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dimanche 12 décembre 2021

FISHING WITH GUNS (Inigo Chanteur et Christophe Guitariste) // Interview // Under The Siver Lake - Septembre 2021.

Le groupe Fishing With Guns  Hardcore N'Roll de Paris sortent un nouvel EP de cinq titres.

Après quelques albums et Ep le groupe affirme sa direction musicale vers des
rythmiques hypnotiques très Stoner et nous offre un EP  "Under The Silver Lake" sorti le 17 septembre dernier.

Nous n'avons donc pas raté l'occasion de coincer deux de ses membres pour leur poser quelques questions afin d'en connaitre un peu plus sur eux et sur leur nouvel EP .

Rendez-vous pris avec
Iñigo Delgado le chanteur et Christophe le guitariste dans un bar Parisien très rock, le Black Dog rue des Lombards à Paris. Place à cette interview, bonne lecture a tous.


Pouvez-vous vous présenter pour commencer ?


Inigo : Je suis le chanteur de Fishing With Guns et j'ai intégré le groupe il y environ 5 ou 6 ans ?

Christophe :
Ça passe tellement vite... mais je dirais ça aussi, quand on s'amuse le temps passe vite... Moi je suis Christophe je suis là depuis le début de Fishing With Guns en 2005 et je suis à la guitare.

Vous sortez aujourd'hui un EP "Under The Siver Lake", votre dernier album date de 2017, pourquoi avoir attendu si longtemps ?

Christophe : Bonne question, en fait on a attendu longtemps parce qu'on a pas mal changé de Line-up depuis 2017, on a notre ancien batteur, Max, qui est parti, du coup il a fallu trouver un nouveau batteur, on a décidé aussi de changer au niveau des guitares, Mickey est venu se joindre à nous a peu près à la même période, du coup on a pas mal changé notre façon de composer

Inigo : Il y a eu le covid aussi qui a fait que l'on a dû trouver d'autres manières de composer et surtout de communiquer à distance. Sur comment on allait faire ce EP, qui normalement était censé être un album... La force des choses a fait qu'en se voyant moins, on a dû se réinventer et se diriger vers un EP, du coup on a pris un peu de temps pour le sortir le bousin.

D'où vient le nom du groupe ?

Inigo ; Christophe, y a que toi qui peut répondre...

Christophe : Alors là c'était une idée de notre premier chanteur Jean, alors d'où ça vient sincèrement je ne m'en souviens plus (rires), je pense qu'il avait chopé ça il trouvait le nom accrocheur et ça matché bien avec ce que l'on faisait à l'époque et ça match toujours bien aujourd'hui, c'est rigolo ça nous ressemble.

Comment créez-vous vos compositions, y a-t-il un déclencheur, un moment propice, ou une idée ?

Inigo : Dernièrement justement c'est avec l'arrivée de Mickey, notre nouveau guitariste, que l'on a changé notre manière de travailler. Avant on était vraiment un groupe qui répétait en live, Christophe arrivait avec une idée de riff, on travaillait autour, on essayait de trouver des nouvelles parties…
Quand Mickey est arrivé, il a changé cette manière de travailler, parce qu'il est aussi ingé son de formation, donc il arrivait avec son morceau qui était déjà structuré, il avait déjà pensé à la batterie, à sa guitare, il arrivait avec un morceau tel qu'il était et on se posait dessus : ça a changé notre façon de travailler, du coup on a pu prendre plus de temps, plus de recul pour écouter les morceaux que l'on faisait et poser tranquillement nos parties, et c'est ce qui a donné "Under the silver Lake".

Christophe : Oui c'est exactement ça, on a changé notre façon de composer, avant on était vraiment sur du live, maintenant on est plus sur de la MAO en fait. On travaille à la maison, beaucoup aussi chez Mickey parce qu'il avait tout le matos et qu'il fallait un équipement de folie.

Inigo :
Du coup il nous a fait nous équiper aussi, après l'idée c'est de garder toujours cette énergie live et j'espère que ça se ressent dans le disque même s'il y a beaucoup de chose faites à distance, la priorité c'est que ça sonne live.

Comment avez-vous évolué depuis le début du groupe ?

Christophe : On a pas mal évolué au niveau du groupe en termes de line up, on était avec un chanteur dont je parlais tout à l'heure, Jean, qui est parti vivre sa vie à Nantes. Donc on a cherché un nouveau chanteur en présence de Monsieur Inigo. Au départ on était à deux gratteux donc, un gratteux qui s'appelait Rémi et qui est parti un peu après ton arrivée, peut-être un rapport de cause à effet.
Du coup, on a pas mal joué à quatre sur le dernier EP, avec une seule guitare, moi, Inigo, Max à la batterie et Guillaume BOUIF à la basse, Mickey nous a rejoint juste avant le départ de Mawet, puis il y a un an, Fred, notre batteur nous a rejoint, et là on est vraiment au complet. Et on a un beau petit Line-Up.

Et toi Inigo, avant d'intégrer le groupe tu étais dans un autre groupe ?

Inigo : Oui j'avais un groupe de rock prog, une direction qui était très mélodique dans mon approche du chant, je réfléchissais énormément sur comment s'articulaient les lignes de chant et les doubles voix. Arrivé dans Fishing with Guns, ça a été un peu un défi pour moi j'ai dû apprendre le chant beuglé, je n'avais pas l'habitude de sortir de ma zone de confort.

Comment définiriez-vous le style de votre musique ?

Christophe : on va dire Hard core and roll

Inigo : Ah oui on reste là-dessus quoi



Racontez-nous l'enregistrement de "Under The Silver Lake" ? Comment se passe une session en studio ?

Christophe : En arrivant, on était très très préparés parce qu'on avait bossé nos instruments un maximum à la maison, via l'ordinateur et toutes les méthodes que nous avait donné Mikael. Après, on est arrivés avec un produit quasi fini, donc ça c'était hyper confortable et on est arrivé au studio Sainte Marthe avec Francis Caste, on lui a présenté les titres du EP, il a pu l'écouter et il avait déjà des idées de mix etc. et après ça a déroulé.

Inigo : C'est intéressant de travailler avec un gars comme Francis parce que c'est quelqu'un qui connait la musique, qui connait le rock et qui sait le faire sonner. Nous notre Ep il était déjà fait dans notre tète mais il nous a beaucoup apporté d'arrangements, de production, des fois même en chant. Des fois, je posais ma ligne de chant et il me disait "ooooh t'es sûr que tu veux aller dans cette direction là..." le côté un peu challengeant… C'est Francis. On a bien rigolé, après c'était un peu épuisant parce qu'il nous fallait beaucoup de ressource physique, c'est un exercice.

Christophe : C'est toujours fatiguant le studio, on a quand même une grosse dose de stress parce qu'on doit rentrer tout dans un temps imparti. Mais la dessus, Francis a toujours été bienveillant et franchement ça s'est super bien passé.

Combien de temps cela vous a pris en tout ?

Christophe :
Je dirais une petite dizaine de jours ?

Inigo : Un peu plus je crois, 4 jours pour la batterie, en gros 2-3 semaines

Christophe : Il y a un truc dont on n'a pas parlé, c'est au niveau enregistrement, du coup on n'avait pas notre batteur, donc on a fait appel à Morgan Berthet, c'est un putain de batteur de la scène métal actuelle

Inigo : C'est le batteur de Kadinja

Christophe : Et donc franchement, je pense que ça a aussi apporté un plus aux niveaux des prises batterie, enfin il a tout enregistré, le monstre quoi... Il a aussi apporté une touche de puissance à notre EP. Et le pote de Mickey a fait toutes les prises de basse.

