mercredi 24 novembre 2021

DEATH DECLINE (Alex Chanteur et Fab Guitariste)// Interview // De Dijon... Novembre 2021.

 



Vous sortez aujourd'hui votre 3ème album "The Silent Path" pouvez-vous nous en dire un peu plus sur chacun d'entre vous ?

Alex : Je suis Alex, le chanteur de Death Decline de Dijon.

Fab : Moi c’est Fab, de Death Decline,... de Dijon... (rires).

D'où vient le nom du groupe et quelle est sa signification ?

Alex : Comme on a coutume de le dire, le groupe a été fondé en 2008 par Manu et aujourd'hui il ne reste plus personne du groupe d'origine. Donc on n’a pas la moindre idée de ce que veut dire le nom "Death Decline" mais je pense qu’il n’a pas d’autre but que de sonner Metal.

Fab : Des conversations que j’avais pu avoir avec les anciens membres, c’était juste que la prononciation sonne, ça a un impact, c'est classique et efficace.

Comment créez-vous vos compositions, y a-t-il un déclencheur, un moment propice ?


Alex : Avec le confinement ca a pas mal aidé parce que le déclencheur c’est qu’on c’est tous retrouvés à se faire chier à la maison. D’une manière générale, il y a Fab et Mario, le deuxième guitariste, qui amènent des idées de compo. Et le fait qu’on joue ensemble depuis quelques années déjà, on sait vers quelle direction on veut aller, donc on brode autour et ça nous permet petit à petit de construire nos albums comme ça. On garde toujours en fil rouge la composition  mais on n’est pas du genre à faire la tournée et attaquer les compos juste avant de rentrer en studio. On en fait toujours pendant qu’on tourne et quand on voit qu’on s’approche de la date du studio on met les bouchées doubles.

Fab :  Rien à rajouter je n’aurais pas dit mieux (rires).

Racontez-nous l'enregistrement de "The Silent Path"


Alex : Ça c'est pas mal passé du tout. Faut savoir un truc, on n’est pas des requins de studios, on est avant tout des musiciens live, on s’éclate sur scène. Avec le confinement qui nous a  permis de tous bosser chacun de notre côté à la maison, du coup on s’est un peu plus appliqués à faire de la pré-prod. Donc quand on est arrivés en studio on avait déjà enregistré pas mal de fois les morceaux, on avait déjà peaufiné pas de trucs, on était peut-être un peu plus confiants. La prise en charge au  studio Art Music avec Sebastien Camhi a été vraiment très très chouette, déjà le cadre, t’es privilégié, t’es dans la pampa au milieu des vignes, on était sur une fin octobre plutôt douce avec un soleil très agréable. Vu qu’on sait que c’est des passages très difficiles pour nous, on essaye de réunir toutes les conditions pour que ça se passe bien. Ça a été une bonne expérience je trouve.

Fab : Oui ça s’est super bien passé, on a été dans des conditions idéales pour faire notre album au mieux. Et beaucoup mieux préparés, ce qui n’était pas forcément le cas avant. On a abordé les choses d’une façon différente et je pense qu’on va essayer de garder cette façon de travailler pour les prochains albums.

Avez-vous ressenti une évolution sur votre manière de travailler en studio depuis votre 1er album en 2015 ?

Alex : En 2018 pour la sortie de notre 1er album " The Thousand Faces of Lies ", on est arrivés à l'arrache, on avait pris qu'une semaine de studio, du coup on s'est aperçus qu’il manquait des bouts de batterie et on a dû y retourner, au niveau timing c’était vraiment trop court. Du coup on s’est un peu mangé dans la tronche ce qu’on n’avait pas bien préparé. Et aujourd’hui on peut dire que ça a changé et qu’on commence peut-être à tenir le bon bout.

Fab : Oui carrément, je pense qu’avec ce nouvel album on a vraiment progressé grave. Même si c’est vrai, ce n’est pas l’exercice qu’on préfère.

Alex : On n’a pas le choix, on ne peut pas y couper donc autant s’y préparer au mieux.

Fab : Je pense qu’on a vraiment franchi un cap et je pense qu’avec le 4ème album ça sera encore mieux. On y a été plus sereins et c’est important car c'est un exercice de mon avis personnel plus stressant que la scène. On a plus d’expérience de scène qu’on a d’expérience de studio.

