problèmes liés au Covid 19, comment envisagez-vous les dates de concerts à venir ?
Julien Kidam. Notre tournée devait commencer le 14 mars en Suisse, quelques jours avant que le confinement soit  déclaré en France. Cette date a été reportée à fin décembre car les frontières Suisse ont été fermées la veille. Une quinzaine de dates ont ensuite été repoussées en 2021 et, si tout se passe bien, on devrait reprendre les concerts à partir de début octobre. En espérant que d’ici là, tout soit rentré dans l’ordre.

Si vous deviez définir vous-même "Chemical Sweet Kid" quelle serait votre phrase ou devise ?
Julien Kidam. Ne crée pas aujourd’hui tes regrets de demain

Comment vivez-vous cette période de confinement ? Plutôt une introspection artistique ou un retour à la vraie vie ?
Julien Kidam. C’est un mélange des deux. Pour ma part, je le vis assez bien.
Ayant la chance d’avoir un home studio confortable à la maison, je passe l’essentiel de mon temps à composer.
Le reste du temps, je passe des moments en famille.

Pour finir, si vous ne deviez conserver que 3 choses : un disque, un film, et un 3ème choix ? Votre sélection et pourquoi ?
Julien Kidam. Un disque : Probablement une compil’ regroupant certains morceaux de mes artistes favoris que j’aurais sélectionnés. Trop difficile de n’en retenir qu’un. Et pourquoi se cantonner à un seul style alors que nos humeurs varient ?
Un film : The Crow.  J’ai vu ce film alors que j’avais 13 ans. Il m’a profondément marqué et il est certainement à l’origine de la noirceur de CHEMICAL SWEET KID.
Un 3e choix : Un ordinateur pour pouvoir continuer à composer mais aussi pour visionner le film et écouter le disque !


Chemical Sweet Kid
Album : Fear Never Dies
Date de sortie : 15 Novembre 2019
Label : Trisol Musique Group
Genre : Musique Alternative / Indé

Th Cattier  

 

samedi 22 février 2020

BLIND GUARDIAN (André Olbrich) // Interview // Novembre 2019.


BLIND GUARDIAN version Twilight Orchestra est de retour avec "The Legacy Of The Dark Lands" un album qui va surprendre tout le monde même si nos teutons en parlent depuis plusieurs années et certainement désarçonner quelques fans purs et durs, imaginer un opus sans guitare, sans basse et sans batterie de quoi en étonner plus d'un.
Un rêve devenu réalité sur lequel ils on travaillé près de 23 ans ! Un projet ambitieux et complexe toujours fortement inspiré par de l’univers de l’Heroic Fantasy, démesuré qui prouve à quel point nos teutons ont du talent à revendre !
L'arlésienne n'est plus et l'opus est bien là et s'avère comme un événement en soi .
On ne peut qu'être qu'impressionné devant le travail titanesque réalisé par André Olbrich et Hansi Kürsch qui ont intégralement composé cet opus gargantuesque .
Peu de formation ont acquis cette dimension qui leur permet de s'aventurer dans un projet classique aussi colossal qui s'éloigne autant de leurs racines car on est à des années lumières du Métal.
Ici il s'agit d'un véritable album classique ou ne figure que l’orchestre Filmharmonic de Prague dirigé par Adam Klemens (Déjà sollicité par BLIND GUARDIAN sur Beyond The Red Mirror) et le chant de Hansi Kürsch qui semble littéralement possédé par l'histoire ici narré qui est la suite du roman de Markus Heitz Die Dunklen Lande (Les Terres Sombres) paru quelques mois plus tôt . Il faut pour rentrer dans cet opus une grande ouverture d'esprit même si la touche BLIND GUARDIAN est toujours présente notamment grâce aux parties vocales proprement hallucinantes de Hansi Kürsch qui prouve qu'il est bien plus qu'un chanteur de Métal.
Certainement la grande révélation de "The Legacy Of The Dark Lands" tant son talent inonde chaque morceaux de cet opus par son chant magnétique et envoutant soutenu par des chœurs surpuissants.
Du grand art ! Chapeau bas Mr Hansi ! Au final douze morceaux auquel s'ajoute douze interludes narratif enregistrés par des acteurs britanniques.
Un seul mot vient à l'esprit devant cet œuvre épique et grandiloquente Respect !
C'est avec André Olbrich un des géniteurs de Orchestra "The Legacy Of The Dark Lands" que votre serviteur à pu s'entretenir pour découvrir et comprendre la genèse d'un tel projet qui frise la mégalomanie et s'avère être l'aboutissement de leur plus grand rêve créatif.
Un entretien sympathique avec un guitariste sur de lui et très fier d'avoir enfin pu venir à bout de cette œuvre titanesque qui fera date dans l'histoire de BLIND GUARDIAN à n'en pas douter ! Magnéto André c'est à toi !
 



