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samedi 2 septembre 2023

PHIL MANCA // INTERVIEW // Le Belmondo du Rock'n'Roll - Juin 2023

Phil Manca est ici pour nous présenter son nouvel album "Layers Of Pain" qui lui ouvrira les portes  pour se laisser aller sur ce canapé devant la guitare du grand Jimi Hendrix.

Et comme le dirait Phil Manca il ne s'est que très rarement ouvert au public.

Voila profitez aujourd’hui de ce beau moment d’échange rempli de sincérité avec ce grand Monsieur.

Voila Phil c'est a toi....



Peux tu nous raconter ton parcours jusqu'à tes 3 albums Solo ?

Phil MANCA : Mon parcours ce sont les groupes de lycée. A l'époque il y avait des endroits où l'on pouvait jouer de la musique live dans les lycées. Ce sont les groupes de hard rock dans les années 80. TNT, un peu Sortilège sur la fin avec un chanteur suisse et Barbara Schenker qui nous a quitté, malheureusement, il y a peu de temps. Après j'ai rencontré Eric Levi avec lequel j'ai fait des musiques de films et un album, ERA qui a bien marché. Ça m'a donné l'idée de créer un concept de comédie musicale, de composer des morceaux. J'ai d'abord fait un premier opéra-rock qui était produit par des repris de justice (rires). On a fait deux fois le Trianon mais ça n'a pas donné suite car ça n'était pas au point. Il y avait des morceaux très bien. Ça m'a incité à faire un autre spectacle après mais cette fois-ci pour les enfants car je me suis aperçu qu'ils ne jouaient plus d'instruments et n'écoutaient plus de rock et jouaient encore moins entre-eux. Il y a encore des enfants qui jouent du classique mais très peu de rock. Donc j'ai fait cet opéra-rock inspiré de l'histoire de Jacques et le Haricot magique. On a fait l'Olympia quatre fois avec orchestre pour montrer qu'on savait jouer. Malheureusement ça coûte cher. Donc, après, le spectacle est parti en tournée avec une bande mais pendant 10 ans tout de même. Et ce qui s'est passé ensuite c'est que le fait de faire du spectacle et du théâtre, j'ai un peu oublié de jouer de la guitare. Une de mes idoles est Gary Moore qui colle parfaitement à mon univers musical. Donc j'ai voulu monter un tribute car c'était à la mode. J'aime pas trop les tribute band mais comme ma technique de guitare se rapproche de la sienne, je me suis dit je vais faire ça. Peut-être que ça intéressera les gens. Moi, en tout cas, ça me fera plaisir. Donc j'ai monté cet hommage à Gary Moore pendant 2 ans. Le show était partagé entre la période blues et la période hard-rock. J'ai eu beaucoup de plaisir à faire ça. Et puis les gens m'ont dit "Pourquoi tu ne fais pas un album à toi ?". J'y ai pensé et j'ai fait ce premier album en 3 jours qui s'appelle "Signs" à la fin 2018. J'en ai fait un deuxième en pleine période de pandémie qu'on a pas pu vraiment exploiter et puis on en arrive au troisième et, je ne sais pas si tu as remarqué mais l'énergie va crescendo. Le premier c'était plus du blues-rock voire carrément du blues, le deuxième un peu plus rock et le troisième est carrément Heavy Métal car j'aime toutes ces musiques.

Quelles sont tes influences musicales et tes idoles ?

Phil MANCA :
J'ai commencé par écouter les Beatles. Il y a deux groupes qui m'ont marqués quand j'étais jeune, c'est Creedence Clearwater Revival et les Beatles et les Who juste après. Je crois que le premier morceau que j'ai joué à la guitare c'était "Pinball Wizard". Lorsque j'ai été capable de faire ça j'ai eu une petite érection (rires). Après j'ai bien aimé tout ce qui était Glam anglais. Les Sweet, Slade, je crois qu'il y avait aussi Suzy Quatro. Ensuite il y a eu Led Zeppelin et Deep Purple puis j'ai découvert Michael Schenker avec UFO. Là ça m'a ouvert d'autres horizons du fait que l'on pouvait faire des trucs mélodiques tout en gardant l'énergie car c'est ça le principe de mon jeu de guitare. C'est l'énergie et la mélodie. Je trouve pas que ce soit dissociable. Il faut qu'il y ait les deux. C'est pour ça que j'aime Michael Schenker ou Beethoven par exemple. Car Beethoven c'est la puissance et en même temps c'est beau. Après j'ai eu une période Queen que j'ai beaucoup aimé. Quand je faisais du club je faisais beaucoup de morceaux de Queen avant que Freddy ne disparaisse. Donc on était quatre. D'ailleurs le batteur qui joue en ce moment avec moi était déjà dans le groupe à ce moment là. On chantait tous les quatre car il fallait faire les chœurs en live. Ça nous a beaucoup appris. Dans mes influences, il y a un mec beaucoup moins connu qui s'appelle Todd Rundgren. J'ai appris l'harmonie et la musique tout seul. Je n'ai pas de repères, je ne connais pas le solfège donc je me suis créé mes règles. En cela Todd Rundgren et Queen m'ont beaucoup aidés. J'ai oublié aussi, dans ma période hard-rock, il y avait Ted Nugent et puis Judas Priest. Alors Judas Priest c'est bizarre parce qu'on me dit souvent pourquoi tu aimes ce groupe là car ça ne te ressemble pas. C'est vrai qu'au niveau des lead de guitares j'aime pas trop le touché de Glenn Tipton. C'est pas Jeff Beck ou Michael Schenker mais les riffs, les mélodies et même les solos de Tipton ça sort de l'ordinaire. Il y a un truc original et ça m'a beaucoup marqué parce que ça matche tout de suite. Un morceau de Judas Priest qui part c'est comme Black Sabbath. Tu te le prend dans la gueule.

A quel âge as-tu commencé à apprendre la guitare ?

Phil MANCA : J'ai commencé à 15 ans. C'est très tard. D'ailleurs, si tu fais le test autour de toi, tu verras que les mecs démarrent beaucoup plus tôt. Moi, je voulais arriver à jouer très bien en ayant commencé très tard. Mon frère, lui, avait commencé avant moi mais à abandonné très vite donc j'ai récupéré sa guitare, une guitare classique avec laquelle j'ai appris à faire "Satisfaction" et "Smoke on the water" sur une corde. J'ai quand même pris deux cours à la maison des jeunes du quartier. Le prof trouvait qu'il y avait un truc qui se passait alors que je ne savais pas jouer. J'étais une trompette (rires). Après il y a eu le lycée et j'ai intégré un groupe avec des gens qui jouaient beaucoup mieux que moi. Donc j'ai appris en écoutant les autres et en regardant ce qu'ils faisaient. Et si tu te rappelles bien, à cette époque là, il n'y avait rien à la télévision. Il n'y avait pas YouTube. Donc on ne savait pas comment jouer. Pour disséquer les morceaux, j'avais un tourne-disque que je mettais en 16 tours car il y avait plusieurs vitesses. J'écoutais donc les solos de guitare à la moitié de leur vitesse, un octave en dessous. Après, j'ai eu un magnéto à bandes à deux vitesses. Et c'est comme ça que j'y arrivais. Après, j'entendais tout. C'était une question d'habitude. J'ai appris comme ça et après avec d'autres musiciens qui étaient beaucoup plus forts que moi. Puis avec un peu d'abnégation on y arrive.

Quelles sont tes guitares préférées ?


