dimanche 18 juin 2023

LAURENT VIEL // INTERVIEW // L’Homme Femme - Juin 2023.

 



C'est un spectacle très intime issu de votre dernier album « L’Homme Femme » où vous vous livrez beaucoup. Un besoin sans doute ?

Laurent VIEL. Effectivement tout est parti de l’envie de réaliser un album et de donner une couleur pop électro à des chansons de facture assez classique, ce qu’on appelle de la chanson française. Il n’y avait aucun autre désir.
Ce spectacle s’est imposé à moi par la suite et c’est la première fois que cela m’arrive à ce point. D’habitude je monte un spectacle sur tel répertoire ou tel propos. Mais là c’est lui qui menait la danse et c’était très agréable. Visiblement il avait des choses très intimes à me faire raconter.

Comment avez-vous construit cet objet artistique ?

Laurent VIEL. C’est une aventure collective et j’ai eu de beaux artistes pour m’accompagner. Tout d’abord Isabelle Aichhorn qui s’est immergée avec talent et générosité dans cette singulière aventure.
Sous son regard nous avons suivi ce fil et compris qu’il fallait repartir à la source de mon parcours artistique qui se trouve dans la chambre du petit garçon que j’étais, où tout a commencé pour moi, et se laisser porter.
Très vite nous avons ressenti le besoin de faire appel à un chorégraphe, danseur pour optimiser mes mouvements et c’est le merveilleux Raphaël Kaney Duverger qui est venu nous rejoindre. Nous avons fait une première version brute que nous avons été jouer chez des particuliers et qui est toujours sur les routes.
Quand nous avons décidé de l’installer au théâtre de l’Essaïon nous voulions que des projections viennent nourrir et représenter pour le public tout l’imaginaire foisonnant que je pouvais avoir quand j’avais 5, 6 ans.
Avec Antoine Le Gallo nous avons réalisé, grâce à son talent, des vidéos que nous projetons sur le mur de pierre de la salle. Antoine s’est chargé également du son et de la lumière.
Sans oublier Bruno Benoiste Pilloire qui produit et accompagne avec bienveillance et attention cette aventure.
Bref c’est un travail d’équipe et je les remercie tous les 4 infiniment.



Il y a beaucoup d’auteurs et compositeurs, comment avez-vous travaillé avec eux, et avec votre arrangeur Yann Cortella ?

Laurent VIEL. Les chansons de cet album correspondent à différentes périodes de mon chemin artistique. Je n’ai pas enregistré beaucoup de disques et je voulais garder une trace. On y trouve des chansons de mes débuts comme « Monsieur » mais aussi des chansons créées spécifiquement pour cet album, comme « La pluie » qui est un extrait de À la recherche du temps perdu de Marcel Proust et qui s’est imposé comme une réponse à un autre titre de l’album « Ai-je vraiment compté ? ».
Pour chaque chanson je savais précisément ce que je voulais raconter. J’ai donc accompagné de prêt le travail des auteurs compositeurs qui ont mis leurs créativités à mon service.
Philippe Besson m’a offert un texte fort et délicat sur un sujet qui me tenait à cœur.
Romain Didier 4 sublimes compositions musicales issues de 2 projets que j’ai réalisés. Un sur le chevalier d’Éon, personnage incroyable de l’histoire de France, dont Alain Nitchaeff s’est chargé des textes. Un autre en duo avec Enzo Enzo, « Chacun sa Famille » et c’est Pascal Mathieu qui en a écrit les paroles.
Plusieurs titres avec mes complices de toujours Thierry Garcia et Xavier Lacouture, mes frères artistiques je peux dire.
Roland Romanelli qui connait mon amour pour Barbara m’a fait le cadeau d’une musique qu’ils avaient composée ensemble et dont ils ne s’étaient jamais servis, sur laquelle j’ai écrit un texte avec Baltazar pour évoquer mon amour pour cette femme.
J’ai eu la chance aussi que Bertrand Soulier, Michel Hahn nous rejoignent.
Après il me fallait trouver le magicien des sons et des arrangements :  c’est Yann Cortella qui avec passion et talent s’est embarqué dans ce projet. Sur l’album, Laurent Stocker (sociétaire de la comédie Française) et Enzo Enzo sont venus partager un duo chacun.

Il y a une très belle écoute de la part du public tout au long du spectacle, j’imagine que cela doit vous porter ?

Laurent VIEL. En effet, c’est un vrai beau cadeau cette écoute. A plusieurs moments de la soirée nous ressentons quelque chose de suspendu. C’est un bonheur à vivre et partager.
Ce qui me touche beaucoup aussi c’est les nombreux témoignages de personnes qui ont envie de me dire combien ils se sont sentis intimement concernés par ce que je raconte, ce que je montre.
 C’était une de mes craintes car comme je me mets à nu cela ne pouvait vraiment exister que s’il y avait un écho personnel pour chacun. Ce qu’a divinement réussi Barbara justement. L’intime au service de l’universel.


Paris 13 Juin 2023
Thierry Cattier
Photos :
Norbert Gabriel et Franck Boucourt



samedi 10 juin 2023

PRAETOR (Noémie Bourgois - Guitare) // INTERVIEW // Attention Danger Praetor ! - Avril 2023


Praetor un nom que l’on croirait directement sorti d’un film de science-fiction, l’ennemi juré de Terminator! Que nenni il s’agit d’un tout jeune gang franco-luxembourgeois qui pratique un Thrash efficace et puissant fortement inspiré par la scène mythique de la "Bay Area" du milieu des années 80 ! Testament, Exodus, Slayer, Megadeth, Metallica sont leurs références absolu. Si la formation a commencé à se faire remarquer en 2019, ses membres ne sont pas des novices loin de là et ont déjà derrière eux un long passé musical que ce soit dans des tributes band The Best Of Metallica, Mechadeth ou d’autre formations Lost In Pain, Kryzees, Lazy Hollow. Composé de Hugo Centeno (chant/guitare), Noémie Bourgois (guitare), Alex Guignard (batterie) et Sébastien Gouttes (basse) le quatuor nous délivre sa première offrande ! Une galette redoutablement efficace brutal et mélodique à la fois avec un chanteur qui parfois nous rappelle un certain James Hetfield ! Pour découvrir si ce Praetor était dangereux ou pas nous avons soumis à la question la charmante Noémie Bourgois, guitariste de son état ! Une interview découverte avec une musicienne épanouie et heureuse de nous présenter sa toute nouvelle progéniture ! Magnéto Noémie c’est à toi !