Quel souvenir gardes tu de votre dernier concerts au Hellfest le 19 Juin 2016 ?
André Olbrich. Évidemment, le Hellfest est toujours quelque chose de spécial.
C’est incroyable de constater que ce festival s’est si bien perfectionné et est devenu le premier festival au monde.
J’ai vraiment pris du plaisir à jouer.
La vue de la scène est incroyable.
Je n’oublierai jamais ce moment.

Vous avez aussi fait aussi une tournée européenne en 2016-2017 ?
André Olbrich. Ce fut une tournée spécialement réussie.
Parmi tous les festivals, Wacken a été une très bonne expérience.
Le point culminant est de voir se rassembler soixante-dix mille fans.
Nous avons adoré la tournée.
Il y a eu beaucoup de concerts à travers le monde.
Nous avons joué dans plus de soixante pays et avons donné cent cinquante concerts ensemble.
Je suis content que tout se termine, de tous ces voyages et d’être enfin de retour à la maison.
C’est aussi une joie.

Le groupe n'a plus donné de concerts depuis deux ans. Est ce que le fait de ne plus jouer sur scène t'as manqué ?
André Olbrich. Oui d’un coté tu adores rester à la maison, être cool et créatif.
En revanche l’ambiance sur la scène te manque.
Durant les périodes d’écritures j’assiste à des festivals et des spectacles dont je suis réellement fan.
Comme ça je peux faire les deux. [Rires]

Est-ce qu’il y a un concert qui t’as impressionné ?
André Olbrich. Oui. J’adore revoir SLAYER lorsqu’ ils ont annoncé leur tournée d’adieu.
Je les ai vus deux fois.
L’année dernière j’ai assisté au dernier concert d’Ozzy Osbourne en Allemagne.
C’était aussi très impressionnant avec Zakk Wild qui est un de mes guitaristes préférés.
J’ai vu tellement de show.
Egalement impressionné par SHINEDOWN que j’ai vu au Japon et à Cologne.
Très bon groupe, une performance sur scène exceptionnelle.
Pour cette année il y a eu SLIPNOT qui a fait un concert énorme au niveau des lumières.
J’ai vu tellement de concerts. Pas loin d’une centaine. [Rires]

Le nouvel album s’intitule «  Legacy Of The Dark Lands ». Est que tu te rappelles du moment où l'idée de ce concept est née ?
André Olbrich. Oui c’était en 1996. Nous enregistrions l’album « Nightfall in Middle-Earth » avec Hansi.
Nous avions dans l’idée de faire quelque chose à la Tolkien comme le seigneur des anneaux.
Je voulais connecter notre musique à ce monde fantastique.
J’ai commencé les instruments orchestraux et immédiatement cela se rapprochait d’une bande sonore.
Je l’ai adressé à Hansi et son chant n’avait rien à voir avec celui de BLIND GUARDIAN.
Nous savions que nous avions accouché d’un magnifique concept.
Hansi chantait avec différentes voix incarnant des personnages et mes compositions étaient plus centrales.
C’était tellement bien que nous avons réalisé que ce serait dommage de n’avoir qu’un seul titre.
Nous devions écrire plus de titres brillants comme celui-ci pour faire un album.
Depuis cet instant nous nous sommes mis à l’écriture des chansons et aussi de rassembler plus de matériels. 