Inigo : Oui, parce qu'en fait on a enchainé les galères ... Notre bassiste s'est coincé les doigts dans une portière, du coup il n'a pas pu enregistrer ses parties de basse.

Christophe : C'est un super pote de Mickey qui a fait toutes les prises de basse chez lui, c'est un ingé son très bien équipé en termes de matos… Bref, on est arrivés chez Francis avec tout sur clé USB.

Inigo : Ça nous a permis de prendre un peu plus de temps aussi pour les arrangements, et aussi faire un gros gros travail sur les voix pour que ça sonne comme on voulait.

Christophe :
Sur le mix global du EP, pour qu'on puisse avoir ce qu'on voulait…

Comment cela va se passer maintenant avec les musiciens qui devaient enregistrer et qui ont été remplacés sur le EP ?


Christophe :On a un bassiste qui est très très cool, il avait conscience qu'il ne pouvait pas faire les prises de basse, donc il a vu ça plutôt comme un gros plus que Martin, le pote de Mickey, puisse réaliser ses prises et il était présent au studio pendant l'enregistrement

Inigo : Pareil pour la batterie, à la base, même si elle sont jouées par Morgan, toute la structure et toutes les lignes de batterie était déjà écrites par Mickey.

Christophe :
On fait tourner depuis en répète et ça le fait bien. 

Quelles sont vos premières influences musicales ?

Christophe :Moi c'est Metallica, Pantera, Sepultura

Inigo :
Moi je vais dire Megadeth pour te faire chier ! Après dernièrement j'étais plus sur des trucs très mélodiques, et dernièrement en jouant avec Fishing, là j'écoute plus du gros bourrin et des sons hardcore énergie.

Quels sont les groupes que vous écoutez aujourd’hui et quels sont vos goûts musicaux ?

Christophe :
Beaucoup la nouvelle scène Hardcore
Inigo : Moi aussi, mais aussi beaucoup de comptines pour enfant, c'est peut-être aussi parce que j'ai une fille d'un an…

Comment avez-vous vécu cette année de confinement ?

Christophe : Globalement pas trop mal, enfin je parle pour ma part

Inigo : C'était étrange, mais moi c'était avec une femme enceinte et après un bébé en bas âge, donc ça m'a permis de passer du temps en famille en fait.

Y a-t-il un artiste ou un groupe avec lequel vous auriez rêvé de jouer ?

Christophe :
Oh là, y en a beaucoup si on doit en donner un toi ça serait quoi… J'avoue une scène avec Every time I Die.

Inigo :
Oui j'avoue j'ai une demie molle (Rires)

Christophe : Oui ça serait très très cool

Pour finir, si vous ne deviez conserver que 3 choses : un disque, un film, et un 3ème choix ? Quelle serait votre sélection et pourquoi ?

Christophe : Une guitare, parce que je suis guitariste lol. Un mediator et puis une couverture pour pas mourir de froid la nuit (rire)

Inigo :
Moi je prends une petite dynamo et je pédale pour la charger et donc une télévision avec un abonnement Netflix au moins que je puisse regarder quelques chose, jai pas besoin de guitare, moi je chante non mais !



Paris 14 Septembre 2021
Thierry Cattier
Photos : Th. Cattier /
Shooting Idols

vendredi 26 novembre 2021

BEAST IN BLACK // Interview // La Cyber Attitude Septembre 2021

 

BEAST IN BLACK est un combo Européen regroupant des musiciens Finlandais Hongrois et Grec qui dis mieux ! Formé à l’initiative de Anton Kabanen après son départ de BATTLE BEAST. En 2017 le gang sort un premier album Berserker hommage au manga Japonais de Dark Fantasy Berserk de Kentaro Miura et s’embarque en tournée au côté de WASP pour quelques dates seulement suite aux frasques de Blackie Lawless.
Ils repartent ensuite sur les routes au côté de NIGHTWISH en novembre et décembre 2018 ce qui leur permettra de jouer à Paris à l'AccorHotels Arena ! En 2019 ils reviennent sur le devant de la scène avec un second méfait From Hell With Love qui leur permettra de sévir sur les terres Européennes en tête d’affiche avec comme première partie MYRATH. Fidèle défenseur d’Heavy Metal typique gorgé de refrains catchy voir Pop par moment qui magnifient le tout, le gang est de retour cette fois ci avec Dark Connection son troisième opus une fois de plus inspiré par les mangas cette fois ci développant un univers Cyberpunk très futuriste comme que Armitage III ou bien Gunmm mais aussi par le monde cinématographique grâce des films cultes comme Blade Runner de Ridley Scott.
Une fois de plus Anton Kabanen nous propose un Heavy Power Metal bercé par des ambiances pop, dance, voir par moment symphoniques, gorgé de claviers aux sonorités typiquement eighties le tout agrémenté de refrains imparables qui vous scotche définitivement le bulbe rachidien. Une belle réussite doté d’une production haut de gamme qui brille par son incroyable efficacité ! Du grand art à n’en pas douter. Cerise sur le gâteaux deux très belles reprises "Battle Hymn" de MANOWAR et plus surprenant "They Don't Care About Us" ( HIStory: Past, Present and Future) un morceau du roi de la Pop Michael Jackson dans une version très réussi empreint de classe et de respect !
C’est avec le prolifique et sympathique Anton Kabanen la maître incontesté de la bête en noir que nous avons pu nous entretenir afin d’en savoir un peu plus sur ce monde Steampunk rétro futuriste ! Magnéto Anton c’est à toi !



Vous avez eu la chance d’effectuer une longue tournée Européenne en tête d’affiche du 29 Octobre au 18 Novembre 2019 avec en Special Guest MYRATH quel regards portes tu sur cette tournée ?

Anton Kabanen. C’était notre seconde tournée en tête d’affiche. Je m’en souviens c’était une tournée sympathique et réussie. Après avoir fait cela pendant dix ans c’est bien de voir que les choses planifiées se passent comme prévues et qu’il y a aussi de belles surprises. On n’a pas à se plaindre sur ce point. Nous avons hâte de retourner sur les routes prochainement mais nous avons aussi un planning à respecter.

Qu’essayes-tu de transmettre au public lorsque tu es sur scène ?

Anton Kabanen. Pour nos perspectives ce qui est le plus important c’est que les gens viennent voir nos shows, et rien d’autre. Je me focalise sur ce point. C’est une échappatoire d’une heure et demie. Tu dois continuer de vivre. Appréciez la musique et le spectacle. Qu’est-ce que l’on peut demander de plus ? C’est pour cette raison que nous sommes là. Pour donner de belles émotions.

Que représentes pour toi un bon concert ?

Anton Kabanen. Quand le son et le groupe ne font qu’un. Lorsqu’il y a une bonne atmosphère. Parfois tu es très fatigué ou malade, ce qui affecte ton humeur. Quand tu es en bonne santé tu sais à quoi ressemble un bon son. Ce sont des choses classiques et basiques, qui font que tout se passent bien. C’est ce qui fait un bon show pour nous.

Il y a beaucoup d’harmonies de guitares est ce important pour toi de retranscrire au plus près de leur version albums les morceaux lorsque tu es sur scène ?