 


Vous avez donné pas mal de concerts. Le dernier était chez Paulette pour la Release Party. Il y en a eu deux les 25 février et le 4 mars 2023 !

Noémie Bourgois. Oui il y en a eu deux. Une au Luxembourg parce qu’on est un groupe, un groupe franco-luxembourgeois. On a fait une double release : une au Luxembourg et une autre en France.

Comment ce sont passées les dates au Luxembourg et en France ?


Noémie Bourgois. En fait Hugo notre chanteur est luxembourgeois, on répète au Luxembourg. Il est très implanté au Luxembourg donc dès qu’on a commencé à réfléchir pour faire une sortie d’album, pour ce premier album, on s’est tout de suite dit on ne va pas choisir entre un pays et l’autre. On va faire les deux. Donc on a organisé les deux sachant que ça a retardé cette sortie car il nous fallait deux dates qui se suivent. Il fallait que les deux salles et la Rockhal au Luxembourg et chez Paulette en France soient disponibles à peu près au même moment. C’est pour ça que la sortie de l’opus se fait un an après que l’album a été terminé d’être masterisé et du coup on a organisé ça en double release où on a invité des groupes français et luxembourgeois aux deux dates. Des groupes avec qui on partage l’affiche sur nos dates.

Comment décrirais-tu un concert de Praetor, vous qui existez depuis 2019 ?


Noémie Bourgois. Le groupe existe depuis 2019 sachant qu’on joue tous en groupe depuis quasiment vingt ans. On a tous déjà joué ensemble, on a tous des groupes en commun, même si le groupe existe depuis 2019. On se connait musicalement et humainement depuis dix-quinze ans facile et on a l’habitude de jouer ensemble. Un show de Praetor nous notre concept c’est l’énergie. Voilà. On a quarante minutes qui nous est alloué. Notre but c’est de bananer le plus possible durant ces quarante minutes. C’est l’objectif de notre musique et de nos prestations sur scène. C’est de donner un maximum en énergie brute au public.

Vous jouez tous dans différentes formations : Lost In Pain, Kryzees, Lazy Hollow, The Best Of Metallica, Mechadeth Qu’est-ce qui vous a poussé à créer ce groupe ?

Noémie Bourgois. C’est Hugo et Alex qui jouaient tous les deux dans le tribute de Metallica, qui se sont dit si on montait notre groupe à nous vraiment de Thrash. On avait tous des combos à coté mais pas forcément de Thrash alors que ce sont nos influences principales mais on s’est retrouvé dans des formations un petit peu différent et donc Alex et Hugo se sont dit de faire un groupe de Thrash mais façon old school, vraiment ce qui nous plait. Ils se sont dit qu’il nous fallait un soliste et un bassiste. Tout de suite ils ont pensé à Seb qui joue dans quatre combos avec Alex. Cela fait vingt ans qu’ils jouent ensemble et Hugo a demandé s’il pouvait en parler à Noémie si ça ne l’intéresserait pas de venir et c’est comme ça que ça s’est lancé. C’est à l’initiative d’Hugo et d’Alex qui ont demandé à Seb et à moi de se joindre à eux.

Praetor ce sont des magistrats de la Rome antique mais c’est aussi le nom d’un jeu de société. Qu’est-ce qui vous a le plus inspiré ?

Noémie Bourgois. En fait quand on cherchait un nom de groupe on voulait un nom qui finisse en « or » pour que ça sonne bien Thrash. Un peu cliché pour que tout de suite on s’identifie, et en fait on ne trouvait pas et on est des gros joueurs de jeu de société et un soir on a joué à Praetor et je me suis dit que c’était vachement bien comme nom. Parce que ça se prononce en anglais et en français et que c’est un mot grec. On a regardé un petit peu à quoi ça correspondait et on s’est dit que c’était chouette en fait. Et c’est comme ça qu’on a choisi Praetor. Ça vient vraiment du jeu de société.

Le jeu de société existe vraiment.

Noémie Bourgois. Oui il existe vraiment et c’est un excellent jeu (rires).

Qu’est-ce qu’un bon concert selon toi qui joue depuis une vingtaine d’années déjà ?

Noémie Bourgois. Un bon concert c’est un concert où j’ai ressenti de la part du public la même énergie que moi que je leur ai donnée. Commettre des erreurs ou parfois un petit bug ou on ne fait pas la bonne note pour moi ce n’est pas grave. Ce qui compte c’est l’énergie et transmettre quelque chose. C’est de donner un maximum au public et si le public en échange est réceptif et me redonne la même chose c’est parfait.

C’est votre premier album avec Preator. Avez-vous eu l’opportunité d’en enregistrer d’autres un auparavant au cours de votre carrière ?

Noémie Bourgois. Hugo en avait enregistré trois avec son groupe. Seb en avait enregistré trois ou quatre lui aussi. Moi j’avais enregistré une démo avec mon dernier combo et j’en avais enregistré un avec mon tout premier groupe il y a plus de vingt ans, quand j’étais adolescente mais pour ma part un album comme ça aussi poussé, c’était la première fois. Hugo et Seb avaient plusieurs albums de leurs formations respectives.

Comment s’est déroulé le processus d’écriture et de composition des morceaux, quel était ton rôle et comment t’es-tu impliquée à ce niveau-là ?

Noémie Bourgois. 
Pour le premier opus, Hugo et moi composions tous les deux sachant que pour le premier album c’est moi qui ai composé la majorité des morceaux. Pour le deuxième ça sera un petit peu différent car Hugo a composé la majorité des titres et on ne fonctionne pas de la même façon. Hugo va composer un morceau avec une structure déjà, avec tous les riffs parfois même une idée de batterie à mettre dessus etc. Il va l’envoyer à tout le monde, on va travailler un peu dessus et finaliser en répète. Moi c’est l’inverse. Je réfléchis à des riffs, j’arrive en répète et je dis à Alex, tiens je te fais écouter, j’ai ça, ça et ça, qu’est-ce que tu en penses, qu’est-ce qu’on peut en faire, est ce que ça t’inspire et on compose plus en répète avec les idées que j’amène. Alors du coup Hugo a quelque chose de plus abouti entre le fait qu’il nous soumet.

Tu veux dire que vous avez pratiquement composé le deuxième album ?