Comment te sens-tu maintenant que le projet est terminé ? Le rêve se réalise.
André Olbrich. Oui, le rêve devient réalité.
Je me sens soulagé parce qu’il y avait beaucoup de risque que ce projet ne voit pas le jour.
Heureusement tout à fonctionné.
Maintenant j’aimerais avoir le ressenti, le retour d’informations des fans.
J’étais curieux à l’idée de les présenter à quelqu’un et de savoir s’ils aiment, s’ils accrochent.
Quand tu réalises ce genre de projet à première vue tu le fais pour toi.
Tu n’as aucun moyen d’avoir la réaction de tes fans.
Finalement on va pouvoir avoir leurs réactions sur les réseaux sociaux.

Est ce que tu penses toucher un plus large public autre que les fans habituels de BLIND GUARDIAN ?
André Olbrich. Je ne crois pas que l’on va atteindre tous les fans de métal.
La raison en est que certains fans ne sont pas du tout impliqués dans la musique classique.
Je suis un joueur de fantastique : un geek.
Cette musique s’y prête complètement ainsi que pour les fans de livres fantastiques.
Hansi a toujours été un fan.
Il lisait des livres tous les jours.
Pour tous ceux qui aiment le fantastique c’est peut-être le genre de musiques probablement recherché.
C’est la musique parfaite pour les fans de fantastiques et il y en a tellement comme la série "Game of Thrones".
Cette série a énormément de followers ou encore le seigneurs des anneaux de Tolkien.
Je joue à des jeux comme "World of Warcraft" ou "Final Fantasy".
Donc il y a plein de gens qui ont pour décor le fantastique. Nous leur fournissons la musique.

Est-ce que tu penses que «  Legacy Of The Dark Lands ». pourrait devenir la bande son d'un film ?
André Olbrich. Je crois qu’il y a une possibilité.
La musique sans les chants est formidable comme musique potentielle de film.
On peut aussi penser à des corporations comme les films ou un jeu.
C’est tout à fait probable. Notre but est de jouer cette musique sur scène.
Nous pensons sérieusement à des producteurs.
Un endroit spécial pour créer un grand événement, et amener un orchestre au complet sur scène.

Il y a douze titres et douze interludes. Comment as-tu travaillé sur ces partitions ?
André Olbrich. Lorsque j’ai commencé à travailler, j’ai tout programmé sur l’ordinateur en utilisant des échantillons de chansons et des bibliothèques de sons.
C’était un grand défi d’apporter les partitions que tout l’orchestre allait pouvoir jouer.
Nous avons trouvé un gars super, Matthias Ulmer (Ndr : Le claviériste du groupe de Rock Progressif ANYONE'S DAUGHTER) qui a travaillé avec nous sur ce projet.
Le plus grand défi est d’avoir un vrai joueur de talent.
Quelqu’un de magique et nous ne voulions pas perdre cela.
Le son codé est très difficile à reproduire par un orchestre humain.
Nous devions travailler très prudemment sur le programme pour créer les mêmes sensations et garder le même esprit que nous trouvions dans la composition originale.
Nous avons travaillé très dur.
Il y avait aussi le chef d’orchestre (Ndr : Adam Klemens) qui vérifiait le programme et jusqu’où pouvait aller ses musiciens pour jouer.
Nous sommes allés très loin dans le détail pour obtenir ce résultat.

Pour la composition, tu n’écrivais pas les chansons sur papier, tout était dans ta tête.
André Olbrich. Oui c’est vrai. Je n’ai pas étudié l’orchestration et n’ai rien écrit sur papier.
Pour moi c’est plus simple de le faire en enregistrant mes compositions.
J’ai un studio et mon ordinateur. Je joue soit sur l’un soit sur l’autre.
Je joue aussi mes mélodies à la guitare, je programme de la batterie ou des instruments d’orchestre.
Je programme les sons dont j’ai besoin pour créer une chanson.
Plus tard je peux tout réarranger dans mon système.
Dès que la chanson est finie Hansi chante et la rejoue pour répéter.

As-tu enregistré beaucoup plus de chansons que les douze titres ?
André Olbrich. Nous avons enregistré plus de chansons.
Nous avons trois ou quatre morceaux qui ne sont pas sortie.
La semaine dernière, j’en ai écrite une autre.
Peut être à l’avenir nous continuerons à travailler avec du matériel d’orchestre.
Nous avons l’option de continuer le side project et de faire un nouvel album.