Anton Kabanen. Absolument, mais ce n’est jamais facile. Il n’y a pas de mon point de vue de concerts parfaits d’un point de vue prospectif. Ce n’est pas le sujet, nous ne sommes pas là pour jouer un spectacle sans erreurs. En tant que groupe, tu joues tous les soirs des choses différentes qui permettent de rafraichir le show et d’apporter des éléments nouveaux et de l’excitation. C’est une forme de tension qui doit être exécutée de la bonne manière. Nous savons ce qui va se passer à quatre-vingt-dix pourcents. Il y a toujours cette partie obscure que tu ne connais pas. C’est comme cela qu’on fonctionne.

En décembre 2019, vous avez reçu un disque d’or à Helsinki un disque d’or j’imagine que cela été un moment important pour toi et la formation ?

Anton Kabanen. Oui nous étions très contents et nous ne nous y attendions pas. Cela a été une énorme surprise, disque d’or pour le premier album. C’était le premier disque d’or de notre carrière. Aucun des membres du groupe n’avait jamais reçu une telle récompense. C’était très sympa, cela veut dire aussi qu’il y a un but. Les gens aiment la musique, le groupe, les concerts que nous aimons faire et donner. C’est comme un point d’ancrage dans le temps. Nos plus grands shows se sont déroulés fin d’année 2019 et ce sont de loin les meilleurs. Ce sont de très bons souvenirs de notre carrière.

N’as-tu pas l’impression que tout est allé très vite pour BEAST IN BLACK concerts en en tête d’affiche, trois albums, un disque d’or !

Anton Kabanen. Effectivement d’un certain coté cela fut rapide, d’un autre coté on a toujours été dans des formations pour faire de la musique. Ce n’est pas comme si c’était notre premier groupe. C’est pour cette raison que des grandes tournées et des albums ont été enregistrés. Pour chaque membre du combo on se demande pourquoi s’est arrivé si vite dans notre univers musical. D’abord c’est une récompense émotionnelle car le public a accepté notre musique. Les premiers fans sont les fans de notre premier opus, ce sont eux qui nous donnent des vues, des likes sur YouTube, sur toutes les plateformes partout dans le monde. Tout va ensemble. Et cela fait quelque chose auxquelles nous ne nous attendions pas. Merci à tous les fans ! Et nous espérons que cela n’est que le début. Nous avons encore de l’appétit pour réaliser encore beaucoup plus de belles choses.

Vous êtes de retour sur le devant de la scène après cette pandémie quel est ton état d’esprit au vu de ce qu’a vécu l’humanité ?

Anton Kabanen. Il y a une certaine nervosité qui existe lorsque que tu reviens après un long break, mais aussi de l’excitation quand tu recommences à jouer après si longtemps. Il y a certaines chansons que tu adaptes avec l’humeur et tes sentiments du moment. Il y a quelques années quand on était actif en tournée ce n’était pas si différent. A mon niveau tu t’adaptes rapidement pour les morceaux de la setlist. Ces titres qui par la suite ne te paraissent pas étrangers après un long break. La question est de savoir comment tirer profit de ces titres pas seulement musicalement mais aussi techniquement. Je me rappelle certaines chorégraphies et le feeling entre le public et le combo de ce fait il serait difficile de se prélasser sur scène. Heureusement ce n’était absolument pas le cas et ce fut très excitant.

Une bonne partie des musiciens pour pallier le manque de concerts ont donné des shows virtuels, ce n’est pas le cas de BEAST IN BLACK vous ne semblez pas attiré par ce genre d’exercice !?

Anton Kabanen. Nous ne sommes pas fans de shows virtuels. S’il n’y a aucune possibilité de jouer en live nous ne voulons pas perdre notre temps et nous préférons concentrer nos efforts sur du contenu artistique ou de nouvelles chansons brillantes, des vidéos pour la musique ou des paroles pour les prochains albums. Fondamentalement quand on ne peut pas faire de concert live, on essaie d’être créatif dans le contenu sur quoi construire avec le groupe. Il y a toujours quelque chose d’artistique à construire dans ce contexte. C’est pour cela qu’on ne se focalise pas sur les shows virtuels. Bien sûr tu peux en faire pour ajouter des tas d’éléments que tu ne pourrais pas faire sur un concert normal. Dans ce genre de d’évènements il y a un manque d’audience. Il manque quelque chose et c’est bizarre. Pour moi les prestations virtuels bien produits ou les livestream dans les stades, ça ressemble à des vidéos qui ont été faites avec une seule prise. Je préfère regarder des clips de musique éditées et parfaites dans les détails. C’est une sorte de compromis entre le fait de faire des vrais concerts et des shows virtuels. Nous ne sommes pas friands de ces live virtuels. Aucun de nous dans le groupe ne l’est. C’est bien car on ne se bat pas pour ça. On veut donner des shows avec du public, pas être sur scène sans public.



« Dark Connection » est votre troisième opus, comment cette fois ci avez-vous envisagé le processus de composition alors que nous étions en pleine pandémie ?

Anton Kabanen. Nous avons travaillé de la même manière que pour les deux albums précédents. L’enregistrement, la production et la masterisation a pris plus de temps que d’habitude. Je ne vais pas me blâmer pour ça parce qu’on trouvait qu’on ne laissait pas aller quand je travaillais sur différentes chansons en studio. Il fallait se décider sur ce qui était bon ou pas, sur la section des instruments. Alors j’ai fait marche arrière pour trouver d’autres alternatives dans le paysage sonore de BEAST IN BLACK pour toute la partie mixage et le reste. Quant au Covid, nous avions pris notre temps. Mais il y a eu aussi beaucoup plus de difficultés. J’ai fait quelques mises à jour sur les systèmes d’exploitation au studio, beaucoup de nouvelles entrées à connecter avec les instruments. Il était temps de mettre à jour ces choses-là. Avant que je puisse commencer à faire quelque chose je devais d’abord mettre le système à jour. Une fois que j’ai eu le son désiré pour l’opus, j’ai réalisé que je voulais avoir d’autres outils pour faire avancer le processus. Ensuite il y a eu des problèmes techniques concernant les ordinateurs. Donc nous avons eu de véritables soucis pour l'enregistrement ce qui fait que cela nous a pris beaucoup trop de temps pour mettre en boite cet opus. Mais je devais le faire, il n’y avait pas d’autres issues. S’il n’y avait pas eu le Covid, nous n’aurions pas enregistré quoi que ce soit. Nous aurions donné des concerts et nous aurions sortis l’opus en 2023.

Tu es à la fois guitariste, claviériste, producteur, tu as aussi mixé l’album est ce que ce n’est pas un gros challenge de cumuler toutes ces taches ?

Anton Kabanen. Non pour moi cela ne représente pas un défi, je fais cela depuis bien longtemps. Honnêtement enregistrer un album ce n’est pas quelque chose qui m’amuse. Le plus agréable est de composer. Enregistrer, produire et mixer c’est quelque chose que je dois faire afin de donner vie aux morceaux. Mais heureusement il y a beaucoup de petits moments que j’apprécie comme lorsque nous enregistrons tous ensemble, les prises de guitares, celles de chant ainsi que mes parties. Ce sont ces moments que nous aimons tous, nous créons les chansons et c’est une bonne chose. Mais a la fin tu dois tout assembler et cela me rend dingue ! Rires.

Tu as déclaré que pour Dark Connection le rôle des claviers et des synthétiseurs avait joué un rôle majeur !?