Alex : Après, quand tu rentres en studio, ça te fait voir également la musique avec un niveau beaucoup plus professionnel. Déjà t’arrives, là action, à 9h faut bosser jusqu’à 18h, vraiment histoire de rentabiliser ta journée, et ça nous change un peu même si on reste des joyeux branleurs. On prend vraiment beaucoup de plaisir en essayant de faire ça le mieux possible et là les conditions étaient vraiment faites pour que tout se passe bien. On avait réservé 15 jours et on a fini les dernières prises de chant juste avant que notre cher président ne nous confine.

Racontez-vous comment votre titre "Useless Sacrifice" a été utilisé dans South Park ?

Alex : Ben en fait c'est un énorme coup de chance, comme à peu près tout ce qui doit t’arriver de bien dans la musique. En gros, d’une manière totalement indépendante de notre volonté, on a cassé l’algorithme de YouTube. Alors je pense que c’est parce que beaucoup de gens ont dit que le morceau était pourri, au niveau du référencement y a eu un max de commentaires... En fait depuis quelque temps, si tu tapes Death Metal sur YouTube tu tombes sur nous en premier. Ce qui est paradoxal car je ne pense pas qu’on puisse être affilié à un groupe de Death, mais toujours est-il que South Park a du taper et tomber sur nous tout bêtement.

Fab : Je pense qu’on avait un partenariat avec une chaine YouTube américaine, grâce à eux on a eu la vitrine dont on avait besoin, et je pense que sait ça qui a fait le buzz.
Alex : On a eu un sacré coup de chance.

Depuis cette exposition mondiale, y a-t-il une différence dans l'accueil qui vous est fait par les médias et l'industrie musicale en général ?

Alex : On n’a pas de ressenti direct, peut-être un peu au niveau du booking, les gens voient à peu près qui on est sans qu’il y ait plus de notoriété ou de reconnaissance. Ça nous a vraiment impactés sur des supports comme Spotify, on est à 20.000 écoutes par mois, ce qui est énorme pour un petit groupe comme nous. Sinon, ça avait eu un gros impact au niveau des réseaux sociaux, mais avec notre poisse, on s’est fait pirater notre page Facebook il y a un an a peu près, on approchait les 6000 abonnés et on a dû repartir à zéro. Malgré nos nombreuses demandes au niveau des admin y a pas eu moyen de récupérer la page donc on reste pragmatique, c’est chiant car c'est un outil de com important de nos jours, mais bon, heureusement ce n’est pas ce qui nous empêche de faire notre musique, ça ne nous a pas tant pénalisé que ça.

Fab :  ffectivement ce qui est dur c’est que maintenant tout passe par ces réseaux sociaux, c’est la seule vraie grosse vitrine que l’on peut avoir, mais grâce à YouTube ça a pu continuer.
Alex : Pour la sortie du clip en juin dernier du nouvel album, au moment de la sortie on devait être à 1600 followers sur Facebook et tu te demandes comme cela se serait passé avec l’ancien ou on avait déjà atteint les 6000. Après faut pas ruminer, c’est contreproductif et c’est pas trop notre esprit. Tant qu’on peut faire de la musique, le reste on s'adapte. Faut être réactif, on a fait ce qui était possible mais après on arrive à un moment ou faut avancer, donc on avance…

Comment définiriez-vous le style de votre musique ?

Fab : C'est du Metal, faut avoir une étiquette alors voilà. Sachant que nous on ne pense vraiment pas en terme de style particulièrement Metal ou autre, bien sûr on a nos influences, tout ce qui fait notre son mais si le riff est bon, que ce soit Death Metal, Trash Metal, l’essentiel et que ça nous parle, on va s'éclater et voilà.

Alex :à partir du moment où on sait la couleur qu’on veut donner à notre musique, c'est le plus important. On avait essayé de tirer un peu sur le deuxième album le côté Death, mais après clairement on s’est aperçus que ça nous ressemblait pas. On reste quand même satisfait de cet album mais aujourd’hui on est plus revenus sur une formule qui va plus se rapprocher du premier, avec quelque chose de plus équilibré. Encore une fois, on cite toujours les mêmes groupes, on va plus être sur des sons à la Machine Head ou Trivium, ce qui nous réunit tous et qui nous permet de nous exprimer sans mettre de barrière.

Quelles sont vos premières influences musicales à chacun ?