Espérons que tu ne vas pas le sortir dans vingt ans. Rires !
André Olbrich. Rires ! Non. Pas dans vingt ans car nous avons appris à le faire. Nous avons l’équipe de production et le bon orchestre.
On peut le faire beaucoup plus vite. [Rires]
Nos fans n’ont pas à avoir peur d’attendre le prochain album.
 

Markus Heitz est un auteur de livres de fantasy, horreur et science-fiction allemand comment l’as-tu découvert ?
André Olbrich. Au début nous voulions travailler avec comme base Tolkien( Ndr : J. R. R. Tolkien, est un écrivain, poète, philologue, essayiste et professeur d’université britannique auteur du Le Seigneur des anneaux ), mais vu le succès incommensurable du film et du merchandising nous ne voulions pas que nos fans croient que c’était une occasion supplémentaire de faire du business et générer du profit. Nous avons pensé que notre musique se suffisait à elle-même.
Alors nous avons pensé que ce serait encore mieux de trouver un nouvel auteur qui puisse travailler pour nous.
Hansi a cherché et trouvé Markus qui avait la plus belle écriture. Hansi l’a contacté.
Il nous a révélé que c’était un grand fan de BLIND GUARDIAN depuis ses débuts.
Nous l’avons invité dans notre studio, présenté les démos qu’il a apprécié.
Il a dit qu’il écrirait un autre livre pour nous.
A partir de là Hansi et Markus ont travaillé ensemble en regardant l’histoire de près.
La musique était déjà prête.
Nous avions besoin d’éléments d’histoire qui conviendraient à l’émotion et au dramatique en termes de construction des chansons.
Hansi lui a expliqué par exemple ce qu’il attendait d’un morceau lié à un chant de bataille ou à des émotions à un certain moment devant apparaître dans la narration.
Il a donc créé ce superbe roman qui est le préquelle de cet univers.
Hansi a construit les paroles où le livre se termine. C’est le concept de l’histoire.

Comment Hansi as t’il travaillé au niveau de l'enregistrement de l’album ? Etait ce différent de BLIND GUARDIAN ?
André Olbrich. Oui ce fut un défi pour lui et lui a ouvert une nouvelle dimension en tant que chanteur.
Il a tellement appris en travaillant avec l’orchestre et a découvert l’éventail de ses possibilités.
Il peut chanter dans une plus large gamme que dans un groupe de métal.
Dans ce type de formation tu as les guitares qui sont toujours dans la même dynamique.
Hansi doit toujours chanter plus fort que les guitares.
Dans un orchestre symphonique les possibilités sont plus grandes.
Il peut chanter très bas, dans toutes les gammes de fréquence jusqu’à entendre tous les petits détails.
Il doit améliorer sa propre qualité vocale pour s’entendre avec l’orchestre.
Ce qu’il a fait est brillant parce que de mon point de vue c’est la meilleure performance qu’il n’est jamais faite.


Est ce que cela aura une influence sur le prochain album de BLIND GUARDIAN ?
André Olbrich. Oui, il y a déjà une influence sur BLIND GUARDIAN avec toutes ces expérimentations et l’orchestre. J’étais capable d’écrire en fonction de l’orchestre.
C’était réalisable car nous avions déjà l'expérience d'avoir travailler avec un orchestre.
Donc on pouvait travailler en fusion avec notre groupe de métal.
Cette expérience sera bénéfique pour BLIND GUARDIAN.
Les voix et les arrangements sont devenus plus complexes et plus intéressants depuis toutes ces années.
J’ai beaucoup appris ainsi qu’Hansi.

Quel a été ton rôle en tant que guitariste sur un album sans guitare ?
André Olbrich. Facile, car je voulais que cet album soit uniquement constitué d’un orchestre brut.
Bien sur il y avait des idées de jouer des parties de guitares mais j’ai refusé.
Cet album doit être fait avec orchestre brut. Nous l’avons déjà fait dans BLIND GUARDIAN car nous sommes un groupe de rock et ce n’est pas nouveau.
Nous avions aussi fait des titres épiques comme « Wheel of Time » et « And Then There Was Silence » avec des guitares Heavy mais jusque là rien de neuf.
Avec des guitares lourdes et la batterie on ne sait pas ce qu’aurait été le résultat final.
Nous gardons cela pur et c’est ce qui fait toute la différence.
C’est pour cette raison que la guitare ne m’a pas manqué.