Anton Kabanen. J’ai toujours dit que ce qu’une chanson demande nous nous devons de lui donner. Cela ne dépend pas d’une vue subjective, tous les musiciens apportent leur pierre à l’édifice et ensuite nous voyons ce dont le titre à besoin, tel type de clavier ou tel instrument. Ça se fait de manière très basique et simplement, tu dois écouter le morceau et trouver ce qu’il lui faut pour être complet. Bien sûr j’adore les claviers et le son des synthé des années 80. Mais tu dois croire en tes envies subjectives sur un titre, tu entends ça dans ta tête, c’est ainsi que se déroule le processus d’écriture pour moi. J’entends les mélodies d’un morceau et je dois les retranscrire pour qu’elles prennent vie c’est aussi pourquoi il y a beaucoup de claviers. Mais à chaque fois je me pose la question : ‘Qu’est-ce que je dois apporter pour que cette chanson soit bonne’ ? Pour moi un bon titre est ce type de morceau ou tu as de la guitare, du piano, des riffs, des chorus, des équations simples pour mettre en place des mélodies. Ce sont des très belles mélodies et quelque chose résonne avec tout ça et tu sais alors que c’est un bon morceau. A la fin c’est la vue subjective des compositions qui s’impose, ‘est essentielle pour ce que demande une chanson.

BEAST IN BLACK est très inspiré par les eighties, recherches tu ce feeling qui existait dans les morceaux des années 80 dans tes compositions ?

Anton Kabanen. Oui tout simplement parce que ce type de musique résonne en moi et pourquoi cela résonne en moi ? Pour un musicien tu dois te pose cette question, quel type de riffs, quel rythme joue le batteur, quelles précautions ont t’ils pris et surtout quels types de mélodies chante les chanteurs ainsi que celle joué par un instrument Et lorsque tu analyses tout ça tu réalises pourquoi tu aimes cette musique ! C’est arrivé dans les années 80/90, ils avaient un sens énorme de la mélodie et la compréhension pour savoir comment les crées. Ils y arrivaient d’une manière simple au niveau de la progression des accords de guitares, la chanson doit engendrer cela, elle t’attrape de gauche à droite et j’aime ça, le morceau résonne en moi. C’est une musique que j’apprécie depuis mon enfance, je regardais un dessin animé Les Maîtres de l'Univers (He-Man and the Masters of the Universe) et j’adorais la bande son , la musique m’a ébloui. J’appréciais aussi tous les films des années 80/90 et toutes ces choses se sont ancré en moi. Plus tard lorsque j’ai commencé à jouer de la guitare, j’ai compris ce qui passait à travers ces morceaux, j’ai ressenti ces influences, ces progressions de cordes, ces types de rythmes, ces sons, ce sens de la mélodie, je ne sais pas c’est un procédé très intuitif chez moi. Dans BEAST IN BLACK nous ne nous disons pas que nous allons jouer dans un style années 80, cela n’a jamais été le cas. L’idée est simple, faisons de la musique, je veux composer et écrire quelque chose qui soit bon musicalement mais je n’essaye pas de sonner délibérément dans un style particulier. Ensuite lorsque le morceau est prêt, je peux alors le catégoriser, je peux dire ce titre a été influencé par du disco, des éléments symphoniques ou bien du Heavy Metal.

Vous venez de sortir votre premier extrait de l’album 'Moonlight Rendez-vous ‘pourquoi avoir choisi de mettre en avant ce morceau ?

Anton Kabanen. Pour nous c’était assez clair lorsque nous avons sélectionné ce titre tout simplement par qu’il devait avoir une orientation assez Pop. Dès 2018 nous savions que cet opus serait orienté plus Pop. Le texte est très fort et inspiré elle se rapproche le plus du concept et sont intéressantes si on s’intéresse au sujet. Il y a cette ambiance Pop avec cette longue intro d’une minute avant que le chant arrive qui est très inhabituel pour un premier single. Sur d’autres chansons il y a différent types d’intro instrumentales qui ne pouvait pas être sélectionné pour un single. Tu as une chose clair qui apparait avant que la voix arrive, ce n’est pas une atmosphère qui se dégage comme sur d’autres titres en intro. C’est une mélodie sombre, très forte qui se développe ensuite arrive le riff principal de guitares. C’est un rappel pour celui qui écoute, tu as apprécié cette intro, ensuite tu entends ce riff Heavy et puis la voix arrive. Tout cela amène l’auditeur dans la chanson avec ce tempo assez lent qui est en rapport avec le monde de Blade Runner qui a énormément influencé ce titre et qui a un rôle essentiel au niveau du concept. Pour nous il était évident que si il y avait une chanson pour décrire l’ambiance de cet album c’était bien celle-là. C’est un morceau assez long mais nous ne voulons pas ennuyer les personnes qui l’écoute, ils devraient l’apprécié. Ensuite on verra ce qui arrive dans un deux ou cinq ans. On a fait un test sur le temps, on saura dans cinq ans si nous avons fait le bon choix mais nous ressentons cela comme ça ensuite nous verrons bien sur la longueur. Un artiste doit faire ce qu’il ressent et ce qu’il pense être bien, l’émotion n’a rien à voir avec les statistiques. On ne peut pas se dire ok d’habitude ce type de morceau est parfait pour être un single. On n’a pas toujours ce type d’analyse. Bien sûr tu as des bons titres qui peuvent faire l’affaire mais c’est mieux de choisir quelque chose de frais que un single typique, c’est pourquoi nous avons choisi l’album 'Moonlight Rendez-vous'.

Pour soutenir ce single vous avez sorti un clip très futuriste bien dans l’esprit du concept ! ?

Anton Kabanen. Cela a été une très bonne expérience. L’écriture de l’histoire a été par elle-même très amusante, cela a été un vrai plaisirs. Mais la captation a été longue, très complexe avec beaucoup d’éléments à mettre en place. Heureusement nous avons trouvé la bonne personne pour gérer cette captation, Katri Ilona Koppanen en a été le directeur artistique il s’est aussi chargé de l’écriture du script. Il était passionné par le thème, cela lui a pris beaucoup de temps, six mois de sa vie. Il ‘est totalement investi et nous sommes très satisfait du résultat, on ne pouvait pas demander plus.

A l’écoute d’un titre comme « Highway To Mars » j’ai immédiatement pensé à SURVIVOR et « Eyes Of Tigers » notamment au niveau du break avez-vous voulu en quelque sorte rendre hommage à SURVIVORS ?

Anton Kabanen. Comme je l’ai dit de nombreuses fois dans d’autres interviews c’est une question de ressenti et de point de vue. En tant que compositeur je donne au morceau ce dont il a besoin, quel type de riffs faut -il, quel partie musicale convient. Je le ressent ainsi, j’ai entendu ce riff, ce que j’ai écrit au niveau de l’instrumentation, que ce soit au niveau des claviers, la partie qui fait qu’on pense à « Eyes Of Tiger », ce même feeling c’est juste quelque chose qui es venu par intuition. Lorsque j’écris une chanson cela vient naturellement et ensuite je réalise que cela ressemble à une sensation familière qui peut apparaitre comme une copie, ça peut être un test et on peut se dire alors il faut écrire quelque chose d’autres mais j’ai toujours dis que cela venait de l’inconscient, rien n’a été recyclé ou copié. Tout ce qui a été composé est influencé par ta vie et ton vécu, il y a de bonne choses que tu apprécies dans la musique et qui reste inscrite dans ton subconscient, tu les gardes pour longtemps, c’est dans ton cœur, je ne peux pas m’interdire d’utiliser une mélodie parce que c’est trop proche de ce qui a déjà été fait auparavant. Si c’est quelque chose de différent c’est bien, ça sonne bien et ça continue à mettre en valeur tes propres influences, couches après couches, tout ce que tu absorbes musicalement tu peux les utiliser, elles sont en toi, tu dois t’en servir, ça se ressent quand tu apprécies quelque choses ou que tu n’aimes pas.