Phil MANCA : J'ai commencé sur des Gibson Flying V. J'ai eu une Les Paul Une SG. Et lorsque j'ai arrêté mes premiers groupes de rock je suis passé au Super strat J'ai eu une Charvel, début 80, avec un micro SG ensuite. En fait, toute ma technique s'est bâtie avec des effets de vibrato. Des vibratos pas en équilibre. Des vibratos comme Eddie Van Halen en équilibre. En fait tu peux qu'appuyer dessus. Ça évitait d'ailleurs, quand tu cassais une corde, de te désaccorder comme ça m'arrivait souvent. Donc je suis resté sur cette Charvel et j'ai enregistré les albums d'Era et des musiques de films avec ce matériel. Lorsque je suis revenu sur le marché du rock'n'roll j'ai repris la Les Paul. C'était compliqué car ça faisait longtemps que je n'avais pas joué dessus. Donc plus de vibrato, plus d'aide, plus d'effets à la con. C'était tout avec les mains. J'ai trouvé de nouveaux effets que je n'avais jamais entendu avant et que j'ai exploité sur une guitare sans vibrato. Depuis je suis toujours sur cette Les Paul Goldtop et j'ai aussi une lespaul junior avec  dp 90 .

En 2000 tu montes un opéra rock "YPSE" raconte-nous cette aventure ?

Phil MANCA : Je t'en parlais tout à l'heure. C'est l'opéra-rock qu'avait produit Frank Henri Un ancien gangster qui est devenu réalisateur. Il a fait des films et est désormais rangé des voitures. C'est donc lui qui avait produit cet opéra-rock au Trianon avec des comédiens, enfin c'était n'importe quoi ! Il y avait des comédiens, un orchestre à cordes,un groupe de rock et on a fait deux soirées dans cette salle.C'était amusant.

Tu as tourné 2 ans en hommage à Gary Moore, parle nous de ta passion ?

Phil MANCA : C'était différent chaque soir car le public de Gary Moore est très spécial. Tu vas voir un hommage au Beatles ou à Queen, c'est pas le même public. C'est plus des gens qui aiment la guitare donc forcément moins nombreux. C'est pour ça que ça a duré deux ans. Et c'est tant mieux. De toutes façons j'allais pas faire ça toute ma vie. Les gens attendaient toujours "Parisienne Walkways". C'est pas que je n'aime pas ce morceau mais il n'y a pas que ça. Donc, voilà, les gens étaient contents, j'étais content et j'ai rencontré des fans, des étrangers, qui sont venus me voir après le spectacle et qui l'avaient vu à l'époque. Il y a d'ailleurs ce concert qu'il avait fait durant sa période hard-rock à Stockholm et un gars qui avait vu ce concert était sur le cul. Ça t'apporte des émotions ce genre de réactions. Ça fait toujours plaisir. Même quand j'étais co-metteur en scène sur les comédies musicales et que je voyais les gens qui applaudissaient, qui venaient me voir après, ça fait toujours plaisir. Il y a toujours ce petit côté cabotin qui ressort. C'est bien de se faire flatter de temps en temps (rires). C'était sympa cette période. Ça m'a permis d'attaquer la suite.

Ton premier clip "The Race Is On" extrait de l'album "Layers Of Pain" parle du combat contre les addictions ? En as-tu fait l'expérience ?

Phil MANCA :
Oui, j'en ai fait l'expérience. Je ne vais pas parler de ça car je sais que c'est très dur de s'en sortir. J'ai des amis qui n'en sont pas sortis et qui ne sont plus là. L'inspiration pour le texte ça m'est venu ... en fait c'est ma femme qui écrit tous les textes. Elle est moitié americaine et sait faire sonner les mots. C'est un ami de mon fils qui est mort et qui était addict à l'alcool. Ça m'a rappelé tout ce que j'ai connu, moi, avant. Et je pense que si les gens comprennent un petit peu l'anglais il vont vite réaliser ce que veut dire cette chanson. C'est comme une épée que tu as au-dessus de la tête, comme arrêter de fumer à un degré moindre. C'est à peu près la même chose car lorsque tu as arrêté de fumer pendant plusieurs années, ça te revient tout le temps. Tu as ce besoin qui est toujours là. Que ce soit l'alcool, la cocaïne, tout ça ... c'est compliqué. Donc c'était être solidaire de tous ces gens-là qui essaient de s'en sortir.



Parle-nous de l'idée et du sens de la pochette ?

Phil MANCA :  Ca, c'est un curieux hasard. Sur le tournage du premier clip qui n'est pas "The Race is on" mais "Night Stalker", il y avait une photographe qui était là et qui à shooté toute la journée sur le tournage. Je ne savais pas, d'ailleurs, qu'elle prenait des photos. C'est en repartant vers les instruments qu'elle nous a pris de dos et on s'est dit avec Frederique ma compagne cette photo est énigmatique et reflète bien le côté noir de l'album qui met en lumière, si j'ose dire car ce n'est que du noir, tous les côtés de plus en plus sombres de l'humanité en ce moment.

Comment procédes-tu pour l'écriture, la composition des titres ?


Phil MANCA :
Depuis ces trois albums et tout particulièrement pour le dernier, ça part d'un riff de guitare. Et comme c'est principalement de la musique à base de guitares, il faut que le riff soit flashy. Il faut immédiatement que je le prenne dans la tronche et qu'il m'obsède. Donc ça part de là. Après je trouve la mélodie, très important. Une fois que j'ai un couplet/refrain, j'ai bouclé la chanson. Je trouve ma ligne de basse jusqu'au jeu de batterie, je chante tout le morceau, j'écris n'importe quoi et ensuite j'écoute tout ça. Parfois il y a des trucs bien qu'on a gardé et ça lui donne une idée de gimmick. Et puis c'est parti.

Comment s'est passé l'enregistrement de cet album ?

Phil MANCA : La première chanson, je crois que c'était "Night Stalker". On regardait des séries à la con, on s'enmerdait un petit peu. On regardait des documentaires sur Netflix et on est tombé sur ce truc là, de ce tueur en série "Night Stalker" qui se passe dans les années 80 à Los Angeles. Le gars qui commettait ses crimes avait une casquette AC/DC retrouvée sur une scène de crime tachée de sang. D'ailleurs AC/DC qui était en tournée à cette époque là, en 1984, avait été sujet à des interdictions car ils pensaient que le tueur était inspiré par les chansons du groupe. Bien qu'il y ait une chanson qui s'appelle "Night Prowler" sur l'album "Highway to Hell". J'ai vu des interviews d'Angus Young qui racontait ça et qui était obligé d'annuler des concerts. Ça va loin parfois ! Aux États-Unis ils sont géniaux par plein d'aspects mais par d'autres, ils sont un peu réacs et donc on a écrit cette chanson sur un mec qui s'appelle Richard Ramirez qui est complètement cinglé. Bien sûr on ne cautionne pas du tout ce mec là mais c'était histoire d'avoir un er à la fin, un Stalker sur l'album. Le deuxième c'était l'histoire de ces pauvres fans de métal. Ça aussi c'est une affaire des années 80. L'affaire s'appelle West Memphis 3 se passe dans un quartier au fin fond des États-Unis. Les mecs ont été accusés d'avoir tué trois gamins. Ils se sont retrouvés, à 15 ans, condamnés à mort alors que ce n'était pas eux. C'était assez horrible. Donc c'était une chanson pour eux. La chanson s'appelle "Angels Don’t Cry" . Elle est à la fois pour les gamins qui ont été tués mais également pour ces pauvres types qui ont été accusés à tort. Donc cette affaire était l'objet du deuxième titre. Et, sans passer tout en revue, il y a un troisième titre, un morceau très lourd qui s'appelle "Flat Brains". Ça parle des gens qui pensent que la terre est plate. C'est moi qui ai trouvé le titre  par contre. C'est un truc que j'ai découvert. Je ne savais pas que ça existait. Et bien il y en a de plus en plus mon ami ! Donc, voilà, c'est sur eux. Ah et puis la seule reprise qui figure dans l'album c'est une reprise de moi (rires) qui était sur le premier album. Un morceau qui s'appelle "S.M.I.L.E" qui parle de la dépression en général. Il faut toujours rigoler malgré que tu sois très mal dans ta tête. Je n'aimais pas trop l'arrangement qui figurait dans l'album. C'est Renaud Hantson qui chantait. Je ne dis pas qu'il avait mal chanté mais, là, c'est beaucoup mieux, c'est plus musclé. L'arrangement est vachement bien. Et puis, il y a un thème qui me tenait à cœur. De plus en plus de gens sont dans la rue. Avant c'était des clochards. C'était un choix de vie. Mais maintenant ce sont des gamins. Ils ont 18/20 ans et n'ont pas de maison. Il y en a même qui bossent et qui sont dans la rue. Et ça c'était pas possible. Enfin, pas possible, je vais rien changer avec ma chanson. Je ne suis pas le premier à avoir écrit là-dessus et donc ça va pas changer grand-chose mais c'est ma petite petite pierre à l'édifice. La chanson s'appelle "Layers of Pain". Du coup je l'ai mis dedans et ça a donné le nom à l'album. "Layers of Pain" ça, c'est une chanson que j'aime beaucoup. "High and Short" Ça n'a rien à voir avec l'actualité. C'est une chanson sur le dernier bourreau anglais qui s'appelait Albert Pierrepoint. j'avais vu un petit documentaire sur lui. Ça avait inspiré Frederique pour faire la chanson. "High and Short" Ce sont les gens qui gueulaient " Il faut le pendre haut et court". Et lui c'était un type qui aimait bien faire son travail. Il l'avait hérité de son père qui, lui-même, était bourreau. Il faisait une étude sur le mec ou la femme qui allait être condamné à mort. Son poids, la taille de la corde. Il était très rigoureux. A la fin de sa carrière, il a quand même dit "Je ne sais pas si ça sert à grand grand-chose la peine de mort". il en à quand même exécuté près de 200. C'est amusant. Enfin non, c'est pas amusant. C'est de l'humour noir.