Noémie Bourgois. On a une paire de morceaux, ils ne sont pas tous terminés loin de là mais on a une dizaine de début de morceaux, certains qui sont finis, d’autres qui nécessitent encore un peu de travail et d’autres qui sont uniquement des ébauches. Oui on avance. Le but c’est d’enchainer un maximum et de ne pas trop trainer entre les deux disques. Donc oui on a déjà pas mal de morceaux pour le second.

Est-ce que tu as écris énormément de morceaux et ensuite fais une sélection ou as tu écris juste le nombre nécessaire à ce nouvel opus ?


Noémie Bourgois. Alors non, pas du tout parce qu’on se dit qu’il faut garder seulement le meilleur et que même si jamais un jour on travaille sur un morceau et qu’au final on ne le juge pas assez bon on ne le mettra pas. Tant pis il faut être capable parfois de jeter à la poubelle du travail qui a été fait. Ça a été le cas sur cet album avec « United » que j’avais composé il y a un petit moment et il y a quelque chose qui ne nous plaisait pas en fait dedans. On l’avait mis un petit peu de côté et un peu plus tard Hugo l’a repris en le modifiant un petit peu. Il a rendu le morceau suffisamment bon pour qu’on le mette. Au début on l’avait un petit peu mis de côté parce qu’il nous manquait quelque chose dessus. Parce que moi je n’arrivais pas à trouver et Hugo a trouvé le petit truc qui nous manquait. Du coup on l’a gardé et du coup on compose un maximum de choses et après on conserve seulement le meilleur en fait.

Est-ce qu’il y a des morceaux que tu composes et qui de prime abord sont sûre de finir sur le Cd ?

Noémie Bourgois. Je ne me pose pas trop la question comment je les compose et tant que nous ne les avons pas enregistrés en démo pour ce faire une idée j’avoue que j’ai un petit peu de mal à savoir parce que quelquefois pour avoir une idée de ce que l’on fait c’est un peu compliqué. Personnellement j’ai besoin d’écouter, de réécouter avant de me dire vraiment … parfois je me dis ce riff là je pense qu’il y a un truc et parfois je me dis je ne sais pas et en l’écoutant une fois qu’on l’a enregistré en mode démo pour nous, ah ben ouais, en fait je doutais un petit peu mais finalement il y a quelque chose.

Vous vous partagez les parties de guitares, les solos avec Hugo. Comment peut-on reconnaitre qui joue tel partie ou tel solo ?


Noémie Bourgois. Alors toutes les compositions de manière générale Hugo va avoir des riffs plus travaillés un petit peu plus chiadé et des tempos un petit peu plus lent. Moi je vais avoir tout ce qui est un peu plus rapide, plus simple mais plus efficace. On a vraiment deux styles qui sont différents et en termes de solos je pense que c’est assez difficile parce que même les gens qui nous connaissent sur certains solos ne savaient pas qui avait fait lequel. Pour les lead c’est un peu compliqué de définir qui a fait quoi (rires). Écoute l’album.

Au niveau de l’enregistrement vous avez travaillé avec Fabien Cruzille comment as-tu vécu l’expérience ?

Noémie Bourgois.
Alors Fabien on le connaissait, moi en tant que régisseur son, car Fabien je le connais depuis une paire d’année, j’avais déjà travaillé avec lui à de nombreuses reprises en tant que technicienne et pas en tant que musicienne. Et c’est quelqu’un que j’apprécie humainement. J’apprécie sa façon de travailler. Il est extrêmement méticuleux, consciencieux et il va au bout des choses. Pour cet album on ne voulait pas juste un mec qui allait enregistrer et basta. On avait envie de quelqu’un qui s’implique réellement et qui soit le cinquième membre au moment de l’enregistrement, qui apporte son identité, qui apporte sa pâte et on savait qu’avec Fabien ce serait le cas. C’est pour ça qu’on a décidé de travailler avec lui et qu’on en est très content.

Est-ce que tu avais un son en tête lors de l’enregistrement de ce premier opus ?

Noémie Bourgois. Pas du tout (rires). J’avoue que je n’avais pas trop réfléchi. C’est vraiment au moment où on a enregistré qu’on a cherché en termes de son sachant qu’on enregistrait avec nos propres amplis Hugo et moi on est soutenu avec Engl. On savait qu’on aurait le son Engl c’est ce qui nous plait mais après ça a été de la recherche avec tel micro placé de telle façon. On a fait des tests on a écouté pour optimiser ce qu’on avait.

Le son est magistral avec un gros son Thrash faisant penser aux années 1980-1990. Vous êtes tous fans de ces années-là, mais vous n’étiez pas nés à cette époque d’où vient cette passion pour ce type précis de Metal ?

Noémie Bourgois.
Si, il y en a qui sont nés dans les années 80. On ne dira pas lesquels (rires). Moi les années 80 je ne les ai pas connues. En 1990 j’étais enfant. Ce sont des groupes que j’ai découvert à l’adolescence comme les autres, même si on a d’autres influences. C’était vraiment cette période, cette dynamique-là, cette façon d’appréhender la musique qui nous parle et nous plait le plus.


Est-ce que le fait de jouer dans le Tribute to Metallica exerce une influence sur ces morceaux-là ?

Noémie Bourgois. Je ne pense pas. Je pense que le fait de jouer dans des tributes cela a permis de jouer ensemble déjà et au moment de composer on savait comment fonctionnait les autres. Du coup cela a facilité le travail quand même d’avoir joué ensemble dans d’autres projets.

« Dormant Brain », « No Return » sont les deux premier singles c’était simple de choisir les titres à mettre en avant ?


Noémie Bourgois. Il y en a déjà deux qui sont sortis en démo. « Mass Extinction » et « Screens » qu’on avait sorti en démo en 2020 et « Screens » qu’on a sorti pendant le confinement parce que vu qu’on était un petit peu enfermé et qu’Hugo était de l’autre côté de la frontière on était encore plus bloqué, du coup on s’est dit il faut qu’on avance pour quelque chose pour que les gens qui attendent qu’on sorte quelque chose ne nous oublient pas, donc on a sorti un deuxième morceau démo, déjà on allait éliminé ces deux-là et après « No Return » on y a pensé tout de suite parce que le morceau est court, il est brut et reflète un petit peu ce qu’on est. On s’est dit allez c’est efficace. « Dormant Brain » c’est un morceau qui nous plait tous et qui est un peu diffèrent du reste. Pour le prochain que l’on sort, on va tourner un clip début mai et on a choisi « Distant Road » parce que c’est le dernier morceau de l’album. Plus ça va plus on pense que les gens n’écoutent pas forcément l’album dans leur entièreté. La façon de consommer a évolué donc pour éviter qu’elle passe à la trappe on a décidé d’en faire un clip et de la sortir indépendamment.