9 Septembre 2021.
Pascal Beaumont   / Laurent Machabanski (Traduction)
Photos Thierry CATTIER / Shooting Idols


jeudi 11 novembre 2021

ROBERT JON & THE WRECK // Interview // The Devil Is Your Only Friend Septembre 2021.

 

Robert Jon & The Wreck ont déjà derrière eux un long parcours. Formé en 2012 par Robert Jon Burrison dans la région d'Orange County aux Usa, le gang pratique un Southern Rock féroce fortement influencé par des formations comme les Allman Brothers Band, Creedence Clearwater Revival ou encore Lynyrd Skynyrd le tout baignant dans une ambiance Gospel ou les cuivres sont légions. Bien que pratiquant une musique issus du Sud des Etats Unis nos lascars sont basé en Californie dans la région de Los Angeles.
Très productifs Robert Jon & The Wreck ont déjà à leur actif six albums studio et deux Ep auquel il faut rajouter un live enregistré à Hawaii et paru en 2018, la scène étant leur domaine de prédilection. Après un Last Light on the Highway très réussi les voilà de retour avec une nouvelle offrande Shine A Light On Me Brother qui nous embarque dans un voyage unique tant les influences sont diverses et variés.
C'est la veille de leur concert Parisien aux Étoiles et en pleine tournée Européenne que nous avons pu rencontrer Robert Jon afin d'en savoir un peu plus sur son histoire déjà bien remplie et sur cette excellente nouvelle galette. Entretien avec un artiste visiblement heureux d'être de retour sur les routes pour qui le Rock est une religion ! Que la lumière brille. Magnéto Robert c'est à toi !



Vous deviez jouer au Raismfest le 12 Septembre malheureusement il a été annulé en avez-vous profité pour visiter Paris ?

Robert Jon. Nous avons donné une interview avec la radio RTL à dix heures. Nous sommes en tournée en Europe depuis quelques semaines. Ça fait plaisir d'être de retour sur la route, être en tournée et spécialement ici en Europe. Nous n'avions pas pu revenir depuis un certain temps et maintenant c'est presque un retour à la normale.

Comment se déroule cette tournée qui a débuté en Belgique à Verviers le 1er Septembre au Spirit of 66 ?

Robert Jon. La tournée a été fantastique et nous en avions véritablement besoin dans notre vie. C’est bien de revenir à la vie normale et de retrouver la foule. C’était fantastique et un vrai plaisir !

Qu’as-tu ressenti après tout ce temps sans jouer et cloitré à la maison ?

Robert Jon.  Juste un incroyable feeling.  Être sur scène avec les gars et retrouver cette énergie. Une émotion grandissante d'être de retour sur scène et de faire ce que nous aimons.

Comment décrirais-tu le groupe sur scène ?

Robert Jon.  Nous souhaitons montrer notre ouverture d’esprit. Cet esprit de communauté et que la musique guérit. C'est super d'être de retour et de voir les yeux des gens. Nous avons fait quelques festivals au Texas, avec de grands artistes. Tout le monde était impatient aussi.

Demain vous aller donner un concert Aux Etoiles à Paris !

Robert Jon.  Oui aujourd’hui nous ne jouons pas c'est l'occasion de recharger les batteries et d'être prêt pour le jour d'après et spécialement pour un show comme celui-ci à Paris. Nous devons être prêt et assurer le show. Comme je le dis il faut recharger les batteries pour donner le meilleur.

Vous revenez avec un nouvel album "Shine a Light on Me Brother" qui sort un peu plus d’an après ‘Last Light On The Highway’ avez-vous travaillé de la même façon cette fois ci au niveau de l’enregistrement et de la composition ?

Robert Jon. Nous avons travaillé de la même manière que nous faisons habituellement. Juste nous cinq dans la pièce et nous prenons des idées les uns des autres comme un groupe. Nous continuons ensemble en partageant les idées dans le studio en nous représentant les chansons pour voir si cela fonctionne.

Avez-vous écrit beaucoup de chansons et ensuite tu fais une sélection ensuite ?

Robert Jon. Rires. En règle générale on écrit les morceaux en double pour générer différentes idées. Il se peut que certains titres soient complètement mis au rebut. Nous gardons celles en qui nous croyons et celles où nous passons beaucoup de temps pour qu’elles apparaissent sur l’opus.

Tu as produit l’album qui a été en partie enregistré au Sonic Groove Studios, Burbank, CA comment ce sont déroulé ces sessions d’enregistrement ?

Robert Jon. Nous avons travaillé avec Jeff (Ndr : Jeff Frickman ) avec qui nous avons enregistré trois opus auparavant. C'était un processus naturel, nous savions à quoi nous attendre avec lui. Nous n'avions pas eu l'occasion de jouer les chansons en live. On ne savait pas trop ce que cela pouvait donner, mais cela a été favorable.

Est-ce que vous avez pu vous réunir tous ensemble en studio ?

Robert Jon.  Oui nous avons tout fait ensemble, avec les guitares et les voix. Nous jouions ensemble dans le studio.

Tu assumes aussi la production est ce facile d’être à la fois musicien et producteur ?

Robert Jon. Oui c'est quelque chose que j’ai toujours su faire. Nous sommes à l'aise dans cette manière de fonctionner. Nous gardons le contrôle et le pouvoir de faire ce que nous voulons. C’est ce genre de contexte qui nous parle et c'est ce que nous voulons. C’est ce que nous aimons faire et mais nous ne sommes pas opposés à travailler un jour avec un autre producteur. C'est comme ça que les choses se passent et ça dépend si cela arrive un jour.

Lorsque tu entres en studio est ce qu'il y a un son que tu souhaites obtenir ?

Robert Jon. Nous augmentons le son quand nous arrivons en studio. Rires ! Nous nous sommes déjà préparé ce qui nous donne une bonne idée de ce que nous cherchons et du résultat à obtenir. Nous utilisons la guitare, des samples pour arriver au résultat final.

Est ce qu'il y a un titre dont tu te sens plus proche au niveau des paroles ?

Robert Jon. Oui sur cet album en particulier, il y a une chanson qui s'appelle « Movin’ ». Les paroles sont très simples, il n'y a rien de profond mais je crois que cela décrit la vérité, se déplacer toujours vers la bonne direction et non pas l'autre. En tant que groupe nous devons nous diriger dans la bonne direction. Ce qui est la chose la plus importante ce n'est pas d'aller tout droit. Pour moi c'est un rappel d’aller ensemble dans la bonne direction.

Les gens vous comparent souvent à des groupes comme Lynyrd Skynyrd ou Molly Hatchett te sens tu inspiré par ces deux formations mythiques ?

Robert Jon. Oh oui, nous adorons ces groupes. Si les gens nous comparent à ces groupes nous sommes très honorés, et excités. Nous faisons le meilleur ou on essaie de le faire et c'est tout ce que l'on peut faire.

Pourquoi avoir intitulé cet album "Shine a Light on Me Brother" ?

Robert Jon. Les années précédentes il y a eu beaucoup d'obscurité dans le monde, de la pandémie à travers le monde. Nous espérons voir la lumière et sortir du tunnel pour dire aux gens qu'il y a encore de l'espoir et de la lumière, maintenant ce n'est pas aussi sombre que cela était.

Le clip de "Shine a Light on Me Brother" est bourré d’humour avec cet évangéliste, ces filles comment est née cette vidéo ?