Comment s'est passé l'enregistrement de l'Album ?

Phil MANCA : Après avoir fait les démos, j'ai envoyé un exemplaire à chaque musicien. J'ai un ami qui est parti au Canada depuis 30 ans et qui a monté un studio là-bas. Il m'a dit "viens, on fait l'album ici, on sera mieux qu'à Paris et tu pourras prendre le temps que tu veux". Ça m'a interpellé car, en plus je sais qu'il travaille très bien. Son fils a un groupe de rock qui s'appelle "Noise" et qui tourne beaucoup au Québec. C'est lui qui produit ses albums. j'ai pris le temps. 15 jours c'est pas beaucoup mais c'est tout de même mieux que 3 jours. On a donc enregistré là-bas pendant 15 jours et, par contre, on a fait les voix en France. C'est lui qui a mixé, c'est lui qui a masterisé. Il s'appelle Christophe et il demande qu'à être connu.

Te reste-t-il quelques morceaux non retenus ?


Phil MANCA : Si je ne les ai pas retenus c'est qu'ils ne sont pas bien. Je ne suis pas du genre à remplir avec 15 titres. En plus je voulais faire un vinyle. J'ai calculé pour que ça fasse 40 minutes. Il y a 9 titres et ça tient juste sur le vinyle.

Comment décrirais-tu ton évolution musicale ?

Phil MANCA : Je n'avais pas l'habitude de faire de la guitare non-stop pendant 2h30. D'ailleurs je me suis fait une tendinite au bout d'un an et demie et j'ai dû arrêter de jouer pendant 1 an. Parce qu'il faut bien l'admettre. Dans un groupe de rock il n'y a pas de solos non-stop. Pour le premier album j'ai fais la même chose car il y a de la guitare tout le temps. Mais maintenant je suis blindé, c'est bon. J'ai eu une petite attaque au coude droit lors du dernier enregistrement mais, là, ça va mieux. Donc la différence avec le début c'est que la guitare est nettement plus présente. Sur le dernier album il y a un petit peu de clavier. Du coup j'ai pas pris de claviériste. Jusqu'à présent, et notamment pour les morceaux blues/rock c'est moi qui m'en charge. C'est moi qui écrit les arrangements pour clavier. Donc, sur scène, c'est le batteur qui va les déclencher car on ne va pas prendre quelqu'un pour trois notes de clavier. Et l'évolution, c'est ça aussi. C'est que l'on se retrouve à trois. On était quatre avec David Jacob l'ex-bassiste de Trust qui est un ami de longue date. Mais j'ai préféré que l'on réduise l'équipe à trois. Donc c'est le chanteur qui, avant, était à la guitare et aux claviers  qui passe désormais à la basse. C'est un gros travail car à trois c'est plus la même chose. Pas le droit à l'erreur surtout que je ne veux plus utiliser de backing tracks. Donc c'est un gros boulot car il faut que je remplisse plus qu'avant. Plus j'ai avancé dans le temps plus je suis devenu adulte mais sans tomber non plus dans la musique trop "intelligente". Il faut que ce soit spontané. Il y a rien de plus difficile que d'écrire un morceau simple. C'est beaucoup plus facile un morceau... je ne vais pas critiquer Rush ou Frank Zappa, que j'adore au passage, mais c'est pas plus simple au contraire. Moi c'est par par-là que je me dirige. Faire des chansons faciles d'approche. Être le Belmondo du Rock'n'Roll en quelque sorte (rires). Être facile d'approche et en même temps, derrière, on se rend compte que c'est pas idiot ce qu'il y a quand même. Tu plais à la masse en premier et après, quand tu analyses, tu te rend compte qu'il y a autre chose derrière. Comme les morceaux de Queen, ça paraît facile ou comme Mozart, ça paraît facile aussi mais c'est loin de l'être.

Y a-t-il un artiste ou un groupe avec lequel tu rêves de jouer ?

Phil MANCA : Mais ils sont morts ! Phil Lynott j'aurais bien aimé. C'est quelqu'un que j'adore et qui a un phrasé unique. Par contre il ne s'est jamais sorti de ses addictions. Ça c'est terrible. Malheureusement pour lui et tant pis pour nous, il n'est plus là. Après il y a des gens que j'admire comme Todd  Rundgren mais je ne vois pas ce que je pourrais faire avec eux. Ça va beaucoup trop loin. Et puis John Bonham. Si j'avais pu jouer avec lui j'aurais été aux anges. Voilà.

Quels sont tes projets pour les mois à venir ?


Phil MANCA : Pour le moment, je fais la promo de cet album. Il faut vraiment que ça fonctionne, qu'on fasse exploser les compteurs sur les réseaux sociaux car, ensuite, il faut vraiment que je parte en tournée avec ce matériel original. Il faut que je fasse des festivals, que j'élargisse. Je parle des festivals parce que les gens ne viennent pas spécialement pour moi et donc je peux récupérer le public des autres. Et ce qu'il faut voir aujourd'hui, pour intéresser les organisateurs et les programmateurs de festivals, il faut avoir ton Spotify, ton Instagram. Il faut grossir la masse de followers.Donc suivez-moi les enfants !

Quelque chose à rajouter ?
Phil MANCA : Rien de spécial. Je pense que j'ai jamais autant parlé de ma vie !


BONUS : La VIDEO de l'Interview ICI






Paris HardRock Café Juin 2023
Interview Thierry CATTIER 
Photos Th CATTIER / SHOOTING IDOLS
ReTranscription William Chopin

 

samedi 1 juillet 2023

ANA POPOVIC // INTERVIEW // Le pouvoir d'Ana Popovic - juin 2023.


Ana Popovic la nouvelle reine du Blues, parcourt notre pays de nombreuses fois chaque année, voyage à travers l'Europe, repart donner d'autres concerts au Etats Unis, mais n'oublie jamais notre pays où elle s'est constitué un vrai public, qui a su dès le départ lui réserver un accueil plus que mérité.

A chacun de ces concerts, sa setlist change, et c'est chaque soir un vrai régal de la regarder jouer, avec l'humilité, la gentillesse et la douceur qui la caractérisent.

Voici quelques questions que nous avons pu poser à Ana Popovic, n'oubliez pas cet été encore pour quelques dates en France.



Comment as-tu découvert la musique ? Quelles ont été tes premières découvertes musicales ?

Ana Popovic. J'ai découvert la musique très jeune grâce à la collection de disques de mon père. La musique a toujours été chez moi. Jam sessions et rock, funk, soul et blues.

À quel âge as-tu commencé à jouer de la guitare ?