Il y a le clip de « Dormant Brain ».

Noémie Bourgois. Oui il est sorti il y a trois semaines peut être. Je ne sais plus exactement.

Sur le clips vous avez fait un condensé de ce qu’il y a de pire sur terre, de toutes les horreurs que l’on peut voir sur notre planète quelle est l’idée derrière « Dormant Brain » ?


Noémie Bourgois. Exactement. Toutes les chansons sont plus ou moins engagées. Nous sommes des personnes relativement engagées et conscientes de ce qui se passe autour de nous ou des dérives de notre société. Ce sont des choses qui nous interpellent et nous inquiètent. Donc toutes les paroles sont engagées, et il y en a qui sont un peu plus personnelles. Hugo écrit toutes les paroles mais c’est vrai qu’on a à cœur de faire passer des messages et de parler des sujets qui nous interpellent en fait. Donc forcément ce sont beaucoup les maux de notre société, les problèmes et les inquiétudes actuelles en fait quand on regarde un petit peu ce qui se passe autour de nous.

Est-ce qu’il y a un texte qui te touche plus sur ces dix morceaux ou dont tu te sens plus proche ?

Noémie Bourgois. Alors moi ce n’est pas uniquement le texte, cela va être le texte et la musique et du coup ça va être « Dormant Brain », le morceau qui me procure le plus d’émotion quand je le joue et quand je l’écoute.

Est-ce que le clip « Distant Road » va être différent ?


Noémie Bourgois. Ça va être un petit peu dans l’esprit de « No Return ». Nous on aime les clips où on voit les musiciens joués, on n’est pas hyper fan des trucs scénarisés. On l’a fait pour « Dormant Brain » quelque chose de plus scénarisé avec des acteurs etc. Mais globalement nous on aime bien voir le groupe jouer. Pour « Distant Road » ça va être dans un autre décor. On a un lieu qui est assez sympa où on va le tourner mais voilà ce sera nous que l’on verra jouer.

On vous compare souvent à Metallica, j’ai aussi pensé aussi à Exodus. C’est un combo que vous apprécier ?

Noémie Bourgois. Oui absolument. On n’en est pas fan comme on peut l’être de Metallica ou de Slayer ou autre mais c’est un groupe que l’on aime bien sûr. Cela fait partie des références clairement.

Le fait d’être comparé à Metallica ou Exodus, cela suscite quel réaction chez vous ?

Noémie Bourgois. C’est très flatteur. Ça veut dire qu’on a réussi à faire ce que l’on voulait faire (rires). Nous ça nous fait très plaisir quand on nous compare. Surtout qu’en plus on n’a jamais entendu de qui que ce soit, nous dire quel’on essaie de copier. C’est vrai que le chant d’Hugo est très James Hetfield donc forcément la comparaison avec Metallica on y a droit très souvent mais jamais il essai de copier et de faire la même chose que lui parce que ce n’est pas notre intention. Le fait qu’on est plein d’influence donne notre propre musique. Même si les gens reconnaissent tout de suite nos influences on est très content, on ne nous a jamais encore accusé de plagiat ou que sais-je.

Qu’est ce qui t’as donné envie de jouer de la guitare ?

Noémie Bourgois. De base je suis pianiste. J’ai commencé à faire du piano quand j’étais enfant et j’ai la chance d’avoir grandi avec des parents qui écoutent beaucoup de musique et beaucoup de rock et moi à treize j’ai voulu devenir une rock star (rires). Ma maman avait une guitare à la maison et du coup j’ai pris sa guitare parce que la batterie j’ai tenté aussi mais mes parents m’ont dit aussi, écoute tu as déjà un piano et une guitare essaie déjà de faire ça. La batterie on en reparlera après et c’est comme ça que je me suis mise à la guitare parce que je voulais être une rock star et parce que j’en avais une. C’était une guitare folk en plus, même pas une guitare électrique mais c’est comme ça que j’ai commencé.

Est-ce que tu te souviens du premier concert que tu as vu ?

Noémie Bourgois. Le premier concert que j’ai vu c’est Popa Chubby quand j’avais douze ou treize ans quelque chose comme ça et j’avais trouvé ça très cool alors que je ne suis pas spécialement fan de Popa Chubby mais j’y étais allé avec ma maman qui allait le voir. Mais très rapidement en voyant les concerts je me suis dit c’est exactement ça que je veux faire, je veux être sur scène en fait (rires).

Quels sont les guitaristes qui t’ont le plus marqué ou sont des idoles ?


Noémie Bourgois. Je suis ultra fan de Dave Mustaine vraiment. Je n’ai pas la prétention d’avoir le niveau de Dave Mustaine absolument pas. Toutes mes guitares sont des signatures de Dave Mustaine. J’ai une affection particulière pour Megadeth. Après Jimmy Page aussi beaucoup, ça remonte plus à l’adolescence mais sinon il y en a plein et pas un en particulier. Je suis quand même obligé de citer Dave Mustaine parce que je suis ultra fan.

Dave Mustaine t’a donc influencé ?


Noémie Bourgois. Un petit peu aussi, un petit peu moins parce qu’il y a un côté beaucoup plus technique, beaucoup plus démonstration que nous. On n’a pas ce côté là parce que ce n’est pas ce qu’on veut faire et très clairement je n’ai pas le niveau de faire dix minutes de solos par morceaux (rires).

Ça va peut-être venir (rires).

Noémie Bourgois. Ecoute sais-t-on jamais (rires).

Hugo est luxembourgeois, tu es française. Est-ce que ça change quelque chose pour vous au niveau du marché Luxembourgeois ?

Noémie Bourgois. Oui on a de la chance. On joue énormément au Luxembourg, en Belgique, en Allemagne et même au-dessus parce que déjà c’est un petit peu con mais le fait que l’on soit franco-luxembourgeois, le luxembourgeois donne un coté moins groupe français. C’est bête mais je sais qu’on se dit tiens qu’est-ce que c’est du coup vu que Hugo parle cinq ou six langues je ne sais plus les Luxembourgeois parlent énormément de langues pour entrer en contact avec tous les pays autour de nous c’est très facile. De la même manière Hugo est portugais, il a la double nationalité. On va faire une tournée au Portugal au mois d’aout. C’est facilité parce que Hugo vient de là-bas et qu’il a des contacts etc. etc. Oui ça nous aide d’avoir cette double étiquette.