Robert Jon. Nous avons récolté plein d'idée sur le lieu du tournage, nous étions là et nous nous sommes dit que ce serait drôle. Nous l'avons fait. C’est comme ça que nous sommes. Nous voulons prendre du bon temps car nous n'avons pas peur de ne pas être pris au sérieux. Nous sommes des gars marrants avec des idées comiques qui apparemment ont bien marché. Nous y allons franchement.

Est-ce que lorsque vous êtes en tournée vous êtes des musiciens qui aiment faire la fête ?

Robert Jon. Plus nous grandissons, plus on devient responsable. Nous passons du bon temps à chaque concert avec ce que nous faisons mais nous ne sommes pas sauvages et fous comme tous les groupes des années 70s qui faisaient des fêtes de folie.

Comment sélectionné vous les morceaux qui seront des futurs singles ?


Robert Jon. Il y a les chansons qu'on accepte et celles qu'on refuse. Nous essayons de prendre les titres qui à nos yeux ont le plus de sens pour figurer en tant que single. Nous pouvons nous asseoir dans une pièce et nous dire que c'est la bonne chanson qui doit y aller. Aussi nous avons de l'aide de nos amis qui nous donnent une opinion sur ce qui serait la meilleure chanson à exposer en tant que single. Nous devons le choisir nous-même c’est un fait.

L'opus est imprégné de Soul et de Gospel. D'où viennent ces influences ?


Robert Jon.  J’ai grandi avec des disques de Gospel que mon père me faisait écouter dans la voiture sur le chemin de l'école. Nous étions imprégnés de cette musique. Avec les potes quand nous avons grandi, ce n'était pas la voie à suivre parce que nous n'avions jamais été dans cette direction.

« Shine a Light on Me Brother » touche à différent style avec ces cuivres, ces solos de saxophone et même de l’orgue. C’est important pour vous de vous imprégner de cette culture musicale très varié ?

Robert Jon. Lorsque nous écoutions les chansons et nous avions la vision que c'était là qu'il fallait aller. Nous avons été chanceux d'avoir des gars incroyables de la Nouvelle Orléans et super utile dans ce que nous voulions faire. On leur a donné les titres et ils ont fait exactement ce que tu entends. Ce fut un bonus de les avoir sur l'album.

En 2012 vous avez sorti votre premier Ep « Breakin’ Down The Road » comment pourrais-tu décrire l’évolution musicale depuis cet Ep à aujourd’hui ?

Robert Jon.  Nous avons grandi en tant que musiciens et compositeurs. Nous avons progressé dans tous les aspects de notre vie, c'est beaucoup plus dans l'idée de devenir un adulte, de bricoler et de devenir un meilleur musicien, et c'est la plus grosse différence entre avant et maintenant. On continue à faire la même chose, nous avons plus de chose à dire et à exprimer dans différents aspects et de meilleures qualités.

Penses-tu appartenir à la nouvelle génération du Rock Sudiste ?

Robert Jon. Rires. On nous l'a déjà dit. Nous sommes reconnaissants pour cela. Nous faisons ce que nous aimons faire et si les gens le pensent nous sommes heureux que cela prenne ce chemin.

Qu'essayez-vous de transmettre à travers votre musique ?

Robert Jon. Nous essayons de transmettre ce que nous avons traversé durant toute notre vie et faire en sorte que des personnes qui aient vécues la même chose peuvent se connecter à nos chansons parce qu'à la fin de la journée, la musique guérit et répare. Nous essayons de faire partie de la solution et non du problème.



Revivez le concert de Paris ...

ROBERT JON & THE WRECK // Live Report // Paris @ Les Etoiles Mardi 14 Septembre 2021.


13 Septembre 2021.
Pascal Beaumont   / Laurent Machabanski (Traduction)
Photos Thierry CATTIER / Shooting Idols



vendredi 17 septembre 2021

PAT O'MAY // Interview // Welcome To New World ... Septembre 2021.


A Shooting Idols, on aime Pat O'May. Pascal Beaumont l'avait déjà rencontré il y a 2 ans pour un échange riche et sincère, à l'image de cet artiste de grand talent. Aujourd'hui, pour la sortie de son nouvel album, et de son concert le 22 septembre au Café de la Danse, nous revoici face à lui pour vous faire partager nos bavardages, toujours passionnés, toujours passionnants.

Bonne lecture à vous.

 


Pour la sortie de ce 11ème album "Welcome to New World", peux-tu nous raconter comment tu as découvert la musique ?

PAT Je suis né dans une famille ou ça chantait tout le temps, y a des origines irlandaises qui viennent de mon arrière-grand-père. Du coup j’ai chanté très tôt, à l’époque c'était "Les chevaliers du ciel" de Johnny Hallyday. Y avait un intérêt pour la musique, personne n’était réellement musicien, juste on chantait. Puis mon premier choc musical ca a été Osmond Brothers avec le titre "Crazy Horse", d’ailleurs je l’ai repris sur l’album live des 23 ans de carrière. ça a été vraiment mon 1er choc. Et après il y a eu "Machine Head" de Deep Purple, et à partir de là je me suis dit que je voulais une guitare et c’est ça que je veux faire. Et depuis je fais ça  péniblement (rire).

Peux-tu nous parler de tes premières influences musicales ?

PAT Deep Purple forcément, y a eu Jeff Beck, Al Di Meola, Ange, Trust etc.  Tout ce qui se présentait à moi à l’époque qui était rock metal enfin quoique le mot metal n’existait même pas. Au début des années 80, Led Zep, Pink Floyd, il y a eu tellement de sources d'inspiration à ce moment-là c’était un feu d'artifice.

A quel âge as-tu commencé à jouer de la guitare, et de quel autre instrument joues-tu ?


PAT J’ai commencé la guitare assez tard en fait. Je fais partie d’une génération en France où on commençait la guitare assez tard. J’ai dû avoir ma première guitare vers 15 ans. Et puis du coup j’ai usé tous les vinyles possibles et imaginables pour travailler la guitare. J’ai appris en autodidacte, à l’époque y avait pas de vidéo pédagogique. Il y avait très peu de profs de guitare. Quelques annonces dans des magasins de musique... Pour la petite histoire, pour bosser tout "In Rock" tout "Machine Head" j’avais trouvé un caillou que je mettais sur le disque pour le ralentir et ça ralentissait carrément d'un ton et demi. Ce qui me permettait d'entendre et d’apprendre les notes beaucoup mieux et de les repomper  (rires). J’ai tellement ruiné le tourne disque que je pense que je n’ai jamais entendu ces morceaux-là à la bonne vitesse ! Et au bout de 3 ans je bossais 8 heures par jour en fait. A l’époque je ne faisais que ça. Un jour, un copain me dit "tiens y a un prof de guitare à la MJC, la maison des jeunes et de la culture hein (rires), qui s’appelle Patrick Duplan"... ça s'invente pas. Il me dit "va le voir" et donc je suis allé voir ce mec-là, et j’ai dû prendre 4 cours avec lui... Et le mec il m’a vu arriver, j’avais déjà tellement bossé la technique, il s’est dit "je vais lui ouvrir son horizon musical"... Du coup il m’a fait bosser du Blues, du Jazz, du classique, de la bossa nova, enfin tu vois un peu tout quoi... Mais pour moi c’est le meilleur prof du monde, ce mec m’a fait gagner 10 ans... Parce qu’il m’a tellement ouvert l’esprit... Je pense que je devais avoir ça en moi .Et il m’a fait révéler cette envie de mélanger tous ces différents univers. Ça m’a fait avancer très vite.