Ana Popovic. J'ai commencé à jouer quand j'avais environ 13 ans.

Quels sont les groupes qui t'ont donné envie de faire de la musique ?

Ana Popovic. Enormément de groupes, comme les Rolling Stones, Tina Turner, Free, Bad Company, WAR, et bien sûr tous les grands du blues : BB King et Albert King et Elmore James, Etta James et tant d'autres...

Te souviens-tu de ton tout premier concert ?


Ana Popovic. Mon tout premier grand concert a été Tina Turner au stade de Belgrade. Elle était magnifique ! Je pensais "Je veux être comme elle" !

Parle nous des guitares que tu utilises ?

Ana Popovic. Ma guitare principale est une Fender Strat '64. Je l'ai acheté en 2007 et c'est mon bébé ! Toujours partout avec moi. Je ne quitte jamais des yeux - sur scène et hors scène. C'est un manche en palissandre, tout d'origine '64. Ma deuxième guitare est une réédition '57 que j'ai reçue de mes parents quand j'avais environ 20 ans, et elle m'accompagne également dans la plupart des concerts. C'est une fabuleuse guitare au manche en érable. D'autres incluent une autre réédition '57 Desert Sand, guitare jazz D'Angelico, Martin acoustique D-28, Ovation 12 cordes, et sur Power, je jouais une Gibson Les Pauls.

Tu as tourné dans plusieurs pays, comment ressens-tu l’accueil et les réactions de tous ces publics différents notamment en France ?

Ana Popovic. Oh j'adore le public français ! C'est toujours un plaisir de visiter votre beau pays et ses gens chaleureux. Ils aiment vraiment la bonne musique, ils sont ouverts aux nouveaux styles musicaux et ils ne sont pas facilement satisfaits car ils ont tout entendu. Le top du top. Ils réagissent toujours incroyablement à ma musique!

Aujourd'hui, quels sont tes groupes préférés ? Sont-ils les mêmes qu'avant ? Quel genre de musique préfères-tu écouter ?

Ana Popovic. C'est un mélange de musique ancienne et nouvelle. Il change chaque semaine. Ma playlist est partout. En ce moment c'est : Anderson Paak, Prince, Donald Fagen, Manhattan Transfer, Stevie Wonder, Paul Simon etc.


Y a-t-il une chanson ou un album qui restera pour toujours?

Ana Popovic.  Enormément Je ne peux même pas les compter. Les artistes magistraux laissent toujours  des albums signature (c'est le cas de Stevie Wonder et quelques-uns) qui résisteront à l'épreuve du temps.

Parle nous de la pochette de l'album "Power" ?

Ana Popovic. Je voulais une couverture intemporelle. Quelque chose qui résonnerait au fil des années. Avec l'accent sur les questions sociales mais aussi sur l'amitié et l'unité. Et je voulais que les gens associent l'unité, l'acceptation au Pouvoir. Le pouvoir est souvent un mot si négatif. Mais "Power to change the world for better" est très très positif. Donc, avec l'aide de mon bassiste Buthel, nous avons fait ce disque. Et c'est grâce à son soutien et à sa persuasion que nous avons obtenu ce merveilleux morceau. C'était notre carburant. C'est donc une histoire de fond pour la couverture. En tout cas, une image d'unité : Ana Popovic et POWER !

Les moments difficiles que tu as traversés l'année dernière t'ont rendue plus forte, et tu nous offres un excellent album veux tu nous en parler ?

Ana Popovic. Au milieu de la pandémie de Covid et de la mauvaise nouvelle de mon diagnostic, Buthel et moi avons parlé via zoom et avons presque instantanément commencé à écrire. Nous avons terminé certaines des chansons que nous avons commencées bien avant la pandémie.  Ensuite, nous avons commencé les nouveaux. On se réunissait tous les jours sur zoom. Ensuite, des enregistrements de démonstration ont suivi. Je retrouvais ma section rythmique à Dallas et je travaillais sur les premières démos. C'était un «carburant» pour mon esprit et mon âme, cela m'a donné un but et une distraction très attendue.

Comment s'est passée la création et la composition de ce nouvel album "Power"?

Ana Popovic. C'est un disque fabuleux, mon préféré jusqu'à présent, dont je suis très fière. C'est un témoignage de ce que la persévérance individuelle et l'état d'esprit peuvent faire - il suffit de dégager la lumière des situations les plus sombres et d'en faire un carburant et un moteur pour quelque chose de brillant. Si j'ai pu le faire, tout le monde peut le faire. Je veux inspirer d'autres personnes - dans toutes les difficultés et les moments difficiles - à s'accrocher à un passe-temps principal - quelque chose qui vous fait sourire et vous fait sortir du lit un jour de pluie !

As tu quelque chose à rajouter ?


Ana Popovic. Bientôt je l'espère, une nouvelle tournée en France !

Merci Ana et à très bientôt sur les routes de France et d'ailleurs



Ana Popovic en concert :

01 juillet – LE BROC (06) Le Broc Festival
06 juillet – CHALON EN CHAMPAGNE (51) Private show
07 juillet – CROLLES (38) Gresiblues
5 Aout - MEGEVE - Megeve Blues Festival VIII
14 Octobre - NANCY Chapiteau de la Pépiniere


Interview juin 2023
Thierry CATTIER
Photos :
Brian Rasic

lundi 19 juin 2023

SCREAMACHINE ( Francesco Bucci - bassiste) // INTERVIEW // La paroisse du Metal - Juin 2023.


On résume souvent l’Italie aux spaghettis, la Dolce Vita, le chianti et la mafia heureusement c’est aussi un pays où l’on trouve d’excellent groupe Metal à l’instar de Screamachine un tout nouveau combo venant de Rome et qui pratique un Heavy Metal dont le son flamboyant s'inspire de titans tels que  Judas Priest, Metallica, Savatage et Accept. Si le gang n’existe que depuis 2017 et a sorti son premier méfait en 2021 chez Frontiers Records, les musiciens quant à eux sont des vétérans de la scène Italienne et ont sévis dans de nombreux combos respectés comme pour le bassiste Francesco Bucci avec Stormlord ou Kaledon pour Paolo Campiteli Mysterhydden, Agony and Ecstasy pour le chanteur Valerio « The Brave » Caricchio le batteur quant à lui n’étant pas en reste avec Jokers' Inc. Vous l’avez compris nos amis Italiens ne sont pas de novices loin de là ! Un expérience qui leur a permis de nous délivrer un très bon premier opus en 2021 sur lequel figurait de nombreux invités comme Steve Di Giorgio (Testament, Death, Iced Earth, Spirits Of Fire, etc.), Herbie Langhans (Firewind, Avantasia, Sonic Haven) ou encore Simone Mularoni (DGM) et un Ep Bordeline en 2022 pour nous présenter son tout nouveau guitariste le petit prodige de la six cordes : Edoardo Taddei. Deux ans plus tard les voilà de retour avec Church Of The Scream une galette qui montre toute l’étendue de leur talent et prouve qu’ils sont là pour durer notamment grâce à leur capacitée à évoluer, écouter le single « The Epic of Defeat » avec la participation de Davide ‘Damna’ Moras (Elvenking) au chant et vous comprendrez. ! Pour découvrir les Screamachine quoi de plus simple que de passer un coup de fil à son membre fondateur Francesco Bucci le bassiste de la formation ! Un entretien découverte avec un musicien sympathique et volubile prêt à nous faire découvrir tous les secrets de la machine hurlante. Magnéto Francesco c’est à toi !



Vous venez de donner un concert le 1 juin 2023 avec votre nouveau guitariste Edoardo Taddei dans le cadre du Pure Metal Fest à Rome quels souvenirs en gardes tu ?


Francesco Bucci
. Ça a été facile de revenir sur scène. Ce n’est pas le premier concert que nous donnons avec notre nouveau guitariste Edoardo Taddei. En 2022 on a eu la chance de donner des shows pour la sortie de l’Ep Borderline. Mais là c’était notre premier concert après l’enregistrement de l’opus donc on était très existé de jouer. C’était très beau et on a bien jouer !