Est-ce que ce n’est pas de plus en plus difficile pour vous de jouer du Thrash Metal dans l’hexagone ?

Noémie Bourgois. Oui clairement on ne va pas se mentir. Dès qu’on va jouer ailleurs je ne dis pas qu’on n’a jamais de bons accueils en France mais dès qu’on va en Allemagne c’est incroyable ce qui se passe. En France c’est un secret pour personne, ce n’est pas le pays le plus rock et le plus metal et en plus de ça le Thrash c’est quand même un vieux style qui est considéré un peu ringard pour beaucoup. Oui donc on n’a pas choisi le style le plus facile pour marcher auprès du grand public mais on ne ferait pas autre chose de toutes façons. Mais effectivement on n’a pas le même accueil en France et à l’étranger. L’accueil à l’étranger est vraiment particulier.

Tu dis le Thrash est un peu ringard. Pourtant Metallica, Slayer, Anthrax Megadeth connaissent toujours le même succès en France.

Noémie Bourgois. Oui mais en dehors de ces très gros il n’y a rien en fait. C’est cela qui est assez paradoxal, c’est que les plus gros groupes de metal sont des groupes de Thrash mais une fois passé ces très gros noms en fait le Thrash est un style qui n’est pas énormément écouté malheureusement. C’est assez paradoxal mais bon c’est comme ça.

Vous vous sentez un peu seules sur la scène française ?

Noémie Bourgois.
Un peu seul oui et non parce qu’il y a beaucoup de groupes de Thrash, Thrash death ou Thrash crossover d’influences un peu plus punk. C’est vrai qu’un style vraiment basique entre guillemet comme on le fait il n’y en a pas beaucoup.

Qu’est-ce que tu dirais à quelqu’un que tu rencontrerais en sortant du Hard Rock Cafe pour présenter Praetor ?

Noémie Bourgois.. Je lui dirais que c’est trente-six minutes d’efficacité qui vont d’un point A vers un point B sans prendre le moindre détour. Il n’y a pas de fioritures, il n’y a pas d’ajouts dans tous les sens. On a essayé de faire quelque chose le plus efficace et le plus brutal possible et on en est très fiers.


24 Avril 2023
Pascal Beaumont / Photos DR
Laurent Machabanski et Pascal Beaumont (Traduction / Retranscription)

lundi 5 juin 2023

CARCARIASS (Bertrand Simonin Batteur) // INTERVIEW // Bienvenue dans le monde d’après ! - 28 Avril 2023.

 
Carcariass fait partie des vétérans de la scène Death Française au même titre que Loudblast ou Mercyless ils ont su traverser les années malgré les affres du temps et les péripéties multiples et diverses, une de leur force étant la stabilité avec l’arrivée en 2019 d’un petit nouveau au chant Jérôme Thomas au chant, Carcariass c’est surtout et avant tout un groupe d’amis. Après un album particulièrement réussi Planet Chaos sorti en 2019 tout juste dix ans après E-Xtinction qu’ils n’ont pas pu défendre correctement à la suite de la crise du Covid, les voilà de retour avec une nouvelle offrande Afterworld leur sixième opus enregistré et mixé par Drop (guitariste de Samael) au Downtone Studio en Suisse et masterisé par Jens Bogren (Arch Enemy, Amon Amarth, Symphony X, Sepultura) au Fascination Street Studio en Suède. On ne change pas une équipe qui gagne ! Au fils du temps le combo à évolué et murit s’éloignant d’un Death brutal et sans concession pour nous offrir une diversité musicales riches et empreinte de nombreuses influences allant du Death au Heavy Metal en passant par le Jazz mais aussi par le progressif par moment ! Un melting pot Death Heavy mélodique parfaitement réussi et maitrisé. Le monde d’après est déjà là qu’on se le dise ! Une fois n’est pas coutume c’est avec le sympathique batteur à l’origine de la formation Bertrand Simonin que nous avons pu nous entretenir afin de faire le point sur les quatre dernière années écoulées et sur la conception de cette nouvelle galette Afterworld. Un entretien placé sous le signe de l’humour et de la décontraction pour un voyage au cœur du passé mais aussi du futur ! Magnéto Bertrand c’est à toi !

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Le 10 février vous avez donné un concert à Genève aux cotés de Samaël dans le cadre du Daily Rock Festival comment as-tu vécu ce retour sur scène ?

Bertrand Simonin. C’était nickel, très bonne organisation. On connait bien Drop le guitariste de Samaël, c’est un groupe que l’on apprécie musicalement. Ainsi que les deux autres formations qui jouaient ce jour-là ! Il y avait une bonne entente entre tout le monde, l’ambiance était bonne. La salle de l’Usine à Genève est très bien, elle a de la bouteille et de l’expérience, c’était parfait, le public était là, c’était sold out.

Qu’est-ce qu’un bon concert selon toi ?

Bertrand Simonin. C’est déjà de pouvoir assurer sa prestation, ne pas faire trop de conneries lorsque l’on joue. Si le public à la fin du concert est content d’avoir vue et entendu ce que l’on a donné, on est heureux ! Mais la première chose importante pour nous c’est que l’on soit satisfait lorsque l’on joue de ce que l’on a fait, ensuite en second c’est que le public soit satisfait, lorsque les gens sont heureux nous aussi on l’est !

En tant que batteur est ce que tu as une préparation spéciale avant un concert !

Bertrand Simonin. Pas plus de deux bières ! Rires. Je joue assez cool maintenant, c’est terminé le côté un peu bourrin qu’on a eu à nos début. La plupart des batteurs dans ce style passent un moment à s’échauffé avant de jouer sur scène et ils ont aussi un entrainement en permanence. Nous on est un peu plus soft ce qui permet de ne pas trop s’échauffer avant de jouer, je me chauffe juste un peu avant de jouer. Il n’y a pas de règle c’est comme je le sens. Pour s’échauffer en règle générale on fait une petite répétition, je ne vais pas dire à capella mais en acoustique dans la loge ! Je tape juste sur un petit canapé pour me chauffer les poignets avec Pascal et Bob les deux guitaristes, on joue les morceaux comme ça en guise d’échauffement avant de monter sur scène !