J’ai lu que le mixage des pistes a été très compliqué. Plus de cinq cents pistes à mixer c'est énorme !
André Olbrich. En fait je ne sais absolument pas combien de pistes ont été nécessaires.
Charlie Bauerfeind est le superviseur de la mise en place et de la technique.
Nous nous trouvions dans une situation confortable où l’on pouvait faire tout ce qu’on voulait à coté de l’orchestre.
Enregistrer est ce que nous avons fait. Nous enregistrions dans notre propre studio.
Nous avions trouvé un bon système et Charlie fait toujours les choses dans l’état de l’art des techniques d’ingénieur du son.
Ce n’était pas un problème pour nous car nous n’étions pas concernés par ce genre de problème technique. Tu ne penses même pas aux pistes.
Les choses sont faites de la manière dont elles doivent être faites.
Si tu dois enregistrer l’orchestre et que cela te demande cinquante micros alors tu utilises les cinquante micros.
Tu ne te poses pas la question si c’est trop ou pas assez.
La question ne se pose pas en ces termes.
Le nombre de piste n’est pas à propos et c’est hors sujet.
Peu importe le nombre de micros, il y a un moment ou tu dois te dire que c’est bon.
Si tu penses qu’il faut monter le son tu le fais, c’est tout ce dont tu as besoin.

Pourquoi avoir choisi le premier single  « Point Of No Return », un titre qui dure sept minutes ?
André Olbrich. Toutes les chansons sont très longues. [Rires]
Il n’y a aucune chanson prévue pour la radio.
Nous avons choisi ce titre pour une entrée facile à écouter pour ceux qui sont habitués au Heavy Métal. Cette chanson n’est pas si épique et si difficile à écouter par rapport aux autres.
Certaines chansons sont plus exigeantes car il y a plus de choses qui se passent.
« Point Of No Return » est basé sur le rythme et sur une partie de refrain épique.
Nous pensions que c’était une bonne entrée en matière pour nos fans de commencer avec ce genre de musique. C’est pour cette raison que nous l’avons choisi.
«  Dark Cloud's Rising » est un morceau rock progressif. Est ce que vous aviez ce titre en tête ?
André Olbrich .Non c’est la seconde chanson que nous avions écrite.
Ce sont les émotions du monde de Tolkien.
Cette chanson je l’ai écrite en pensant à Hobbiton, le village Hobbit avec les petites maisons et les petites fenêtres.
C’est ce que j’avais en tête quand j’ai écrit la chanson.


 

Lorsque tu compose des morceaux est ce qu'il t'arrive de penser a un film ou une série ?
André Olbrich. Oui peut être. Plus comme une histoire. Quand je joue à mes jeux, j’imagine la musique que j’aimerais écouter, les décors de fantasy, les films ou les histoires. J’essaie d’aller profondément dans un monde aux circonstances qui pourraient être dangereuses ou confronter à des problèmes. Par exemple en traversant les bois ou  un monde magique apparaît ou tu verrais des elfes marcher autour. Je suis un nerd du fantastique.

Que souhaiterais tu dire de spécial à propos de cet album ?
André Olbrich. Je sais bien que nos fans sont des « metalleux ». J’espère que nos grands fans donneront à cet opus une chance. Il peut t’ouvrir un autre monde, une autre couleur vive dans un arc en ciel et t’apporter quelque chose de bon. Si tu essaies, j’espère que tu aimeras écouter cet album autant que nous avons aimé le créer.

 

Paris Novembre 2019.
Pascal Beaumont 

 

dimanche 8 décembre 2019

ELECTRIC MARY (Rusty Brown) // Interview // Album Mother Novembre 2019.


ELECTRIC MARY le retour des australiens qui sont les dignes héritiers des acolytes des groupes comme ACDC, ou ROSE TATOO (pour ne citer que les plus connus).