Avez-vous eu l’opportunité de jouer aussi en France ?


Francesco Bucci. J’aimerai vraiment ! En ce moment même nous essayons de booker quelques dates en Italie pour cet été ! Mais notre intention principale est de jouer en Europe. On est très intéressé pour venir jouer en France mais on est un jeune groupe donc ce n’est pas facile de trouver un promoteur. Nous ne sommes pas riches, on veut juste jouer du Rock’n’roll mais on ne peut pas payer pour ça, il nous faut un promoteur pour nous trouver des dates. On a vraiment envie de jouer en Europe mais cela prend beaucoup de temps, on pourrait peut-être ouvrir pour une autre formation. On ne sait pas vraiment à quoi s’attendre, on ne peut qu’attendre et espérer le meilleur.

Qu’essayez-vous de transmettre lorsque vous êtes sur scène ?

Francesco Bucci. A chaque fois qu’on me demande quel type de musique joue Screamachine, je réponds c’est facile nous jouons très fort du Metal ! C’est ce que l’on peut attendre de nous sur scène. On ne peut pas jouer ce type de musique en restant attaché à ces racines si on ne joue pas très fort. J’adore être en studio pour enregistrer, expérimenter, mixer. Mais bien sur la meilleure des choses pour nous, ce que nous attendons tous c’est de jouer live. On est un combo direct, il n’y a pas vraiment de travail sur le visuel, c’est la musique avant tout. On est très heureux actuellement parce qu’avec ce nouveau disque, on va changer notre set List et jouer de nouvelles chansons comme “The Crimson Legacy” et “Church Of The Scream” qui sont très efficace sur scène. En les écoutant le public devient fou. J’espère que vous pourrez bientôt nous voir en France.

Le combo est très récent mais vous avez tous en tant que musiciens une longue expérience derrière vous dans quel état d’esprit avez-vous composer ce nouvel opus ?

Francesco Bucci. Avec beaucoup de conviction. C’est très important de dire que nous sommes des musiciens expérimentés, on est des vétérans. Rires. Screamachine est désormais notre priorité, c’est très important que les gens comprennent que ce n’est pas un side project. C’est un vrai combo qui va donner des concerts et qui est notre priorités absolue. Il y a une grande différence concernant la composition entre notre premier opus et le nouveau, la manière dont nous avons travaillé est complètement différente. Il faut garder à l’esprit que notre premier opus était basé sur l’énergie, c’était l’association d’un groupe d’amis musiciens qui avaient envie de jouer ensemble. A l’origine c’était mon idée de jouer ce type de Heavy Metal. Cela vient de ma jeunesse lorsque j’étais enfant et c’est toujours resté ancré en moi, dans mon cœur, Iron Maiden, Metallica, Saxon, Motörhead, Savatage ….J’écoute ce style depuis très longtemps et j’avais envie de faire un mixe de cette musique avec des sonorités modernes mais de ne pas être un groupe qui copie et fait la même chose, je ne voulais pas que Screamachine soit un tribute au Heavy Metal. Je voulais garder ce son et l’adapter à notre époque pour en faire quelque chose de moderne que ce soit au niveau de la production, créer notre propre style tout en gardant nos racines. J’ai réuni quelques bons amis à moi, des musiciens pour créer Screamachine et enregistrer un album. On a pensé à rien d’autre que de jouer, on ne savait pas que l’on trouverait un label et que l’opus serait distribué partout, on voulait juste jouer la musique qu’on appréciait tout simplement sans penser à rien d’autre. C’est du Heavy Metal traditionnel, on ne savait pas qu’un label pourrait être intéressé et il y en a eu un c’est Frontiers Records. Ils ont été preneurs et on les remercie, ce premier cd a séduit le public, ils ont été satisfaits, il n’y a pas tant de combos qui joue ce Heavy Metal. Il a été fait avec nos tripes, il vient du cœur. On n’a pas réfléchi en se disant ce titre est bon mais on peut le rendre meilleur, c’était au feeling et on l’aime beaucoup. Mais bien sur Screamachine à commencer à devenir un vrai groupe. Après la pandémie, on a eu la chance de pour donner quelques concerts. On se connaissait mieux en tant qu’être humain et musiciens et on a pris notre temps à écouter les titres et se demander quels côtés de Screamachine on apprécie le plus et quel autre moins. Le deuxième a donc été travaillé d’une façon plus traditionnelle, on a pensé aux arrangements, à l’écriture des titres, aux mélodies vocales, on voulait que tout soit parfait. Et je peux dire qu’on voulait un niveau supérieur en termes d’écriture. Et puis sur le premier on avait beaucoup d’invités, de très bons musiciens Italiens et internationaux : Steve Di Giorgio (Testament, Death, Iced Earth, Spirits Of Fire), Herbie Langhans (Firewind, Avantasia, Sonic Haven), Simone Mularoni (DGM), Massimiliano Pagliuso (Novembre), Andrea Angelini (Stormlord), Francesco Mattei (Noveria) on voulait faire une fête du Heavy Metal, on voulait un maximum de musiciens. Mais sur Church Of The Scream, il y a un seul invité Davide ‘Damna’ Moras (Elvenking) sur “The Epic of Defeat” car c’était notre intention de montrer au monde 100 % de Screamachine, c’était très important pour nous. C’est une grosse différence entre les deux disques, on les aime tous les deux.

Je suppose que pour le second l’écriture a été nettement moins simple à l’instar de “The Epic of Defeat” qui est un morceau ambitieux musicalement !

Francesco Bucci. Tu dois garder en tête que c’est notre album de la pandémie. La plupart des morceaux pas tous ont été écrit en 2020 et 2021 avant même que notre premier cd soit sorti. Il a été enregistré avant la pandémie. La majorité des démos ont été composés pendant le confinement. La situation était étrange je m’en souviens très bien. Mais j’ai été boosté au niveau créatif, j’avais de nombreuses idées donc c’était positif. C’était facile pour moi d’enregistrer les première idées de chansons. Lorsque tu écris tu as une idée de base, tu réenregistres une démo très brute. Puis tu travailles avec le reste de la formation pour ajouter les voix, les arrangements et parfois modifier le titre. Lors de cette période j’ai été très créatif de même que Paolo et Valerio. On a échangé nos idées sur internet, on a enregistré des démos à la maison sur nos ordinateurs, on échangeait nos fichiers, j’écrivais un titre et je l’envoyai à Valerio notre chanteur puis il me le renvoyait après avoir posé ses parties vocales pour voir si c’était bien. C’était très étrange cette façon de travailler mais ça nous a motivé dans cette très mauvaise période de nos vies la pandémie. Ce n’était pas difficile, je suis heureux que tu es mentionné “The Epic of Defeat” car c’est un de mes titres préférés. Sur le reste de l’album il y a un feeling différent mais cette chanson j’en suis très fier. Elle a aussi été écrite pendant la pandémie.



Justement pourquoi avoir fait appel à Davide ‘Damna’ Moras (Elvenking) précisément pour ce titre ?

Francesco Bucci. Comme je te l’ai dit auparavant, il est important pour nous de ne pas avoir beaucoup d’invité sur cet opus parce qu’il y en avait beaucoup sur le premier. J’adore quand d’autres musiciens viennent jouer sur nos morceaux. Ce sont des musiciens que tu apprécies, ils viennent et travailles sur tes chansons et il y laisse une partie de leur âme. Il la transforme en quelque chose de meilleur ! On avait aussi une grande peur c’est que si nous avions beaucoup d’invités sur Church Of The Scream que Screamachine devienne une sorte d’Avantasia. Je ne voulais pas que dans le futur les gens attentent de nous que nous ayons systématiquement des invités sur nos disques. Je me suis dit que nous allions faire un opus avec nos tripes avec une exception Davide ‘Damna’ Moras parce qu’on est amis, on se connait très bien depuis de nombreuses années. Il y a une dizaine d’années j’ai d’ailleurs travaillé avec lui sur un side project qui n’est finalement jamais sorti. Cela fait 20 ans que l’on se connait et qu’on avait envie de faire quelque chose ensemble mais à chaque fois David était occupé ou moi, ce n’était jamais le bon moment. Et puis j’ai écrit ce morceau qui était différent du style classique de Screamachine, une chanson longue, épique, bombastique. Et au milieu du titre il y a cette atmosphère Pagan, Black Metal Heavy. Au début je travaillais avec Valerio au niveau vocal. Et là on s’est dit que ce serait parfait pour Davide. C’était le moment de faire quelque chose ensemble. Je l’ai contacté, il a été très cool car à cette période il enregistrait le dernier Elvenking. Il était très occupé mais il a dit oui c’est d’accord on va le faire. Pour moi c’était très spécial, ce n’est pas seulement un artiste mais un ami. Je suis heureux que finalement nous ayons pu travailler ensemble et j’adore cette chanson.