Fab : Moi c’est clairement Metallica qui m’a vraiment donné la flamme, même si ce n’est pas le 1er groupe que j’ai découvert, j’étais déjà fan de Iron Maiden, Black Sabbath, avec les vieux vinyles de mon père que j’écoutais déjà très jeune. Et quand j’ai découvert Metallica ca a vraiment pris une autre dimension. Après j’ai enchainé avec toute la scène américaine trash metal qui m’a vraiment influencé.

Alex : Je n’ai pas la chance d’être aussi vieux que lui (rires)... Je suis vraiment rentré dedans avec les années 80, par la scène néo comme beaucoup de gamins. J’ai grandi dans un petit bled et j’écoutais ce que je pouvais, genre Linkin Park et compagnie, et petit à petit j’ai viré vers la scène Death et la scène Black, le Trash j’ai découvert plus tard grâce à Fab. Je connaissais le style, j’ai découvert Kreator, je prends beaucoup de plaisir maintenant à écouter la scène américaine. Tu sens quand tu écoutes notre premier album que Fab m’avait fait découvrir Testament depuis pas longtemps. Dans le groupe je pense qu’on est très éclectiques, on a des styles de prédilection, mais on évolue en tant que musicien aussi.

Fab : Oui on partage beaucoup nos goûts, on se fait découvrir chacun plein de trucs différents. Ce qui permet pour le groupe d'évoluer chaque fois.

Comment avez-vous vécu cette année de confinement ?

Fab :  Je pense qu’on ne l’a pas vécu tous de la même façon, moi je ne l’ai pas mal vécu du tout parce que j’ai pris le temps où on n’avait plus de concerts pour composer un maximum, pour me recentrer vraiment, apprendre un peu justement le studio, la MAO, tout ce que j’avais jamais fait. J’ai commencé à m’y mettre et ça m’a permis d’évoluer aussi. Je pense que ce confinement nous a beaucoup influencés sur la composition de notre album. En dehors du manque de scène du fait d’être privé plus d’un an et demi c'est dur, sinon le reste je ne l’ai absolument pas mal vécu.

Alex : Moi c'est un peu comme Fab, ça c’est passé à un moment de ma vie où il y avait déjà pas mal d’ondes positives, plus le fait que je pouvais continuer mon boulot, et le fait qu’on a pu se concentrer sur la composition de l'album. C'était dur de ne pas pouvoir répéter ensemble et plus de concerts, mais bon on s’est donnés plein de nouvelles, on restait en contact, et en fait ça nous a bien aidés pour peaufiner l’album, à tel point qu’on se méfie un petit peu pour la composition du prochain parce qu’on sait qu’on n’aura pas autant de temps à nous pour bosser. Dans l’ensemble, c'était assez positif pour moi.

Y va-t-il un artiste ou un groupe avec lequel vous auriez rêvé de jouer ?


Alex : Waouh y en a tellement ... au niveau de notre sensibilité, j’aurai adoré voir notre nom à côté de celui de Motörhead sur une affiche. Ça fait partie des artistes et des humains au-delà des musiciens qui nous ont beaucoup influencés. Quand on voit toutes les pertes que l’on a en ce moment, il en reste mais ça se fait plus rare. On a un batteur et un guitariste qui sont très très fan de Slipknot, ils auraient peut-être bien voulu partager l’affiche avec eux. Moi j’ai toujours était fan de la première heure de Children of Botton, ça aurait été sympa de croiser Laiho sur un concert.

Fab : C'est vrai que quand tu vois toutes ces disparitions ça fait peur, on ne partagera plus les affiches avec certains grands au niveau des festivals ou autres, heureusement qu’il en reste encore un peu... Judas Priest ça serait top... J’espère, si ça se fait, ça serait vraiment génial.

Pour finir, si vous ne deviez conserver que 3 choses : un disque, un film, et un 3ème choix ? Quelle serait votre sélection et pourquoi ?

Alex : Moi je prendrais une bouteille d'eau et un sandwich au poulet (rires).

Fab : Le connaissant je suis sûr qu’il ne prendrait pas une bouteille d'eau mais une bouteille de Jack (rires).

Alex :
J’emporte la trilogie du Seigneur des Anneaux, et en bouquin la biographie de Rob Halford (rires)...

Fab : J'emmènerais Scarlett Johansson avec une bouteille de Jack, et comme je suis fan de fromage, beaucoup de fromage, ça va bien avec les deux autres choix (rires).


Paris 8 Novembre 2021
Thierry Cattier
Photos : Th. Cattier /
Shooting Idols