A 14 ans avec le groupe de Marienthal tu joues dans le monde entier, quels souvenirs gardes-tu de ces années-là ?

PAT Ah, on était jeunes, on croyait qu’on était des rock stars. T’imagines, t’a 18 balais, t’as la chance d’aller jouer un peu partout. T’as des fans qui te suivent, ça y est tu crois que c’est ça quoi... (rire) ça a été très formateur et ça m’a permis de relativiser tout ça ... La vie, elle n’est pas là, ce n’est pas que dans l’image, elle est surtout dans le contenu de ce que tu as envie de faire. Et ce groupe est mort de sa belle mort suite à des problèmes de maison de disques, de management, enfin voilà... Une vie de groupe quoi. Ça a été mes premières expériences professionnelles.
Quand J’ai enregistré l’album live, ça a été l’occasion de dire à tous les gars de Marienthal "venez sur scène avec moi on va jouer un morceau". C’était super parce qu’on n’avait pas rejoué ce morceau-là depuis plus de 30 ans. C’était énorme de pouvoir faire découvrir ce 1er morceau aux gens qui ont la gentillesse de me suivre depuis si longtemps.

Au milieu des années 90, tu commences une carrière solo avec en 1995 ton 1er album "Bob Up" suivi de "Kids and the War" en 1996. Après 11 albums, comment a évolué ta façon de travailler en studio ?

PAT Alors il y beaucoup de choses qui ont changé. Le fait de partir, de prendre l'option d'une carrière solo. Ça a été pour moi une façon d’acheter ma liberté musicale. Quand  tu joues dans un groupe, même si tu aimes ce que tu fais, tu crées l’univers musical d’un groupe. Et si tu as envie d’aller ailleurs c'est mort. Donc moi je ne voulais pas de limite, c'est pour ça que je suis parti en solo. Puis j’ai pris des façons différentes de travailler, je voulais absolument tout maitriser, de la composition à l'arrangement, à l'enregistrement. J’ai toujours été intéressé par le son, c'est fondamental pour moi. C'est aussi ça qui fait que ma façon d'écrire a changé avec le temps. Dans les années 70, on écrivait les morceaux d’une manière mais aujourd’hui le son fait partie intégrante de la composition du morceau. Ça a commencé au début des années 80, je pense à U2 "New Year’s Day", sans ce son c'est plus le même morceau. Donc j’ai travaillé vraiment sur ça, et ce qui m’a amené à travailler sur la production et à faire des musiques un peu plus longues, avec des humeurs différentes. Grâce à "Kids and the war", j’ai pu travailler avec Thalassa par exemple. L'écriture de Thalassa m’a appris à travailler dans l'urgence, quand j’avais un 6 minutes à faire j’avais 3 jours... Trouver l’idée, enregistrer... Faut aller super vite. Toute cette expérience m’a appris à me mettre dans cet état d'urgence, ce qui fait que maintenant quand j’ai besoin de composer je me laisse porter, et dès que j’ai une idée, je fonce je vais dessus pour la triturer, essayer plein de choses, mon processus de création il est plus comme ça. C’est un peu comme quand le matin tu vas bosser, t’es chez toi au petit déjeuner, tu prends ta voiture et tu commences à te mettre dans l’état d’esprit que tu arrives au boulot, et quand tu y arrives t’es opérationnel. Pour la musique je pratique comme ça.

Tu as joué avec des gens comme Ron Thal, Martin Barre, Alan Stivell, Dan Ar Braz, Pat Mc Manus, Barclay James Harvest, Alan Parson, Tri Yann et beaucoup d'autres, quels souvenirs as-tu conservé de ces rencontres ?

PAT Forcément, chaque expérience que tu vis avec des gens, musicalement c'est encore plus intense. Jouer avec Ron (Thal, Guns n’Roses) m’a appris beaucoup de choses, j’ai vu comment il bossait et j’avais envie de travailler comme ça. C'est pas pour essayer de l’imiter, j’en ai pas les moyens, mais Ron c'est tellement un extraterrestre… Pour moi la guitare c'est un outil, pas une finalité, elle est là pour permettre de raconter des histoires. Plus je vais avoir d'outils à ma disposition en technique mieux c’est. Ron fait partie de ces gens-là. Martin Barre, Patrick Rondat, Pat Mc Manus, en gros tous les gens avec qui j’ai travaillé m’ont influencé d’une façon ou d’une autre. Et même au-delà de la musique, les gens que je rencontre, les gens que j’écoute des fois dans des interviews ou autres, tout est source pour moi d'inspiration et d’évolution. Aller se balader en montagne pendant 4 ou 5 heures va me donner beaucoup plus de source d'inspiration que d'écouter le dernier album de machin ou de machin.


Comment crées-tu tes compositions, y a-t-il un déclencheur, un moment propice, ou une idée ?


PAT Comme je te disais, je joue très souvent, je peux envoyer une ligne de batterie sur l'ordi et puis je jam un peu dessus, et tiens y a ça qui arrive, et puis je tire le fil. Très rarement, il m’est arrivé de prendre ma guitare et de me dire allez tiens je dois raconter ça.

Donc tu y va plutôt au feeling ?

PAT Oui, je suis un peu comme ça, spectateur de qui arrive en fait.



Raconte-nous l'enregistrement de "Welcome to New World" ?


PAT
L'album je l’ai composé en novembre décembre 2019 et janvier 2020, juste avant le COVID. En général je m'enferme trois mois dans un gite isolé, je perds la parole. Histoire d’être complément concentré sur le projet, et pouvoir travailler à n’importe quelle heure sans faire chier qui que ce soit. Ya toute cette première phase d'écriture, et après on a répété avec les gars à qui j’ai envoyé les maquettes les arrangements etc... Puis on répète avec le groupe, on retrouve ce son qu’on a sur scène, cette énergie qu'on a en concert, pour moi c’est primordial. On a enregistré à l'ancienne, simplement. Je n’avais pas fait ça depuis très longtemps. De mémoire, ça remonte à mon 1er album, évidemment sans parler des live. Après on a rajouté quelques trucs, j’ai redoublé les guitares, mais toute l’ossature a été enregistrée live, avec plusieurs prises mais voilà. Et c’était un bonheur.
J’aime bien faire la prod de mes albums, les enregistrer, les mixer etc. Dès le début quand je commence à projeter un album, je me demande ce que je veux et comment je vais l’obtenir. Et après avec l’expérience (rire), avec mes vieux os, maintenant il y a des choses que je sais faire et d’autres non. Mais en gros je vois ce que je vais obtenir, ce que j’ai en tête, après tout le boulot c'est d’en sortir le mieux possible.

Y a-t-il un morceau que tu aimes plus qu'un autre ?


PAT Non, ils ont chacun une saveur différente. Après je pourrais peut-être te dire ça plus dans quelque mois. Par rapport à la scène, tu vois, ce morceau là on s’éclate plus que celui-là je ne sais pas, c'est possible. Aujourd’hui je lâche le bébé il ne m’appartient plus. L'idée c’est juste les morceaux qui sont dessus vont vivre leur vie. Bizarrement, c’est des fois les titres les titres les moins chargés qui sont les plus compliqués à écrire. Ce n’est pas une nouveauté, il y a beaucoup de gens quand je lis d’autres interviews qui disent ça. Par exemple, le premier morceau il y a énormément de chose dedans, plein de climats, on passe de l'électrique à l'acoustique on change des tempos. Enfin ce n’est pas forcément celui qui m’a pris le plus de temps, pourtant il fait 8 minutes. Je ne vais pas dire qu’il ne m’a pris que 8 minutes, mais bon (rires).