Edoardo Taddei est votre nouveau guitariste, il est jeune, talentueux que vous a-t-il apporté depuis son arrivée au sein du combo ?

Francesco Bucci. Pour le premier opus nous avions à nos coté Alex Mele qui est un ami très proche. Dans quelque jours je vais le voir sur scène avec son groupe de Power Metal Kaledon. Il souhaitait se focaliser sur Kaledon. Je comprends parfaitement son point de vue car c’est lui qui a créé ce combo il y a vingt-cinq ans. C’est très bien qu’il m’en prévenu en m’informant de son départ car on a pu s’organiser. Edoardo Taddei est un guitare Hero en puissance et pas seulement en Italie mais aussi en Europe. Tout le monde parle de lui, c’est un alien, il est incroyable ! C’est une sorte de Jason Becker de notre génération, moderne. Il est si jeune, il a 23 ans j’en ai le double ! Rires. Il est très sérieux, très impliqué et il vient de Rome comme moi. Donc lorsque tu as un aussi bon guitariste……Quand Alex est parti, Eduardo a été le premier à qui on ait pensé. On s’est dit prenons le numéro 1 pour ce type de musique et c’était lui. On l’a contacté et la rencontre à été très bonne parce qu’il aimait notre musique. Il est très occupé, il tourne en Europe avec Master Boot Record, il a sa carrière solo. Sur son dernier opus solo (Ndr : Timeglass) il y a Jeff Loomis (Ndr : Nevermore, Arch Enemy) qui joue sur le morceau "Faded". Il apprécie notre style de Heavy Metal. Lorsqu’il est arrivé les morceaux étaient prêt, il a juste du se chargé des parties lead tout était déjà composé par moi, Paolo et Valerio. Mais il a tout de même apporté sa contribution par ses solos et il a porté la musique de Screamachine à un autre niveau, il est phénoménal !

Vos deux premiers single “The Crimson Legacy” et “Church Of The Scream” ouvre le nouvel opus c’est important pour vous de les mettre en valeur ?


Francesco Bucci. Je pense que ces deux morceaux présentent deux cotés différent de Screamachine et montre bien ce que nous sommes musicalement ! C’est très important pour moi ! Souvent quand j’écoute d’autres albums les titres se ressemblent ! Bien sûr il y a des formations comme AC/DC ou l’on retrouve cela aussi mais c’est AC/DC. Lorsque j’écoute un disque ce qui me rend heureux c’est lorsque chaque titres sont différents les uns des autres. Je pense que “Church Of The Scream” apporte cela ! Bien sûr nous jouons du Heavy Metal mais on aime aussi explorer de nouveaux horizons. Certains morceaux sont plus dans un style épique, d’autres plus l’esprit Judas Priest, plus classique, d’autres plus Heavy dans l’esprit de Metallica, d’autres ont un feeling plus Hard Rock. “The Crimson Legacy” était fait pour devenir un single naturellement. Lorsque l’on a composé cette chanson Valerio est arrivé par la suite avec la mélodie vocale, on s’est dit que ce serait notre premier single. Le titre est rapide, facile, il y a un bon solo et un refrain incroyable qui reste en mémoire. J’apprécie que les gens découvrent Screamachine avec cette chanson très Heavy. Pour “Church Of The Scream” qui est le nom de l’album, c’est un titre plus complexe, avec tous ces riffs, ces solos très techniques, il y a beaucoup de changement de rythme à la batterie. C’est important car certains attendent ce nouvel opus et on veut leur montrer que l’on a développé de nombreux style musicaux, ce n’est pas la même chanson répété sur tout le disque. Mais on reconnait bien notre style bien sûr, c’est pourquoi on voulait présenter en avant premières ces deux morceaux.

Quel est l’idée développez-vous à travers “Church Of The Scream” qui a donné son nom à ce deuxième album ?

Francesco Bucci. C’est notre côté tribute au Heavy Metal, notre façon de nous exprimer. On a une approche un peu spécial du style, c’est notre côté démoniaque mais c’est surtout l’église de la musique ! On peut aussi le voir sur la pochette, il y a notre mascotte le Metal Monster, il prêche pour le diable, la foule et le Heavy Metal. On adore jouer avec les clichés du Heavy Metal, on aime cet approche sans être trop excessif et parodique. “Church Of The Scream” pour moi cela signifie le culte du Heavy Metal pour tous les gens qui apprécie cette musique.

A l’écoute de “Church Of The Scream” on ressent beaucoup cette influence des années 70/80 Judas Priest, Savatage, Metallica, Accept, comment as-tu découvert toutes ces formations ?

Francesco Bucci. C’était lorsque j’étais jeune, j’avais 10 je pense, j’écoutais Queen, les Beatles, un peu de tout, je n’avais pas de style de prédilection. Je suis bassiste mais je n’écoute pas uniquement du Heavy Metal, c’est la musique que j’aime le plus, c’est l’histoire de ma vie, j’étais à l’école et on m’a prêté une cassette de Metallica Kill Them All, c’était juste incroyable. Je n’avais jamais entendu quelque chose de pareil. Le premier morceau que j’ai écouté c’est “Hit The Light” qui ouvre l’opus. Ce titre avec toutes ces parties de guitares, de batterie ça a été un choc, je n’avais jamais entendu ça. Cela faisait aussi un peu peur, je m’en rappelle parfaitement, c’était vraiment incroyable, j’ai tout oublié mais je me souviens du feeling que j’ai ressenti quand j’ai écouté “Hit The Light” et je me suis dit voilà la musique qui me plait. Quelque mois après j’écoutais du Death Metal, Cannibal Corpse, Morbid Angel, j’étais fan de ce style. Puis j’ai réécouté des formations avec un rythme un peu plus Metal. Mais “Hit The Light” a été le déclencheur qui m’a fait me sentir vivant et découvrir un nouvel univers musical.

Comment en es-tu arrivé à devenir bassiste ?

Francesco Bucci. Tu dois savoir que je suis un des rares bassistes qui a débuté par la basse et pas la guitare parce que souvent les bassistes sont d’anciens guitaristes qui sont passé à la basse pour différentes raisons et plus particulièrement dans le Metal. Mais moi j’ai débuté à la basse, ça vient de Kill Them All de Metallica et du son de basse de Cliff Burton sur ce morceau “ (Anesthesia) Pulling Teeth”. J’ai entendu ces parties de basses tout bonnement incroyable, ce n’était pas une guitare mais on n’arrivait pas à déterminer de quel type d’instrument il s’agissait, on pouvait même penser que c’était faux en quelque sorte, un fake. Lorsque tu es jeune et que tu n’as pas d’expérience, tu n’es pas capable de bien reconnaitre chaque instrument maintenant je peux le faire, le batteur joue comme ça, le son de la basse…. Mais à cette époque c’était juste la musique, je n’étais pas sur du jeu de basse même si c’était de la basse, j’ai écouté ce nouveau son et je me suis dit c’est ce que j’aime. Bien sur la basse ce n’est pas que Cliff Burton mais ça été suffisant pour moi pour commencer à jouer de ce bel instrument. Ça a été le meilleur choix de ma vie parce qu’en tant que compositeur pour moi la basse doit avoir une place importante parce qu’elle te force à penser au morceau. Bien sûr je compose sur une guitare la plupart du temps mais dans mon esprit je suis un bassiste et je pense toujours au morceau pas seulement à développer une partie rapide, un riff de guitare pour montrer au monde comment je suis un bon musicien. Je pense toujours à la chanson parce que la basse surtout dans le Heavy Metal est toujours derrière mais c’est le cœur du morceau, c’est la basse comme Chronos de Venom, Lemmy tous ces grands bassistes. Ça m’a toujours fait réfléchir, ça m’a beaucoup influencé. Je pense toujours au morceau en terme général et pas seulement en me basant sur mon instrument. Beaucoup de guitariste sont focalisé sur la guitare, c’est cool parce que pour moi c’est très important d’avoir un très bon guitariste, j’adore Metallica, je suis un fils de James Hetfield mais c’est aussi important de penser à la chanson par elle-même.