Début 2020 vous sortez Planet Chaos un peu avant la crise sanitaire du Covid avez-vous pu tout de même le défendre un peu ?

Bertrand Simonin. Non pas du tout, un mois après la sortie de l’opus on était en confinement en mars 2020. Bien sur tous les concerts qui était prévu ont été annulé, ceux qui ont été reporté finalement ont été aussi annulé ! On a donné que 5 concerts en 2022 pour Planet Chaos. Puis on est parti en studio pour enregistrer le nouvel album. C’est dommage on n’a pas pu trop le défendre sur scène. Néanmoins pour les prochaine dates on va jouer deux ou trois titres de Planet Chaos.

Pour ce nouvel opus quel a été ton implication dans le processus de composition en tant que batteur ?

Bertrand Simonin. On a toujours la même méthodologie de travail depuis les débuts de Carcariass. C’est Pascal notre guitariste qui compose les morceaux, une fois complet il m’envoie les parties de guitares, je pose la batterie, ensuite on valide ou pas, on voit ce que l’on améliore. Une fois que la partie guitare/batterie est validé, on y ajoute la basse et le chant !

Avez-vous composé de nombreux titres puis fait une sélection par la suite ?

Bertrand Simonin.  Non on a rajouté un morceau en revanche on a supprimé certains passages. Il y avait des morceaux qui devaient être plus long et qui ont été raccourcis pour plus d’efficacité parce que certaines parties à force de les écouter ou de les jouer, on commençait à s’en lasser ou alors ça ne sonnait pas comme on l’aurait souhaité, on les a donc supprimés. Ce sont peut-être des passages que l’on retrouvera dans nos futur chansons.

Comment décrirais-tu cet opus comparé à Planet Chaos ?

Bertrand Simonin. On s’améliore musicalement, de même au niveau de notre façon de jouer, en tout cas c’est l’impression que l’on a. Ensuite on n’a pas de ligne directrice. Pascal à plusieurs influences. Quand ça fait plusieurs années que tu écoutes du Métal, que tu joues dans un combo les influences sont multiples et variés. Il va dans une direction qui lui fait plaisirs, il compose sans forcément se poser de questions, on va faire du Death ou du Heavy, du Thrash non c’est du Métal parce qu’on écoute tous les styles ! A une certaine époque on était un peu plus extrême dans ce que on écoutait, on a eu une période très Death Métal. Mais aujourd’hui on écoute un peu de tout. Je me surprends même à écouter des formations qu’il y a 10 ans j’aurais été incapable d’écouter parce que j’avais des idées reçu dessus. On évolue, on a l’esprit peut-être plus large !

A l’écoute de Afterworld on ressent une influence Heavy Metal c’est venu naturellement cette évolution musicale ?

Bertrand Simonin. Je pense que l’on est plus posé. On a toujours eu des racines Heavy mélodique. On a découvert le Métal avec Iron Maiden, Coroner, Death, des combos assez mélodiques. Ça a exercé une influence indéniable sur l’évolution de Carcariass. Au début on était un peu plus bourrin, au fil du temps on est devenu un peu plus posé.

L’album a été une fois de plus enregistré et mixé au Dowtone Studio à Geneve (Suisse) par DROP (Guitariste de Samaël), le mastering réalisé au Fascination Street Studio en Suède par Jens Bogren (Arch Enemy, Amon Amarth, Symphony X, Sepultura,..).


Bertrand Simonin. Oui on a travaillé comme d’habitude. Moi j’enregistre mes parties dans notre local, on fait toutes les prises. Ça permet de ne pas se tresser en studio. Si je ne suis pas en forme ou si à un moment donné il y a un plan que je ne sens pas je peux le refaire. On n’est pas obligé de se dire c’est enregistré tant pis. On prend le temps de bien placer la batterie comme on a aucune pression. Une fois que la batterie est enregistrée on part en studio pour faire les guitares puis le chant, la basse puis on passe au mixage.

As-tu assisté au prises en studio des autre musiciens de Carcariass ?

Bertrand Simonin. Non pas pour les guitares parce que c’est vraiment long ! Ensuite lorsque le chant est enregistré, je suis là c’est toujours sympa. C’est vrai que parfois en studio on découvre un peu le chant par rapport à la qualité de l’enregistrement que l’on n’a pas forcément dans le local de répétition. C’est pour cela que c’est intéressant d’être là pour le chant et le mixage aussi. Mais on laisse quand même à Drop une grande liberté par rapport au mixage. Il propose plein de choses, c’est ça qui est intéressant. Musicalement on est sur la même longueur d’onde. Il a une très bonne expérience d’expertise

Vous n’avez jamais été tenté de faire appel à un autre producteur ?


Bertrand Simonin. Non après on a un gros intérêt avec Drop c’est déjà que l’on s’entend bien, on est avant tout des copains. Mais il y a aussi le fait que le studio est à proximité de là ou habite Pascal. Au niveau logistique c’est hyper intéressant.

Vous êtes éloigné les uns des autres ?

Bertrand Simonin.
Moi je suis encore à Besançon. A l’origine on était tous de cette ville, maintenant je suis seul.

En tant que batteur est ce qu’il y a des parties qui t’ont demandé plus de travail en studio ?

Bertrand Simonin. Non, je n’ai pas fait de choses impossibles ! Je ne dis pas que tout au début parfois, c’était un peu ça passe ou ça casse, on verra bien. Du coup avec le recul je ne suis pas trop satisfait de ce que j’ai pu faire sur les anciens albums. Là s’il y avait des choses que je n’étais pas capable de faire en live…. Je ne voulais pas faire des trucs impossibles, je ne veux pas en chier en concert. Il y a des morceaux que tu mets des semaines à bosser pour les sortir en studio ensuite tu n’es plus capable de les sortir sur scène parce que cela nécessite trop d’entrainement. J’ai fait des parties simples pour ne pas me prendre la tête.



Est-ce que le retour après trois ans de Covid a été compliqué ?