La dureté et la chaleur du climat impose sans aucun doute un rock pur et dur. Ces australiens sont de retour avec ce quatrième opus intitulé « Mother ».
La recette d’ELECTRIC MARY est de nous livrer du hard rock des années 70 si spécifique et loyal de ces années alliant de la sueur, riffs électriques et solos de guitare, du groove et de la puissance.

Le tout produit avec de l’engouement et du plaisir. Tout comme la nouvelle génération inventive de ce bon vieux rock’n’roll à la DEAD DAISIES ou TYLER BRYANT. ELECTRIC MARY ont fait des émules en France et en Europe.

Le secret : une notoriété acquise par des shows d’une énergie et d’une générosité sans égale qui a fait le tour de l’Europe avec notamment des concerts avec des plus grands noms du hard rock tel que WHITESNAKE, KISS, MOTORHEAD.
Tout est dit ou presque avec la devise du chanteur charismatique Rusty Brown, fer de lance du groupe qui inscrit sa devise au panthéon hollywoodien avec ce "ROCK 'N' ROLL- The way it used to taste".

A la rencontre de ce personnage haut en couleur, car  ne vous fiez pas aux apparences trompeuses, derrière cette façade abrupte se cache un type au cœur tendre.

Fier et désireux de faire partager sa musique au plus grand nombre et sa passion du hard rock. Pour clore la dernière date de la tournée triomphale européenne "The Gimme Love World Wild Tour 2019" se terminant ce soir à Paris, il faudra encore du souffle et tout donner pour un lâcher prise.

En plus que peut-on rêver de mieux que de parachever la tournée avec un album faisant l’unanimité au niveau de la critique considéré comme un MUST ou chef d’œuvre.

Rusty est une force de la nature : un véritable showman, imprévisible car toujours prêt à nous surprendre dans le vif ou la dureté comme dans la sensibilité.
Très humblement et en toute  simplicité, il nous livre ici ses impressions sur la tournée, ses fans, le succès de son dernier album et bien sur la musique.
C’est avec le plus grand plaisir que nous découvrons ensemble ce grand humaniste des temps modernes qui s’est forgé lui-même l’expérience du rock acquise au fil des années.


Vous souvenez de votre dernier concert à Paris ? Comment c’était ?

RUSTY BROWN. Oui c’était en 2016, je ne me rappelle pas complètement le nom.
Ce dont je me souviens c’est que cela se passait sur une péniche.
C’était le Petit Bain. J’ai adoré cet endroit. Et nous avons aussi joué au Divan du Monde.

Pour cette tournée européenne tu as joué avec SKID ROW, groupe des années 80. Comment ça s’est passé ?

RUSTY BROWN. Nous ne les avions jamais rencontrés auparavant. Les deux guitaristes nous ont observés au soundcheck.
La réaction a été immédiate et ils se sont véritablement enthousiasmés.
Effectivement ils ne nous connaissaient pas et ne nous avaient jamais vus auparavant.
Ils étaient aussi très bons. Nous sommes restés pour les voir jouer.

Est-ce que vous êtes toujours en contact avec eux ?

RUSTY BROWN. Oui, avec le guitariste Scotti Hill.

Pourquoi avoir choisi ce slogan sur votre site « ROCK 'N' ROLL- The way it used to taste »
Pensez vous que le rock est mort ?


RUSTY BROWN. Non je ne dis pas cela. A l’époque lorsque j’ai commencé le groupe, je voulais créer un groupe que nous aurions voulu faire adolescent.
Avec des guitares solos, des solos de batteries. Enfin peu importe tout ce qui se faisait à l’époque.
C’est ce que représente la musique d’aujourd’hui.

Quelles sont vos racines et influences musicales ?

RUSTY BROWN.
Mes influences musicales sont essentiellement DEEP PURPLE.
Du rock. Mes racines c’est le blues. C’est de là d’où je viens.
J’aime une multitude de styles de musique. Mais c’est le rock que je préfère avant tout.

Quels sont les groupes que vous écoutez aujourd’hui de la nouvelle génération (TYLER BRIANT. DEAD DAISIES) entre autres ?