“Deflagrator” s’ouvre d’ailleurs sur une belle partie de basse !


Francesco Bucci
. Oui bien sûr, j’adore mon instrument. Au départ ce titre a été écrit sans cette intro. J’essayais d’obtenir un son Metal, je voulais le faire évoluer car il ne se combinait pas à 100 % avec ce que j’avais à l’esprit. Pour moi le début n’était pas très bon et là je me suis dit mais pourquoi pas débuter cette chanson avec ce riff de basse très cool. J’avais cette partie avec ce groove, plus personne ne fait ça maintenant une intro à la basse. Débuter ce titre avec ce riff de basse, un bon groove de batterie, j’adore pour moi c’est un bon début. C’est ce que je te disais, j’aime quand chaque morceau soit dans un certain sens différent, il faut que ce soit unique, et la basse fait la différence.

L’opus a été produit par Paolo Campitelli votre guitariste je suppose que c’est un avantage de travailler ainsi sereinement !

Francesco Bucci
. J’ai une très bonne connexion avec Paolo. Ce qui est important de dire c’est que c’est un ingénieur du son, il a produit nos albums et assure aussi la partie mixage et mastering. C’est un gros travail, on est chanceux qu’il se charge de cela. On peut ainsi se produire nous-même ce qui fait que l’on dispose d’un contrôle total sur notre créativité, sur ce que nous avons envie de faire. On a aussi plus de temps pour expérimenter de nouvelles sonorités, idem pour les arrangements. Paolo et moi sommes les principaux compositeurs de Screamachine. On connait très bien la manière dont nous écrivons, on se soutient tous les deux. Si nous avons une idée, j’essaye de la développer avec lui pour qu’elle soit la meilleure possible. J’apprécie de travailler avec Paolo, on a fait des choix de production ensemble. Il attend toujours un retour car c’est difficile de produire un opus mais produire ta propre musique c’est un véritable cauchemar. Rires. Lorsque tu travailles avec une personne qui n’est pas du combo tu as un regards extérieur. Mais si ces sont tes propres morceaux tu es a la recherche d’un échange. Un producteur peut te prodiguer des conseils et te disant ça c’est pas mal on pourrait faire ça. Moi et Paolo travaillions ensemble pour produire et mixer nos titres. Mais c’est bien lui qui dirige, c’est u ingénieur du son, il nous donne ce son.

Est-ce qu’il y a des morceaux dont tu te sens plus proche que ce soit au niveau des textes ou bien musicalement ?

Francesco Bucci. Les textes sont écrits par Valerio, il est excellent et j’apprécie la plupart de ces écrits. Je préfère me focaliser sur la musique. Il y en a deux qui sont très importants pour moi peut être trois ! Rires. Le premier c’est “The Epic of Defeat” et je t’ai dit pourquoi c’est une chanson spéciale. C’est un défi pour moi et il y a aussi un coté sentimental. Un autre très important c’est “Night Asylum” sur nos albums il y a un titre qui se rapproche plus du son Hard Rock. C’est le cas de “Night Asylum”, elle sonne très bien. C’est un peu à part du Heavy Metal, c’est plus dans l’esprit de Dokken, Mötley Crüe leur coté Heavy, j’adore cette chanson. Il y a aussi “Church Of The Scream” parce que les prémices de ce titre ont été écrit en 2002 c’est-à-dire il y a plus de 20 ans, c’était pour un autre projet qui n’est jamais sorti. Mais on sentait que ce morceau était vraiment bon. Lorsque on s’est attaqué au second opus, on a repris ce titre, on a changé quelques riffs mais on a gardé la partie principale. Il a été composé il y a 20 ans et je suis vraiment heureux que les fans puissent enfin l’entendre parce que j’ai toujours pensé qu’il était bon et j’ai souffert du fait qu’il ne sorte pas maintenant je suis épanoui.

Tu es très polyvalent, tu as joué dans de nombreuses formations comme Stormlord et tu as aussi été journaliste et collaboré avec des magazines Italiens comme Metal Shock ou Rock Hard quels ont été tes plus belles rencontres lors de tes interviews ?

Francesco Bucci. Oui j’ai pendant 25 ans au sein de Stormlord, j’ai composé la plupart des titres et écrits des textes, j’ai eu une contribution importante au sein de la formation. Le Heavy Metal est ma grande histoire d’amour, j’ai toujours essayé de vivre Metal et ce quel que soit les façon dont on peut l’appréhender. J’aime écrire. J’ai eu l’opportunité d’écrire pour Metal Schock, c’était le magazine numéro 1en Italie maintenant c’est terminé. J’ai travaillé aussi pour la version Italienne de Rock Hard. A cette époque le business était très différent, il y avait beaucoup d’argent comparé à aujourd’hui. J’ai donc eu la chance de faire de nombreux studio report, de prendre l’avion pour d’autres pays pour interviewer des artistes. J’ai eu la chance de rencontré une bonne partie d mes idoles. J’ai vécu des moments exceptionnelle comme lorsque j’ai interviewé James Hetfield pendant 45 minutes avant qu’il ne monte sur scène, je pense que c’était en 2003. J’ai aussi interviewé Steve Harris, c’était incroyable. J’ai aussi eu la chance de jouer avec Lemmy, on jouait avec Stormlord dans le festival The Gods O Metal, on a partagé le même backstage. Tu sais lorsque tu rencontres tes idoles, c’est toujours risqué. Tu peux aimer leur musique et tomber sur quelque qu’un de pas très sympathique. Mais j’ai toujours eu de la chance de rencontrer des musiciens merveilleux. J’en suis très heureux. Un autre qui était vraiment très sympathique, très agréable, c’est King Diamond. J’ai fait une très belle interview avec lui, on a échangé pendant plus d’une heure, il m’a expliqué toute l’histoire de ce concept The Puppet Master, j’ai été très chanceux. Tous ces musiciens étaient très gentils, les personnes dont je me souviens le plus ont donné de très bonne interview, c’était de très belle rencontre.

Rhapsody a fait découvrir grâce à son succès le Metal Italien à travers le monde, est ce que quelque part c’est un modèle pour toi ?