Bertrand Simonin. Non, la musique c’est une passion et une occupation, c’est toujours un plaisir, en plus on est potes. On a toujours plaisirs à se voir. Chaque fois que l’on se voit on se fait des restaurants, des apéros, on se marre avant tout. Lorsque Pascal à des nouveaux morceaux il nous les propose, ensuite on place la batterie, le chant, la basse, tout tourne en répétition, c’est cool, c’est toujours du plaisir. On ne se pose pas de questions, on a aucune pression. On n’a pas de label qui nous demande de sortir un album tous les deux ans et de faire une tournée de 60 dates dans le monde entier. On est ultra libre, on fait vraiment ce que l’on veut. Lorsque ça nous gonfle, on ne répète pas et on ne se voit pas pendant trois semaine, un mois. Demain on va répéter et la première chose qu’on a prévu avant de répéter c’est d’être sûr que le resto ou on va soit bien disponible ! Rires. Et éventuellement on envisage la répétition. On répète dans le Jura, il y en a trois qui sont Suisse et deux sont en Franche Compté.

Vous répété régulièrement ?

Bertrand Simonin. On répète pour la mise en place des morceaux pour le live. Notamment du fait que l’on a un deuxième guitariste pour les concerts qui s’appelle Bob. On essaye d’améliorer les titres, voir s’il y a des petites retouches à faire pour qu’ils soient un petit peu plus punchy ou plus adapté aux shows que l’on donne.

Justement qu’attendez-vous de lui ?
Bertrand Simonin.  Dans Carcariass on a pas mal de parties mélodiques avec de multiples guitares. Lorsque que tu as en concert une rythmique et un solo si tu n’as pas une deuxième guitare pour assurer la rythmique lors de la lead ça fait un peu vide ! Tu as un couplet avec deux guitares rythmiques en live si tu as un solo sans rythmique, on entend plus que la basse et la batterie. Pour certains passages cela passe encore bien mais pour les nouveaux morceaux, avec une seule guitare ce n’est pas envisageable. Bob est un ami de longue date qui jouait dans un combo à Genève avec qui je jouais aussi avec Pascal. Naturellement il est venu nous rejoindre, c’est un mec adorable.

Afterword, c’est votre vision du futur ?

Bertrand Simonin. Je pense que comme tous les Métalleux ou du moins un bonne majorité on est tous un peu attiré par la science-fiction, les films d’horreur, d’apocalypse, le coté malsain, satanique sans être adepte. Il y a une attirance pour ce genre de chose. Carcariass a toujours été fasciné par ce côté Terminator, Alien, futuriste. Pour cet opus c’est parti de la pochette. Pascal avait une idée bien précise, il voulait une sorte de ville en ruine contemporaine ou futuriste. On a proposé cela à notre dessinateur, il nous a pondu la pochette et on a validé. Ce qui est marrant, non ce n’est pas drôle c’est que la pochette a été réalisé avant le conflit entre la Russie et l’Ukraine, cela devient d’actualité même si au début ça ne l’était pas.

“No Aftermath” est votre premier single ouvre l’opus aussi c’est symbolique comme choix !?

Bertrand Simonin. Le premier morceau qui est assez simple permet à ceux qui ne nous connaisse pas peut être de s’approprier plus facilement notre musique et puis peut être avoir envie d’en écouter plus.

Vous avez d’ailleurs tourné un clip !

Bertrand Simonin. Oui on en a tourné deux “No Aftermath” qui est basé sur des images de synthèse et “The Hive” qui est un montage de vrai images que nous avons réalisé nous même avec l’autorisation de ceux qui avaient créé les séquences vidéo. Il devrait y en avoir une troisième dans les semaines à venir et d’autres au fil de l’année.

Vous êtes très souvent inspiré par des films de Sciences Fictions comme pour “The Hive” qui est très pessimiste c’est important pour vous ces références cinématographiques ?


Bertrand Simonin. Oui c’est une influence indirecte, comme je te le disais tout à l’heure on est quand même attiré par ces ambiances, Alien, les séries comme The Walking Dead pas les trucs à l’eau de rose romantique même si il y en as de très bons. Ça ressort sur notre musique. Celui-là il parle des grosses mégalopoles. Il y a d’un côté les gens qui s’en sortent et ceux qui ne s’en sortent pas, ce sont deux mondes parallèles qui cohabite. Et il y a ceux qui s’enrichissent, ceux qui produisent. L’idée du clip c’est que chacun doit se faire un peu sa propre idée, ça change un peu la couleur de la musique.

Le clip a d’ailleurs été bloqué pour le visionnage dans certains pays !

Bertrand Simonin. Oui ce qu’on ne savait pas c’est que dès l’instant où tu utilises des images de drogues, on ne fait pas la promo de la drogue bien entendu, il y a des filtres automatiques sur You Tube qui selon les pays vont interdire le partage de ce genre de clip. Ce n’est pas interdit d’être diffusé en revanche tu ne peux pas en faire la promotion, les robots de filtrage interdise la promo d’images de drogues !

Dans quel chanson au niveau des textes te reconnais tu le plus ?

Bertrand Simonin.
Forcément il y a une chanson qui est assez poignante quand on connait l’historique c’est “Angst” qui change un peu au niveau du chant qui est un petit peu plus posé, chanté, les paroles sont assez touchantes parce qu’on a un des musiciens de Carcariass qui est tombé malade maintenant ça va mieux. Cette chanson parle un peu de la maladie dans le texte, un enfant qui ne grandira jamais ! On va essayer de sortir un clip pour mettre en image ce titre. Ce n’est pas encore très évident de trouver les bonne images mais on va essayer de faire un clip d’ici la fin de l’année pour mettre en valeur ce morceau, cela vaut vraiment le coup.

Et votre prochain single ?

Bertrand Simonin. Ça sera “ Billons Of Suns ”. C’est un moreau que l’on aime bien qui est assez punchy. C’est un bon condensé de ce qu’on est capable de faire, coté bourrin mélodique avec des changements de rythmes. On l’a déjà joué sur scène la dernière fois avec Samaël et il passait très bien.

Depuis Planet Chaos vous avez un nouveau chanteur Jérôme Thomas que vous a-t-il apporté ?