RUSTY BROWN.
TYLER BRIANT, notre guitariste les connaît bien. C’est le fils du guitariste d’AEROSMITH, Graham Whitford .
J’écoute RIVAL SONS. DEAD DAISIES aussi, ce n’est plus John Corabi au chant mais Glenn Hughes, et Marc Mendoza qui a aussi quitté le groupe.   

Concernant ce nouvel album, les critiques sont unanimes. C’est un chef d’œuvre.

RUSTY BROWN. Oui, nous avons travaillé d’une manière complètement différente.
Nous avons passé beaucoup plus de temps sur celui-ci. Nous avons écrit séparément.
Nous avons apporté le fruit de notre travail au groupe.
Quand nous sommes entrés en studio, nous avons demandé à chacun de nous ce qu’il en pensait (à part moi).
C’est venu naturellement. Cet album est la collaboration de tout le groupe.
Cela a donné un bon rendu. Force est de constater que cela a bien fonctionné.

Comment s’est passé l’écriture de l’album aux paroles minimalistes sur les thèmes de l’amour ou du désespoir ?

RUSTY BROWN. A chaque fois que nous entrions en studio, je prenais le temps de penser à l’écriture. Et surtout de  ce que j’allai pouvoir dire.
Je voulais être sur que les paroles serait éternelles.
Quand j’écrivais, à chaque instant je me demandais si les paroles pouvaient signifier quelque chose éternellement.
Concernant les paroles mes idées étaient beaucoup plus conséquentes en termes de réflexion cette fois ci.
Cela veut dire aussi que tout le monde y a mis du sien.
C’est un peu comme un vote, si ça ne convient pas on passe à l’idée suivante.




Pourquoi se limiter seulement à huit titres ? Il y aurait pu en avoir plus.


RUSTY BROWN. Il s’agit de la longueur du temps d’écoute.
Nous voulions concevoir un album de cette façon, comme c’était l’habitude de le faire dans les années soixante dix, voire soixante.
Le temps d’écoute pour un album, c’est à peu près trente cinq minutes ou quarante minutes.
C’est tout ce que nous voulions faire et c’est le seul but recherché.
Malheureusement les fans en Australie ne sont pas si bons.
Ils écoutent une chanson puis en écoute une autre puis une autre.
Autrefois tu écoutais un album, tu t’allongeais dans un fauteuil pour être bien relax et tu écoutais tout. Tu n’allais pas te lever pour changer de morceau, ou ne plus l’écouter.
Maintenant c’est différent.
C’est pour cette raison qu’on a voulu faire cet album comme nous le voulions.

Combien de temps a-t-il fallut pour sortir ce nouvel album ?

RUSTY BROWN. Cela a pris beaucoup de temps.
Et aussi encore du temps de trouver un nouveau batteur, malgré le fait que l’on le connaissait déjà. Nous avons bien sur fait des essais.
C’est une longue histoire, je ne vais pas m’attarder dessus.

L’audience en France compte 18000 fans sur Facebook.  Êtes-vous surpris de la  popularité en France et aussi en Europe ?

RUSTY BROWN.  Le public qui vient nous voir a beaucoup d’amour et de passion pour la musique d’ELECTRIC MARY.
Nous avons eu de grands moments dans tous les endroits où nous avons joués en France, en Italie, en Allemagne et en Angleterre.
Il n’y a pas eu un moment spécial spécifique. Les gens viennent pour écouter la musique d’ELECTRIC MARY.
C’est juste la passion qu’ont tous ces gens d’écouter notre musique. C’est la musique qu’ils veulent entendre et c’est du rock ‘n’ roll. Et le rock ‘n’ roll exprime de la passion.

Dernière date de la tournée européenne à Paris, c’est un peu triste, non ? Qu’allez-vous faire après ?

RUSTY BROWN. On va rentrer à la maison pour se reposer. Retour en Australie pour passer Noel.
Ensuite nous repartons en tournée avec ROSE TATOO, STONED TEMPLE PILOTS, LIVE, BUSH. STONE TEMPLE PILOTS fait la première partie.
C’est un groupe américain. Nous faisons cette tournée dans le but d’avoir une plus grande audience, et un plus large public.