Francesco BucciRhapsody pour moi c’est quelque chose de très spécial. L’Italie a une grande histoire avec le Heavy Metal, il y a eu des formations comme Vanadium ou Necrowretch qui était très underground pour le reste du monde qui pensait qu’en Italie on jouait de la mandoline ! Rires. On ne prenait pas le Metal Italien au sérieux. Et ensuite il y a eu l’arrivée de deux formations qui ont cassé la barraque et fait connaitre le Metal Italien : Lacuna Coil et Rhapsody. Je m’en souviens très bien. Lorsque leur premier opus est sorti c’était l’époque de l’explosion du Power Metal. J’en écoutais énormément, Gamma Ray, Hammerfall. Et j’ai commencé à écouter la scène Italienne et on parlait beaucoup de Rhapsody qui jouait un Power Metal épique et symphonique dans l’esprit de Blind Guardian. Donc lorsqu’ils sont arrivés, j’ai écouté ce qu’il faisait et j’ai été ébloui, j’ai découvert qu’ils étaient Italiens. Pour moi c’était impossible. C’est très difficile d’expliquer cela de nos jours parce que la scène Italienne est incroyablement riche, on a beaucoup de très bons groupes comme Fleshgod Apocalypse ou Elvenking qui sont très respecté et qui joue partout en Europe, aux Usa et donnent de très bon concerts. Mais à cet époque, c’était quelque chose d’incroyable. Les Allemands ou la scène Metal est très importantes se sont intéressé à Rhapsody, ils ont adoré. Leurs premiers albums étaient fantastiques jusqu’à Power of the Dragonflame. Chaque disque était en amélioration constante pour ce type de son et les gens étaient totalement ébahi. Aujourd’hui je ne les écoute plus beaucoup peut être parce que je les ai beaucoup écouté lorsque j’étais jeune. Je préfère quelque chose de plus brute, direct mais je ne peux pas nier qu’ils ont joué un rôle très important pour la scène Italienne, on leur doit beaucoup à eux et Lacuna Coil. C’est grâce à eux que la Scène Metal s’est développée en Italie. C’est très marrant parce que beaucoup de personnes écoutent du Death ou du Black Metal, ce que j’apprécie, ils ne sont pas proche de Rhapsody. Mais ils reconnaissent que si la scène Italienne existe c’est en grande partie grâce à Rhapsody.

Au niveau Rock il y a aussi Måneskin qui a gagné le Concours Eurovision de la chanson en 2021 !


Francesco Bucci. Leur salle de répétition est située juste à côté d’où je vis. Je ne les connaissais pas avant qu’ils deviennent célèbre. Je les apprécie, ils font du Rock, il y a un guitariste …. Je préfère écouter Måneskin qu’un combo de Pop mainstream, ils jouent du Rock. Leur musique est pleine d’énergie, de bonne mélodies, il y a une excellente voix, c’st un bon groupe. Avec l’expérience on peut dire qu’ils sont influencés par tout un tas de style comme les Beatles ou Led Zeppelin, c’est un sorte de puzzle avec des arrangements à la Beatles ou Led Zeppelin. Mais pour un jeune qui n’a peut-être jamais écouté Led Zeppelin c’est quelque chose de cool. Il peut commencer avec Måneskin et puis s’intéresse à d’autres formations. Beaucoup de personnes ne les apprécient pas parce que ce sont des poseurs, on s’en fou, ils sont marrants, ils font du Rock pour moi c’est parfait.

Pour conclure un mot à ajouter ?

Francesco Bucci. Je suis venu en France l’été dernier, j’ai visité Paris puis je suis allé en Normandie. On essaye de faire un Heavy Metal moderne, on joue ce qui vient du cœur mais ce n’est pas daté c’est moderne. La chose la plus importante c’est de venir nous découvrir sur scène, c’est pourquoi les promoteurs Français doivent nous faire venir jouer en France.



Juin 2023
Pascal Beaumont   /  Photo DR

Pascal Beaumont et Laurent Machabanski (Traduction / Retranscription)



dimanche 18 juin 2023

LAURENT VIEL // INTERVIEW // L’Homme Femme - Juin 2023.

 



C'est un spectacle très intime issu de votre dernier album « L’Homme Femme » où vous vous livrez beaucoup. Un besoin sans doute ?

Laurent VIEL. Effectivement tout est parti de l’envie de réaliser un album et de donner une couleur pop électro à des chansons de facture assez classique, ce qu’on appelle de la chanson française. Il n’y avait aucun autre désir.
Ce spectacle s’est imposé à moi par la suite et c’est la première fois que cela m’arrive à ce point. D’habitude je monte un spectacle sur tel répertoire ou tel propos. Mais là c’est lui qui menait la danse et c’était très agréable. Visiblement il avait des choses très intimes à me faire raconter.

Comment avez-vous construit cet objet artistique ?

Laurent VIEL. C’est une aventure collective et j’ai eu de beaux artistes pour m’accompagner. Tout d’abord Isabelle Aichhorn qui s’est immergée avec talent et générosité dans cette singulière aventure.
Sous son regard nous avons suivi ce fil et compris qu’il fallait repartir à la source de mon parcours artistique qui se trouve dans la chambre du petit garçon que j’étais, où tout a commencé pour moi, et se laisser porter.
Très vite nous avons ressenti le besoin de faire appel à un chorégraphe, danseur pour optimiser mes mouvements et c’est le merveilleux Raphaël Kaney Duverger qui est venu nous rejoindre. Nous avons fait une première version brute que nous avons été jouer chez des particuliers et qui est toujours sur les routes.
Quand nous avons décidé de l’installer au théâtre de l’Essaïon nous voulions que des projections viennent nourrir et représenter pour le public tout l’imaginaire foisonnant que je pouvais avoir quand j’avais 5, 6 ans.
Avec Antoine Le Gallo nous avons réalisé, grâce à son talent, des vidéos que nous projetons sur le mur de pierre de la salle. Antoine s’est chargé également du son et de la lumière.
Sans oublier Bruno Benoiste Pilloire qui produit et accompagne avec bienveillance et attention cette aventure.
Bref c’est un travail d’équipe et je les remercie tous les 4 infiniment.



Il y a beaucoup d’auteurs et compositeurs, comment avez-vous travaillé avec eux, et avec votre arrangeur Yann Cortella ?

Laurent VIEL. Les chansons de cet album correspondent à différentes périodes de mon chemin artistique. Je n’ai pas enregistré beaucoup de disques et je voulais garder une trace. On y trouve des chansons de mes débuts comme « Monsieur » mais aussi des chansons créées spécifiquement pour cet album, comme « La pluie » qui est un extrait de À la recherche du temps perdu de Marcel Proust et qui s’est imposé comme une réponse à un autre titre de l’album « Ai-je vraiment compté ? ».
Pour chaque chanson je savais précisément ce que je voulais raconter. J’ai donc accompagné de prêt le travail des auteurs compositeurs qui ont mis leurs créativités à mon service.
Philippe Besson m’a offert un texte fort et délicat sur un sujet qui me tenait à cœur.
Romain Didier 4 sublimes compositions musicales issues de 2 projets que j’ai réalisés. Un sur le chevalier d’Éon, personnage incroyable de l’histoire de France, dont Alain Nitchaeff s’est chargé des textes. Un autre en duo avec Enzo Enzo, « Chacun sa Famille » et c’est Pascal Mathieu qui en a écrit les paroles.
Plusieurs titres avec mes complices de toujours Thierry Garcia et Xavier Lacouture, mes frères artistiques je peux dire.
Roland Romanelli qui connait mon amour pour Barbara m’a fait le cadeau d’une musique qu’ils avaient composée ensemble et dont ils ne s’étaient jamais servis, sur laquelle j’ai écrit un texte avec Baltazar pour évoquer mon amour pour cette femme.
J’ai eu la chance aussi que Bertrand Soulier, Michel Hahn nous rejoignent.
Après il me fallait trouver le magicien des sons et des arrangements :  c’est Yann Cortella qui avec passion et talent s’est embarqué dans ce projet. Sur l’album, Laurent Stocker (sociétaire de la comédie Française) et Enzo Enzo sont venus partager un duo chacun.

Il y a une très belle écoute de la part du public tout au long du spectacle, j’imagine que cela doit vous porter ?

Laurent VIEL. En effet, c’est un vrai beau cadeau cette écoute. A plusieurs moments de la soirée nous ressentons quelque chose de suspendu. C’est un bonheur à vivre et partager.
Ce qui me touche beaucoup aussi c’est les nombreux témoignages de personnes qui ont envie de me dire combien ils se sont sentis intimement concernés par ce que je raconte, ce que je montre.
 C’était une de mes craintes car comme je me mets à nu cela ne pouvait vraiment exister que s’il y avait un écho personnel pour chacun. Ce qu’a divinement réussi Barbara justement. L’intime au service de l’universel.


Paris 13 Juin 2023
Thierry Cattier
Photos :
Norbert Gabriel et Franck Boucourt