Tu as toujours aimé le mélange de la musique et de l’image, tu as collaboré entre autres sur des projets comme Thalassa pour une centaine d'émissions ? Comment travailles-tu dans ce moment-là ?

PAT C'est pas du tout le même exercice, quand tu fais de la musique de film, tu réponds à une commande. Avec Thalassa, l’avantage comme j’ai bossé presque 25 ans toujours avec le même real Yannick Charles, on se connait tellement, lui me pousse dans mes retranchements et moi je lui propose des choses qu’il n’aurait pas forcement mises. Ensuite, sur d’autres films, ce sont très souvent des commandes. Genre une fois c'était pour un scénario, "je voudrais un truc genre Pirates des Caraïbes"... "et c’est pour quand (rire) ", "pour la fin du mois"... "on va dans quel studio... avec quel orchestre symphonique on va enregistrer"... "Ya pas de budget" (rires). Après, on peut contourner les trucs, faire avec des instruments fake, avec les logiciels maintenant ça marche bien, mais au final c’est pas du tout un orchestre symphonique (rires). Sur mon album "Behind The Pics" j’ai travaillé avec l’orchestre symphonique de Sofia, et là on n’est pas avec des trucs en plastique c’est sûr. Les images peuvent être inspirantes et en même temps te limiter, parce qu’il ne faut jamais que la musique prenne le pas sur l’image. Il ne faut pas que le public commence à écouter plus la musique que de regarder ce qui se passe. On dit souvent une musique réussie c'est une musique que l’on n’entend pas... Et en même temps si on l’entend pas pourquoi en mettre (rire), quand je dis ça je veux dire il ne faut pas que la musique dérange le visionnage en fait. C'est une technique, au débit tu en fous partout, et puis petit à petit tu te rends compte qu’effectivement le real a raison, il y a trop de notes et ça sert à rien, tu es juste là pour compléter histoire qu’on raconte. A contrario, sur notre nouveau spectacle que l’on va faire, là il y a de l’image et ça sera le contraire, il ne faut pas que l'image prenne le pas sur la musique. C’est un exercice que j’aime beaucoup, trifouiller, faire le montage vidéo, tout ça ça m’éclate.

Est-ce que l’on peut penser un jour voir tout ton travail sur ces bandes son voir le jour en CD ?


PAT On en a parlé un moment, quand il avait "Les Côtes d'Europe vues du ciel" qui a été un vrai succès pour Thalassa, vendu dans  80 pays dans le monde. Un truc de dingue. Mais à l’époque ça ne s’est pas fait. Mais c'est quelque chose auquel je pense. Peut-être un jour sortir un truc genre "THALASSA YEARS". Je ne sais pas, mais pour moi en tout cas ça me faisait plaisir de les voir sortir. Après, quand tu fais de l’illustration musicale, c'est souvent pas des morceaux de 3 minutes, des fois c'est juste des passages très court, 1 minute 30. Alors comment faut faire on verra dans l'avenir qui sait. Why Not.

Comment as-tu vécu cette année de confinement ?

PAT Comme tout le monde, je pense que personne ne s'est senti bien durant cette période.  Nous ça a été très très brutal parce qu’on était au début de la tournée des "Trois Pat" avec Pat Mc Manus Patrick Rondat et moi. On était à trois quart d'heure de la salle du Forum à Vauréal en partant de Bretagne, on savait que c'était mort pour la tournée mais on pensait faire au moins vendredi samedi et le dimanche quoi. A l’approche de la salle, coup de téléphone, le couperet tombe "vous ne jouez pas ce soir voilà".  Heureusement on a quand même dormi sur place le soir, l’équipe du Forum de Vauréal est absolument géniale, on était tous dans le même bateau, je me rappelle de Sally la manageuse et la compagne de Pat Mac Manus en train de prendre le téléphone "est ce qu’on va pouvoir aller tourner en Irlande... On en est où..." Je me rappelle de James "je vais perdre ma maison je peux plus bosser c'est fini", voilà les débuts ont été assez durs. Ça a été très violent, je me rappelle d'un retour très silencieux. Après moi je me suis mis dans le truc, on va pas laisser tomber on va y aller on avance on avance. Et on pensait surtout qu’on partait pour trois mois quoi. Et que l’été ça allait repartir... et ce n’est pas reparti. Je me rappelle de Michèle, ma manageuse qui avait travaillé tellement pour monter cette tournée, on sait tous que c’est hyper compliqué. Et voir tout ce travail s'effondrer, ça a  été vraiment difficile à vivre. Et petit à petit, j’ai senti que ça virait à la léthargie, moi qui d’habitude arrive à gérer 2 3 projets, le stage de guitares que j’organise, un album, des musiques de film… Là je n’ai plus fait aucune musique de film pendant ce temps-là simplement parce que je travaille avec des mecs qui filment à l'étranger, et comme plus rien ne pouvait sortir... Après c’est revenu, et fort heureusement tout ça et derrière maintenant, mais oui ça a été assez compliqué, je connais des musiciens qui ont tout arrêté, et encore on est en France ! Je me rappelle au téléphone avec Martin Barre, voilà Roger est devenu peintre en bâtiment parce que voilà le mec tourne dans le monde entier et la stop tout s’arrête.  Ça a été une vraie catastrophe pour tout le monde. On n’en est pas totalement sorti ça s’ouvre un peu, on espère que les gens ne vont pas trop hésiter à venir sur les concerts, je crois qu’on a tous envie de se retrouver c'est ça le plus important.

Si tu devais te définir quelle serait la phrase ou une devise ?

PAT Waouh prend ta tête et voyage... J’ai fait une fac de philo ça aide (rires) j’étais pas dans les meilleurs mais bon (rire)

Y va-t-il un artiste ou un groupe avec lequel tu aurais rêvé de jouer ?

PAT J’aurai rêvé enfin j’ai rêvé faire une jam avec Gary Moore, ça a failli se faire grâce à Martin Barre car ils étaient amis. A l’époque, je jouais avec Martin, malheureusement Gary est parti et ça s'est pas fait. Il y avait une soirée remise de Grammy, il y avait une jam prévue après, et Martin me dit "allez vient on y va" et pour finir hélas ça s'est pas fait.

Pour finir, si tu ne devais conserver que 3 choses : un disque, un film, et un 3ème choix ? Quelle serait ta sélection et pourquoi ?

PAT Un disque, probablement "Dark Side Of The Moon" de Pink Floyd, parce qu’il y a vraiment tout dedans, il y a dans ce disque des fondements de tout ce que la musique est devenue après. Par rapport au son notamment ce qu’on disait tout à heure. Après un autre jour ça serait un autre album mais là tout de suite c’est celui-là (rires). Un bouquin "La mort est mon Métier" de Robert Merle, qui est un roman sur un boucher d’Auschwitz, comment il est arrivé à se laisser entrainer dans le Nazisme, son père autoritaire, son parcours, c'est très bien écrit, ça explique comment le mec se laisse glisser dans un truc et n’a jamais l’impression d’être dans le mal. C'est assez intéressant et puis à la fin il y a la libération et là tout lui revient en tête "Je n’ai pas fait ça quand même"... Le 3ème, trouver un moyen pour decovider la planète, c'est bien ça...


Paris 3 Septembre 2021
Thierry Cattier  - Photos : Th Cattier / Shooting Idols.

 

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