Il y a eu des titres  dans le classement des Top 100  avec « Let me out » et « Stained » Est ce que ça a changé quelque chose pour vous ?


RUSTY BROWN. Oui car nous avions cinq batteurs et trois guitaristes.
Bien sûr pas en même temps, mais ce qui a fait qu’à chaque fois il fallait recommencer depuis le début. Cela fait seize ans que nous nous connaissons et sommes dans le métier.
C’est vrai que l’accueil de l’album est unanime.
Mais ce sont des années de labeur et de remises en question.

C’est un peu comme le retour de David Coverdale avec l’album « Purple ».
Il ne pensait pas que les fans seraient unanimes en écoutant des anciennes chansons de DEEP PURPLE. Il enchaina avec l’album «  Flesh & Blood ».


RUSTY BROWN. Oui c’est exactement ca !  Il est revenu au «vieux » WHITESNAKE, plus blues. Les autres albums de WHITESNAKE étaient plus métal voire plus séduisant dans les années quatre vingt.
Maintenant il est revenu aux fondamentaux : le blues.

Est-ce que vous aimeriez faire des reprises ?

RUSTY BROWN. Non. Nous en avions fait une fois « Helter Skelter » des Beatles.
C’est ce que nous faisions auparavant en France. Mais on n’en fait plus.
Des gens comprendront pourquoi on n’en fait plus et comprendront ce que nous faisons.
Donc pas de reprises et de surprise pour ce soir.

Pourquoi avoir choisi une tournée européenne à défaut d’une tournée américaine ?    

RUSTY BROWN. Tu peux conduire deux heures et arriver dans une autre région ou pays.
Conduire encore une heure et être dans une autre région ; tu joues avec des gens différents, avec d’autres cultures.
Aux USA tu ne parles qu’aux autres américains. Les USA sont un grand état tout comme l’Australie. Vingt quatre heures de voyages.

Iriez-vous aux USA ?

RUSTY BROWN. Non car nous prenons du plaisir de notre succès en France et on continue à travailler.

Y a-t-il un nouvel album en préparation ?

RUSTY BROWN. Je ne suis pas très sur. Nous en reparlerons à notre maison de disque, quand nous serons de retour en Australie.

Depuis toutes ces années vous travaillez de votre propre chef ; en tant que chanteur avez vous pris des cours de chant ?

RUSTY BROWN. Non. Peut être que j’ai pris des leçons en écoutant Coverdale sur cet album [Rires].Un professeur parfait, comme Paul Rodgers.

Est ce que vous préférez jouez dans des stades ou des petites salles de concert ?

RUSTY BROWN. Ça m’est égal. Que ce soit cinquante ou cinq milles personnes.
Les petits endroits c’est plus sympathique car c’est plus intime. Les réactions sont immédiates.
Pour les plus grands stades c’est plus compliqué.
Mais peu importe on y va de toutes façons. Nous jouons dans les cafés comme celui de ce soir.

Quels ont été vos meilleurs et pires moments?

RUSTY BROWN.  Il n’y a pas de mauvais moments. Mon meilleur souvenir est avec WHITESNAKE à Paris en 2009.
C’est mon meilleur souvenir ! Et ensuite le Hellfest en 2010, avec KISS, MOTORHEAD, ALICE COOPER, AIRBOURNE.
Un peu de stress, car c’est un moment spécial. Il faut répondre présent à ce moment là.
Tu dois tout donner à cet instant. Nous donnons tout ce que nous avons dans les tripes tout le temps et ce à chaque fois. Tu le verras ce soir en live.

Que souhaites-tu dire aux fans français et aussi à ceux qui ne te connaissent pas encore ?

RUSTY BROWN. Comme je te le disais c’est du rock n roll, "la façon dont ça se faisait, la façon dont ça avait le goût".
Pour tous ceux qui nous supportent depuis cinq ans déjà et que nous revenons jouer à Paris, nous voulons remercier tout le monde.
Continuez à nous soutenir et d’écouter notre musique.

Quel est le nombre de « followers » que vous souhaiteriez avoir sur Internet ?

RUSTY BROWN. Cinq millions nous irait parfaitement. [Rires]



Paris 30 Novembre 2019
Laurent Machabanski.