Bertrand Simonin. Un pack de bières ! Rires C’est vrai qu’avant c’était Raphaël Couturier notre bassiste qui est toujours à nos cotés qui chantait sur nos premiers opus. Mais au niveau chant il était assez limité comme il le disait lui-même. Il pouvait faire du chant Death très basique, il avait du mal à évoluer, à chanter, il restait toujours dans une intonation très Death metal basique. On avait entendu Jérome chanter dans un autre groupe Science Of Disorder, ils sont très bon et on l’a contacté pour savoir s’il serait d’accord pour participer au chant à quelques titres de Planet Chaos. Lorsqu’il a fait des essais, on s’est demandé s’il ne pouvait pas enregistrer tout l’opus. Il a accepté et on était très content du rendu. Il est vrai que Jerome est capable de faire un chant Death mais aussi chanter avec une voix assez grave mais beaucoup plus compréhensible. Il est capable d’avoir des intonations, de suivre des mélodies, une guitare. Ça nous a beaucoup plus car la musique de Carcariass évoluait mais pas forcément le chant. Si c’était pour refaire un copié collé du disque précédent, ça ne nous intéressait pas trop. On voulait évoluer. Jérome était aussi sources de propositions intéressantes. En plus c’est quelqu’un de sympa, on s’entend bien et on se marre bien.

Quel rôle Jérome à t’il joué au niveau des textes d4Afterword ?

Bertrand Simonin. Pour Planet Chaos une partie des textes étaient plus ou moins écrits donc il avait rajouté sa touche. Pour le dernier c’est lui qui a écrit la totalité des textes ; Pascal à une orientation plutôt Science-Fiction, Apocalyptique mais il est assez libre de la façon dont il écrit. Ça a soulagé Raphaël, il peut astiquer mes cymbales et nettoyer ma batterie en répétition ! Rires.

Vous vous êtes retiré pendant 10 ans as-tu été surpris par l’accueil qui vous a été fait lors de votre comeback ?

Bertrand Simonin. Oui on a été surpris. On pensait être complètement tombé aux oubliettes notamment avec le nombre de groupe qui sort chaque semaine voir par jour, et sachant que toutes les formations présentes depuis 30 à 40 ans continue à produire des opus. Quand un combo s’arrête dix ans, on se dit qu’il est oublié. Mais non, on a vu qu’il y avait des gens qui nous attendaient, c’était une belle surprise. Ça nous a vraiment motivé à sortir Planet Chaos trois ans après avoir annoncé notre retour sur scène. C’est motivant, on ne fait pas ça pour la notoriété. On ne cache pas que lorsque on a des encouragements, ça fait toujours plaisirs.

Vous avez débuté en 1994 cela fait 29 ans quel regards portes tu sur votre parcours ?

Bertrand Simonin. Je ne sais pas, on a fait un parcours sympathique mais essentiellement en France. On était un peu fainéant, on n’a pas poussé le développement de la formation trop loin en dehors de nos frontières. Mais c’est vrai qu’a l’époque le Métal Français avait du mal à s’exporter. Les groupes restaient souvent en France. Après on ne s’en plaint pas on a bien vécu en France. Dans les années 2000 on a donné des supers concerts. On mérite ce que l’on a, ni plus ni moins. Tant mieux que ça plaise, on n’est pas non plus ultra connus. On ne peut en être que responsable, on s’est arrêté dix ans et on a un style musical qui est très propre à Carcariass qui ne plait pas à tout le monde. Mais nous on est content de ce que l’on a fait et si ça plait aux gens tant mieux.

Tu es le batteur de Carcariass depuis l’origine comment est tu devenu batteur à la base ?

Bertrand Simonin. J’étais au lycée en seconde, je commençais à écouter Iron Maiden. On écoutait Powerslave en boucle avec des potes on découvrait un peu le Métal. Et on s’est dit et si on formait un groupe ! ? J’ai un copain qui était assez comique, il faisait rire tout le monde, on lui a tu n’as qu’a faire le chant. Un autre pote qui faisait un peu de guitare sèche s’est chargé de l’électrique et moi j’ai dit je vais faire de la batterie. Je n’y connaissais rien, je ne savais pas ce qu’était une caisse claire, la différence avec les tom basse, rien, une vrai balle. J’ai pris des cours et de fil en aiguille ça m’a intéressé. J’ai progressé. Puis un jour, j’animai une émission de radio locale Métal à Besançon. C’est là que j’ai rencontré Pascal qui débutait avec son combo et cherchait un batteur, c’est ainsi que Carcariass à débuter.

On disait de vous que vous pratiquiez du Death Mélo ! ?

Bertrand Simonin. Dans les années 2000, si le Death c’était un chant Death avec une musique très mélodique effectivement c’est du Death Mélo ! Mais entre le Death mélo Suédois genre In Flames ou Brutality en Floride il y a une sacré différence. On faisait du Death Mélo à la base et maintenant, c’est difficile à mettre une étiquette, j’ai du mal parce que je trouve que le metal évolue avec une multitude d’influence. J’ai l’impression qu’aujourd’hui les métalleux écoutent tout type de Métal. A une époque il y avait les Tharshers, les Death métalleux, ceux qui écoutait du Heavy Metal, du Black Métal. Maintenant tout le monde écoute un peu de tout tant mieux. C’est le ressenti que j’ai du coup dans notre musique on a toutes ces influences.

Au niveau batterie qui sont tes idoles ?

Bertrand Simonin. J’ai toujours bien aimé Dave Lombardo sur l’album South Of Heaven de Slayer, au niveau batterie je trouve que c’est un des meilleurs. Je n’ai pas su évoluer et m’intéressé à d’autres batteurs. J’aime les gars comme Gene Hoglan de Death mais c’est tellement technique qu’au bout d’un moment ça me gonfle. Alors qu’un batteur comme Dave Lombardo, c’est technique mais c’est aussi plus abordable sans dénigrer ce qu’il fait parce que c’est balèze aussi.

Quel est le premier album qui t’a marqué ?

Bertrand Simonin. C’est à cause de ma mère elle avait une cassette d’AC/DC, Back In Black, donc au niveau Métal c’est cet opus. Après je me suis intéressé à Iron Maiden, j’ai acheté au pif une cassette d’eux et ça m’a bien plus puis après voilà le mal était créé.

Pour conclure que dirais tu as quelqu’un qui ne vous connais pas du tout pour présenter Carcariass ?

Bertrand Simonin. Je lui dirai tu vas avoir une chance dans la vie il faut que tu achètes cet album sinon il va t’arriver grand malheur ! Rires. Prenez le temps d’écouter, il y a forcément quelque chose qui pourrais vous plaire dans Carcariass. Il y a de la mélodie, du sentiment, des passages tristes, mélancoliques, de l’amour, de la haine un peu de tout c’est ce qui fait la composition et l’essence du groupe Carcariass. Alors ne perd pas cette chance d’acheter Carcariass !



28 Avril 2023
Pascal Beaumont
Photos DR